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TITRE VIII. — MALADIES DES GLANDES SALIVA1RES

chée arec les vaisseaux et nerfs qui la traversent. Une double ligature a été placée sur la carotide externe. Quant au nerf facial, il a dû être réséqué, et une hémiplégie faciale en a élé la conséquence.

Après l'opération, le lambeau semi-lunaire a été rabattu et attaché aux bords de la plaie par des sutures entrecoupées. Le tout a été recouvert à l'aide d'une cuirasse. Alcoolature d'aconit.

15 mot. — Pouls à 120, céphalalgie très-intense. Tous les rameaux du nerf facial n'ont pas élé enlevés, car le muscle orbiculaire des paupières a conservé sa contractilité. On renouvelle le pansement externe.

46 mat. — Pouls toujours fréquent ; céphalalgie moins intense. L'occlusion complète de l'œil est impossible aujourd'hui. Une particularité très-remarquable relativement au diagnostic des tumeurs cancéreuses de la parotide, c'est que le lobule de l'oreille est en quelque sorte dédoublé, ou du moins beaucoup plus soulevé que dans les cas de tumeur ganglionnaire.

i8 mat. — L'hémiplégie faciale devient plus manifeste que les jours précédents; l'œil commence à larmoyer. Encore un peu de lièvre; sentiment de raideur tout autour de la plaie. On renouvelle le pansement externe.

19 mat. — Absence de lièvre; sommeil bon ; aucun malaise.

20 mai. — La cuirasse est renouvelée; on retire les 61s de suture qui n'ont déterminé aucun point de suppuration. Toute la partie antérieure du lambeau est réunie ; à la partie postérieure bourgeons charnus de bonne nature. La netteté des bords de la plaie est remarquable ; on dirait une plaie toute récente.

26 mai. — Le plus gros faisceau des ligatures est tombé; point d 'accident s généraux ; bon aspect de la suppuration.

7 juin. — État général excellent, sommeil bon ; aucune douleur. Les bords du lambeau sont réunis aux tissus environnants dans presque toute leur étendue ; il n'y a plus qu'un petit orifice à la partie inférieure par où s'écoule la suppuration, qui de jour en jour est moins abondante. Hémiplégie faciale complète. Pansement par occlusion.

20 juin. — Guérison.

Filiales de 1» glande sons-maxillaire.

Les moyens que nous ayons conseillés pour la guérison des fistules l>arotidiennes, seraient exactement applicables aux fistules de la glande sous-maxillaire.

Tnmenrs de la glande sons-maxillaire.

Les dégénérescences dont la glande sous-maxillaire peut être le siège, ont nécessité quelquefois son extirpation, mais il est très-douteux que tous les cas qui ont été rapportés d'extirpation de la glande sous-maxillaire soient relatifs à une extraction réelle de cette glande. Souvent on a dû prendre des engorgements ganglionnaires pour des tumeurs de la glande elle-même; mais il n'est cependant pas douteux que l'extirpation de la glande sous-

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maxillaire n'ait été pratiquée dans quelques cas. Voici quel serait d'ailleurs le manuel opératoire.

Extirpation de la glande sous-maxillaire. —La tête du patient est renversée en arrière et la bouche fermée. La peau est incisée transversalement en demi-lune. Si les veines sont un obstacle à la dissection, on les divise entre deux ligatures; on attire la glande au dehors au moyen d'une érigne implantée dans la substance et on la sépare par dissection des parties environnantes en évitant avec soin le nerf grand hypoglosse et l'artère linguale.— Si l'on n'a pas cru devoir lier l'artère maxillaire externe, on peut embrasser par une forte ligature le point par lequel la glande est en rapport avec elle, et sur le pédicule ainsi formé appliquer la chaîne de l'écraseur.

CSreaoulllette.

La grenouillette proprement dite est une affection fort rare et qui est constituée par la dilatation du conduit de Warlhon, oblitéré à sou orifice.

