TRAITEMENT DU GOITRE
La plupart des méthodes chirurgicales dirigées contre le goitre ont le grave inconvénient de susciter la formation de tissus modulaires susceptibles de faire passer à l'état de goitre eoMtrietew une tumeur qui n'aurait point eu directement et par elle-même cette fâcheuse propriété.
Dans le cas où le goîlre aurait acquis des proportions considérables ou bien serait devenu un obstacle très-grand au libre exercice des fonctions respiratoires ou circulatoires, l'opération peut être indiquée, et dans ce cas, nous pensons que l'écrasement linéaire constitue la méthode la moins dangereuse, la seule même qui permette d'exécuter avec quelques chances de succès l'ablation soit totale, soit partielle de la tumeur. Mais qu'on se le persuade, il faut, pour conserver à l'écraseur ses propriétés utiles, il faat «,«e l'opératioa moit très-iemte. Un jour entier, deux jours peut-être. Pour avoir agi trop rapidement, j'ai eu dans ma pratique d'hôpital deux cas désastreux qui m'auraient fait renoncer à toute opération de ce genre,
si je n'étais sans cesse ramené malgré moi à placer de nouvelles espérances dans une méthode qui donne si souvent des résultats heureux et inattendus.
L'ablation partielle du goitre me parait surtout très-utile. On a eu tort de ne pas distinguer assez au point de vue opératoire les tumeurs reput lulables des tumeurs non repullulables. On songe habituellement à enlecer un goitre, comme on enlèverait un cancer, c'est n atas.
Lés ablations partielles et successives me paraissent présenter de grands avantages eu égard au danger des bémorrhagies et de l'étendue du traumatisme.
D'abord le danger des bémorrhagies est infiniment moindre. Car si j'attaque la portion spécialement alimentée par une des thyroïdiennes, je n'ai affaire qu'au département de cette artère.
En second lieu, il est évident que les chances de diffusion purulente seront d'autant moindres que le traumatisme sera moins étendu.
S'agit-il d'un goitre kystique, c'est-à-dire, d'une de ces tumeurs désignées sous le nom d'hydrocèle du cou, c'est à l'injection iodée précédée d'une ponction évacuative qu'il faut avoir recours. Dans un cas cité par Blandin (voyez, Bull, de l'Acad., séance du 13 janvier 1846; et Gaz.de» hâp., n° du 15 janvier 1846), j'ai eu occasion de pratiquer cette opération chez une femme qui périt plus tard des suites d'une diffusion purulente.
C'est peut-être la première fois que l'injection iodée a été employée en pareil cas. J'occupais alors comme chirurgien du Bureau-central, le service de Gerdy, à la Charité (1843).
Dans l'impossibilité de rapporter ici cette observation in extenso, nous en donnerons une analyse succincte.
Obs.— Hydrocèle du cou. — Opération par l'injection iodée. — Cheval (Rosalie). 40 ans, est entrée le 7 octobre 1843, à l'hôpital de la Charité.
Sur la partie latérale gauche du cou, tumeur très-rénitente, ayant le volume d'une tête d'adulte : tumeur lisse, pédiculée, parcourue par des veines d'an fort calibre. L'origine de cette tumeur remonte à 20 ans.
12 octobre. — Ponction au moyen de laquelle on retire ikU,020 de liquide, d'abord cilrin, puis roussâtre.