‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 23 sur 277 · UTÉRUS · texte numérisé non relu

UTÉRUS

de la partie moyenne de ce cône existe un léger rétrécissement qui divise lor^ane en deux portions : le corps et le col. Ces deux portions n'ont pas la mène configuration. Le corps est aplati d'avant en arrière, tandis que le col a une forme cylindroîde dont Texlrémité libre est renflée, surtout chez les multipares.

L'ue de la matrice ne peut être déterminé à cause de sa mobilité. Cet oi^e est soutenu par des ligaments extensibles qui lui permettent quelques mourements obscurs de latéralité. De plus, il est en rapport avec la vessie, dont l'état de plénitude ou de vacuité modifie sa situation. Lorsque ce réservoir ("st plein, l'utérus est porté en arriére, et son axe coïncide avec celui du vagifl ; lorsqu'il est vide, le corps de la matrice se porte en avant, et son axe Torme m\ angle plus ou moins aigu avec celui de la cavité vaginale.

En ces derniers temps, on a prétendu que, dans l'état normal, le corps de l'utérus est infléchi en avant sur le col. Sappey, sans nier complètement cette déposition, qu'il a observée assez souvent, croit qu'elle est loin d'exister constamment, et que le plus ordinairement le corps est relativement au col dans une situation rectiligne.

Le ffobme de l'utérus est variable selon qu'on l'examine chez la vierge, la fimme nuUipare, la multipare après Tâge critique ou pendant les régies.

D'après Sappey, les moyennes des dimensions seraient les suivantes :

Vferget. Nnltipares.

Ungoeor de Tuténis. . 60»- 6Î —

Urgear. 53 40

^issear 22 23

Ces différences ne sont pas très-considérables. Cependant elles permettent de noter l'influence du coït, de la maternité et de l'âge critique sur le développement de l'organe.

On n'a pas pu déterminer exactement l'augmentation de volume de l'utérus pendant la menstruation. Si par l'injection on le place dans les conditions où il doit se trouver pendant cette période, il est permis de penser qu'il augmente probablement de moitié.

Les rapports de longueur qui existent entre le corps et le col différent chez Ia femme nuliipare et celle qui a eu des enfants. Chez la première, le corps représente seulement un peu plus de la moitié de la longueur totale; il mesure 32 et le col 2^ millimètres. Chez les secondes, le corps augmente de longueur et mesure 40 millimètres, tandis que lu longueur du col est réduite ^30 millimètres.

Le col est légèrement renflé à la partie moyenne, où il mesure 30 milltroèlres, tandis qu'il n'en a que 27 à ses deux extrémités.

Le poids de l'utérus, à l'état de vacuité, est d'environ 30 grammes chez les vierges, et de 45 chez les multipares.

8«HiMe extérieure de Vutéwwm. . — Cette surface présente à l'étude deux faces, deux bords et deux extrémités.

Face antérieure. — Elle est légèrement convexe et lisse ;• dans la partie ipi correspond au corps elle est séparée par le péritoine de la vessie, à laquelle elle adhère dans sa portion cervicale.

Itiparas.

Apr^ rage cnUfine.

Face postérieure. — Également lisse et un peu plus bombée, elle n'a que de simples rapports de contiguïté avec le rectum, dont elle est souvent séparée par des anses intestinales qui descendent dans le bassin.

Les bords sont convexes à la partie supérieure de l'organe, concaves à rorigine du col, et de nouveau convexes à sa terminaison. Us sont limités en haut par l'insertion des trompes. Les bords sont cachés parles feuillets du ligament de l'ovaire, du ligament rond et des ligaments larges qui s'y insèrent. Entre ces feuillets rampent les vaisseaux et nerfs utérins qui se rendent à l'organe.

Vextrémité supérieure, fond ou bord supérieur de l'utérus, en constitue la partie la plus volumineuse ; elle est convexe seulement d'avant en arrière chez les nullipares ; elle l'est également dans le sens transversal chez les femmes qui ont eu des enfants. Cette différence, signalée par Dubois *, est très-notable; elle modifie le point d'insertion des trompes; tandis que chez les premières elles s'insèrent exactement au niveau des angles, assez marqués, qui donnent à l'organe une forme triangulaire , chez les dernières elles s'insèrent aux extrémités d'une courbe constituée par le fond de l'utérus, dont les angles sont beaucoup moins accusés.

Dans la station verticale, le fond de l'utérus n'atteint pas le diamètre sacro-pubien, mais il dépasse, d'une hauteur variable selon les sujets, une ligne horizontale dirigée du sommet du pubis vers le sacrum.

