‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicalesChapitre 17 sur 236 · TITRE I. — SUTURE DES TENDONS · texte numérisé non relu

TITRE I. — SUTURE DES TENDONS

Oh. — Suture des tendons fléchisseurs du pouce et de V indicateur trois mois après une plaie de r avant-bras. — Au mois de novembre 1853, une jeune fille de 16 ans, M*11" Dufresne Joséphine, rue Florentine, 3, à Montmartre, étant tombée avec une carafe à moitié vide qu'elle tenait à la main, un fragment de carafe fit à la partie inférieure et antérieure de l'avant-bras gauche une plaie transversale qui se cicatrisa après avoir suppuré pendant -quelque temps.

La perte des mouvements de flexion du pouce et de l'indicateur s'en étant suivie, la malade vint à l'hôpital Saint-Antoine. L'examen fit reconnaître aussitôt cette paralysie partielle. On constata de plus que le bout inférieur du tendon divisé adhérait solidement à la cicatrice. En effet, toutes les fois que saisissant le bord inférieur de la cicatrice au moyen de l'ongle, on cherchait à la remonter de bas en haut, on déterminait aussitôt la flexion du doigt indicateur. 11 s'agissait donc, en ramenant le bout supérieur du tendon, au contact de la cicatrice dans le pointeorrespondant au bout inférieur, de rétablir les mouvements perdus.

Tel fut le but de l'opération pratiquée le 4 février 1854. On mit à découvert les tendons fléchisseurs dans une étendue de deux travers de doigt au moyen d'un lambeau rectangulaire représentant un couvercle de tabatière et disposé de telle sorte que l'un des côtés marchait parallèlement à l'artère radiale ; le bord inférieur contigu à la cicatrice était transversal, et le bord supérieur situé à deux travers de doigt au-dessus, parallèle à celui-ci.

Les tendons paraissent intacts, mais on reconnaît bientôt que le nerf médian se trouve à la place de la portion des tendons fléchisseurs qui passe au devant de lui. Ne trouvant point le tendon divisé, on prolonge de 2 centimètres à la partie supérieure l'incision primitive, et après avoir disséqué un petit lambeau triangulaire, on aperçoit au dessous de lui l'extrémité volumineuse d'un tendon, qui se termine d'une manière abrupte. Cette extrémité étant séparée des parties environnantes, on traverse son centre au moyen d'un fil à ligature conduit par une aiguille. Le tendon, saisi avec des pinces, est attiré vers la cicatrice et mis en contact avec le tissu inodulaire, par un point de suture dont on laisse pendre les deux chefs au dehors.

Le lambeau tégumentaire est ensuite réappliqué aussi exactement que possible et maintenu en place par de nombreux points de suture entrecoupée; le tout est pansé par occlusion; puis la main fortement fléchie est maintenue par an bandage et l'avant-bras placé sur un coussinet élevé.

Aucun accident n'a suivi cette opération.

Au bout de six jours, la réunion était presque complète et la jeune fille cornmençait à fléchir l'index.

En moins de quinze jours, le travail de cicatrisation était entièrement achevé, et la malade sortait après avoir recouvré les mouvements perdus.

Nous avons revu cette malade à l'hôpital Lariboisière dans les premiers jours d'avril 4860. Non-seulement laguérison s'est maintenue, mais les mouvements de flexion ont encore acquis plus de force et d'étendue qu'ils n'en avaient dans la première année qui a suivi l'opération. M. Duchenne de Boulogne, qui a examiné cette malade avec beaucoup d'attention, a constaté avec nous le rétablissement complet des mouvements de flexion. Mais en outre il a reconnu l'existence d'une paralysie partielle avec atrophie progressive d'un des muscles de l'émmence thénar, le court abducteur du pouce. Malgré cette paralysie localisée

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dans un seul muscle, la main a presque entièrement recouvré l'aptitude à «s fonctions normales.

