TITRE VU. — ANUS CONTRE NATURE
que des injections convenablement dirigées et poussées avec une force suffisante auraient moinsd'inconvénients que la canule proposée parLecat.
La seconde indication peut être remplie par divers procédés, notamment par la compression et la section de l'éperon.
Compression. — Desault ayant reconnu que l'éperon était le véritable obstacle à la guérison des anus contre nature, proposa de le refouler en arrière par la compression. Des mèches longues et volumineuses étant introduites dans le bout supérieur et le bout inférieur, il comprimait l'ouverture extérieure à l'aide d'un tampon de charpie.
Colombe a remplacé les mèches de Desault par nne grosse canule en gomme élastique courbée à sa partie moyenne et pénétrant de 8 à 10 centimètres dans chaque bout d'intestin.
Dupuytren avait imaginé dans lé même but un croissait en ivoire à pointe et à bords mousses, monté sur une tige et terminé par une plaque qui repoussait directement l'éperon d'avant en arrière, sans gêner la circulation intestinale. Mais l'insuffisance de ces moyens est un fait aujourd'hui parfaitement démontré.
Section de l'éperon. — Schmalkalden en 1798, Physick de Philadelphie en 4 809, et Dupuytren, ont eu recours au séton et à l'incision pour détruire Tépcron ; mais ces moyens furent bientôt abandonnés pour l'entérotome qui offrait beaucoup plus de chances de succès.
1* Entérototne de Dupuytren. — Cet instrument se compose de deux branches, l'une mâle, l'autre femelle, qui s'articulent à la manière d'un forceps. Pour en faire l'application, on s'assure tout d'abord de la position des deux bouts de l'intestin, et, saisissant de la main droite une des branches de l'entérotome, on la glisse dans un des bouts sur le doigt indicateur gauche préalablement introduit dans la fistule, puis on la fait pénétrera une profondeur qui varie nécessairement avec la longueur de l'éperon. L'autre branche est introduite de la même manière et à une profondeur égale dans le bout opposé. Les branches sont alors articulées et rapprochées par la vis de pression. Chaque jour on ajoute un tour de vis à la constriction. Au bout de dix à douze jours, la pince tombe emportant avec elle l'éperon escarriiié. Tant qu'elle est en place, elle est soutenue par un tampon de linge placé sur le haut de la cuisse légèrement fléchie; on la fixe au moyen d'une bande peu serrée qui entoure le tampon de linge et la partie correspondante du membre inférieur.
fc° Entérotome de Liotard. — A l'entérotome de Dupuytren, Liotard a proposé de substituer un instrument dont les mors représentent une plaque largement fenêtrée à son centre. Avec cet instrument on peut dès le premier jour couper la partie de l'éperon qui correspond à la fenêtre de l'entérotome. Mais cet avantage ne compense pas les inconvénients qui résultent du volume de l'instrument, du danger de perforer l'éperon avant que la constriction ne soit suffisante, etc.