Fig. 26. ~> UriiDs, trompes bt otaires. — 1. Utérus. — 2. Vagin. —3. Ovaires. — 4. Pavillon de U trompe. — 5. Trompe. — 6. LigamenU ronds. — 7. Ligaments laiges.

Vextrémité inférieure, museau de tanche, forme un mamelon conoîde, saillant, au fond du vagin, qui, par son insertion, divise le col en deux portions: l'une sus-vaginale supérieure, l'autre vaginale ou inférieure. Cette insertion a lieu à l'union des deux tiers supérieurs avec le tiers inférieur du col utérin. Il résulte de la saillie du museau de tanche un cul-de-sac circulaire à sa base, fourni par le vagin, dont les éléments musculaires et muqueux se confondent avec ceux de l'utérus. La portion sus-vaginale du col est

ITÉKrS.

libre de foule adhérence, si ce n'est en avant où elle est unie à la vessie par du tissu cellulaire. La portion vaginale, dont les diamètres transverse et antéro-postérieur mesurent, d*après Sappey, de 20 à 24 millimètres, présente une surface rosée et lisse chez les nullipares. A son sommet, on voit rorifice utérin formant une fente transversçle qui divise cette partie du col en deux lèvres ; l'antérieure est ordinairement plus accessible au toucher que la poslêrieujpe. Chez les multipares, le museau de tanche est plus volumineux, plus roart, et l'orifice cervical peut être assez dilaté pour que le doigt le pénètre. On a parfois observé que la portion vaginale du col disparaissait complétcmeat chez certaines femmes qui ont eu un grand nombre d'enfants, et l'on ne voit plus au fond du vagin qu'une dépression percée- à son centre.

SvAwe hÊierwM de Totérva. — Guvon divise la cavité utérine en trois rêvons : une supérieure, plus large, triangulaire à sommet inférieur, correspondant au corps; une moyenne, plus étroite et d'une très petite étendue, est Torifice interne du col; enfin, une inférieure fusiforme constituée par le col proprement dit. Le diamètre vertical de ces trois parties réunies est en moyenne de 52 millim.: 22 pour la cavité du corps, 5 pour la portion intermédiaire, et 24 pour le col. Chez les multipares la partie supérieure mesure 2 millim. de pins, et la portion cervicale 1 millim. de moins. La capacité de la cavité utérine est de 2 à 3 centimètres cubes chez les nullipares, et de 4 A 5 chez lespluripares.

la cavité du corps présente à étudier deux faces , trois bords et deux angles. Les faces sont planes et juxtaposées; parfois un peu de mucus les sépare. Chez les nullipares les bords forment des courbures à convexités centrales; leur longueur est- à peu prés égale; ils mesurent environ 24 millim. Le bord 'supérieur est limité par les deux trompes; les bords latéraux partent de ces points et s'étendent à Toriflce. interne du col.

Les angles supérieurs sont formés par la réunion des bords supérieurs et latéraux ; c'est stir ces points inlundibuliforraes que viennent s'ouïr les trompes. L'angle inférieur se continue avec Torifice interne du col. Chez les multipares, Guyon a démontré que la cavité utérine a conservé sa forme triangulaire ; «^

seulement les lignes sont droites au ^'^- ^' — ^®*"'* " l'otéros. — i. cavit* du corps. -

,. .... f n ^' Angles supérieurs , orifices des trompes. —

lieu d être courbes. Sous ce rapport 3. Cavilê du coi. arbre de vie. - 4. Tissu muscu-

il exi^ cependant quelques excep- '*'"'• "~ ^* ^'^'"•

lions; la convexité peut être encore légèrement sensible, ou être remplacée

par une faible concavité.

V épaisseur des parois de la cavité utérine est de 10 milUm. pour le fond ; elle en présente 8 au niveau des trompes, et de 12 à 15 sur les parties latérales.

La portion intermédiaire de la cavité utérine, ou orifice interne du col, ne mesure que 5 millim. dans son diamètre yertical, i transversalement et r» dans le sens antéro-postérieur. Les arbres de vie que nous allons trouver dans la portion cervicale atteignent la partie supérieure, mais leurs branches n'existent plus. Us ne sont plus représentés que par leurs axes assez volumineux pour remplir ce détroit. Cette disposition constitue l'obstacle que rencontre la sonde utérine, lorsqu'on cherche à la faire pénétrer dans l'organe. Nous verrons, en parlant de la ménopause, les modifications que subit cette partie de l'utérus sous l'influence des progrès de l'âge.

