‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 234 sur 277 · TROUBLES DE L'EXCRÉTION URIKAIRE · texte numérisé non relu

TROUBLES DE L'EXCRÉTION URIKAIRE

Les troubles de rexcrétion uriuaire qui appartiennent à l*élat puerpénl sont de diverse nature :

1^ Le canal de Turèthre comprimé pendant la grossesse par suite d*une rétroversion utérine, ne laisse point passer le liquide uiînaire ; il existe alors uœ distension de la vessie qui peut prendre des proportions trës-séneuses (p. 855). La réduction de Futérus déplacé, et le cathétérisme sont ks seuls moyens qui puissent être employés pour mettre fin à cet état. Pendant l'accouchement, la rétention d*urine peut se produire par le même mécanisme ; la tête engagée dans Texcavation comprime le canal de Turèthre. Quand cette situation se prolonge, Torgane peut subir une distension assez douloureuse pour arrêter les contractions. On a même observé dans ce cssla rupture de la vessie (p. 895). C'est encore au cathétérisme qu'il faut âToir recours ; on soulève si cela est possible la tête du fœtus pour livrer passage à la sonde ; si cette manœuvre est impraticable, on termine le travail aos^i rapidement que possible.

On a encore admis que la rétention d'urine pouvait être déterminée par un spasme du col vésical ou du canal de l'urèthre.

2« La compression déterminée par Tutérus gravide sur le réser^'oir uriuaire, peut avoir un effet tout différent. On observe alors, surtout chez les femmes qui ont eu plusieurs accouchements, une incontinence d*urine qui se produit pendant la marche, sous l'influence du rire, de la toux ou d'un dfort. Cette incontinence constitue une incommodité extrêmement pénible ; la région constamment mouillée par un liquide ÛTitant, devient le siège d'enthème et d'excoriations qui rendent la marche douloureuse. La malade est en outre incommodée par l'odeur infecte qui résulte de cet écoulement continuel.

Le traitement consiste à soulever l'utérus au moyen d'une ceinture abdominale. Les injections vaginales froides et fréquemment répétées rendertdes services en pareil cas. Les soins de propreté et des frictions avec la glycêiinf seront nécessaires pour combattre l'érytliéme.

La gestation devient parfois l'occasion d'une irritation sympathique duc(*l et du corps de la vessie, qui se traduit par des besoins très-firéqueutsd* miction. 11 est rare que les urines contiennent du mucus comme dans les inflammations de cet organe. En général cette indisposition cesse spontanément au bout de quelque temps. On peut lui opposer les bains de siège presque froids, les injections froides et les capsules de térébenthine à l'intérieur On a voulu faire jouer un rôle dans les cas de cette nature à la compressio» des uretères, ou à leur spasme (Bums*) ,mais rien ne démontre la réalité dp cette hypothèse.

5° L'engagement prolongé de la tête fœtale dans l'excavation détermina pendant le travail des paralysies de la vessie (p. 598, 650) qui P«"^^ persister pendant plusieurs jours. Il faut surveiller la fonction de ïorg^

VARICES. — HÉMOBRHOÏDES. H61

l pratiquer le cathéiérisme au moins matin et soir jusqu'à ce que la vessie it repris sa contractilité. Cette paralysie ne semble pas toujours les conéquences d*un travail prolongé, et plusieurs fois je l'ai observée après des ccouchements faciles et rapides sans qu'on puisse expliquer ce phénomène ar la compression. /

Blbllo^TAphie. ^ Cbdrchill, Maladieê des femmes. Paris, 186C.— IIilscheb, De inconlientia urinac ex partu. lena, 1716. ^ Hoppiia!(ii, De incontinentia urinîc ex partu. HaJl., 724. — Lefvr, De la rétention d'urine pendant la grossesse et après Taccouchenient. Th. de ans, 1862.

VARICES ET HÉMORRHOIDES.

