PLANS DU BASSIN
prindpauz; l'un est limité en arrière par un point mobile, le sommet du coccyi, dont le degré d'incurvation est individuel, et varie non-seulement pendant le travail, mais encore hors l'ëtat de gestation sous l'influence de la eontnction des muscles qui s'y insèrent ; l'autre diamètre, transversal, aboutit au contraire à deux points immobiles; les tubérosités de l'ischion. 11 eût été infiniment plus rationnel d'appuyer ce plan sur une base fixe que sur un diuBélre que sa mobilité rend en quelque sorte conventionnel.
Ces deux plans, prolongés par leur extrémité antérieure, se rencontrent à r»5 millimètres en avant de la symphyse. Si maintenant on conduit une ligne horiiontale passant par le bord inférieur de la symphyse pubienne, le plan du détroit supérieur formera, d'après Nœgele, un angle de 00 degrés avec celte ligné, et le plan du détroit inférieur, un angle de 1 i degrés.
La dénomination de ces surfaces est conventionnelle, et s'écarte tout à fait delà signîGcation du moi plan, qui s'adresse à une surface sur laquelle on peut tirer des lignes droites en tous sens. Or, j'ai fait remarquer que les dÎTers points du détroit supérieur, et cela est encore plus manifeste pour l'inférieur, sont placés à des hauteurs fort différentes. On ne saurait donc les eonsidérer comme les limites d'un plan. Il n'existe point d'autres raisons pratiques que le caprice des auteurs qui ont traité cette question, pour faire passer la surface qu'ils appellent le plan, plutôt par le point le plus élevé que par le plus inférieur des détroits. J'ajouterai que les auteurs, qui ont attaché une si grande' importance à la détermination précise de l'angle séomètrique du plan sur l'horizontale, auraient dû, pour être exacts, opérer, ooo sur un plan qui n'existe pas, mais sur une surface courbe limitée par le contour des détroits, ou plutôt indiquer simplement le degré d'inclinaison àa dinmHres antéro-postérieurs ; ce qui estunq tout autre chose. Il serait donc juste de substituer au mot plan celui de degré d'inclinaison des diamètres antéro-postérieurs ; mais j'avoue que j'attache une très-médiocre nnportance à celte rectification, j'ai seulement voulu prouver qu'en tocologie on a souvent disputé longuement sans avoir pris la peine de vérifier sérieusement les bases de la discussion.
Les chiffres que j'ai indiqués plus haut ont été définitivement acceptés en ces derniers temps; mais les opinions sur ce point ont subi de grandes variations, et l'estimation de l'angle formé par le plan du détroit supérieur a îariè, depuis Levret, entre 35 degrés et 60, qu'on accepte aujourd'hui. De plus, le plan des détroits change aux différentes époques de la grossesse. A terme, la femme est obligée de se rejeter en arrière pour conserver j^équilibre; alors le plan devient plus horizontal. 11 faut noter que si le jplaji du détroit inférieur forme un angle de 1 1 degrés, il n'en pas ainsi chez la femme qui accouche; la tête du fœtus repousse en arriére le coccyx, et le plan devient à peu près horizontal. Alors la pointe du coccyx, qui était plus élevée que le sommet de l'arcade pubienne de 15 à 18 millimètres, se trouve située, par suite de sa rétropulsion, sur le même plan, et même de quelques millimètres au-dessous. Naegele fait remarquer que le bassin étant dans le station verticale, l'angle sacro-vertébral se trouve de !0 centimètres plus haut que la symphyse pubienne; de sorte que si l'on mène une horizontale
22 A^ATOMIE.
vers la région postérieure du bassin» elle atteindra le coccyx à Funion de sa deuxième avec sa troisième pièce.
Les plans de tous les bassins n'ont pas rigoureusement Tindinaison signalée ; il est clair qu'il existe des différences en rapport avec les diverses formes des pelvis.
AXBU DU BASillN
Le plan des détroits étant connu, il est très-facile de déterminer leur axe; il suffit de faire passer par ces plans une ligne droite qui les atteint perpendiculairement en passant par leur centre; ainsi, la ligne I H représente l'axe du détroit supérieur (rig.i4), et la ligne K L celui du détroit inférieur.
Si l'axe des détroits est facile à déterminer, il ne parait pas qu'il en soit de même pour celui de l'excavation, puisque des hommes tels que Deventer^, Levret^, Camper, Bang, Osiander, Carus, Choulan, Moreau *, Dubois^, etc., sont arrivés, dans cette étude, à des résultats si différents; et je suis véritablement étonné et de la quantité de travaux auxquels cette recherche a donné lieu, et de l'importance extrême que les auteurs ont attachée à la détermination géométrique de la ligne fictive qu'on appelle l'axe de l'excavation. On a voulu préciser la route exacte que parcourt le fœtus en traversant la filière pelvienne, et indiquer celle que doit suivre la main ou les instruments destinés à en aider l'extraction. Eh bien, je me demande en vain où est la nécessité de connaître si exactement une ligne fictive dont la main et les instruments ne pourront jamais tenir compte.
Je distinguerai donc à l'excavation deux axes, l'un pratique, approximatif, dont la connaissance est absolument nécessaire, l'autre théorique et précis, dont l'étude peut intéresser les amateurs de subtilités scientifiques, mais qu'on pourra oublier sans inconvénient au lit des malades.
L'axe pratique ne doit pas être seulement étudié sur le bassin décharné, mais sur la femme au moment de raccouchement. Je suis donc forcé d'anticiper un peu sur un autre chapitre pour bien me faire comprendre.