Jusqu'à ces derniers temps, on a confondu avec la grenouillette vraie les kystes sublinguaux, c'est-à-dire les tumeurs formées par une hydropisie de la bourse séreuse qui existe au dessous de la muqueuse du plancher de la bouche et que l'on appelle bourse séreuse de Fleischmann.

C'est contre cette dernière affection qu'ont été et que peuvent être dirigées les diverses méthodes que nous allons décrire.

Ponction et incision. — Il suffit de les nommer pour les faire connaître. Ni Tune ni l'autre ne peuvent amener la cure radicale de la tumeur. Ce ne sont que des moyens palliatifs, susceptibles de procurer aux malades un soulagement temporaire.

Cautérisation. — Pratiquée dans la bouche, soit avec le fer rouge, soit avec des caustiques , la cautérisation a des inconvénients très-graves et sur lesquels il serait superflu d'insister.

Se ton. — La nécessité de laisser dans la bouche, pendant six semaines à deux mois, un corps étranger aussi irritant et aussi suppuratif que le séton, a dû faire abandonner ce procédé.

Injections iodées. — Ce sont les seules injections efficaces. Toutefois, ayant eu occasion de rencontrer plusieurs malades chez lesquels elles ont été suivies de récidive, je ne crois pas pouvoir en recommander l'usage.

Double bouton de Dupuytren. — Outre l'irritation qu'il produit comme corps étranger, le double bouton cause une gêne qui ne tarde pas à devenir intolérable pour les malades et qui l'a fait abandonner.

Autoplastie. — Le procédé imaginé par M. Jobert n'ayant pas fourni les résultats annoncés, nous n'avons pas à nous en occuper ici.

Excision. — Voici comment on y procède :

La tète du malade étant solidement fixée, la bouche maintenue ouverte au moyen d'un coin placé entre les deux mâchoires et la langue écartée à l'aide d'une plaque semblable au pavillon de la sonde cannelée, maison

peu plus grande, le chirurgien saisit la tumeur avec une pince à griffes, et d'un coup de ciseaux emporte la partie saillante.

Bien que ce procédé opératoire ne mette pas à l'abri des récidives, il est de beaucoup préférable aux méthodes précédentes.

Ablation. — Ce procédé consiste à séparer la tumeur des parties sousjacentes en exerçant sur elle une traction modérée.

Le procédé par énneléation que j'ai soumis en septembre 1849 à l'appréciation de la Société de chirurgie, diffère du précédent en ce sens que je sépare par dissection le kyste d'avec les tissus environnants. Je me sers pour cette dissection d'un petit couteau d'ivoire, en manière d'onglet, instrument qui m'a paru faciliter singulièrement la manœuvre opératoire.

Chez un ébéniste, âgé de 44 ans, et entré à l'hôpital Saint-Antoine le 24 août 1850, j'ai pratiqué l'énucléation d'un kyste sublingual développé derrière l'arcade dentaire inférieure du côté droit.

Comme exemple de cette tendance à la récidive qu'on observe dans le cas d'hydrocèle sublinguale, malgré toutes les opérations que l'on peut tenter, à l'exception toutefois de l'énucléation et du drainage qui m'ont constamment réussi, je citerai l'observation suivante :

Obs. — Hydrocèle sublinguale, traitée successivement par l'incision, l'excision, le selon, les canules, et les injections iodées. — Pas de guérison. — Sentier (Alexandre), 34 ans, ébéniste, est entré le 17 juillet 1853 à l'hôpital Saint- Antoine.

En mai 1850, cet homme entra à l'Hôtel-Dieu dans le service de M. Boyer, pour être traité d'un kyste sublingual. Une ponction fut pratiquée, mais, après avoir donné issue au liquide, la petite plaie se convertit en une fistule qui ne se ferma qu'au bout de deux mois.

A cette époque le kyste, qui siégeait primitivement à droite, se reproduisit sur le côté gauche de la langue. Je me suis demandé à cette occasion si les deux bourses sous-muqueuses ne communiquaient pas dans certains cas d'un côté à l'autre.

