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TITRE IV. — PLAIES PENETRANTES DE POITRINE

ments aigus, il y a des chances assez nombreuses pour que, dans un certain nombre de cas, aucun Taisseau important ne soit atteint.

Le fait que nous allons rapporter a été remarquable surtout par la rapidité avec laquelle s'est résorbé un épancbement sanguin qui, le premier jour de la blessure, occupait une grande étendue de la cavité pleurale et qui en très-peu de jours s'était limité à la partie inférieure. Est-ce à la résorption seule qu'il faut faire honneur de ce changement si rapide dans les dimensions de l'épanchement, ou bien faut-il admettre qu'étalé dans une grande étendue de la plèvre, il s'est rapidement porté vers les parties déclives de cette séreuse ?

Obs. — D'Hernie (Hippolyte), 24 ans, ouvrier bonnetier, entre à l'hôpital Saint-Antoine le 18 juin 184t.

11 venait d'être atteint, à onze heures du soir, d'un coup de couteau-poignard qui traversa ses vêlements et pénétra dans le poumon droit, entre la cinquième et la sixième côte, à 2 centimètres environ du bord du sternum. Une hémorrhagie assez abondante avait eu lieu avant l'entrée du malade à l'hôpital, et continuait encore au moment de son arrivée.

Le lendemain matin, 19, pouls fréquent et plein, respiration complètement nulle à la base du poumon droit, où il y a une matité absolue. Cette matité remonte jusqu'aux deux tiers de la cavité thoracique droite. On diagnostique un épanchement sanguin. Forte saignée du bras; diète absolue; silence; pansement par occlusion.

20. — Etat général plus satisfaisant ; respiration toujours nulle à la base du poumon droit.

24. — Moindre étendue de la matité; souffle tubaire vers le milieu du poumon droit; égophonie quand on fait parler le malade.

23. — La sonorité commence à reparaître. Dans une grande partie de la cavité thoracique droite, en procédant de haut en bas, le bruit vésiculeux de la respiration se fait entendre.

Les jours suivants, l'amélioration continue.

27. — Toujours un peu de matité; mais on entend la respiration dans toute la hauteur du poumon droit.

in juillet. — Exeat. — La sonorité et la respiration ont repris leur caractère normal. On ne perçoit plus aucune différence en auscultant et en percutant l'un et l'autre côté de la poitrine. Quant à la plaie, elle est complètement cicatrisée.

Je rapporte l'observation suivante comme exemple curieux de glissement d'une balle sur la convexité du diaphragme.

Obs. — Plaie de poitrine par arme à feu. (Gaz. des hôp., 4 sept. 1858.) — Un homme se tire un coup de pistolet dans la région du cœur; pas d'hémorrhagie par la plaie, ni d'hémoptysie, rétraction du testicule gauche; mort le cinquième jour.

L'examen des pièces anatomiques a démontré ce qui suit : La balle est entrée dans le péricarde, a déchiré la pointe du cœur sans pénétrer dans la cavité de cet organe, puis elle a glissé sur la voûte du diaphragme entre le poumon et

la plèvre jusqu'au onzième espace intercostal, dans lequel elle s'est logée eu ouvrant la plèvre. Ce glissement inofTensif du projectile, entre des partie* aussi délicates, mérite d'être remarqué. On retrouve les traces de la péricardite ï laquelle le blessé a succombé.

UTRE V

PARACENTÈSE DU PÉRICARDE.

On peut ranger sous deux chefs principaux les divers procédés qui ont été proposés pour pratiquer la paracentèse du péricarde.

Procédé de Senac. — Ce procédé consiste à porter un trocart dans le cinquième ou sixième espace intercostal un peu à gauche du sternum et à enfoncer l'instrument très-obliquement en bas et adroite jusque dans la collection à évacuer.

Pour écarter les dangers inhérents à la ponction avec le trocart, Desanlt a modifié le procédé de Senac de la manière suivante :

Entre la sixième et la septième côte gauche on divise successivement avec le bistouri la peau, le tissu cellulaire, les muscles intercostaux; pub, avec le doigt indicateur porté au fond de la plaie, on constate la présence d'un liquide et Ton fait au péricarde une incision suffisante pour permettre à la collection de s'épancher au dehors.

Procédé de Riolan. — Il consiste à trépaner le sternum à 3 centimètres au dessus du cartilage xiphoïde pour opérer la ponction du péricarde.

La couronne de trépan doit être appliquée sur la moitié gauche du sternum au niveau du cartilage de la cinquième côte, immédiatement au dessus de l'appendice xiphoïde afin de tomber sur le point le plus large de Pécartement antérieur du médiastin. L'indicateur gauche porté au fond de It plaie s'assure ensuite de la fluctuation et sert de conducteur au bistouri.

Le péricarde une fois incisé, il convient de faire tourner le malade sur le côté gauche et plus que jamais de lui tenir la poitrine dans une position presque verticale pour donner issue au liquide qu'on laisse écouler lentement.

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