Ce fait nous a paru digne d'intérêt en ce qu'il ajoute une nouvelle preuve à l'appui des heureux effets de la suture des tendons.

De plus, il établit une particularité très-importante, à savoir, que le bout inférieur du tendon divisé peut conserver pendant la cicatrisation primitive qui succède à la blessure, la position qu'il avait au moment de l'accident, et qu'il peut par conséquent faire corps avec la cicatrice.

Ceci est un fait d'une grande importance, qui mériterait une discussiou approfondie et exigerait quelques recherches et quelques expériences cadavériques. Essayons de bien poser la question.

Quand on divise un tendon fléchisseur de l'avant-bras, on comprend tout d'abord que le bout supérieur, obéissant à l'action du corps charnu, remonte vers les attaches supérieures du muscle. Ici, ce retrait du tendon s'était effectué dans une étendue d'au moins trois travers de doigt. Voilà ec qui advient pour le bout supérieur. Mais qu'advient-il du bout inférieur? Comme celui-ci n'est sollicité par aucune action musculaire, on compreud bien qu'il reste à sa place, c'est-à-dire, à la hauteur de la plaie même, et qu'il ne reflue pas dans sa gaine comme le fait le bout supérieur. Et cependant il est une circonstance qui peut modifier sa position, c'est l'attitude dans laquelle se trouve, au moment même de la blessure, le doigt dont le tendon est coupé.

En effet, supposez qu'au moment où la division du tendon a lieu, le doigt soit dans un état de flexion très-prononcé, n'est-il pas évident, que quand. après la blessure, les muscles extenseurs l'auront ramené dans le sens opposé à la flexion, la dernière phalange du doigt à laquelle s'attache le tendon devra produire uu effet un peu analogue à celui que détermine l'action musculaire sur le bout supérieur, et aura pour effet de ramener le bout inférieur du tendon dans sa gaine, du côté de l'extrémité terminale de* doigls.

Quoi qu'il en soit, ce fait juge une question de médecine opératoire d'un* très-grande importance, et voici en quoi elle consiste :

Quand on a constaté qu'en imprimant des mouvements à la cicatrice, on agit sur le bout inférieur du tendon, il n'est pas nécessaire de disséquer et d'isoler ce bout inférieur pour le réunir au bout supérieur, et il suffit de faire adhérer à la cicatrice l'extrémité coupée de ce dernier pour rétablir les fonctions du tendon.

Obs. — Femme, 43 ans. —Blessure de la face dorsale du poignet } plaie trans* vcrsale des tendons extenseurs des doigts. Opération. Incision curviligne à forte courbure sur le dos du poignet, excision de la lame fibreuse qui réunit les bouts des tendons, puis suture de ces derniers. Guérison au bout de trois mois.

Obs. — Jeune homme. — Blessure du tendon du long extenseur du pouces t de l'artère radiale par la fracture d'un carreau de vitre. Ligature du vafaeau et

., .cutive.des deux ihnieur du pouce.

■■m de la gaine tcn- II ;■ 'ri son complète, -maire del'aïaot- Aviaion de plusieurs • dus tendons divisés, incision des tissus e thénar ; suture :i' droits. Gué ri son.

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niprend généralement diverses fpr les tendons, mais encore sur eut dits. La section des aponéliwles. la section des brides ci- (t but, île la section des véritables lier ces différer) (esopé ration a, L.|

Wvn a divisé un tendon, la cuutiuuité %rmée tout entière par l'exsudation I la gttaeda tendon.

vit: rétablissement parlait de la continent des deux bouts du tendon divisé e limite. ■ '.Mine que se forme le travail réparateur tendon, il importe que la gaine soiteon- [ qu'elle «oit préservée de toute manœuvre [ absolument indispensable pour la lionne ;ii'il s'agit de couper.

i des tendons que comme opération sousit puisse remplir avec succès et sans danger

ombre de chirurgiens, et parlieulièrement ceux ■;r, ont établi ce point de doctrine d'une manière

■■tatuières notions de la lénotomie remontent à

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