‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicalesChapitre 66 sur 236 · II · texte numérisé non relu

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370 TITRE IV. — OPÉRATIONS SUR LES TUTAM1NA OCULl.

Revenons à l'état leucomateux de la vitre oculaire. Quel moyen a-t-onde le reconnaître, quand la bride dérobe à l'observateur la plus grande partie delà cornée? Ceux qui n'ont jamais disséqué de symblépharon, et qui eu parlent théoriquement, croient volontiers que tout ce qui est caché ou du moins tout l'espace qui répond au périmètre de l'implantation adhérentielle est opaque. C'est là une grave erreur, et si nous y fussions tombé, nous eussions volontairement condamné à une cécité perpétuelle l'œil de notre malade. Nous savions que dans les cas où le faisceau adbérentiel présente une certaine épaisseur, il renferme, sinon toujours, du moins dans beaucoup de cas, au centre de son implantation, une cavité dont l'extrémité kératique peut receler une portion de cornée parfaitement intacte.

Et cette doctrine de la cavité centrale et du symblépharon tubulaire, où la prend-on ? Mais sans aller plus loin, dans le fait même que nous venons de rapporter, car elle y était écrite en gros caractères par la présence de ce cercle leucomateux qui encadrait si admirablement et si heureusement la cornée. Tout lecteur attentif et tant soit peu perspicace n'a-t-il donc pas déjà deviné que Panneau leucomateux en forme de croissant, et que nous avons décrit avec soin, indiquait précisément la trace de l'implantation circulaire du tube adhérentiel.

Avant la remise en honneur des procédés autoplastiques par les écoles modernes, la variété de symblépharon sans galerie muqueuse offrait dans son traitement des difficultés presque insurmontables, par les raisons que nous avons déjà fait connaître.

Quelques-uns proposaient timidement un œil d'émail interposé entre la paupière et le globe de l'œil, immédiatement après l'opération, dans le but de prévenir le rétablissement des adhérences. Mais d'autres repoussaient l'emploi de ce moyen comme ne pouvant être supporté et comme devant donner lieu à une inflammation trop vive. A quoi il faut ajouter que le moyen est en outre complètement inefficace. Les chirurgiens qui savent bien ce que c'est que le tissu inodulaire et ce qu'il faut attendre de sa puissance rétractile ne peuvent pas conserver d'illusion à ce sujet.

C'est donc à l'autoplastie qu'il faut demander les moyens de guérison. Nous avons signalé que la clef de la position réside dans le cul-de-sac conjonctival. Si vous y prévenez le retour de la formation inodulaire, la situation vous appartient.

Il y a plusieurs moyens pour cela : ou bien, après avoir disséqué la paupière, on y établit un coloboma transversal dont on maintient la permanence soit au moyen d'un tube à drainage, soit au moyen du renversement en dedans desdeux lèvres du coloboma qui se répondent par leur surface cutanée, et, si ces moyens échouent, il faut se résoudre à fendre verticalement la paupière. Ce dernier conseil a été donné par Guérin (Soc. méd. de MontpelL, t. II, p. 285), qui propose de fendre la paupière et d'en tenir les lambeaux renversés jusqu'à la cicatrisation des brides, pour réunir ensuite

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