Sur le bassin décharné, l'axe de l'excavation est limité en haut et en bas par le plan des détroits. Sur le sujet complet, et dans les derniers moments du travail, lorsque le fœtus touche l'anneau vulvaire, l'excavation ne forme qu'une partie du canal que l'enfant doit parcourir; l'autre portion, périnéopubienne, essentiellement transitoire, qui lui fait suite, est formée par des parties molles, par le périnée énormément allongé et distendu. 11 faut donc, * dans les tractions au moyen de la main ou des instruments, tenir compte de cette courbe pour éviter les lésions qu'une erreur de direction dans l'emploi des fbrces pourrait déterminer sur la mère ou le fœtus. On ne doit donc pas lim.iter en bas l'axe de l'excavation au plan du détroit inférieur. Ses limites vers la cavité abdominale ne peuvent pas être davantage fixées au pourtour du détroit supérieur, car il arrive souvent que la main ou les instruments doivent pénétrer dans la cavité utérine et saisir le fœtus au-dessus de l'excavation. Il est clair que la route à suivre ne peut être appelée un axe, puisque la présentation occupe le centre des cavités avec lesquelles elle se trouve en [rapport. Il faut suivre, non plus un axe, mais des parois, comme cela a lien iK)ur le cAnal pelvi-périnéal lorsque l'engagement est complet.
AXES DU RASSIN.
Fig. 15. — AxK M l'kcavatioîi. — • A. Plan du détroit supérieur. — B. Axe de ce détroit. — C. Plan du détroit inférieur. — E. Axe du canal pelvien, Cercle de Canis. — D. Paroi inférieure du canal pelvien lorsque la tète du fœtus a dilaté la vulve. — D'. Avant la dilatation.
L*axe pratique devrait donc prendre le nom de ligne de direction, si. on vonlait oonserrer aux mots leur valeur rigoureuse ; car ce n'est pas par le centre des cavités que nous étudions en ce moment que passent la main et les n^lnuDents, mais le long des parois qu'elles présentent. Ce qu*il importe surtout d'étudier, c'est la direction de ces parois.
Pour le canal pelvi-périnéal, les parois sont les seuls guides à [suivre ; cependant, si je devais adopter une fi- ^ • gure géométrique pour déterminer la cdiïibe de Taxe pratique, je choisirais celle donnée par Garas, qui inscrivait la symphyse pubieane au centre u'un cercle d'environ six centimètres de rayon. Ce cercle représente assez bien l'axe approximatif de l'excava-
tiofl et celui tout aussi important à connaître du canal pubio-périnéal qui forme le dernier obstacle que i^ fœtus ait à traverser. C'est encore, pour la région suspelvienne, à peu près la direction que l'extrémité du fnrceps devra suivre pour saisir la tète du fœtus arrêtée au-dessus du détroit supérieur.
Je dois signaler, à propos (le l'axe pubio-périnéal, un détail qui a son importance.
L'anneau vulvaire mesure H renliraètres verticalement au moment où la tète du fœtus le traverse , mais avant «*rt engagement son ouverture est une simple fente 'iVnviron 6 à 7 cenlimèlres, fonsliluée parles trois quarts infmeurs de la vulve, déjà Tort alloneée à ce moment. Il ^'k- ^c. - Canal ielvikk avec les partie» u)u.r.%. - a. Pian
f , du dot mil supérieur. — P. Plan pwbio-p<'rin«^aI au moment ûe
»a«l tenu* compte de celle raccouçhemenl, — c, Axedqomalpelvien.
Fig. 17.
cirçonçlance, qui modifie Taxe et le rapproche de la svmphvse pubienne. . r . t-
Examinons maintenant l'axe géométrique devant passer rigoureusement par le centre de toutes les cavités que traverse le fœtus. Voici la formule, appartenant à Nœgele, adoptée en ces derniers temps :
une ligne qui, dans tout son trajet, depuis le détroit supérieur jusqu'au détroit inférieur, restera toujoui^ à égale distance des parois du petit bassin. Elle devra p'hsser par le milieu de plans plus ou moins nombreux, mais également distants les uns des autres à leurs dtMix extrémités, et étendus de la partie antérieure à la part \o postérieure de cette cavitr.
J*ai essayé de démontrer K que la détermination de cet axe était inutile, puisqu'il est absolument impossible d'en tenir compte dans la pratique. Je vais maintenant tâcher de prouver que, même théoriquement, cette détermination ne peut être faite, et que, par conséquent, les* travaux considérables qui ont été publiés sur ce sujet depuis Deventer jusqu'à nos jours ne pouvaient résoudre et n'ont point résolu la question.
1« L'axe théorique et précis peut à la rigueur être déterminé sur un bassin type. Mais ici il ne s'agit pas de moyennes, c'est un point précis qu'on cherche : or, comme rien n*est plus rare que de trouver deux bassins qui se ressemblent dans toutes leurs parties , il en résulte que chaque bassin a son axe propre qu'il est impossible de déterminer sur le vivant.
2^ Admettons, ce qui n'est point vrai, que les bassins normaux se ressemblent assez pour que la même formule s'applique à tous : il est évident que les bassins viciés resteront en dehors de cette formule, et c'est surtout dans ces cas, où l'intervention est si souvent nécessaire, qu'il doit être utile de connaître l'axe géométrique et précis.
S"" 11 est admis théoriquement que l'axe de l'excavation est invariable relativement aux plans du bassin, et que les différents mouvements du corps, qui changent à chaque instant la direction de ces plans, ne modifient en rien la relation des plans avec l'axe. Dans la pratique, cette proposition n'est point exacte, et chaque mouvement du bassin exécuté par la femme change, pour la main qui explore, la direction de l'axe invisible, et il serait bien impossible au mathématicien le plus habile de tenir compte de la ligne fictive qu'il aurait pu découvrir, s'il la cherchait à travers les parties molles. 4" Mais cette prétendue immobilité de l'axe,' relativement aux plans, n'est
MSPOSiTIO!H DFS PAROIS Dr DASSIN. 25
elle-même qu*ane erreur. On saitqu*au détroit inférieur les diamètres antéro» postérieurs et obliques acquièrent, sous Tinfluence de la rétropulsion du coccyx et de l'extension des ligaments sacro-sciatiques, une certaine augmentation. 11 est de la dernière évidence que l'axe géométrique se déviera d'une quantité proportionnelle à cette augmentation de diamètre. Or, comme cette augmeDlation est variable et qu elle ne peut être rigoureusement déterminée, il est clair que l'axe ne peut Tètre davantage.
