‹ Traité complet d'accouchemensChapitre 2 sur 22 · K LA €;UOS.5ESSE · texte numérisé non relu

K LA €;UOS.5ESSE

ignorait la grossesse^ eL qui ont ëlé saignées jusqu'à dix fois du pied; qui ont pris beaucoup de bains dans Pinlervalle; et qui n^ont pas laissé de porter leur enfant jusqu'au terme naturel.

Ceux même qui conviennent que Ton ne doit saigner les femmes enceintes qu'autant que des signes de pléthore se manifestent^ pensent que celle que Ton pratiquerait à la fin du dernier mois de la grossesse serait la mieux indiquée. Cette manière de s'exprimer me parait encore trop vague: elle semble insinuer qu'on peut la faire avec avantage chez toutes les femmes aux approches de l'accouchement ^ tandis qu^il en est auxquelles il est nécessaire de donner des analeptiques, des toniques, si Ton veut faciliter l'accouchementj et prévenir des accidens graves à la suite des couches. Si Ton saigne plus fréquemment avec avantage à certaines époques de ia grossesse que dans toute autre ;, c'est que les accidens qui présentent cette indication se rencontrent plus souvent.

On regarde assez généralement la saignée pratiquée dans le dernier mois de la grossesse comme convenable pour prévenir les hémorrhagies qui accompagnent l'enfantement^ et comme propre à avancer l'accouchement d'une quinzaine de jours. La saignée pratiquée avant l'accouchement ne convient , pour arrêter les perles qui accompagnent le travail ou qui lui succèdent , qu'autant qu'elles seraient actives , et que dans ce cas même elles dépendraient plutôt de la vigu eur de la consti tution que de Tirri tabili lé trop grande del'utérus.Maisle plus souvent les pertes que l'on remarque pendant les couches sont la suite de l'inertie de la matrice. Quand l'accélération de l^accouchemenl serait un effet constant de la saignée (ce qui est loin d'élre prouvé) , je pense que l'on ne devrait pas l'employer dans celle vue seulement. On ne doit jamais déranger ia nature dans sa marche lorsqu'elle est régulière.

Les purgatifs, les vomitifs, comme la saignée, ne sont affectés à aucune époque de la grossesse. S'ils sont quelquefois nécessaires, comme je le ferai voir en traitant des accidens qui pervertissent cette fonction, il est aussi plusieurs femmes qui n'en ont pas besoin pendant tout le cours de la gestation. Lorsque les purgatifs sont indiqués, on peut les employer dans les trois premiers mois, et dans les deux derniers mois de la grossesse, malgré l'autorité d'Hippocrate , qui en bornait l'usage du qua- i trième au septième mois. Le précepte donné par Hippocrale , et adopté par Pueos^ de saigner ia femme enceinte avant de la pur-

Dr. LA «^riossiùoSh;. 5

ger, ne doit aussi cire adopte cju'aLitaiil (\ue ({uekjuc syniptôaift indiquerait son utilité. Puzos et Antoine Peut regardent les purgatifs comme ne'cessaires pendant le neuvième mois pour melire les femmes à l'abri des accidens qui se manifestent après les couches ; qui reconnaissent le plus souvent pour cause un amas de saburres dans les premières voies. Ces remèdes sont utiles chez celles où Ton rencontre des complications gastriques , inutiles chez celles qui n'en présenteraient pas. Ce conseil doit être rejeté' ; parce qu'il est trop général.

