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TITRE I. — EXAMEN OPHTHALMOSCOPIQUE DE L'OEIL

ainsi qu'il arrive à faire pénétrer à travers la pupille la somme de lumière qui éclaire suffisamment l'intérieur du globe de l'œil.

On peut alors observer les milieux réfringents de l'œil du patient. Il faut pour cela que le chirurgien soit placé à une distance de l'œil à examiner qui varie de 46 à 31 centimètres, selon la portée de sa vue distincte. -

On ordonne au malade de mouvoir alternativement son œil vers le haut et vers le bas, à droite et à gauche, afin de pouvoir l'examiner dans diverses directions. On peut passer ensuite à l'étude du fond de l'œil et pour cela il est préférable d'observer d'abord l'image renversée, parce que la faiblesse du grossissement et la grande étendue du champ visuel rendent plus facile le coup d'œil d ensemble. On éclaire la pupille de la manière que nous venons d'indiquer, en ayant soin cependant de s'éloigner davantage du patient. La distance convenable varie de 31 à 47 centimètres environ.

Lorsque la pupille se montre d'un rouge brillant, l'œil étant tourné de 20 degrés en dedans, l'observateur saisit entre le pouce et l'index de la main droite, une lentille convexe jouissant d'une distance focale de 0",047 à 0*,08t : en môme temps il appuie son petit doigt contre le front du patient et amène la lentille devant l'œil à observer, de telle sorte que les rayons de lumière renvoyés par le miroir soient condensés par elle et forment un petit disque lumineux à contours parfaitement nets et à centre obscur. Ce centre obscur doit venir coïncider exactement avec lé centre de la pupille. L'image réelle et renversée du fond de l'œil se trouve alors projetée sur le plan focal de la lentille convexe du côté qui regarde l'observateur. Celui-ci peut la voir distinctement, pourvu que son œil soit exactement accommodé à cette distance.

L'attention se trouve tout d'abord attirée par le nerf optique qui, dans la position que nous venons de décrire, est placé à peu près au milieu de l'image. C'est lui qui sert de point de repère pour la suite des observations.

On passe alors à l'examen des parties périphériques du fond de l'œil, et dans ce but on fait exécuter à l'œil les mouvements nécessaires.

Cela terminé, on peut passer à l'étude de l'image droite. Ici le champ visuel étant très-restreint, il faut se placer aussi près que possible de l'œil i observer. On dirige alors le reflet du miroir sur l'œil du patient de manière que le disque lumineux, muni de sa tache obscure au centre, vienne tomber exactement sur le milieu delà pupille. Si l'on regarde en ce moment au travers de l'ouverture pratiquée dans le miroir, on aperçoit projetée sur le fond de l'œil la petite image renversée de la flamme de la lampe. Cette image brillante se détache assez nettement sur un fond plus ou moins sombre et peut être promenée çà et là à l'aide de petits mouvements imprimés au miroir. Mais au moment où Ton amène cette petite flamme sur la papille du nerf optique, on la voit perdre sa forme auparavant nettement dessinée et le disque répondant au point d'insertion du nerf optique se trouve illuminé dans toute son étendue.

La manœuvre que nous venons de décrire, toute simple qu'elle soit, ne laisse pas que d'exiger une certaine habitude; mais quand on s'est suffisamment exercé, elle s'effectue d'une manière en quelque aorte instinctive et donne tous les résultats qu'on peut attendre de l'examen ophthalmosoopique.

Une condition qui nous a paru très-importante dans ce genre d'exploration, c'est celle qui consiste à obtenir une immobilité complète de la tête du malade, ainsi que des accessoires destinés à éclairer le fond de l'œil.

Nous ferons connaître ici quelques résultats de nos recherches sur l'ophthalmoscopie, recherches qui datent de 4852, et qui sont publiées dans le t. III, p. 394, des Mémoires de la Société de chirurgie. Elles furent entreprises à l'occasion d'un rapport sur un travail présenté par M. Follin i la Société de chirurgie, dans le but de lui faire connaître des perfectionnements importants qu'il avait apportés conjointement avec M. Nachet i l'appareil ingénieux d'Helmoltz.

Plusieurs fois, en examinant des yeux sains, nous avons pu voir non» seulement une surface uniformément rouge qui est la rétine, mais encore des vaisseaux radiés et s'anastomosant entre eux. Une albinos qui se trouvait dans le service de M. Monncret a offert cette disposition au plus haut degré ; la rétine avait une teinte beaucoup plus vive que chez tous les autres sujets observés.

En examinant les yeux d'un sujet atteint d'une double cataracte n'occupant encore que le centre du cristallin, on a pu constater, au milieu d'une surface claire, des points opaques et bien circonscrits, correspondant aux parties altérées du cristallin. L'affection du reste pouvait être parfaitement diagnostiquée à l'œil nu, mais il faut, dans tous les cas, dilater préalablement la pupille à l'aide d'instillations de belladone ou d'une solution de sulfate neutre d'atropine au degré suivant : sulfate neutre d'atropine, 20 centigr.; eau distillée, 30 grammes.

L'œil d'un chat a offert des résultats assez curieux : au lieu]du fond rouge que l'on observe chez l'homme, c'est une surface extrêmement brillante d'un vert émeraude magnifique. Sur ce tapis on voit distinctement des vaisseaux assez volumineux , moins régulièrement disposés que chex l'homme, et remarquables par une teinte opaque qui tranche sur le brillant des parties environnantes.

Mais un genre d'expérience qui nous a beaucoup intéressé, en ce qu'il démontre que le rôle du cristallin, durant l'action de cet appareil est celui d'un objectif, c'est l'expérience qui a été faite sur un malade de l'hôpital Saint-Antoine, dont voici l'observation :

Obs. — Asselin (Joseph), cordonnier, 54 ans, est entré le 18 janvier 1852 h l'hôpital Saint-Antoine. Cet homme est atteint de deux cataractes ; il ne voit plus de l'œil droit depuis trois ans environ, de l'œil gauche depuis un an seulement.

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