II. u
3° Entérotome de M. Reybard. — L'instrument imaginé par M. Reybanl se compose d'une pince à branches fenôtrées et d'une lame tranchante à une de ses extrémités. Les branches sont garnies de pointes qui servent à fixer l'instrument sur la cloison. L'application de cet instrument est beaucoup moins douloureuse pour les malades que celle de l'entérotome aV Dupuytren, mais pas plus que ce dernier, il ne met à l'abri des infiltrations stercorales.
On sait que l'entérotome de Dupuytren est destiné à détruire par gangrène l'éperon valvulaire. Malheureusement l'emploi de cet instrumenta des inconvénients de plus d'un genre : 1° Il agit avec trop de lenteur et ne peut amener la section des tissus que par l'intermédiaire obligé du sphacèle. 2° Son mode d'action suppose de toute nécessité le pincement prolongé d'une double épaisseur de toutes lés tuniques intestinales : or, le pincement intestinal, sous quelque forme qu'il ait lieu, est généralement très-fâcheux et très-difficilement supporté. On en sait quelque chose par ce qui arrive dans les cas où l'on agit par ligature, soit sur des hémorrhoides, soit sur des chutes du rectum, soit enfin sur des polypes ou des fistules du même intestin. 3° Par son volume et son poids, et surtout par sa durée d'application, cet instrument offre des inconvénients dont tout chirurgien est à même d'apprécier la gravité : accidents nerveux, douleurs plus ou moins vives, irritation continue, etc. 4° Enfin, la présence pendant plusieurs jours, dans l'abdomen, d'instruments métalliques et rigides peut donner lieu à d'autres escarres qu'à celles que Ton cherche à produire intentionnellement.
On sait très-bien qu'il suffit d'une pression, même assez douce, mais continue, sur tel ou tel point des organes délicats renfermés dans l'abdomen, pour entraîner la production de gangrènes partielles et la perforation des réservoirs membraneux que renferme cette cavité. On en a un grand exemple dans ce qui arrive, lors de l'emploi des sondes à demeure dans l'urètre. Des perforations ulcératives aveo ou sans gangrène peuvent se produire, non-seulement sur la longueur de l'urètre, mais encore i la paroi postérieure et supérieure de la vessie, quand l'extrémité de la sonde est un peu trop proéminente à l'intérieur de la cavité vésicale.
Tous ces inconvénients de l'entérotome de Dupuytren nous ont para pouvoir être évités par l'emploi de l'écraseur linéaire. Il ne nous reste plus qu'à indiquer le mode d'application.
Après avoir reconnu, au moyen des doigts introduits dans les deux beub de l'intestin adossé, la position exacte et l'étendue de l'éperon membraneux, il s'agirait, à l'aide d'une aiguille courbe, de conduire à travers la cloison valvulaire que forme l'éperon un fil qui pénétrerait de l'un de» bouts dans l'autre. Après avoir laissé ce fil en place pendant un jour ou deux, et après s'être bien assuré de sa parfaite mobilisation, on conduirait, au moyen de l'anse qu'il forme, la chaîne d'un écraseur de moyen