‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicalesChapitre 223 sur 236 · T4TRE VI. — POLYPES DU VAGIN · texte numérisé non relu

T4TRE VI. — POLYPES DU VAGIN

ment de l'excrétion des matières fécales, une grande quantité de mucosités blanchâtres et glaireuses. A l'examen, Amussat et A. Dubois constatèrent l'existence d'une tumeur volumineuse à la paroi postérieure du vagin. Cette tumeur égalait à peu près la grosseur d'un œuf de poule; son pédicule avait à peu près 0",054 de diamètre.

Ce polype élait tellement friable, qu'on ne put le saisir avec des pinces et desérignes, pour y jeter une ligature; M. Amussat l'extirpa, tant par arrachement que par torsion.

La malade avait assez bien supporté l'opération.

Pelletan a vu deux fois des lipomes de la cloison recto-vaginale; il a observé également dans la cloison vésico-vaginale, une tumeur fibreuse.

11 survient quelquefois, au dessous du méat urinaire, c'est-à-dire sur le bulbe, de petites productions rouges, fongueuses, saignantes, sessiles ou pédiculées, causant une cuisson et même une douleur assez vive, ressemblant assez bien à certains bourgeons charnus qui se forment sur la surface d'anciens vésicatoires ou d'ulcères cancéreux. Leur surface parait dépourvue d'épithélium, ce qui explique parfaitement pourquoi le passage de l'urine, le toucher, le coït, la marche, les rendent si douloureuses. Elles saignent facilement, mais ne donnent pas lieu à de véritables hémorrhagies; leur présence est accompagnée d'une sécrétion purulente plus ou moins abondante, et il existe quelquefois en même temps une véritable leucorrhée.

C'est évidemment à ce genre de productions qu'on doit rapporter les deux faits publiés par Guénier, dans le Journal de médecine de Nantes et reproduits dans la Gazette médicale ', en 4838, sous le titre de Polypes de Vhymen. (îuénier a vu, en effet, chez une petite fille et chez une fille d'un certain âge, des fongosïtés paraissant implantées sur la face postérieure de l'hymen, et descendant dans la fosse naviculaire.

Enfin, Morgagni {Lettre 46, § 17), avait trouvé un état analogue chez une fille de 50 ans ; l'hymen était rouge, et tout près, et en dehors, on voyait : parvula assurgentia tubercula rubra.

La tumeur est quelquefois le résultat d'un développement vasculaire dn bulbe du vagin, comme on le verra par l'observation suivante :

Obs. — Tumeur variqueuse du bulbe du vagin. — Une fille de 59 ans, domestique, d'une bonne santé habituelle, éprouva, vers la fin de novembre 1858, de la difficulté à uriner et de vives douleurs dans les parties sexuelles ; ces symptômes furent bientôt suivis d'hémorrhagies abondantes, bien que les règles eussent cessé de paraître depuis plusieurs années.

La perte de sang durait déjà depuis huit jours, lorsque la difficulté d'uriner devenant insurmontable, la malade se décida à consulter le docteur Lequerré.

Celui-ci, en voulant pratiquer le cathétérisme, reconnut l'existence, au-dessous du méat urinaire, d'une tumeur obstruant l'entrée du vagin. Sa forme était ovoïde, ayant 6 centimètres dans son plus grand diamètre ; la circonférence

Ml SECT. XII. — OPÉU. SL'K LES ORGANES GÊNIT. DE LA FEJU

7 /«in. — Une sonde est placée dans l'urètre, après quoi, une longue droite, portant nn double AI, est enfoncée d'arrière en avant dans Le ] et vient sortir k un centimètre plus bas que le méat urinairc.

Un jet de sang veineux s'échappe avec force, de la piqûre.

Le col de la tumeur Tut ainsi embrassé à droite et à gauche, dans ut ligature que je serrai fortement.

Chaque jour, on serra plusieurs fois les fils, la tumeur devint ri brunâtre.

Le 12 juin, le cinquième jour après l'application delà ligature, la n plaint de vives douleurs et elle éprouve des défaillances.

Enfin je me décide a exciser la tumeur en portant l'instrument a l ■ très au dessous des fils. Il en résulte une large plaie dont le sang l'i nappe avec abondance. Ru côté droit, une artère donna même un jeta

J'embrassai alors tout le pédicule en masse dans un nouveau fil et une légère compression sur la plaie. L'hémorrhagie s'arrêta.

Le pédicule ne se détacha complètement que le 2ï juin, le quimiè

Le méat urinaire était remonté, et, pour le voir, il fallait écarter li lèvres.

La femme Loisv qui, après cette opération, avait conservé pendant ■ mois une incontinence d'urine, a recouvré depuis sa fraîcheur et ses i

Cette intéressante observation rapprochée de celle dans laq docteur Lequevré a si rapidement guéri sa malade , par l'en l'écrasement linéaire, Tait comprendre à quels soucis, à quelles I à quelles complications le chirurgien s'expose quand i) a rccoi méthodes aujourd'hui abandonnées en pareil cas, et qui consisU la ligature cl l'excision au moyen de l'instrument tranchant.

En 1860, avec l'assistance de notre excellent et savant collégi riboisière, M. Moissenel, j'ai opéré par écrasement un volumineux du vagin chez une dume de 35 ans. Il ne s'écoula pas une goutte ni pendant ni apjvs l'ojiérauoii dont Jes suites furent de la plusi bénignité.

TITRE VT1

RECTOCÊLE VAGINALE.

Dans les séances des 24 et 31 mai 1 848, j'ai communiqué à la de chirurgie, l'observation d'une dame affectée de rectocèle vagini sentant ceci de particulier que le prolapsus ne se produisait que p un effort brusque et instantané, comme par exemple celui de l'i ment. En examinant attentivement la tumeur, j'ai reconnu qu'elle pus sortie complètement; mais il y avait une tension douloureit partie inférieure et postérieure du vagin. Le doigt porté dans le i ■m ramené en avant en poussant au-devant de lui et faisant sail ÉBUge la tumeur. J'ai eoastalédeplusunedécbirureparticlledupi

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