La cavité du col est fusiforme ; elle présente à l'étude deux faces, deux "bords et deux extrémités. Sur chacune des faces on remarque une saillie longitudinale d'où naissent des divisions secondaires dirigées obliquement et en haut ; ce sont les arbres de vie. Inférieurement ils sont placés sur la ligne médiane, et les troncs sont presque directement en face l'un de l'autre; mais à quelques millim. de l'orifice externe, ils se dévient : l'arbre postérieur à gauche, et l'antérieur, plus volumineux, à droite. Cette disposition signalée par Guyon a une certaine importance; il en résulte que les divisions de ces axes s'emboîtent face à face, et les parois du col ne sont plus simplement superposées, mais elles se pénètrent en quelque sorte. Les rameaux de l'arbre de vie sont constitués par du tissu musculaire, recouvert d'une muqueuse très-adhérente. Ils forment des replis dont le sommet libre est dirigé en bas; leur direction est oblique en haut et en dehors; ils s'entre-croisent avec ceux du c^té opposé sur les bords du col, par la partie terminale de leurs branches.

Les bords de la cavité cervicale sont courbes à concavité interne. Ils sont plus écartés à l'extrémité inférieure que prés de l'orifice interne.

«traetuw de l'otérna. — L'utérus est constitué par trois tuniques : une séreuse externe, une musculeuse moyenne, une interne muqueuse. 11 contient en outre des vaisseaux et des nerfs.

La tunique externe ou séreuse provient du péritoine. Il se réfléchit de la vessie sur la face antérieure et postérieure de l'utérus, et se continue à droite et à gauche pour former les ligaments larges. Il ne recouvre point la partie antérieure du col et cache les bords latéraux de l'organe sans contracter avec eux des rapports intimes. Sur les autres parties de l'utérus son adhérence est tellement grande, qu'on ne peut en enlever un lambeau sans qu'il soit doublé d'une couche musculaire.

La tunique moyenne, musculaire,* est véritablement inextricable, et il est à peu près impossible d'assigner une direction à ses fibres. Nous verrons plu^ tard que dans la période de gestation il n'en est pas tout à fait ainsi, et que malgré de très-nombreuses divergences entrje les auteurs qui ont abordé c£ sujet on possède actuellement sur l'utérus gravide des documents qui permettent de comprendre assez bien sa structure.

Le tissu musculaire de la matrice en état de vacuité est en quelque sorte

LTÉRUS.

ioqpaifait. Il est d'un blanc rosé et d'une densité remarquable qui le rend comparable au tifiau fibreux. Ses fibres, qui tripleront de volume pendant la gestatioo, ne mesurent que 0,005.

Ttoiific^ Mwpieuie. — La différence de structure qu'elle présente avec les autres muqueuses a fait qu'on a longtemps contesté sa nature.

la soHace libre de la muqueuse est lisse et unie dans le corps de l'utérus ; dans le col elle se ride en pénétrant dans les sillons de l'arbre de vie. Sa coofair est rosée, mais pendant Tépoque menstruelle elle devient d'un rouge vif en raison de l'activité plus grande de sa circulation. La face profonde de cette membrane est tellement adhérente au tissu sous-jacent, qu'il e$t impossible de l'en séparer. Cependant nous verrons cette séparation sefTeduer naturellement pendant la grossesse. L'épaisseur de la muqueuse utérine est variable sur les différents points de l'organe. Coste et Robin lui accordent un maximum de 3 à 6 millim. ; Sappey ne Ta jamais vue dépasser 2 millim. dans le corps. En arrivant vers les trompes et le col elle diminue d'épaisseur. La muqueuse utérine est constituée par des follicules, des cellules spéciales, des noyaux embryoplastiques, des fibres lamineuses, des corps fibro-plastiques, de la substance amorphe, des capillaires et par »ae couche d'épithélium prismatique. On n'y a point encore constaté la présence des lymphatiques et des uerfs.

FoUiaUes.— Dans l'étal de Tacuité les follicules dn corps de l'utérus "^t, d'après Robin, disposés perpendiculairement i la surface de la membrane, et parallèlement entre eux. Us sont tellement nombreux,quc rintenralle qui les sépare égale à peine leur diamètre, qui est de 0,09. Leur longueur mesure r^isseur de la muqueuse. Ils sont ondulés mais non spiroîdes, et se terminent par un cul-de-sac à peine renflé. Leur orifice s'é- ^^ un peu à la surface de la membrane ; leur paroi, grisâtre, granuleuse et épaisse d'un centième de millimètre, est très-adhérente au tissu ambiant ; elle est munie d'un épithélium nucléaire.