Cette observation s'applique également à la portion terminale du canal pubio-périnéal qui présente, comme je l'ai fait remarquer, des diamètres variables, non-seulement avec le volume de la tète du fœtus, mais encore avec les différents degrés de son expulsion.
5» L'axe a pour base le plan du détroit supérieur ; or, le plan de ce détroit Mir ie squelette n'est nullement celui du sujet complet. L'épaisseur du psoas élève en arriére le niveau du détroit supérieur, ce qui change la direction du plan, et nécessairement celle de l'axe auquel il sert de base.
G* Enfin, la quantité de formules, si différentes entre elles, qui ont été données par des hommes assez importants pour que l'histoire de l'obstétrique ait conservé leurs noms, est une dernière preuve que l'axe théorique ne peut ^rer dans le domaine des faits mathématiques et qu'il faut en abandonner la poursuite aux chercheurs de choses introuvables.
La meilleure critique qu'on puisse faire de l'étude minutieuse des axes est dVnregistrer l'aveu échappé à Naegele, qui plus que personne s'en est occupé, et qui est la plus grande autorité qu'on puisse citer en pareille matière.
Il déclare qu'il n'est pas départie du squelette qui offre de plus nombreuses et de plus fréquentes variations que le bassin; sur 50 bassins qu'il eut occasion de recueillir sur des femmes accouchées naturellement et paraissant bien conformées, il n'en a pu trouver un seul qui lui parût convenable pour décrire un bassin type. Otto, son ami, lui écrivait que sur 45 il n'avait pu en trouver un parfaitement régulier.
J'avoue ne pas comprendre l'utilité d'une doctrine qui formule sa règle générale sur une aussi rare exception .
Si j'ai autant insisté sur ce point, c'est à cause de 1 importance que des auteurs recommandables lui ont accordée ; c'est surtout parce que Dubois, dans «n ouvrage récent et justement estimé, développe longuement leurs opinions, au milieu desquelles il cherche une solution.
»I8POS:iTION »ES PAROIS DV BASSIN
Les parois du grand basxin, qui manquent en avant, sont remplacées par \^ parties molles, forment une espèce d'entonnoir à sommet dirigé en bas, et)(ment un rôle très-secondaire dans l'accouchement. Pendant la gestation le grand bassin soutient la matrice et le produit de la conception, surtout dans les derniers temps de la grossesse.
liC petit hassin a une constitution ostèo-fibreuse et des parois extrêmement irrégulières. Nous ne reviendrons pas sur ces irrégularités qui ont été démtes plus haut ; mais il est une circonstance extrêmement importante a
noter, car elle donne la clef du mécanisme de racconchement : cVst la direction que présentent ces parois.
Nous avons vu que Texcavation offrait l'aspect d'un cône à sommet tronque? dirigé en bas, et que les divers plans de ce cône convergeaient naturellement vers son sommet. Il résulte de cette disposition qu'im corps présentant à peu près un volume égal »^ celui du diamètre d'ouverture de la base du bassin devrait se trouver arrêté dans sa progression en s'avançant vers le détroit inférieur ; cette disposition est invariablement conservée par les parois latérales qui aboutissent aux tubérosités des ischions. Si les parois antéro-
postérieures qui \A. B/ " présentent la même
convergence étaient aussi immuables, il est clair que la tête du fœtus engagée dans Texc^vation ne pourrait franchir le détroit inférieur.
Voici par quel artifice de structure le produit de la conception échappe à cette conformation en apparence si défavorable.
ï^ paroi antérieure offre, il est vrai, une obliquité A convergence cenirale, mais elle est extrêmement courte et ne mesure que 4 centimètres sur la ligne médiane; le vide qui existe au-dessous d'elle, constituant l'arcade pubienne, s'élargit à mesure qu'on se rapproche des is- K m/ MÊÊÊ^^^^^^ '-\^\ ehions; il n est comblé que
par des parties molles.
La paroi postérieure esl la plus longue de toutes, et sa convergence vers l'excavation, la plus considérable, devient surtout notable à son extrémité inférieure, formée parle coccyx ; mais cette partie est mobile ot
Fi,. 10. - C«. « ne ..s»m indiquant In divrrgenr. d.s ^..^. "« rétropulsiou augmente
anl^riiMirp o( pmti^rienrc verii le diMrnit infi^rieur. d'cuviron "12 A 15 millimé-
Fi^. 1H. — CoDPR DU HAssiN indiquant la convergence des» parois latérales vers le détroit inférieur.
VAniÉTÉS DK FORME DU DASSIN. 27
très le diamètre qu'elle limite et qui devient alors le plus grand du détroit inférieur.
Iteliil résulte que le plus grand diamètre^ qui est transversal au détroit sopèriair, subit une espèce ''de mouvement de torsion sur son axe en ^ abaissttK, et qu'il devient antëro-postérieur à mesure qu'il gagne le détrait inférim.
Or, il est une loi fondamentale du mécanisme de l'accouchement qui veut que II tête du fœtus place ses grands diamètres en rapport avec les grands fiimétres du bassin de la mère, et nous verrons plus tard que, pour obéir à reUeloi, le fœtus, ao détroit supérieur, offrira le grand diamètre de sa présentatiou dans le sens oblique ou transversal, mais qu'à mesure que l'engagement s'accomplira^ il subira un mouvement de ^rotation sur son axe, de naaiére que ce grand diamètre vienne se placer dans le sens antéro-poslêrieur en arrivant au détroit inférieur.
