CHAPITRE III. — MALADIES DE L'APPAREIL LACRYMAL
L'opération de Jungken, la désoblitération des conduits engoués par les douches, telles sont les médications dont nous avons reconnu et dont nous admettons l'efficacité. Pour tout le reste, nous croyons qu'il faut attendre de nouveaux faits pour se prononcer.
Cathétériuae d« canal laerjVLo-naaal.
Il faut se placer toujours du côté droit, quel que soit le côté sur lequel on veuille opérer.
Pour sentir si l'extrémité de la sonde est arrivée dans le sac lacrymal, il faut presser avec l'index contre le sac lacrymal à l'intérieur de la paupière.
Pour l'opération de la fistule lacrymale, je place le bord tranchant de l'ongle de l'index sur la lèvre antérieure de la gouttière lacrymale. Appliqué ainsi, le bord de l'ongle présente une direction oblique de haut en bas, d'arrière en avant et de dedans en dehors. C'est alors que je fais tendre par une traction en dehors le tendon du muscle orbiculaire. A ce moment, apparaît entre l'ongle et le tendon un espace angulaire dont le sommet indique le point où doit pénétrer le bistouri. II est bon de déprimer un peu avec le plat de la lame le tendon direct de l'orbiculaire. La pointe de l'instrument doit tomber exactement dans le sommet de la petite rainure comprise entre l'ongle et le tendon.
remarques sur l'opération de la fistule lacrthale
l'Dans l'opération de la fistule lacrymale, afin de donner plus de précision au mouvement par lequel le bistouri est dirigé dans le sac lacrymal, après avoir appliqué le plat de la lame sur la racine du sourcil, je presse légèrement avec la pulpe du doigt indicateur de la main qui ne tient pas le bistouri et j'agis sur ce dernier comme sur un levier dont je modifie la direction et auquel je donne plus de fixité au moment de la ponction.
2* Voici un mode opératoire qui m'a paru faciliter singulièrement l'introduction de la canule sur le plat du bistouri : on sait avec quelle facilité la canule pressée contre le plat du bistouri s'échappe sur cette voie glissante et tend à faire fausse route; c'est dans le but d'éviter cet inconvénient que j'ai recours à la manœuvre suivante qui me réussit constamment. Une fois le bistouri introduit dans le canal lacrymo-nasal, j'imprime i cet instrument un léger mouvement de rotation sur l'axe, mouvement par suite duquel s'ouvre, s'entre-bâille si l'on veut, un angle au côté interne de la plaie. C'est dans cet angle que se trouve une voie facile et sûre pour la canule. Depuis que j'ai imaginé ee modus faciendi il ne m'est pas arrivé une seule fois je ne dis pas de manquer le canal nasal avec la canule, mais d'éprouver la moindre difficulté. On conçoit très-bien que ce qui s'applique à la canule et à son mandrin s'applique également à
tous les dilatateurs, pleins ou creux, métalliques ou non, dq canal nasal.
3° Ayant remarqué que dans l'opération de la fistule lacrymale Toi éprouvait en général une grande difficulté à introduire et à retirer la canule au moyen des deux instruments de Dupuytren, je me suis demandé s'il ne serait pas possible de les remplacer par un seul.
J'ai fait part de mes vues à M. Luër, fabricant d'instruments de chirurgie, et cet habile mécanicien exécuta le modèle que je vais décrire.
L'instrument est une pince dont les branches sont courbées sous un angle égal à celui du porte-canule de Dupuytren, elles se croisent au niveau de cette courbure de manière à ce que les mors s'écartent quand oo presse sur elles. Lorsque la pression cesse, les extrémités se rapprochait exactement et forment une tige analogue à celle du porte-canule offrant! quelques lignes de la courbure trois échancrures circulaires pour s'accommoder à des canules de différentes longueurs.
Lors donc qu'on a introduit cette tige dans la canule, il suffit de prener sur les branches de la pince pour que les deux moitiés de la tige terminale s'écartent, une des échancrures venant se loger au dessous du rebord saillant dont l'intérieur de la canule est muni ne permet plus à celle-ci de s'échapper tant que dure la pression.
Cet instrument offre plusieurs avantages.
i° Pour porter la canule dans le canal nasal on n'a pas besoin delà maintenir avec le pouce comme il faut presque toujours le faire avec le porte-canule de Dupuytren.
V Si la canule paraît avoir pris une mauvaise direction, on peut la retirer immédiatement sans changer d'instrument. On évite par conséquent une perte de temps, des souffrances au malade, et à soi-même des désagréments faciles à concevoir.
3° On voit qu'un seul instrument suffit pour poser et extraire la canule; en outre, les mors de celte pince sont munis de petits crochets qui la rendent utile pour plusieurs opérations sur l'organe de la vue, et notamment pour l'extraction des corps étrangers (1).
4° Je condamne le mode opératoire que Dupuytren avait adopté. L'opération suivant moi ne doit consister (en tant qu'action du bistouri) que dans la simple ouverture de la paroi antérieure du sac lacrymal. Ce ne doit plot être la pénétration d'emblée de l'instrument tranchant dans le canal nasal — cette introduction est absurde ; — en effet, comment dans un pareil mode opératoire pouvez-vousetre sûr que la pointe du bistouri ne va pas pénétrer entre le périoste et l'os, au lieu de rester comme vous le désirez dans le centre du canal.
5° Le traitement par dilatation est évidemment inapplicable aux cas de rétrécissements produits par des polypes développés dans les fosses nasales
(f) Thèse toutenoe en Juillet 1839.