Quoi qu'il en soit, le malade retourna vers M. Boyer qui le ponctionna une seconde fois. 11 s'ensuivit une fistule qui dura 14 mois au bout desquels l'incision se referma.

En novembre 1851, la tumeur se manifesta à l'extérieur, en même temps qu'elle faisait quelque peu saillie à droite de la langue. — M. Boyer étant alors en congé, le malade se rendit chez M. Thierry. Ce chirurgien traversa la tumeur buccale par un fil. Le succès fut incomplet; car quelques jours après, on était obligé de passer un second séton qui traversait la tumeur extérieure et qui resta à demeure pendant un mois à peu près.

Le malade put se croire guéri jusqu'au mois de février 1852. — La tumeur extérieure se reproduisit alors. Elle présentait le volume du poing. M. Thierry consulté de nouveau passa un troisième séton, qui celte fois détermina un érysipèle lequel envahit le cou, la poitrine et la tête.

Au bout de quelques jours le phlegmon devenait si considérable que par sa présence au voisinage de la trachée il donnait lieu à une suffocation mena-

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çante pour la vie du malade. — M. Velpeau pratiqua une incision. Le phlegmon disparut, et bientôt il n'y eut plus apparence de tumeur.

Au mois de juillet 1852, la tumeur avait reparu de nouveau, toujours à l'extérieur. M. Thierry plaça une canule de Dupuytren à l'intérieur d'abord, à l'extérieur ensuite.

Au bout de deux mois, bien que la tumeur n'eût pas complètement disparu, M. Thierry enleva la canule. Le malade resta sans traitement jusqu'au mois de novembre 1852 C'est alors qu'il consulta M. Nélaton qui pratiqua une ponction suivie d'une injection iodée. — Ce traitement amena la disparition de It maladie jusqu'au mois de mai i 853, époque à laquelle le kyste reparut.

11 n'a cessé de grossir jusqu'au moment où le malade est entré à l'hôpital Saint- Antoine, c'est-à-dire, jusqu'au mois de juillet 1853.

Nous nous disposions à traiter cette affection par le drainage, lorsque le malade demanda sa sortie de l'hôpital.

Drainage. — Je possède aujourd'hui huit ou dix observations de grenouillettes dans lesquelles j'ai obtenu, à l'aide de la méthode du drainage, un succès complet. Je laisse le tube en place pendant deux ou trois mois. C'est un petit anneau de tube à drainage qui s'encadre parfaitement derrière l'arcade alvéolaire et qui, cessant, au bout de quelques jours, de causer la moindre gêne, peut être conservé pendant des mois entiers. On le place au moyen d'un trocart double.

Il y a une forme de grenouillette que j'ai eu l'occasion d'observer plusieurs fois et de traiter chez deux malades pendant mon séjour à l'hôpital Saint-Antoine.

Ces malades étaient des femmes. L'affection consistait en une espèce de kyste à parois très-minces et translucides, pouvant se déchirer facilement avec le bec d'une sonde cannelée, se reproduisant très-promptement même après une large déchirure. La tumeur paraissait bien évidemment due i la rétention de mucus dans les follicules situés au plancher de la bouche sur les côtés de la langue.

Cette forme de grenouillette, que je ne crois pas être le seul A avoir observée, mérite le nom de grenouillette follicnlense.

Chez l'une des malades que j'ai observées, après plusieurs récidives qui ne mettaient pas plus d'un mois à six semaines d'intervalle dans leur réapparition, j'excisai une portion du follicule dilaté, ce qui donna lieu à l'issue d'une matière gélatiniforme. C'est donc U mince» des p*r»l«, leer translncidite, l'aspect gélatlniforme du produit contenu dm*» le- kyste

et l» récidiTité à courte date, qui constituent les caractères de cette variété de grenouillette.

Il est bien évident que dans cette affection il y a dilatation de follicules par rétention du liquide sécrété, ce qui s'observe si rarement pour le canal de Warthon.

Obs. — Grenouillette folliculeuse, traitée par Vincision et les cautérisations

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