La notation et Tétude de la direction des parois est certainement une des plus importantes découvertes qui aient été faites en obstétrique ; car elle a pennis d'expliquer le mécanisme de l'accouchement spontané ; et on doit < étonner que les écrivains qui enr^istrent minutieusement le nom d'auteurs de bits souvent insignifiants aient oublié de citer le nom illustre qui se rattKhe à cette étude.
(Test Smellie * qui, le premier, a fait ressortir cette disposition ; dans la troi- '^^w lection de son premier chapitre, il insiste à deux reprises sur son imp«trUnce,etpIus tard, en traitant de Taccouchement naturel, il fait une judi- •ioue application de ces principes en expliquant le mouvement de rotation de ktkf du fœtus dans l'excavation.
Noos avons vu que la paroi antérieure du bassin était beaucoup plus courte que la postérieure . Il en résulte que la partie fœtale engagée dans l'excavation, «^ qui se trouve en rapport avec la symphyse des pubis, a une moins longue f^te à parcourir pour échapper au cercle osseux, de sorte qu'elle sort avant ta partie siiuée en arrière.
Notons encore que l' inextensibilité du détroit supérieur ne permettra l'en- ^'agement du fœtus qu'autant qu'il se présentera par une région mesurant 'i^in$ de 135 millimètres, c'est-à-dire qu'il devra se présenter par le sommet «•u par le siège. De plus, la disposition différente des axes pelvien et abdominal l'oblige à s'infléchir sur lui-même pour s'accommoder à la direction de ces différents axes.
U stmclnre du bassin repose sur un principe d'architecture qui présente au i>iu^ haut degré la solidité unie à la légèreté. Dans la station verticale, il forme une double voûte; la supérieure à concavité inférieure, dont les élè- 'BMts sont la base du sacrum et la partie postérieure de la ligne innominée; lioférieureà convexité .supérieure, constituée par le reste de la ceinture pelTÎenne.
YAftIÉTÉS BE FORME DU BASSIN
Théoriquement, les deux moitiés latérales du bassin sont symétriques; mais «•n réalité rien n'est plus rare que cette symétrie parfaite. La différence
28 ANATOSIIE.
porte Bur le degré d*inclinaison des fosses iliaques , Tinëgalitë des arcs pubiens, le développement un peu plus notable d'un des os symétriques, etc. Toutes ces variétés, parfois insensibles, lie sont en général visibles que sur le bassin décharné, soumis à un examen attentif. Mais on comprend quVii s*exagérant elles peuvent, par des nuances progressives, aboutir aux défor< malions les plus graves. 1
Indépendamment du défaut de symétrie, le bassin peut s'écarter dans sesj dimensions relatives du type quia servi à notre description. On constatai parfois qu'un des diamètres s'est agrandi sans que les autres soient modifiés;! on peut également observer une étroitesse portant sur un seul des diamètres. , Quelques auteurs, appartenant surtout à l'Allemagne, ont signalé, en l'ab* sençe de toute affection du système osseux, des modifications dans la configuration du détroit supérieur qui lui imprimeraient une physionomie particulière. Ainsi, selon ces auteurs, le détroit supérieur peut présenter une difTormité qui donne au diamètre antéro-postérieur plus d'étendue qu'au transversal. Dans ce cas, la ligne innominée est moins courbe et se dirige plus en avant. La disposition contraire peut être notée, et l'exagération de l'étendue du diamètre transversal du détroit abdominal est ce qui frappe tout d'abord. Les trois diamètres peuvent être égaux, et le détroit prend alors uno forme ronde. Enfin, on a noté la forme quadrilatère et cordiforme du détroit supérieur.
Je pense que les auteurs qui ont signalé ces variétés de forme les ont personnellement observées et ne s'en sont pas fiés à la tradition pour les décrire. Mais ces dispositions sont tellement exceptionnelles que je n'ai pu les rencontrer sur aucun des nombreux bassins normaux qne j'ai examinés dans mes recherches sur ce poiqt d'anatomie.
L'arcade des pubis présente de fréquentes yariétés dans sa hauteur et dans le degré d'écartement de ses piliers.
En général, ces diverses modifications du type normal ne déterminent au- (*.un obstacle à l'accouchement ; il se peut cependant que dans certaines conditions les divers temps de l'évolution fœtale subissent quelques anomalies, surtout le mouvement de rotation de la tète. Mais ce ne sont point là des causes de dystode bien notables.
Quelques anthropologistes ont prétendu que les femmes ariennes du rameau germanique accouchaient avec plus de facilité que celles du rameau celtique. Cette assertion dénuée de preuves ne s'appuie sur aucune raison anatomique, et il serait très-peu scientifique de conclure d'un fait qui n'a d'antre valeur qu'une simple affirmation, qu'il existe une différence de capacité entre les bassins de ces deux familles. Dans toutes les races, le diamètre de la cavité pelvienne est en rapport avec le volume du fœtus qui doit le traverser; c'est une loi immuable de la reproduction. Si donc il existe des obstacles à l'accouchement déponHant de l' étroitesse du bassin, on ne peut les attribuer au type de l'espèce, mais uniquement à des déformations morbides du système osseux; et lorsque l'accouchement semble plus facile dans un des rameaux de la race aryenne, il en faut conclure non pas que le bassin soit plus large, mais que dans ce rameau le rachitisme et l'osléomalacie sont
UAPPmtTS DKS D1MKI«SIU>S Dl BASSIN, tTC. tJ9
jnoiits Iréqueute, ou encore que les parties molles présentent moins de résis tance.
les éléments constituants offrent également de fréquentes variétés, qui seroblenl tenir non-seulement à la différence des races, mais encore à la diversité des positions sociales. Les os sont plus minces, plus gracieux dans leur forme, plus légers chez les fenmies de race que dans les classes laborienses.
Cette obsenration s'applique non-seulement à la fenune, mais encore aux aflimaux domestiques, dont Tindustrie humaine modifie les types au moyen de la sélection, et la charpente osseuse des chevaux de luxe ou de course (iiiïère notablement de celle des animaux de labeur, destinés surtout à produire de la force.