Fig. W. — Follicules ut^kins, pendant la pkriodb mkkstrdellb, d'après Robix. Coupe verticale de la muqneuse. — 1. Surface de la trame inusculaii*e trés-opaque à côté du reste de la préparation. — S. Follicules. — 3. Késeau superficiel sou»-épithélial de la muqueuse. — 4. Enroulement des capillaires sons forme glomérule. — 5, 6, 7. Capillaires flezueux dont la direction est parallèle à celle des follicules.

7fi ANATOMIK.

Cos foUiculos sécrètent un fluide demi -liquide , lactescent et visqueux. Dans le col, les glandes n*ont pas la forme tubuleuse que nous venons de décrire. Sappey les a trouvées constituées par un conduit qui se subdivise de manière à leur donner la physionomie des glandes en grappes ; elles sont très-diffîciles à voir. Leur dilatation par le mucus épais et visqueux qu'elles sécrètent a pour effet de les transformer en kystes qu'on a nommés mifs de Naboih.

Les cellules propres de la muqueuse utérine n'existent que dans le corps ot manquent au col. Dans l'état de vacuité, elles sont trè&-peu nombreuses, leur diamètre varie de 0,010 à 0,0t8, leur forme est sphérique, ovoïde ou polyédrique, à angles mousses.

Les noyaux embryoplastiques sont l'élément prédominant de la muqueuse, à peine séparés entre eux par l'épaisseur de leur diamètre et même contipis par places ; ils sont presque tous disposés dans le même sens.

La substance amorphe est déposée entre ces éléments; elle est transparente, finement granuleuse, et extrêmement tenace.

Les fibres lamineuses rampent dans cette matière amorphe; inn en voit i\ toutes les périodes d'évolution, à Tétat de fibres parfaites, de corps fusiformes, ou fibro<-plastiques ; ces derniers sont les plus abondants; mais ils constituent plutôt une partie accessoire qu'un élément fondamental. Cependant dans le col les fibres lamineuses prédominent.

Uêpithélium de cette membrane est vibratile; nous verrons que pendant la grossesse il se transforme en épithélium pavimenteux. Cependant la transformation est limitée au corps; celui du col reste cylindrique; seulement il perd ses cils vibratiles.

Les capillaires sont les seuls vaisseaux de la muqueuse utérine.

Utamentii de ratëroa. — Ils sont au nombre de huit : deux latéraux, /igaments larges ; deux antérieurs, ligaments ronds ; quatre postérieurs, deux ligaments utéro-sacrés, deux ligaments ronds supérieurs ou lombaires.

Ligaments larges. Le péritoine en enveloppant l'utérus s'étend sur les parties latérales du bassin pour constituer lesligaments larges qui divisent transversalement le petit bassin en deux parties. L'une antérieure contient la vessie, l'autre postérieure est occupée par le rectum et des circonvolutions de l'intestin grêle. Lesligaments larges forment une cloison verticale dont les faces regardent l'une en avant, l'autre en arrière. Leur bord supérieur subit une division qui le partage en trois ailes secondaires nommées ailerons. L'antérieur contient le ligament rond, le moyen plus élevé et plus développé que les autres renferme la trompe, le postérieur l'ovaire et son ligament. Le bord inférieur des ligaments larges se dirige vers le plancher du bassin sans l'atteindre; ses deux feuillets se séparent pour se porter l'un sur la vessie, et l'autre sur le rectum. Leur bord interne se continue avec l'utérus, et l'externe se porte sur les parties correspondantes de l'excavation.

Entre les deux feuillets est interposée une couche cellulaire dans laquelle rampent les vaisseaux qui se rendent à Tutérus. Cette couche s'épaissit progressivement en bas et en dedans de manière à être plus épaisse vers les bords de Tulèrus et le plancher du bassin que sur aucun autre point de son èten-

UTKUt'i».

due. Le feuillet séreux des ligaments larges est doublé d'une mince couche de tissu musculaire émanant de i'utéruSy.si intimement adhérent qu*il .est impossible de Ten séparer.

