TITRE IX. - CATHÉTÉHISME ŒSOPHAGIEN
phagien, on pourrait y procéder à l'aide d'instruments analogues aux divers urétrotomes qui ont été imaginés.
Dilatation. — Elle peut être temporaire ou permanente. On pratique la dilatation temporaire, tantôt à l'aide de bougies dont on augmente successivement le volume, tantôt à l'aide d'une longue baleine terminée à Tune de ses extrémités par une petite olive au collet de laquelle es fixée solidement une éponge très-fine.
Quant à la dilatation permanente, elle a été tentée par M. Switzer, qui s'est servi d'une tige de baleine pour porter au niveau du rétrécissement des billes d'ivoire dottf le centre est percé d'un trou qui donne passage à un cordon de suspension. Ces billes, introduites à frottement dans la partie rétrc'cie, sont remplacées par des billes plus grosses dès qu'elles deviennent mobiles.
TITRE IX
CATHÉTÉRISME ŒSOPHAGIEN.
On se sert, pour cette opération, de la sonde dite oesophagienne. Mais on fait généralement usage de sondes trop volumineuses, trop dures et trop fortement recourbées à leur extrémité. L'instrument qui me parait le meilleur est une sonde plus flexible, à courbe très-douce, et qui dépasse à peine en volume les sondes urét raies les plus grosses.
Un instrument dont je blâme surtout la construction et l'emploi . c'est cette espèce de broche en baleine, armée de trois boules d'ivoire disposées à distance l'une de l'autre sur le trajet de la tige. La présence de ces boules ôte a la tige, dans le point auquel elles correspondent, toute espèce de flexibilité.
La meilleure attitude à donner au malade, c'est la flexion du col en avant, afin de régulariser la courbe saccadée qui, de la sixième cervicale, s'étend aux deux premières dorsales.
Le renversement de la tête en arrière, conseillé par les auteurs, est la plus mauvaise attitude qu'on puisse faire prendre au patient. Elle fait faire promontoire au niveau de la sixième cervicale et rend plus anguleuse la concavité cervico-dorsale.
L'opération peut se pratiquer par les fosses nasales ou par la bouche. Nous décrirons successivement le cathétérisme œsophagien dans ces deux conditions.
I9 Par les fosses nasales. — Le malade étant assis, la tête légèrement fléchie et soutenue par un aide, le chirurgien introduit la sonde œsophagienne dans l'une des narines, et la pousse rapidement jusque sur la paroi postérieure du pharynx. Portant alors le doigt par la bouche derrière le voile du palais, l'opérateur courbe l'extrémité de la sonde pour la dégager, et la dirige vers le conduit qu'elle doit parcourir. Il ne reste plus qu'à la pousser doucement et en ligne droite jusque dans l'œsophage où elle s'engage sans difficulté.
Le grand obstacle au cathétérisme œsophagien, c'est la concavité cervico-dorsale au niveau de laquelle les sondes viennent arc-bouter. Pour éviter cet obstacle, on peut, à l'exemple de Desault, se servir d'un mandrin recourbé, que Ton retire dès que la sonde a franchi le point difficile.
2° Par la bouche. — La bouche étant largement ouverte et la langue déprimée avec le doigt indicateur gauche, on fait glisser la sonde le long de ce doigl et on la conduit jusque sur la paroi postérieure du pharynx, qui lui sert de guide jusqu'à l'oesophage.
Le cathétérisme par la bouche est incontestablement plus facile que le cathétérisme par les fosses nasales, mais ce dernier offre chez les aliénés et chez les sujets dont la bouche est fermée par un état pathologique quelconque, des avantages incontestables et que démontre une expérience journalière.
TITRE X
OESOPHAGOTOMIE.
Cette opération est applicable aux cas où un corps étranger introduit dans l'œsophage ne peut être ni extrait par la bouche, ni refoulé vers l'estomac. Voici comment on y procède.
Le malade étant couché ou assis, la tête un peu renversée en arrière et maintenue par un aide, on divise les téguments dans l'étendue d'environ 8 centimètres entre le sternum et le larynx, sur le bord interne du muscle sterno-mastoïdien jusqu'au niveau de l'os hyoïde. On incise ensuite le muscle peaucier et l'aponévrose, puis, faisant écarter le muscle sternomastoïdien par un aide, ou arrive sur la trachée en laissant en dehors l'artère carotide et la veine jugulaire interne.
La trachée une fois reconnue à sa couleur blanchâtre et aux cerceaux qui la constituent, on porte le doigt entre ce conduit et la colonne vertébrale, et, lorsqu'on a senti le corps étranger, on pratique sur ce dernier une incision longitudinale proportionnée à son volume et faite sur le côté de l'œsophage.
Si le corps étranger ne se dégage pas spontanément, on l'extrait avec les doigts ou au moyen de pinces. On rapproche les lèvres de la plaie et Ton panse par occlusion.
L'introduction des aliments et des boissons dans l'estomac doit se fair> i l'aide de la sonde œsophagienne jusqu'à ce que la plaie soit cicatrisée.
Lorsque le corps étranger contenu dans l'œsophage n'est pas assez volumineux pour faire une saillie sur laquelle le chirurgien puisse se guider, on peut avoir recours à la sonde de Vacca Berlinghieri, que l'on introduit fermée jusqu'au dessous du corps étranger. On tire alors doucement à soi la pince enfermée dans la canule de l'iustrument. Une des branches de cette pince, entraînée par sa propre élasticité, ne manque pasde s'engager dans le trou latéral de la sonde qui lui sert de gaine et vient soulever sur le côté du cou les diverses couches qu'il faut diviser.
SECT. Vil. - OPERATIONS SUR LA POITRINE.
SECTION VII