■APPORTS HES BmENSieNS DU BASSIN AVEC LB8 AUTKES PARTIES DU SQUELETTE
Il n existe pas de relations constantes et évidentes entre la stature des femmes et le développement du bassin, lorsque cette stature ne dépasse pas d'une manière extraordinaire, en.plus ou en moins, les moyennes normales. Or voit tous les jours des femmes de petite taille accoucher avec beaucoup de facilité, lorsque leur croissance n'a pas été arrêtée par le rachitisme. D'un autre côté, on a quelquefois observé chez des femmes de taille au-dessus de la moyenne, sans traces de maladies osseuses, une étroitesse générale du bassin et qui a cependant nécessité l'intervention chirurgicale. Lorsque nous étudierons les vices de conformation, nous verrons qu'il existe une variété dans laquelle le bassin, régulièrement développé, présente une diminution de tous les diamètres, et que cette anomalie s'observe au moins aussi souvent chez des femmes dont la taille dépasse la hauteur moyenne que chez celles qui sont petites.
Velpeau * croit l'étroitesse générale assez fréquente et dit qu'elle s'observe surtout chez les fenuues dont la taille est élancée. Je me rends plus volontiers à l'opinion de mon savant maître qu'à celle de Gardien*, qui prétendait que le bassin pris dans son entier est plus spacieux, moins profond chez celles qui sont d'une taille moyenne que chez les autres.
Si on ne peut admettre en principe qu'il existe une relation proportionnelle entre la stature et le bassin, il est cependant une observation qui semble généralement acceptée : c'est que lorsqu'une femme a de longues jambes on doit être rassuré sur l'étendue de son bassin.
L'école allemande, Walther, Meckel, et plus tard Weber, ont voulu établir une concordance intime entre la tête et le bassin. Les différents types crâniens: ovales, ronds, coniques, carrés, correspondraient à des bassins ovales, fwids, etc. De plus, Weber admit que certains diamètres de la tôle correspondent aux diamètres pelviens. Ainsi, une ligne tirée du point le plus élevé d'une arcade zygomatique au même point du côté opposé donnerait le diamètre transversal du détroit supérieur ; le diamètre mesuré par une ligne allant de la racine du nez au menton donnerait le diamètre antéro-
50 A.NATONIt:.
lK)!$térioiii' du iiièiiic délroit Weber prétendail même que les déformation!» rachitiques du pelvis sont reproduites sur le crâne ; de sorte que l'inspection de la tôle suffirait pour la détermination des dimensions et de la conformation du bassin.
Le bon sens et l'observation ont fait justice de ces étranges théories, qui n ont aucun fondement.
EXAMEN nu BAttSlN RELATIVEMENT AVK SEXE»
11 existe entre le bassin de Thomme et celui de la femme des différenco plus notables que celles qu'on constate dans aucun autre point du système osseux. Ces différences, on le comprend, ont toutes pour but de favoriser les fonctions spéciales à la femme: la gestation et la parturition. Il suffira, pour les faire ressortir, de les signaler seulement sur le bassin de Thoranie ; leur énumération servira à mettre en relief les dispositions contraires, qui sont propres à la femme.
Le bassin de l'homme présente, à sa partie supérieure, un développement et un évasement moindres des fosses iliaques internes ; les crêtes iliaques, plus élevées, sont trés-contournées, et l'espace compris entre les épines antérieures et supérieures moins étendu. Si on abaisse deux lignes verticales partant du moignon de l'épaule, le bassin sera compris entre ces deux lignes, tandis que chez la femme les crêtes iliaques les déborderont; ce qui explique la saillie plus prononcée des hanches chez cette dernière. La saillie sacrovertébrale est moindre. Le détroit supérieur, plus rétréci transversalement, est, relativement, plus étendu dans son diamètre antéro-postérienr ; la ligne innominée est donc moins courbe et se porte plus en avant.
L'excavation est plus étroite et plus profonde; le diamètre vertical l'emporte sur l'horizontal. Le sacrum parait à Dubois^, contrairement à l'opinion de Meckel, plus large et constituant le tiers de la circonférence du détroit, au lieu du quart. Il est moins courbe transversalement et verticalement; on bas, sa courbure est brusque et plus prononcée. La symphyse des pnbis est plus développée dans le sens vertical; l'arcade pubienne moins ouverte et le sommet moins obtus; les bords internes des branches ischio-pubiennes moins dëjetés en dehors; les trous sous-pubiens ovalaires, au lieu d'être triangulaires; ce caractère est le seul qui soit véritablement caractéristique cl constant. Les tubérositès de lischion sont plus rapprochées.
Les symphyses, plus serrées, tendent à se souder prématurément, 'surtout l'articulation sacro-coccygienne, dont la mobilité est moins persistante. Los os épais, à surfaces rugueuses, ont plus de force que d'élégance, et présentent des empreintes musculaires très-marquées.
Les caractères différentiels ne sont pas toujours aussi tranchés que nous venons de les indiquer, et l'on ne peut souvent apprécier qu'avec une certaine difficulté les nuances qui caractérisent le sexe, surtout si l'on songe que dans dos bassins bien conformés la différence du développement du bassin do Thorome et de la femme n'est guère que de iO à 12 millimètres.
l»l B.ISSI> DA>S Lt:^ UllF£lli::>TtS HACKS 111 MAiMtS. .11
KXAflC!V DU BAIftSIN BANS VKH BIFFÉBBNTBS RACES
BVHAintES
iiKsquId noire élude a porlé exclusiveiueiil sur le bassin de la Teninie aryenne (caucasienne); pour la pratique, celte connaissance sera suffisante dan> tous'Ies cas, mais je dois, pour ôtre complet, poursuivre Texamen du pelTisdans les autres races. Je suis d'autant plus disposé à aborder ce point intéressant d'anthropologie,* que les auteurs qui m'ont précédé ont émis ^ur ce sujet des opinions qu'il importe de détruire, car elles proviennent d'une source erronée.
