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CHAPITRE 111. — AFFECTIONS DE L'APPAREIL CRISTALLIN I EN

Dans ce temps de l'opération, il y a avantage à passer l'aiguille au devant de la cristalloïde antérieure avant de déchirer la capsule. Si on n'a pas préalablement détruit toute adhérence, on a des lambeaux indépressibles qu'il devient très-difficile d'éloigner plus tard.

Quatrième temps. — On maintient le cristallin ainsi abaissé pendant une minute au moins, puis dégageant l'extrémité du fer de lance par de légers mouvements de rotation, on fait parcourir à l'aiguille, pour sortir de la sclérotique, le même chemin que l'instrument a suivi pour pénétrer au centre de l'œil, mais en sens inverse.

L'aiguille retirée, je ferme les paupières et je les maintiens closes par une cuirasse en sparadrap; puis j'établis en permanence sur l'œil malade des sachets remplis de glace, qu'on renouvelle toutes les demi-heures.

Nous ne décrirons pas ici l'abaissement par kératonyxis, méthode aujourd'hui complètement abandonnée et qui expose bien plus que l'abaissement par la sclérotique à la blessure de l'iris, à l'opacité de la cornée, au développement des cataractes secondaires.

Indications ce l'abaissement. — L'abaissement est particulièrement applicable aux cas dans lesquels l'œil sur lequel on doit opérer est très-petit, enfoncé dans l'orbite ou présentant avec un volume normal une cornée relativement fort petite.

L'hydrophthalmie peu marquée, si l'on se décide à tenter une opération, indique l'emploi de l'abaissement.

On a considéré longtemps les mouvements continuels et spasmodiques du globe oculaire comme exigeant l'abaissement; mais si l'on fixe l'œil, comme nous avons l'habitude de le faire, par une pince à griffes très-fine, analogue à la pince de M. Hairion de Louvain, et que j'implante à la partie interne et supérieure de la sclérotique, on pourra procéder sans inconvénient à l'extraction.

Un rétrécissement considérable de la pupille non dilatable par la belladone exige l'abaissement.

L'abaissement est encore indiqué dans les cas où la capsule est adhérente à l'iris dans une partie de son étendue, dans ceux où il existe une affection de l'œil ou de ses annexes pouvant nuire à la cicatrisation du lambeau cornéal, telle qu'une blépharite, une fistule lacrymale.

Difficultés de l'abaissement. — L'abaissement proprement dit présente souvent de grandes difficultés, en raison de la mollesse du cristallin et de la facilité avec laquelle il roule dans l'intérieur de l'œil.

Imperfections de l'abaissement. — Si le cristallin est dur, la rétine et même la choroïde peuvent être contusionnées pendant l'opération, et l'œil privé à l'instant même de toute chance de récupérer la vue.

Si le cristallin reste appuyé sur la rétine, on doit s'attendre à ce qu'il fasse obstacle au retour de la vision. S'il devient mobile et s'il s'éloigne un peu de la rétine, la sensibilité de cette membrane peut se

rétablir, mais d'autres fois l'amaurose peut persister, bien que la pression ait cessé.

Après l'abaissement, le cristallin peut reprendre sa position première, ce qui nécessite une nouvelle opération.

La réclinaison expose moins que l'abaissement proprement dit, i la réascension de la cataracte.

La réclinaison donne lieu moins souvent que l'abaissement i la compression de la rétine.

La réclinaison déchire et détruit le corps vitré dans une plus grande étendue que ne le fait l'abaissement.

On peut, en introduisant l'aiguille dans la chambre postérieure, séparer l'iris de la choroïde.

On peut, en essayant d'abaisser ou de récliner le cristallin, le faire passer brusquement dans la chambre antérieure à travers la pupille.

Accidents de l'abaissement. — L'abaissement, ayant pour résultât de laisser dans l'intérieur de l'œil un produit qui y joue le rôle de corps étranger, qui est surtout irritant quand il est peu soluble et volumineux, ne saurait être préféré à l'extraction, toutes les fois que cette dernière est possible. Mais, selon nous, l'un des plus graves inconvénients de cette opération réside beaucoup moins dans les effets fâcheux de la présence et de la persistance du corps étranger que dans la faute très-souvent commise de blesser avec la pointe de l'aiguille les parties profondes de l'œil, quand on met trop d'insistance à vouloir déprimer le cristallin pour l'empêcher de remonter.

D'un autre côte, nous regardons la réascension du cristallin comme chose très-fâcheuse, en ce que la lentille remontée vient presque toujoun s'appliquer contre l'iris au voisinage de la pupille, et susciter en cet endroit une phlegmasie des restes de la capsule et de l'iris, phlegmasie qui a pour résultat l'oblitération de la pupille et des adhérences indestructibles.

On ne peut déchirer largement la membrane hyalolde, comme il faut le faire pour déplacer et entraîner au milieu de l'humeur vitrée un corps comme le cristallin, sans s'exposer à déterminer des lésions graves des tissus internes de l'œil, à provoquer l'inflammation du corps ciliaire et de l'iris, à désorganiser l'humeur vitrée et à amener directement ou indirectement l'insensibilité de la rétine.

Le cristallin déplacé peut venir se mettre en contact avec les procès ciliaires, déterminer une iritis suivie d'obstruction de la pupille, ou venir comprimer la rétine, ce qui peut amener l'amaurose.

Si le cristallin déplacé est dur et entier, ou renfermé dans sa capsule, il ne se dissout pas dans l'humeur aqueuse, mais contracte des adhérences avec les parties voisines et reste comme une cause permanente d'irritation et d'inflammation chronique.

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