Varices et Hémorrhoides. — Les varices constituent une des incommodités es plus fréquentes de la gestation, surtout chez les pluripares. Elles se déreloppcnt sous l'influence de la compression que l'utérus exerce sur les aisseaux pelviens. Quand les varices apparaissent dans une grossesse, il est îxtrêmemenl rare qu'elles manquent dans les autres gestations ; alors elles )ersistent après les couches. La dilatation des veines en raison de son mécalismc, ne se produit habituellement que dans les derniers mois. Cependant, 1 n'en est pas toujours ainsi; chez une jeune dame, leur manifestation a été )oiir moi un élément de diagnostic au troisième mois, alors que les autres lignes, excepté la suppression des règles, faisaient défaut.

Les varices dans la plupart des cas sont localisées aux membres inférieurs ; parfois elles envahissent la vulve et deviennent une cause prédisposante aux ihiombus de cette région. Dans quelques cas, on les observe en outre sur la paroi abdominale. J'ai constaté à la clinique deux faits de cette nature.

Les varices constituent une simple incommodité qui occasionne de l'œième, de la pesanteur des membres et une gène dans la marche. Quand il devient nécessaire d'intervenir, on emploie un bandage roulé exactement appliqué sur le membre, ou un bas lacé. Parfois cependant les varices s'enflamment. On voit alors sur leur trajet se former des nodosités extrêmement douloureuses. C'est là un accident qui mérite une sérieuse attention. Ces , points enflammés peuvent devenir le siège d'abcès, ou de rupture du vaisseau. Il existe encore une autre complication encore plus grave, c'est la migration d'un de ces caillots qui peut tuer la malade par embolie. Dans le cas où les varices s'enflamment, il faut prescrire à la malade un repos Absolu. Les parties douloureuses seront couvertes de cataplasmes et on fera deux fois par jour des onctions avec la pommade mercurielle. Le décubitus dorsal devra être conservé pendant plusieurs jours après la cessation complète de l'inflammation, pour éviter les chances possibles de l'embolie.

On a encore signalé la rupture spontanée des varices qui ont entraîné la

mort des femmes en gestation. La première indication à remplir consiste à

comprimer exactement le vaisseau lésé au-dessous du point où il s'est ouvert.

On traite ensuite la plaie par le repos absolu et des pansements convenables.

Les hémorrholdes se développent également sous l'influence de lacompres-

sien dos vaisseaux pelviens, et surtout vers la fin de la grossesse. l)e$4t^ fréquent de les voir s'enflammer consécutivement au travail, et alors eîteîcnl excessivement douloureuses. Les moyens qu'on emploie pour ceoû»ar^ cette afTection sont en général peu efOca^es : ils consistent en <ralaplas!Q^ laudanisés, en applications froides. 11 faut se garder de pratiquer des mouch^ tures sur les hémorrhoïdcs enflammées, c'est un moyen dangereui. b sangsues dans les environs de la tumeur sont peu efficaces. L'inflammatJMii et la douleur persistent raicmeut au delà de quelques jours aprfe l'accoDchôment. 11 faut donc se borner à employer des moyens peu actifs <lilleiHlre la guérison spontanée.

LEUCORRHÉE.

Il existe souvent pendant la grossesse, surtout dans les deniiers luuU. qj écoulement vaginal abondant. II est transparent, lactescent, jaune ou jauw verdàtre, et ne mérite pas qu'on y attache beaucoup d'importaHco. (^^ leucorrhée coïncide souvent avec des granulations de la muqueuse vai^iiiil', qui donne au doigt la sensation d'un semis de millet ; elles sont dui'C.s et \ry sées. Après Taccouchement, elles disparaissent spontanément sans laisser & ti^aces.

, On a invoqué, pour expUquer la leucorrhée des femmes enceinlt'i : Ir troubles de la circulation pelvienne, son activité plus grande, une ariioi sympathique émanant de l'utérus, un état inflammatoire, etc. Toule^ ce? Jiypothèses sont fort hasardées, et rien n'en démonti-e la réalité. Sous à^^^f^ nous borner à noter le phénomène sans prétendre Texphquer.

Le traitement en pareil cas consiste en des injections astringentes : nai- •' ne faut pas trop compter sur leur efficacité.

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