Le mémoire de Vrolick, publié en 1826, était le seul document qu'on possédât, et les auteurs français, qui tous lui ont emprunté ses conclusions sans ajouter aucun document nouveau à la question, ont omis de vérifier les cléments imparfaits sur lesquels elles sont basées.
Le travail de l'auteur hollandais repose sur deux opinions préconçues et lual justifiées.
La première, qu'il n a pu qu'adopter, consiste à croire que les différences SI notables qu'on observe sur le crâne des diverses races doivent se trouver dans diacune des parties du squelette. Cette idée, vraie dans de certaines limites, devient fausse lorsqu'on veut en faire une application rigoureuse u butes les régions du système osseux.
La seconde est empruntée à Weber, qui voulait voir un rapport constant dans la forme du crâne et du pelvis. Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit plus haut du peu de fondement de celte proposition.
Les faits qu'il apporte pour soutenir cette doctrine non-seulement sont peu nombreux, mais encore prouvent justement le contraire des conclusions qn'il en tire.
Son analyse porte sur sept bassins de femmes : trois de négresses, un de B<fêdiisman (qu'il place, par erreur de classification, dans la race nègre, bien ([uelle appartienne à la'^'mongole), et trois de Javanaises. Vrolick a join^à son mémoire un tableau Irès-détaillé des diaméli*es de ces différents sujets; mais il n'a point tiré parti de ce tableau, car au lieu d'une exposition sèche et indifiduelle il aurait dû grouper en séries les bassins de chaque race et en extraire une moyenne qui aurait eu une signification et qui l'aurait empêché pn>bablement de donner des conclusions qui sont en opposition directe avec ses chiffres.
les auteurs qui ont succédé à Vrolick n'ont pas suffisamment examiné ce Ubleau; ib se sont bornés à accepter les conclusions du mémoire sans en ^ôfifier les bases.
En. voici probablement le motif : l'unité de mesure de Vrolick est le pouce ItoQandais, et comme cette unité ne nx)us est point familière, ils ont peut-être été découragés par l'ennui d'une conversion de mesures qui porte sur un grand nombre de chiffres.
Autant que cela m'est possible, je soumets é une analyse rigoureuse tous les matériaux que je dois employer. J'ai donc >érifié le tableau de Vrolick,
02 A>ATOMIi:.
converli lea pouces hollandais en millimètres, groupé les bassins eu séries»^ extrait les moyennes, et alors, à ma grande surprise, j*ai constaté le désaccoi-d complet, absolu, qui existait entre les chiffres et les conclusions. L'idée seule restait, le travail était à refaire, et je Tai entrepris sur une plus vaste échelle que le savant Hollandais, car j'avais à ma disposition la collection anthropologique la plus riche qui existe, celle du Muséum. J'ai pu grouper dix-sept bassins appartenant à la race noire et neuf de race mongole, et c'est d'après la mensuration et l'examen minutieux de ces vingt-six sujets que j'ai réuni les éléments du mémoire que j'ai publié sur le bassin donsidéré dans les races humaines. •
La pensée dominante du travail de Vrolick est que dans les trois raccb humaines le bassin présente des caractères particuliers qui permettent, en l'absence d'autres documents anatomiques, de les classer dans la race dont ils proviennent. Et la conclusion la plus saillante et la plus importante est celle-ci : Dans le bassin de l'Aryenne, le diamètre transversal au détroit supérieur V emporte snr les deux autres ; chez la Mongole, les trois diamètres sont égaux; chez la négresse, le diamètre antéi^o-postérieur V emporte sur le transversal.
Ce qui est manifestement inexact pour les deux dernières races, diaprés les diiffres de Vrolick lui-mêmej comme on peut s'en assurer en consultant les moyennes extraites de son tableau qu'on trouvera plus loin.
Je vais maintenant exposer très-sommairement, mais très-exactement, les caractères anatomiques signalés par lui et qui peuvent être considérés comme la partie essentielle de ses autres conclusions.
Pour lui, le bassin de la négresse, qu'il distingue en tous points de celui de la Mongole, présenterait les particularités suivantes :
1** Il serait toujours privé, à la fosse iliaque^ de la transparence qtCanobsen^ dans la race blanche.
Mes recherches ne me permettent point d'admettre ce;tte affirmation trop absolue.
S*» Les crêtes iliaques sont plus verticales que dans les autres races.
Cela est vrai relativement à la race blanche, mais en consultant ses tableaux elles miens on verra que cela n'est pas exact pour les Mongols. Il veut voir dans celte disposition une concordance de la fofmede la tête et du bassin. J'ai prouvé que la concordance n'était exacte qu'entre la forme de la poitrine et celle du bassin, qui lui fait suite. Le nègre dolichocéphale (tète allongée) a la poitrine étroite et bombée : les crêtes iliaques sont verticales ; le Mongol brachicéphale (tête large) a la poitrine conformée à peu prés connue le nègre : aussi la direction de l'ilinm est-elle la même.
Ti • Im plus gratide hauteur de la fosse iliaque s observerait en arrièie et prés de l'épine postéro-supérieure^ au lieu de se rencontrer comme dans notre race vers la partie moyenne de la crête iliaque.
Je n'ai constaté cette disposition que très-exceptionnellement chez le nègre ; la règle est que ce maximum de hauteur est situé au même point dans toutes les races.
DC' BASSin DAM8 LKS DIFfr-ÉRËNTËS RACtiS HUMAllttS. Od
¥ La préiominonce du diamètre antéro-postérieur sur le transversal au détroit supérieur.
Mes recherches concordent sur ce point (comme sur tous les autres) avec les ddffres de Vrolick, et je puis affirmer d'une manière absolue que dans Umtttlaracesle diamètre transversal predoiiire sur Vantéro-postérieur. Mais il est, à propos de la relation des diamètres, une particularité importante qui H a pas été notée et que je signale.