Les fibres lisses qui composent ces faisceaux musculaires s*entre-croisent pour produire un véritable réseau; cependant elles tendent en général à se di-

Fi?. 13. — Mo!>CLEs cxtrixaéques kt vais^eacs de L*iPfARKiL ci^iéBATiiin, d'après Rouget (rulêrus et le ^11 sont vus par leur face postérieure). — Vaituaux. —1. Renflement semi-lunaire du plexus vapn»l. ~ t. Plexus cervico-ulérin. — 3. Plexus utérin. — 4. Artères hélicines du corps de l'utérus.

- 5. Artères hélicines du bile de l'ovaire. — Faisceaux muêcnMret. — 6. Insertion des faisceaux oioscalaires du vagin au pubis. — 7. Faisceau de la même tunique provenant de la symphyse sacro-iHaque. — 8. Faisceaux musculaires de l'utérus, qui accompagnent les précédents et qui consUliKnleii grande partie le feuillet postérieur des ligaments larges. — 9. Ligament recto-utérin.

- W. Ligament rond pubien, s'étalant sur toute la surface antérieure de l'utérus. — 11. Ligament (i« l'ovaire. ~ If . — Ligament rond, supérieur ou lombaire, qui accompagne et enveloppe les vaiss«*M spermaliques. — 13. — • Faisceaux musculaires provenant du ligamenf de l'ovaire et s'entre- (foisantavec les suivants. — 14. —Faisceaux provenant de l'ovaire. — 13. Ugament tubo-ovarien. 16. Faisceaux amenés directement du ligament rond supérieur.

^er lrans?ersalement. Celles qui constituent le plan musculaire antérieur '^nvergenl vers les ligaments ronds qu'elles contribuent à former ; d'autres se confondent avec la couche musculaire de la face antérieure de Tutérus, dont elles émanent. En arriére les fibres partent de l'utérus et vont s'attacher aux ^physes sacro-iliaques. Les ailerons contiennent également des éléments inuscuiaires que nous examinerons plus tard en traitant de la structure de l'ulénisen état de gestation. Comme on le voit, l'utérus n'est point un organe ^ttssi neltemcnt circonscrit qu'on pouvait le croire avant les travaux de Rouget; bien que les faisceaux musculaires qui en émanent ne soient pour la

78 AKAlUMU;.

plupart visibles qu*au microscope, ils n'en sont pas moins la continuation de la couche musculaire de Futérus.

Il est probable que ces éléments répandus dans les ligaments larges ont une fonction intimement liée à la gestation, et qu'ils concourent, après l'accouchement, à ramener rapidement le péritoine pelvien à la situation qu'il occupait avant la grossesse. L'usage de ces éléments musculaires^est mieui connu en ce qui concerne la trompe et l'ovaire; et nous verrons plus tard qu'ils déterminent l'adaptation du pavillon sur l'ovaire au moment de la chute de l'ovule.

Ligaments ronds, — Nés des parties latérales et supérieures de l'utérus, près des angles supérieurs de l'organe, ils se dirigent d'abord transversalement vers les parois du bassin, puis obhquement pour gagner le canal inguinal en donnant quelques fibres qui s'insèrent sur les parois de ce canal et à répiDc du pubis, puis ils se terminent dans le tissu cellulaire de la région pnbî^me et des grandes lèvres.

En partant de l'utérus, ce ligament est large et aplati d'avant en arrière; mais un peu phis loin il prend la forme cylindrique et devient de plus en plu& grêle à sa terminaison antérieure.

Le péritoine qui lui sert d'enveloppe ne recouvre que sa portion antérieure, puis bientôt il l'entoure complètement jusqu'au canal inguinal.

Le ligament rond est principalement constitué par le tissu musculaire de l'utérus; les fibres proviennent des parties latérales de Torgane, surtout de sa région supérieure; bientôt aux fibres lisses se mêlent des fibres striées provenant, sdon Rouget, de la partie postérieure du muscle transverse, et, selon Sappey, des parois du canal inguinal ou des épines du pubis. Les fibres lisses enveloppent d'abord les fibres striées; mais à mesure qu'on se rapproche du canal inguinal, ces dernières forment un faisceau qui constitue exclusivement le ligament sur ce point. Le ligament rond contient également des fibres élastiques, surtout vers sa partie pubienne, et du tissu conjonctif.

Une artère provenant de l'iliaque ou plus souvent, d'après Sappey, de la crémastérine, occupe le centre du ligament et se rend à l'utérus; dans son trajet elle donne un grand nombre d'artérioles qui se perdent dans les faisceaux musculaires. Plusieurs veines accompagnent cette artère et, se réunissant sous forme de plexus, se jettent dans l'iliaque externe, l'épigastrique et les veines des grandes lèvres. Les plus volumineuses sont munies de valvules.