On peut aussi donner les vomitifs lorsqu'ils sont indiqués. Les craintes des anciens sur le vomis^sement sollicité pur l'art chez les femmes enceintes étaient fondées^ parce qu'ils employaient pour le provoquer des moyens trop violens, tels que l'euphorbe et l'ellébore. Mais aujourd'hui qu'on use de moyens plus douX; on ne doit pas craindre qu'ils produisent Tavorlement, comme quelques modernes le redoutent ^ s'ils sont bien indijC{ués et administrés avec les précautions convenables. On ne pourrait pas remédier à l'embarras gastrique en substituant àoê purgatifs répétés aux vomitifs , comme ils le conseillent pour les femmes grosses. L'expérience apprend qu'il est certains embarras gastriques qui ne cèdent qu'à l'émélique. rJe devrait-on pas être rassuré en quelque sorte sur les craintes que Ton a cherché à inspirer sur le vomissement artificiel , par celui qui leur arrive spontanément pendant les quatre premiers mois . et qui ne cause presque jamais î'avortement ? Quelques auteurs préiendent que ce dernier diffère essentiellement de celui que procurent les moyens de l'art. Le premier est doux ^ disent-ils , et semble ss faire par une simple contraction de Festomac^ tandis que l'autre ne s'opère qu'avec la parlicipalion des muscles du basventre. On dirait que le premier est une fonction naturelle , tandis que l'autre est une maladie convulsive. En convenant que ces différences ont quelque réalité , je n'en établis pas moins que l'expérience a prouvé que l'on peut faire vomir les femmes grosses, s'il y a indication, sans qu'il en résulte aucun inconvénient. Les filles devenues enceintes dans un commerce illicite recourent souvent aux vomitifs les plus actifs , qu'elles répètent: plusieurs fois pour se faire avorter , mais jpresque toujours en vain , quoique les secousses violentes sollicitées par l'art ne soient pas secondées par une tendance naiureîle,

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Tous les pr..Liciciii suul aujourdiiui d'accord que l'état de grossesse ne conlre-indique pas l'usage des laveinens ^ et qu'il les exige niénie ussez soavenL

On doit appliquer aux bains ce que je viens de dire des moyens curalifs préce'dens ^ c'est-à-dire; qu'ils ne sont pas indiqués prér Gisement parce qu'une femme est enceinte , mais parce qu'elle éprouve des accidens j comme coliques violentes ^ voniisse- ^nens ; etc. , elc., dépendant de iétat de spasme qui accompagne la conceplion. Ptelativement à l'usage des bains dans la grossesse ; il a existé deux préjugés également dangereux. Les aur ciens les interdisaient scrupuleusement aux femmes enceintes, dans la crainte de les exposer à avorter , en disposant le col de la matrice à s'enlr'ouvrir par leur usage. Cette erreur , funeste aux femmes grosses , persistait encore au milieu du siècle derr nier. Le célèbre Lorry , ayant à traiter une femme grosse tourmentée de coliques ;, n'osa se décider par lui-même à conseiller les bains, dont il reconnaissait l'utilité. Il eut sacrifié au préjugé général, si Levret , qu'il lit appeler^ n'eût pas été de son avis^ ce qui l'enhardit et le détermina à les employer : la femme fut soulagée par leur usage. L^expérience ayant prouvé que l'on pouvait retirer des avantages des bains dans plusieurs circonslances; ayant fait voir en même temps qu'ils ne causaient pas l'avortement en disposant la matrice à s'ouvrir prématurément , quelques praticiens ne tardèrent pas à tomber dans un excès opposé ; en les prescrivant à toutes les femmes enceintes indistinctement , sans attendre qu'il survînt des accidens qui fussent de nature à être calmés par ce moyen relâchant.

Les bains ne conviennent pas par eux-mêmes dans la grossesse qui fait prédominer les fluides blancs : ils sont utiles seulement aux femmes irritables , et dont la mobilité du système nerveux donne lieu à de;S accidens hystériques. Ils conviennent , vers la fin de la grossesse^ à celles chez lesquelles la rigidité naturelle des parties de la génération peut apporter à raccouclieinent des obstacles que le bain peut faire cesser. On les emploiera vers le commencement ^ le milieu ou la fin de la grossesse , suivant l'époque où les accidens qui les exigent se déclareront. Les bains employés sans indications; ou à contre-temps, peuvent troubler la grossesse ^ tandis qu'employés à pro'pos , il? la conscrvect en remédianl à Télat de spasme el d^irritalion au'i me-

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