Dios les bassins de la race blanche, le diamètre transverse présente sur l'oUiqae une différence de un centimètre et demi; dans les races mongole et oégre, la différence est seulement de gvetquex mtUtm^r^. Cette disposition â peu près constante est caractéristique; elle a pour résultat de rendre le détroit supérieur un peu plus carré que dans la race blanche.
3** L excavation est plus profonde,
Vrolick a vaguement indiqué cette particularité, qui a surtout été mise eu relief par Dubois *. Les chiffres des tableaux prouvent le contraire ; la paroi latérale de l'excavation a moins de hauteur chez la négresse.
f^ Les épines sdatiques font une saiUie considérable dans l'excavation. Gela est exact; seulement, on l'observe au même degré chez le Mongol et souvent dans la race blanche.
7* V arcade pubienne est plus étroite et son sommet plus aigu. Si Yrolick avait mieux interprété ses chiffres et moins écouté la tradition, il eut été d'un avis contraire, car il note une ouverture de quatre-vingt-treize degrés chez l'Aryenne et de quatre-vingt dix-neuf chez la négresse. Les auteurs qui Font copié ont répété cette erreur matérielle. Vrolick ne donne que l'angle d'ouverture, sans parler des côtés du triangle ; il est donc impossible d'en déterminer l'élévation d'après cette donnée. Mais, en consultant le résultat de mes moyennes dans mon mémoire sur ce sujet, on pourra voir que la base de l'arcade de la négresse est de 92 millimètres et la hauteur de 49, soit un angle de 88' d'ouverture. Chez la femme aryenne, la base est de 95 millimètres et la hauteur de 60, soitun angle de 77"; ce qui constitue une différence de 11 <» en plus pour la pégresse.
8" Us crêtes iliaques s'élèvent à la liatUeur de la partie médiane de la quatrième vertèbre lombaire.
Cette particularité, que Vrolick note avec raison sur sa Hottentote, qu'il prenait pour une négresse, est exacte dans certains cas, mais elle est loin d'être constante, et dans le tableau annexé à mou mémoire sur ce sujet on peut ^<Hr que sur huit négresses il en est quatre dont le niveau des crêtes iliaques ^atteint pas le point normal de l'Aryenne, c'est-à-dire le haut de la cinquième lombaire. Il faut donc seulement dire que dans les races mongole et nègre il existe sur ce degré d'élévation des variations beaucoup plus fréquentes que dans la race blanche. ^
9" La forme allongée du bassin de la négresse le rapproche de celui des sin- ^ti. Il présente des caractères d'animalité. Dans mon Mémoire sur Vanaiomie et la physiologie comparée du bassin des
Mrux icc. 3
mammifères^ j*ai discuté ce rapprochement. J*ai mis en regard la description du bassin de la négresse et celui d'un grand singe anthropomorphe, et je crois avoir démontré que ni dans la forme anatomique, ni dans la fonction physiologique, on ne peut trouver les éléments d'une analogie véritablement scientifique. J'ai, déplus, prouvé que les caractères principaux sur lesquels il insiste pour affirmer l'animalité font complètement défaut chez les animaux.
Comme on le voit, il ne subsiste de toutes les assertions de Vrolick aucune particularité caractéristique qui puisse permettre d'établir qu'un bassin isolé du reste du squelette appartienne à la race nègre. Les assertions qui ne sont point infirmées par ses propres chiffres et qui mettent en relief des différences un peu sensibles avec le bassin des Aryennes, telles que : la verticalité des ilions, le niveau souvent plus élevé des crêtes iliaques et la proéminence en dedans des épines sciatiques, s'appliquent également au bassin de la femme jaune. De plus, ces différences, qui ne sont nullement constantes, peuvent manquer, et ce n'est que par l'examen simultané d'un certain nombre de sujets qu'elles deviennent sensibles. Il est donc impossible d'affirmer d'une manière à peu près certaine, comme on le fait d'après l'examen de la tète, qu'un bassin appartient à une race plutôt qu'à une autre, et les caractères si profondément gravés sur le crâne du nègre disparaissent lorsqu'on veut le^ rechercher sur le bassin.
La particularité anatomique relative aux rapports des diamètres obliques et trknsverse pourrait être considérée comme plus importante qu'aucune de celles qui ont été notées, car je l'ai constatée d'une manière à peu près constante. Cependant j'hésite à lui assigner la valeur d'un signe pathognomonique, car elle est parfois un peu moins tranché^, et il est possible en outre, bien que je ne Taie point rencontrée, qu'on puisse l'observer dans quelques individualités de la race blanche. J'ajoutecm que j'ai trouvé celte disposition tout aussi constante dans la race mongole.
Mais il est un point important sur lequel Vrolick n'a pas suffisamment insisté : c'est que les bassins nègres et mongols sont plus petits dans tous leurb diamètres que ceux de la race blanche, excepté cependant dans l'antéropostèrieur de l'excavation et le coccy-pubien du détroit inférieur, qui sont égaux dans les trois races ; même observation pour le degré d'ouverture de l'arcade pubienne, qui est inférieur chez l'Aryenne.
Cette diminution de la plupart des diamètres ne complique nullement l'accouchement dans la race éthiopienne, et Pruner-Bey, dans son Mémoire sur les nègres y confirme cette loi de la reproduction. Mais il note que le crâne du nouveau-nè ne possède aucun des caractères qu'il présentera plus tard à un si haut degré. A la naissance^ il a lafa^^e orthognathe, et c'est seulement aprè? la première dentition que la saillie occipitale se développe.
Cependant j'ai vu deux fois à la Clinique des nouveau-nés provenant d'une négresse et d'un blanc qui offraient un prognathisme de la face très-accusé.