Pendant la gestation ces veines acquièrent un certain volume pour'aider à la circulation qui se trouve gênée par la compression que fait subir rutênis aux veines iliaques. Il n'est pas très-rare qu'elles deviennent le siège de varices après plusieurs gestations. Le ligament rond reçoit deux ou trois rameaux nerveux de la branche génito-crurale.

Le ligament rond du côté droit est en général plus gros et moins long que celui du côté gauche.

Ligaments utéi'o-sacrés. — Ils sont constitués par un repli du péritoine ci par une couche de tissu musculaire qui provient de l'utérus. Ils naissent suj

tTÉnus. 79

la partie postérieure de cet organe sur le point où il s'unit au vagin, ils en- (reboisent leurs fibres et se dirigent en arrière sous forme de croissant, dont la coDcavité est tournée vers le rectum ; ils passent de chaque côté de cet intestin en lui donnant quelques fibres, se rendent au sacrum et s'attachent aux trol^èroe et quatrième vertèbres sacrées en dedans de la symphyse sacroiliaque.

Ces ligaments contiennent en outre un peu de tissu cellulaire, quelques pdts vaisseaui et des filets nerveux. Pendant la gestation, ils s* allongent coffline tous les autres ligaments utérins ; mais il arrive parfois qu'ils ne reviâmentpas à leurs dimensions primitives après l'accouchement; Torgane subit alors un ^aissement plus ou moins considérable.

UgamenU nmds postérieurs ou lombaires, — Rouget a décrit, sous ce nom, des faisceaux musculaires nés supérieurement du fascia sous - péritonéal (Bg. 39). Us suivent le trajet des vaisseaux ovariens, qu'ils recouvrent en partie. Ils s'épanouissent sous forme membraneuse sur le feuillet postérieur et se distribuent : les internes à Tutérus, les externes au pavillon de la trompe, et les moyens beaucoup plus nombrenx vont se jeter dans l'ovaire en passant ourson bord inférieur, et dans Taileronde la trompe pour se fondre dans sa tunique musculaire. Nous verrons en exposant les phénomènes de la ffiainmolûm, et en traitant de la préhension de Vœufpar la trompe {migration del'sKf), le rôle important que jouent ces faisceaux musculaires dans l'accompUssement de ces phénomènes.

YiinMmjL de VmÊérwm. — Les artères naissent de trois sources. Les unes pnmeDnent de l'aorte ou de la rénale, ce sont les artères ovariques ou uteroovariennes; parvenues au détroit supérieur, elles se placent dans le bord supérieur des ligaments larges, donnent des branches à l'ovaire et se distribuent âufond et à la partie supérieure du corps de l'utérus.

D autres naissent de l'hypogastrique; ce sont les utérines. Elles se placent dans la partie inférieure des ligaments larges, se dirigent vers le col, et se réfléchissent en haut et en dehors ; elles forment une arcade en s'anastomosant largement avec les utéroH)variennes. Du côté interne de cette arcade, naissent des branches très-nombreuses et flexueuses qui pénètrent dans la couche mus- <^^ilaire. Enfin, Torgane emprunte à l'épigastrique les artères du ligament rond.

L'utérus reçoit ses vaisseaux par ses bords; et les anastomoses que nous avons signalées avant leur pénétration se continuent dans le parenchyme de l'organe entre les vaisseaux des deux côtés.

Les winei, satellites des artères, portent le même nom et vont se terminer dans les vaisseaux d'où proviennent ces dernières. Seulement les veines sont pios volumineuses, et s'anastomosent de manière à former des plexus considérables dans les ligaments larges sur les bords de l'utérus (fig. 29). Nous perrons, en parlant des phénomènes érectiles de la menstruation, le rôle que jouent ces plexus et les conséquences de leur situation entre les éléments ^sculairesqui doublent les ligaments larges. Dans le parenchyme utérin, la paroi des veines est adhérente aii tissu ambiant, et une coupe de l'organe inontre leur calibre béant.

80 ANATOMIK.

Les vaisseaux lymphatiques très-nombreux de Tulêrus sont divisés en deux groupes. Ceux du premier, superficiels, accompagnent les veines utérines et se rendent aux ganglions pelviens latéraux. Les autres, profonds, plus noui> breux, suivent les veines utéro-ovariennes, et vont se rendre dans les ganglions lombaires.

