CHAPITRE III. — AFFECTIONS DE L'APPAREIL CRISTALLINIEN
On peut ouvrir- l'artère iridienne et donner lieu à une hémorrhagie qui obscurcit le champ de l'opération.
On voit quelquefois après rabaissement survenir dans l'œil des douleurs nerveuses atroces qui s'étendent à toutes les branches de la cinquième paire.
On voit survenir de violents vomissements bilieux à la suite de l'abaissement ou de la réclinaison.
L'inflammation de la rétine et de l'iris est à craindre après l'abaissement, surtout quand la manœuvre opératoire a été longue et laborieuse.
L'amaurose avec dissolution du corps vitré, la dilatation irrégulière de la pupille, l'obscurcissement de la cornée et la dilatation variqueuse des vaisseaux externes de l'œil sont d'autres suites possibles de l'opération par abaissement.
Accidents consécutifs : iritis, rétrécissement de la pupille, kératites, et surtout kératites de la circonférence avec vascularisation, taies sur la cornée, plus rarement ophthalmite et atrophie du globe de l'œil, quelquefois des névralgies fronto-orbitaires d'une longue durée.
Quand l'abaissement échoue, on peut revenir à un second abaissement, et si Ton échoue de nouveau, l'œil n'est pas détruit. On peut même quelquefois rétablir la vue par une opération de pupille artificielle.
A la suite de l'abaissement, quelques sujets, après avoir recouvré la vue pendant un certain temps, ont vu peu à peu cette fonction s'anéantir et ont été atteints de cécité.
. Cataracte congéniale opérée par abaissement chez un enfant de \2ans. — Il s'agit d'un enfant de 42 ans, atteint de cataracte congéniale et qui a déjà été opéré de l'œil droit. Malgré l'habileté bien connue du chirurgien, aux soins duquel l'enfant avait été confié, cet œil s'est complètement atrophié, et aujourd'hui, il est entièrement perdu. Il ne reste donc plus au malade que l'œil gauche également cataracte, et il est facile de comprendre toute l'importance de l'opération.
La forme de la cataracte dont l'œil droit est atteint, a dû fixer notre attention. Il s'agit, en effet, non pas d'une simple opacité du cristallin, mais d'une production pseudo-membraneuse disposée en forme de pyramide sur la convexité antérieure de la capsule cristalline, sans adhérence aucune avec la membrane iris. La preuve de cette indépendance de l'iris, relativement à la cataracte, est établie par l'action de la belladone. Sous l'influence de cet agent, l'iris arrive à un degré de dilatation tel qu'il se forme autour de la cataracte un cercle noir parfaitement accusé. Un examen attentif de ce cercle nous a permis de reconnaître que l'iris était presque effacé. Grâce à cette dilatation belladonique, l'enfant a pu distinguer les objets de manière à se conduire sans guide, ce qui prouve du moins l'intégrité fonctionnelle de la rétine.
A une époque où la chirurgie ne possédait pas la ressource précieuse des