Les caractères que Vrolick assigne au bassin de la race mongole ne sont pas mieux justifiés. Il prétend qtie :
1*» Au premier aspect, on croit voir des os de luge puéi% a il ny a que
M' BASSIN DAMS LES DIFFËRKNTCS IIACES HtMAI>ES. ÔD
robêemuhfi des caracléres décisifs de pleine matunié qui puisse dissiper cette idée,
Lauteur se trouve sur ce point en contradiction avec la presque unaniinitr desanthropoiogistes, qui sont d*accord pour reconnaître que Tossaturc des Mongoles e$t au contraire plus lourde et plus épaisse que dans aucune des aatres races ; et il le prouve lui-même en décrivant son bassin de Boscliismane tMoiigoIe), qu'il prend pour une négresse.
^ Lùnvertwre du détroit supérieur est à peu près ronde.
(le caractère est fondamental pour lui, et les auteurs qui l'ont copié lui mit conservé son importance. 11 complète en eiTet sa loi des races que j'ai exposée plus haut. Mais sur ce point encore, ses chiffres et les miens viennent renverser cette prétendue loi.
3" Les ilùms ont une plus grande pente en dehors.
Les chiffres viennent prouver que Técartemeni des crêtes iliaques est eiirore moindre que dans les autres races.
En résumé, si je substitue à ces formules inexactes le résultat de mes propns recherches sur ce point d'anthropologie, je poserai les conclusions suivantes, que j'ai plus complètement développées dans mon mémoire :
1" Les traits les plus importants qui ont été signalés comme caractérisuiit le bassin des races nègre et mongole n'existent pas.
^ Les différences légères qui s'observent sur le pelvis des trois races humaines n'ont rien de véritablement caractéristique. Elles apparaissent seulement lorsque la comparaison porte sur un certain nombre de sujets; mais dlesne sont pas assez tranchées pour qu'un bassin isolé leur emprunte une (aractéristique évidente.
Tf Les races mongolique et éthiopienne présentent dans la conformation du bassin une identité qui ne permet pas de les distinguer. Si donc par l'examen dii crâne on doit diviser le genre homme en trois races principales, l'exanen du pelvis ne fournit que deux groupes. Dans le premier je place la race arjenne; dans le second, la mongole et Télhiopienne.
\^ Dans toutes les races humaines, le diamètre transversal du détroit supérieur prédomine sur rantéro-postèrieur.
0** Dans le bassin de la négresse et de la Mongole, le diamètre oblique du détroit supérieur ne diffère du transverse que de quelques millimètres; chez r Aryenne, la difTérence est d*un centimètre et demi.
6** La verticalité des liions est plus prononcée chez la Mongole et l'Éthiopienne que chez l'Aryenne.
T"" Dans les races, la direction plus ou moins verticale des liions ne concorde P<s avec la forme du crâne, mais bien avec celle de la poitrine. Chez le nègre fUiekocéphale et le Mongol brachycéphaUj les fosses iliaques ont la même direction, parce que la conformation thoracique est la même.
8* Dans les races mongolique et éthiopienne, on peut presque toujours (constater la transparence des fosses iliaques; mais elle est en général moindre «piechezrArvenne.
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9^ Le point le plus élevé de la crête iliaque est situé dans les trois races à sa partie moyenne.
10"^ Il n*est point exact de dire que dans la race nègre la crête iliaque atteigne constamment un point plus élevé des vertèbres lombaires que chez l'Aryenne. Seulement, les variations dans le degré d'élévation sont plus fréquentes et plus notables que chez cette dernière. Sous ce rapport, comme sous tous les autres, la Mongole ressemble à l'Éthiopienne.
11^ Les bassins des races jaune et noire ont une capacité moindre que ceux de la race blanche. Ils sont moins profonds, et l'arcade pubienne est plus large de quelques degrés.
12*' Il n'existe aucune corrélation entre la forme de la tête et du pelvis. Les légères différences que j'ai signalées comme séparant le bassin de l'Aryenne de celui des deux autres races, et qui sont communes a ces dernières, le prouvent d'une manière évidente. En effet, les caractères crâniens du Mongol et du nègre sont assez tranchés pour qu'on ne puisse établir entre eux aucune confusion, tandis que leurs bassins ont tant de ressemblances, qu'il est impossible de les distinguer.
Comme on le voit, ces conclusions s'éloignent complètement de celles de Vrolick, et on est véritablement surpris de voir un savant aussi distingué roéconnaître la signification des chiffres que lui-même a posés et qui ont la valeur d'une certitude, pour se laisser entraîner à son insu dans le courant des idées de Weber, qui reposaient sur une simple vue de l'esprit tout à fait hypothétique.
Il faut cependant reconnaître que l'auteur hollandais semble n'avoir considéré son travail que comme une esquisse, comme un premier jalon planté sur une route inconnue, et les auteurs qui l'ont analysé, notamment Lenoir* et Dubois *, sont allés évidemment au delà de sa pensée en considérant comme une espèce de loi, comme classiques et acquis à la science, des faits qui croulent devant un examen sérieux.
C'est donc moins le travail de Vrolick que je réfute que les auteurs qui ont sanctionné ses erreurs en les abritant de leur autorité.
Dans le tableau ci-joint j'ai réuni les moyennes fournies par le travail do Vrolick et celles qui résultent de mes propres recherches, pour qu'on puisse embrasser d'un seul coup d'œil les particularités que chaque race présente.
EXAMEN nu BASSIN DES AUTRES Hf AMniFàRES
. On n'avait point encore tenté de relier par des considérations philosophiques les divers bassins des mammifères. En abordant cette élude, je l'ai trouvée hérissée de difficultés; les variétés de forme sont extrêmement nombreuses; chaque partie du bassin présente souvent sa modification particulière, et ces modifications se combinent entre elles de manière à multiplier les formes fondamentales de la cavité pelvienne non-seulement chez des sujets d'ordres différents, mais encore chez ceux d'une même famille.
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