Les nei^fs de Tulérus proviennent des plexus rénaux et des plexus hypogastriques, sans qu*il soit possible, d'après Boulard, de discerner en aucun point les filets émanés du système cérébro-spinal ou du système ganglionnaire. Ils sont très-fins, fort grêles et peu nojnbreux. Le col reçoit des nerfs comme le reste de l'organe.

Anomalies 4e l'atéiw. — Le développement de l'utérus nous domic Texplicalion de ses anomalies. Cet organe se forme par la fusion de rextréroité inférieure des trompes, dont la réunion constitue d'abord deux utérus distincts, séparés dans toute lem* hauteur par une cloison; cette cloison, yen le troisième mois de la vie intra-utérine, disparaît de bas en haut, de manière à réunir ces deux cavités distinctes en une seule. Hais il se peut faire que le travail de résorption de la cloison manque ou s'arrête dans son évolution; alors on peut observer toutes les variétés de matrices partiellement ou complètement doubles. L'absence de l'utérus est un fait tellement rare, que quelques anatomistes doutent de sa réalité. Le plus souvent dans les cas cités il s'agit d'un' arrêt de développement de l'organe, dont on retrouve les vestiges atrophiés sous forme membraneuse vers le lieu qu'il devait occuper.

.ANAT«H1E COnrASftB BB L'tJTÉKVS

La formation de l'utérus des animaux mammifères est au début exactement le même que dans l'espèce humaine. Seulement l'évolution s'arrête généralement pour eux à des périodes diverses; de sorte qu'examiné dans les différentes familles, l'organe présente toutes les nuances, depuis la cavité simple jusqu'à la division complète.

Chez les quadrumanes y les iardigrades, et selon HoUard, chez lesédetUés^ la cavité est unique, et sous ce rapport elle se rapproche de l'utérus féminin. Dans un grand nombre d'espèces, parmi lesquelles on compte les ruminants et les solipèdeSf l'utérus n'est plus simple ; il se divise en un corps et doux cornes, ce qui constitue trois cavités. La capacité des cornes peut dépasser de beaucoup, comme nous le verrons tout à l'heure, celle du corps. Les femelles qui ne mettent bas qu'un petit à la fois, comme les ruminants cl ' les solipédes, n'ont pas les cornes utérines très-amples; le fœtus se déve* loppe dans le corps, et les extrémités postérieures seules sont contenues dans | une dos conies. Chez celles qui portent plusieui^s petits, comme les carnassiers et la truie, la cavité du corps a beaucoup moins d'importance et de ca- 1 pacité, car les petits se développent exclusivement dans les cornes, où ils sont placés à la suite les uns des autres. Ces appendices sont alors très-grands et i ont la forme d'un intestin. Chez quelques t*ongeurs, comme le cabiai, la cavité | du corps est tout à fait rudinientaire, et les cornes se réunissent se'ulement iî

TAOMPES UTÉRINES. 81

l'orifioe supérieur du vagin. Enfin, chez d'autres, nomme la Japine, la ca* vite du corps n'existe plus et les cornes viennent s'ouvrir isolément dans le vagin. F/Cs trompes se continuent avec l'extrémité libre des cornes utérines, b muqueuse de la matrice présente chez les animaux des éléments semblables à celle de la femme ; mais son adhérence au tissu utérin est fort différente. Chez II vache^ elle est parfaitement distincte et se trouve séparée du tissu soQ5;jirent par une couche vasculaire. Comme chez les autres ruminants elle e»l parsemée de saillies, nommées cotylédons , sur lesquels se greffent les p'aeentas. La muqueuse utérine de la truie est si peu adhérente qu'elle glisse sorla couche musculaire dont on la répare avec facilité. Chez les solipèdes, elle présente une étendue double de celle de la surface interne de l'utérus, iw laquelle elle forme des plis, comme dans l'espèce précédente, son adhérence est également très-faible.

n n'en est pas de même chez les carnivores et les rongeurs. L'union de la moqueuse et de la couche musculaire est assez intime pour qu'on n'en puisse ik^^nr que de petits lambeaux; elle n'a pas non plus l'ampleur signalée plus hant

