‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 24 sur 277 · OVAIRES · texte numérisé non relu

OVAIRES

Les ovaires sont les organes producteurs de l'œuf. Ils jouent dans Tofgahisme féminin le rôle des testicules du mâle. Au nombre de deux et siluê> dans le repli postérieur des ligaments larges, ils se fixent à l'angle supùrieui rie rutérus, en arrière des trompes, par une de leurs extrémités, au moyen

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duo cordon arrondi appelé liganent de l'ovaire ; Tautre extrémité est libre d dirigée vers le câté du bassin (flg. 26 et 39). L*organe, un peu élevé dans rexcavation, a une direction transversale que lui imprime son enveloppe péritonéale. Le volume des ovaires est variable diez les difCérenls sujets et chez la mèmelemme, selon qu'elle est dans la période menstruelle ou. dans Fépoque intermédiaire aux régies ; qu'elle est ou non dans l'état de gestatim ; qu'elle ni jÊs atteint ou qu'elle a dépassé l'âge. de la puberté. On peut même trouver une différence entre l'organe situé d'un côté et celui du côté opposé. Cependani, dans l'état ordinaire, sa longueur est en moyenne de quatre centimètres, ^hauteur de deux et son épaisseur de un et demi. Son poids est de six ou huit grammes.

L'ovaire a la forme d'un ovoïde un peu aplati d'avant en arriére. On lui n^conoait deux faces, l'une antérieure et l'autre postérieure, dirigée un peu l'n bas, deux bords, l'un supérieur et l'autre inférieur, et deux extrémités; l'one interne et l'autre externe. .

Les faces sont blanches ouroséeset lisses jusqu'à la puberté. Acette époque, elles commencent à devenir inégales et fendillées par des cicatrices qui sont dues à la sécrétion des ovule)», et dont le nonïbre augmente avec celui des menatroations. Ces cicatrices présentent des colorations très-différentes qui varient du rouge vif au brun trè&-foncé. Elles sont linéaires, étoilées, ti'iangulaires, parfois leur bord écarté circonscrit une ouverture pénétrant dans nne locale qui contenait un œuf. Au chapitre de la ménopause, nous indiqoerons les changements que subissent Ips ovaires pendant cette période.

Le tord supérieur, dirigé un peu en arrière, a une direction transversale, il est convexe; l'inférieur est droit et donne attache au péritoine. C'est sur le M de ce côté que pénètrent les vaisseaux (fig. 29).

Vextrémité externe, un peu plus arrondie que l'interne, reçoit l'insertion delà Grange creusée d'une gouttière qui unit cet organe à la trompe. L'estréroilé interne est unie à l'utérus par le ligament de l'ovaire, cordon cylindroîde de trois centimètres de longueur, qui part du bord inférieur de la glande pour ^ rendre à l'utérus. Il est constitué exclusivement par des fibres musculaires transversales qui proviennent de la face 'postérieure de la matrice. Quelquesnnes de ces fibres se continuent avec le petit faisceau musculaire que contient la frange tubaire qui forme le ligament de la trompe.

straenve de l'ovaire. — Jusqu'à ces derniers temps, on considérait i'ofaire comme recouvert par la tunique péritonéale qui lui fournissait une enveloppe très-adhérente. On admettait de plus que cet organe était constitué : l"" par une tunique fibreuse analogue aux capsules d'envel6ppe des glandes et qui pénétrait dans le parenchyme de l'organe pour y former des espèces de cloisons; 2^ par un tissu propre ou strama^ formé de fibres celluieuses, dont la fonction était de sécréter les follicules de Graaf.

Ces faits étaient acceptés d'une manière absolument unanime, sans qu'aucune objection s'élevât pour en contester l'exactitude, lorsque en Allemagne ^■Itto Schrône (1863) publia sur cette question un mémoire fort important, accompagné de planches, et qui renversait l'ancienne doctrine. Grohe et llenle suivirent la même voie. Sappey, de son côté, fit peu après des re-

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cherches dont les résultats furent identiques, bien qu'il parût ignorer le Mémoire de Schrône; cette coïncidence est une confirmation des découvertes des savants allemands. La nouvelle doctrine repose sur les bases suivantes :

1** La tunique séreuse n'existe qu'à l'état de vestige, et est représentée sur la surface de l'organe par une simple couche d'épithélium pavimenteux;

2* L'enveloppe fibreuse, qui enverrait des expansions destinées à cloison* ner le stroma, n'existe pas. On n'en retrouve aucune trace dans les différentes périodes de la vie de la femme, ni même chez aucun mammifère ;

3* La substance spongieuse de l'ovaire ne contient en propre ni ovule, m follicule de Graaf, et n'est nullement destinée à les produire.

