OPRÉÀTIONS QUI SE PRATIQUENT SUR L'ABDOMEN
TITRE PREMIER
HYDROP1S1E DE L'ABDOMEN.
Paracentèse*
Le lieu d'élection pour la paracentèse est représenté par le milieu d'une ligne qui de l'ombilic irait à l'épine iliaque antéro-supérieure du côté gauche. —La ligne blanche, qui était adoptée parles anciens et que préfèrent encore aujourd'hui les chirurgiens anglais, ne met pas plus que tout autre point de l'abdomen à l'abri de l'hémorrhagie, ainsi que le prouve un cas rapporté par S. Cooper.
S'il existe en même temps qu'une ascite une hydrocèle péritonéo-vaginale, la ponction pourrait être faite avantageusement par le scrotum.
Quel que soit le point précis que Ton adopte pour la ponction, on ne doit jamais négliger de rechercher par la percussion la situation des intestins et le niveau du liquide épanché.
Le malade étant couché sur le bord de son lit, un aide presse avec ses deux mains sur le côté opposé à celui qui doit être ponctionné. Le chirurgien placé à droite du malade saisit un trocart dont il tient le manche dans la paume de la main, tandis qu'avec le doigt indicateur, allongé sur la lame jusqu'à 2 centimètres et demi de sa pointe, il limite la longueur d'instrument qni va pénétrer dans la cavité abdominale. C'est alors que d'un coup rapide et brusque le trocart est enfoncé à travers la paroi de l'abdomen. On reconnaît que l'instrument a pénétré dans la cavité péritonéale, à la liberté des mouvements que sa pointe exécute.
La canule étant maintenue de la main gauche, on retire la tige avec la main droite. Le liquide s'écoule, et, pour faciliter cet écoulement, on fait exercer par un aide, des pressions d'arrière en avant, sur les flancs du malade.
Si l'écoulement liquide est arrêté par des flocons pseudo-membraneux ou par l'épiploon, on refoule ces obstacles avec un stylet mousse.
On retire immédiatement tout le liquide qu'on peut extraire, puis on enlève la canule d'une main, tandis que de l'autre on maintient la peau pour l'empêcher d'être tiraillée.
On applique sur la petite plaie un morceau de sparadrap de diachylon que Ton recouvre d'une cuirasse, puis on comprime l'abdomen au moyeu d'un bandage de corps. Cette compression a l'avantage de soutenir les viscères, de prévenir la syncope et de favoriser la guérison définitive.
Malgré les exemples qui ont été cités d'injections faites avec succès dans la cavité du péritoine après la paracentèse do l'abdomen, malgré les avantages que pourrait présenter l'iode employé dans le but d'obtenir une cure radicale, il est douteux que ce moyen passe jamais dans la pratique générale.
Application du drainage an traitement de l'aaclte.
Le drainage appliqué au traitement de l'ascite peut amener la cure radicale. Il suffirait, pour s'en convaincre, de se rappeler les succès que nous avons obtenus à l'aide de cette méthode, non-seulement dans l'bydrocèle, mais dans l'empyème. D'une autre part, il faut savoir que M.Barth a présenté à l'Académie de médecine une malade atteinte d'un kyste de l'ovaire et guérie par le drainage. Enfin, la manière dont se comportent les anses élastiques vis-à-vis de tous les tissus, et des séreuses en particulier, autorise à penser que l'emploi des tubes fenêtres peut conduire à la cure radicale.
. Voici le mode opératoire que nous avons mis en usage en pareil cas :
A deux travers de doigts au-dessus du ligament de Faliope, et à la limite supérieure de la région iliaque gauche, je pratique une ponction avec le trocart à drainage dont je fais ressortir la pointe à 6 ou 8 centimètres du point d'entrée en marchant vers la ligne médiane. Le trocart étant retiré, et la canule restant en place, j'installe dans le péritoine une anse fenétrée par les orifices de laquelle s'écoule la sérosité abdominale.
A la suite de cette opération, on surveille attentivement l'état du ventre, afin de combattre, dès leur apparition, les accidents auxquels pourrait donner lieu l'apparition d'une péritonite. En attendant, des cataplasmes sont maintenus à demeure sur la région opérée.
TITRE II