* TKOMPBS VTÉBIIVES

Les trompes utérines ou oviductes sont deux tubes membraneux, situés Tun j droite et l'autre à gauche de l'utérus, dans l'aileron moyen des ligaments laiTK, dont ils occupent le bord supérieur (fig. 26, 27 et 29) . Us sont fixés aux ifçies supérieurs de l'utérus, en arrière du ligament rond, en avant du ligament delosme. Les oviductes forment des tubes flexueux, dirigés d'abord transver- >aiement, puis en arrière, de sorte que leur extrémité libre se trouve située frh des ovaires, auxquels ils sont unis par un prolongement membraneux . La longueur des oviductes est en moyenne de 12 centimètres. Leur diamètre est variable sur les différents points de leur trajet en quittant Tutérus ; il est de i millimètres, à leur partie moyenne de 5 à 6, et de 7 à 8 à leur extrémité libre. Comme on le voit, leur calibre augmente progressivement à partir de iatenis jusqu'à leur extrémité ovarienne, où ils s'élargissent tout à coup pour r<»rmer le pavillon. La cavité de la trompe s'ouvre dans l'angle supérieur de la matrice. Sur ce point son diamètre est d'un millimètre et demi ; il est de 3 • ^ millimètres à l'extrémité qui se termine sur le pavillon ; cette dernière K'rtion de la trompe présente un diamètre d'environ 20 millimètres. Le papillon, qui forme un brusque évasement est recouvert à sa face externe par ^ péritoine. Sa face interne regarde l'ovaire au-dessus duquel il semble '<^l)endu. La circonférence du pavillon n'est pas terminée par une ligne ^te ; elle est profondément découpée par des languettes ou franges, dont les ^•rds sont également dentelés. Ces franges ont des formes diverses; les unes '^•nt lancéolées, les autres rubanées , d'autres enfin arrondies à leur extrénritê libre. Leur longueur et leur largeur présentent également des différences 3isez notables; l'une d'elles, creusée en gouttière, unit l'ovaire à la trompe* ^ face externe des franges est revêtue par le péritoine. Au centre du pavillon on aperçoit l'orifice du canal tubaire qui subit sur ce point un léger rétrécis*

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sèment. De cet oriiice rayoïuient des plis divei^enU» extrèmeiiieut nombreux, qui présentent une profondeur et un développement très-variables, ils s'éteudent jusque sur les franges. Ordinairement il n'existe qu'un seul pavillon sur chaque trompe; cependant il n'est pas très-rare qu'on observe, dans le voisinage du pavillon, un pavillon surnuméraire. Richard, qui le premier, a note cette anomalie, eu a môme vu trois. Dans ces cas ils ressemblent exactement à l'organe principal ; seulement ils sont moins développés et n'ont aucune adhérence avec l'ovaire.

La structure des trompes se compose de trois tuniques : une externe, séreuse, une moyenne, musculaire, et la troisième, muqueuse. La tunique séreuse entoure les trois quarts de la circonférence des trompes. Parvenue sur la face externe du pavillon, elle s'y termine brusquement par un bord légèrement sinueux, parfois même renversé au dehors, et distant de 2 à 5 inilllim. du bord des franges. Ce bord est la limite de la tunique séreuse, il entoure la base du pavillon, en se prolongeant sur la face externe des franges qui unissent ta trompe à l'ovaire.

La' tunique musculaire est constituée par deux plans de fibres : l'un longitudinal, plus extenie, qui est la continuation des fibres utérines; il entoure complètement la trompe et ses éléments proviennent -des parties supérieures et latérales de l'utérus; — l'autre, circulaire, est propre à la trompe; il commence à être apparent sur sa portion adhérente à Tutérus, mais il ne se continue pas dans l'épaisseur de la paroi utérine et se poursuit dans toute la longueur du canal pour se terminer à la manière d'un sphincter sur l'orifice abdominal.

La tunique muqueuse se confond avec celle de l'utérus et se termine sur les franges du pavillon au pohit où nous avons vu s'arrêter la séreuse ; munie d'un épithélium vibratile, elle est très-adhérente à la tuHique musculaire. Sur tout son trajet, elle forme des plis épais dirigés longitudinalement et dont les saillies remplissent la cavité de l'organe. Les bords libres de ces plis, en s adossant, forment une série d'espaces capillaires qui suivent les ovules eu se dirigeant vers l'utérus.

Les vaisseaux de la trompe sont assez volumineux. Les artères proviennent de Tutéro-ovarienne. Ses veines vont se terminer dans le tronc du même nom. i>es lymphatiques aboutissent aux ganglions lombaires en se joignant à ceux de l'utérus et de l'ovaire. Elle reçoit ses nerfs du plexus rénal.

Les usages de la trompe sont de conduire le sperme sur l'ovaii^e et l'ovule dans l'utérus. En traitant de la migration de V<mfy nous exposerons par quel mécanisme ce phénomène s'accomplit.

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