Comme on le voit, la réforme introduite dans l'étude de cette question est radicale. On admet autour de la glande une couche spéciale que les auteurs considéraient comme fibreuse, mais on lui accorde une nature et un rôle jusqu'alors inconnus ; elle constitue la partie fondamentale de la glande et a pour fonction de sécréter les follicules de Graaf. C'est la portion glandulaire ou ovigène. Les parties centrales répondent à ce qu'on appelait le stroma^ et prend le nom de portion bulbeuse ; elle est constituée par des fibres musculaires, des vaisseaux, du tissu cellulaire et des nerfs.

Nous allons étudier séparément ces deux éléments.

Portion périphérique otrigène. — Elle se développe la première ; elle est homogène, plus blanche et plus consistante que la partie centrale. Son épaisseur uniforme est d'un millimètre ; elle s'applique sur toute la portion bulbeuse, dont elle suit les contours et les inégalités. Au niveau des cicatrices, elle s'amincit ou disparait même d'une manière complète. En dehors, elle est recouverte par la couche épithéliale qui représente le péritoine ; en dedans elle adhère intimement à la portion bulbeuse.

La couche ovigène est constituée par des fibres musculaires lisses, du tissu conjonclif, des vaisseaux et des nerfs, enfin par les vésicules de Graaf contenant les ovules.

Les fibres umsculaires forment la charpente de cette membrane; elles sont entre-croisées, sans direction déterminée. Leurs éléments condensés ont l'aspect d'un tissu fibreux, et se continuent avec ceux de la portion centrale. Le tissu conjonctif est interposé aux fibres musculaires, et n'est pas trèsabondant. Les vaisseaux et les nerfs proviennent des bulbes et affectent la même disposition que dans cette dernière région.

Les vésicules de Graaf ou ovisacs se groupent en quantité prodigieuse sur cette portion de la glande. Sappey les a trouvés, en moyenne, au nombre de 1 ,660 par millimètre carré, chez un enfant de trois ans. Ce qui donnait 400,000 vésicules pour un seul ovaire. Ce nombre est dépassé, par millimètre carré, lorsqu'on les recherche chez les fœtus de huit mois; il est moindre au contraire chez une jeune femme pubère depuis plusieurs années. Henle qui a fait le même calcul estime leur nombre à 72,000 pour les deux ovaires. La différence qui existe entre le fœtus et l'adulte n'indique pas une diminution dans le npmbre total ; elle est due à ce que l'ovaire, dans ce dernier cas, est plus développé, et que les ovules sont distribués sur un plus large espace; car les follicules de Graaf, dès le moment où on

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constate leur eiistence, cessent de se multiplier. Dans la période moyenne de la TÎe, le nombre des ovisacs diminue sous l'inOuence des cicatrices dues aux

^i?-30. — Com LoxsrroDiKAUE di l'otaidr h'oke cmattk, d'après Otto SciinAjiE. — i. Follicules rudinotares répandus en nombre immense dans la couche corticale ; ils sont dépourvus de Taisseaux. - 1 Follicules plus avancés. Les éléments granuleux apparaissent et les vaisseaux commencent i le» entourer. — S. Les éléments granuleux ne remplissent plus le* follicules , et commencent à tonnfT une membrane sur sa paroi. — -4. 5, 6, 7, 8. Périodes plus avancées du développement du fotlifole. Plusieurs ont atteint la maturité, mais il ne faut pas perdre de vue que la chatte porte i U fois plusieurs petits et qu'en conséquence la maturité doit être simultanée pour plusieurs feUicttles. — 9. Follicule entier à travers lequel on entrevoit les éléments de l'œuf. — 10. Gros TiiSi^iix de l'ovaire dont les ramifications sont apparentes an milieu des parenchymes. — 11. il. Bouquets vasculaires entourant et limitant la masse d'un corps jaune.

phénomènes de Tovulation. Cette diminution succède également aux inflamniationsqui peuvent|atteindre la glande. Après la ménopause, la couche ovigène persiste, mais elle ne contient plus aucune trace des follicules de Graaf.

'•HioB hrthis—c ém i'ovair«. — Elle forme le corps de la glande. Sa consistance est moindre que dans la couche ovigène. Sa coloration, rougeâtre, ^ sur certains points plus foncée, ou présente des teintes grises, blanches ou roses. La maturation de l'ovale détermine une congestion qui a une inflQence|marquée sur la coloration générale de Torgane.

