DES FILLES , DES FEMMES ET DES ENFANS
Considérations sur V Emploi des inédicamens actifs pendant le cours de la grossesse,
JLiA grossesse est une fonction naturelle qui^ chez iu>*^ femme bien constituée qui observe un régime convenable^ peut n'être troublée par aucune incommodité. Elle ^parvient souvent à son terme chez les femmes des campagnes , dontrexercice continuel facilite singulièrement les diverses fondions , et même chez celles des villes dont la constitution n'a pas été altérée par une vie molle et indolente, sans qu'elles éprouvent d'autres infirmités que celles qui sont inséparables de la gène qui accompagne cet éiat.
La grossesse n'étant point ûnemaladie, n^exige par elle-même;» à aucune de ses époques , aucun médicament proprement dit . comme saignées, bains, vomitifs et purgatifs. La conduite que tient la femme ene€.inte peut la dispenser de recourir à ces remèdes, en la mettant à l'abri des maladies qui peuvent nécessiter leur emploi. Mais ils peuvent devenir indispensables auxifemmes qui, pour avoir négligé de modérer leurs passions pendant leur grossesse, qui est un des états de la vie où la sensibilité est plus exaltée, ou pour avoir mené une vie voluptueuse ou trop sédentaire, éprouvent des accidens qui exigent d'être combattus par quelques-uns de ces moyens. Ce sont toujours les complications de la "grossesse qui doiven'. conduire le praticien dans leur emploi.
On ne peut pas non plus déterminer par des régies générales
IVpoque de la grossesse à laquelle on doit prescrire l'usage de ces l
médlcnmens^ ni en fixer la qiianlile. Ils peuvent étreavanlageux, l
devenir ménie indispensables dans tous les lenips de la geslali'on^ ;
comme ils peuvent ëlre inutiles ; conlre-indiqnés pendant toute ]
sa durée. Les règles générales qu'ont données les auteurs à ce '
sujet exposeraient à des inconvéniens nombreux^ comme Ta dé- j
montré Levret. '■
Le quatrième mois de la grossesse , le septième et la fin du neu- \
vième sont les époques que l'on avait fixées pour pratiquer la sai- ■
gnée. Ce que je vais dire de la saignée pratiquée au quatrième ']
mois est également applicable à Femploi de ce moyen aux j deux autres époques. En employant la saignée chez toutes les
femmes enceintes au terme de quatre mois et demi , elle nuirait \ h. celles qui sont faibles» serait inutile à celles chez qui il ne se
rencontre aucun accident produit par la pléthore. Van-Swiélen , i
fie Morbis gravidaruni , observe avec raison que tous les accidens ]
delà grossesse que l'on attribuait à la pléthore, et pour lesquels i
la saignée paraissait indiquée, dépendent le plus souvent de toute j
autre càii^e. On en trouve une bien plus puissante dans l'élat d"ir- \
rilation , de spasme où se trouve la matrice , et dans la sympathie \
qu'elle exerce sur Iqs principaux organes du corps. C'est à «ne | exaltation des propriétés vi'ales de l'utérus que l'on doit le plus
souvent rapporter les apparences de pléthore . même locale, que !
présentent quelques femmes grosses : elle n'est qu*un effet secon- i
daire de cet^^e exaltation. Si la saignée est utile, c'est qu'elle la i
modère en diminuant la masse. La saignée doit être bornée aux ]
cas de pléthore manifeste , ou à ceux d'un surcroît d'activité ;
dans la matrice. \
On doit donc attendre que la pléthore et les effets qui en sont |
la suite s'annoncent par quelques signes avant de saignçr la :
femme, puisque le but de celte évacuation est de remédier à cet ;
état. Il est bien plus souvent utile de saigner dans les deux pre- ;
miers mois qu^à quatre mois et demi^ comme on le fait ordinai- ]
rement , puisqu'en général on voit les accidens cesser à cette épG- \
que. Hoffmann observe que Favorlement spontané arrive plus !
fréquemment vers le troisième mois de la grossesse. Sur dix avor- i
temens , huit surviennent, au rapport de Mauriceau , avant la fin j
du troisième mois-, ainsi la saignée, que les femmes rejettent j ^vanl le terme de quatre mois el demi ^ dans la crainte qu'elle ne
DE I.A Cr.OSSF.SSÎ!. . 3
leur cause un avorlemeut^ sernit au conîroire assez souvent le moyen le plus sûr de les en préserver.
La saignée peut devenir indispensable dans les premiers mois de la grossesse si la femme éprouve des maux de téie, dès élourdissemens^ des lassitudes spontanées ;, des saignemens de nez. un assoupissement après le repas qui ne lui est pas ordinaire, un gO'At de sang dans la bouche, et que le pouls soit en morne temps plein et dur, la face animée. Si la femme qui éprouve quelques-uns de ces accidens avait conlracîé l'îîaDi'ude ds la saignée dans ses grossesses aniécédenles ; Findication de la pratiquer serait encore plus urgente. Si une femme dont les règles sont ahohdanles et durent sept à huit jours avait conçu peu de temj^s avant ià menstruation ^ la saignée serait ie moyen d^àssurer la tJonceplion , qui est souvent détruite par l'action du sang qui se porte à la matrice au terme ordinaire^ et s'annonce par les mêmes symptômes^ quoique la révolution merlslruelle n'ait pas lieu pendant la grossesse.
Si une femme grosse est sujette à des bémorrhagies qui se déclarent tout-à-coup y si elle a déjà avorté plusieurs fois à raison d^un état de pléthore qui a produit le décoliemeftt du placerîta ^ il est prudent de la saigner dans ses ,£[rossesses subséquentes , quoiqu'elle paraisse se bien porter^ afin de prévenir Ihéraorrhaf^ie qui pourrait encore survenir inopinément et amener ravorlement. Mais parce que l'expérience prouve que les femmes pléthoriques ont besoin de saignées pour prévenir l'avorteraent, faut-il étendfe cette nécessité à toutes indistinctement^ dont plusieurs ne présentent pas les signes de celte pléthore^ et dont quelques-unes peuvent se trouver dans un état d'épuisement qui la rendrait dangereuse?
Lorsque la saignée est indiquée chez les femmes grosses; on doit préférer celle du bras. Comme plusieurs praticiens sont dans la persuasion que la saignée du pied provoque i'âvortemeht , on ne manquerait pas d'en accuser la saignée s'il survenait par la suitè^ quoiqu'elle ny eût pas contribué ; et qUe la cause qui l'aurait produit fût évidente. L'opinion où l'on est que la saignée du pied peut produire l'avortemenl est peu d'accord avec ce que l'on observe chez les filles devenues grosses contre leur vœu, qui ne laissent pas de porter jusqu'au terme ordinaire., quoiqu'elles réussissent toujours, en feignant quelques indispositions , à se faire saigner du pied. On trouve dans Mauriceau des exemples de femmes dont ou