Les éléments qui constituent cette portion de Tovaire sont les mêmes que nous avons signalés dans la couche ovigène, à Texception des follicules de ^«raaf qui n'y existent qu'à l'état de débris sous les noms de corps jaunes.

Les fibres musculaires qui forment environ la moitié du bulbe ont une <^rection mieux déterminée qiie dans la couche ovigéne. Elles sont des prolonîCnients des fibres du ligament de l'ovaire, qui se dirigent de dedans en dehors ; de celles de la trompe, qui marche de dehors en dedans ; du liganienl rond postérieur, qui pénètre de bas en haut. De plus la portion bul- ^ a des fibres propres qui s'entremêlent en tous sens avec les précé- •^^nleselque pour cette raison il est très-difficile d'isoler (fig. 31).

Les fibres de tissu conjectif interposées aux éléments musculaires ne sont »> abondantes ni importantes à noter.

^ artères sont nombreuses et proviennent de Tutéro-ovarienne. Elles

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pénètreiY ^në la gialid^ par son bord adhèrent, et affectent une Ibnni' spiroïde très-accusée avant et après leur entrée; Leurs subdivisions devienneut

de plus en plus fines à mesure qu'elles se rapprochent de sa périphérie (fig, 29).

Les veines plus nombreuses, el surtout plus volumineuses, entrent pour une grande part dans la constitution de la glande. Elles deviennent noueuses, comme variqueuses, forment un plexus à mailles irrégulières et se jettent par une douzaine de troncs dans la veine uteroovarienne. Nous reviendrons sur la disposition de ces vaisseaux en trai- Fi(f. SI. — DîRECTio!» DBS FIBRES MoscuLAiREs Qoi vo!«T l^nt dcs phéTumènes éTectUes de la

A L'oTAiRE. - il. Ligament de l'ovaire. - 12. Li- nienstmation. gament rond, supérieur ou lombaire. — 13. Faisceaux provenant du ligament de l'ovaire, s'entre- Il est assez facile, avant la pubertis croisant avec les suivants. - U. Faisceaux pro- , oonstater TabspnrP dpq \McuU venant de l'ovaire. — l.-i. Ligament tubo-ovarien. — "® consiaier I aosence ues vealCUies 16. Faisceaux émanés du ligament rond supérieur, ovariennes daUS la portion bulbeuse;

à cette époque elles sont à l'état embryonnaire, et aucune n'a dépassé la couche ovigène. Cependant Sappey signale une Cause d'erreur possible ; en incisant la bulbe, on peut diviser transversalement une artère, et la lumièi^ du vaisseau peut prendre l'aspect d'une vésicule rudimentaire. Après la puberlé, la situation réelle des ovisacs est plus difficile à déterminer en se rapprochani de la maturité ; ils font saillie en même temps sur la couche ovigène et dans la portion bulbeuse. Cette pénétration a été une des raisons qui ont si longtemps masqué l'état véritable des choses. De plus, lorsque l'expulsion de l'ovule a ramené l'ovisac à l'état de corps jaune, le travail de résorption qui fait disparaître ce dernier se passe dans l'épaisseur du bulbe. Alors les débris de la vésicule ovarienne, formant parfois un petit sac, ont été pris pour une vésicuh» h l'état de progression et marchant vers la périphérie de la glande, lorsqu'ils n'étaient que les débris d'un ovisac en voie de destruction, et qui venait au contraire de la périphérie déposer ses vestiges vers le centre de l'organe. Téslcoles de Graaf. — o^Uani. — Quelques anciens anatomiste> avaient observé les vésicules ovariennes qu'ils prenaient pour des kystes. Van Hom émit le premier, en 1668, l'idée que ce pouvait être de véritables œufs. Reynier de Graaf, après avoir examiné les ovaires d'un grand noinbn* d'animaux, fut séduit par l'analogie qu'il trouva entre les vésicules ova riques et les œufs contenus dans l'ovaire des oiseaux, et il formula en 1672 la théorie de la genèse de l'homme par l'œuf. Cette découverte avait une importance immense, car elle était destinée à renverser les vieilles doctrines qui ne reposaient que sur des hypothèses. Cependant elle étail incomplète, car la vésicule qui porte son nom n'est que l'enveloppe d'un élément beaucoup plus petit : l'ovule ; et on objectait avec raison à de Graaf qu'on n'avait jamais rencontré dans la trompe l'œuf si volumineux qu'il

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