LÉSIONS DE LA UAMELLE
OALACTORIIHiE,
Lagalactorrhée est constituée par une sécrétion de lait trop abondante. Elle peut se produire chez les nourrices vigoureuses, sans que la femme en souffre et sans que le liquide soit altéré dans ses principes constituants. C'est une simple exagération d'un phénomène physiologique ; on voit alors le lait s'écouler spontanément ou s'échapper d'une mamelle pendant que l'enfant tette l'autre. Lorsque la galactorrhée survient sous l'influence d*une alimeutstion trop réparatrice chez une nourrice qui n'y est point habituée, on modifiée régime en diminuant la somme des aliments plastiques. Si le lait trop abondant n'est pas excrété, et si l'enfant n'est pas assez vigoureux pour vider la mamelle qui devient douloureuse, on a recours à la succion artificielle au moyen d'une pompe à sein.
L'hypersécrétion du lait peut déterminer des phénomènes pathologiques graves. Ce liquide devient séreux et s'écoule spontanément d*une iDanièfe continue. La femme se débilite, maigrit, n'a plus d'appétit et tombe bientôt dans un état de cachexie qui aboutit à la phthisie des nourrices.
La galactorrhée ne survient pas seulement chez les femmes qui allaitent, on l'observe, bien que plus rarement, chez les accouchées qui ne nourrissent pas, et même chez les femmes enceintes. J'en ai cité un cas assez curiem (page 96).
On a préconisé un grand nombre de médicaments contre la galactorrhée. Chez les nourrices, la cessation de l'allaitement est la première indication à remplir et souvent cela suffit. Dans les cas rebelles ou chez les femmes gui n'allaitent pas, on a employé les ferrugineux, les toniques, les purgatifs, les (louches et affusions froides ; mais parfois , tous ces moyens échouent et Ton se trouve presque désarmé par la persistance de l'hypersécrétion lacttV.
J'ai employé avec succès, dans ces conditions, l'agaric blanc à la dose duo gramme par jour en quatre prises. J'ai déjà exposé (p. 656) les raisons «npiriques qui m'ont conduit à essayer l'usage de ce médicament et la manière dont il doit être administré, je n'ajouterai rien à ce sujet.
«ERÇURCB DU MAMELON.
Les. gerçures du mamelon reconnaissent comme cause essentielle, et l'ofl pourrait presque dire exclusive, la succion de l'enfant, dont la bouche agif'
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chaqne instant à la manière d'une ventouse. Les autres causes qui ont été invoquées, telles que le défaut de propreté, le refroidissement des seins, l'existence d'aphtes dans la bouche du nouveau-né, etc., ne sont pas suffisamment justifiées.
Les primipares à peau fine y sont beaucoup plus exposées que les autres femmes, surtout lorsque la sécrétion lactée est peu abondante ou qu'un défaut de conformation du mamelon oblige Fenfant à des efforts de succion énergiques. Il est rare que les gerçures se manifestent après la deuxième semaine de l'allaitement, c'est surtout dans les premiers jours qu'on les observe, et parfois elles se reproduisent dans les allaitements successifs d'une môme fenune.
Le degré d'importance des lésions tiu mamelon est fort variable et les douleurs ressenties par la malade sont en raison de la gravité qu'elles présentent. Dans la forme légère, on constate une érosion, superficielle qui laisse le derme à nu ; elle peut être multiple ou isolée, la surface excoriée est rouge, grenue, saigne facilement et se recouvre de croûtes minces qui se détachent pendant la succion. L'érosion est douloureuse, la femme éprouve sur ce point, lorsque l'enfant tette, une sensation de brûlure de cuisson ; mais cependant les souffrances sont supportables. L'érosion peut s'étendre et donner lieu à une manifestation plus grave de la lésion, à la gerçure.
La gerçure est une. ulcération Iméaire, qui a pour siège les sillons interpapillaires ou la base du mamelon ; lorsqu'elle est profonde ou étendue, on lui donne le nom de crevasse. La peau est tuméfiée, enflammée aux environs de la petite plaie et d'une extrême sensibilité. La gerçure est le siège d'une légère suppuration et saigne sous l'influence de la succion ; de sorte que l'enfant absorbe avec le lait une certaine quantité de sang qu'il rejelte par les vomissements ou les garde-robes. Cet incident effraye vivement la famille, qui en méconnait la cause. Les gerçures de la base du mamelon sont les plus sérieuses ; elles ont parfois une profondeur telle, que le mamelon semble sur le point de se détacher.
Les souffrances ressenties par la femme sont atroces; elles se manifestent surtout au moment où l'enfant prend le sein et lorsqu'il reconunence à teter après un moment de repos, puis elles deviennent ensuite un peu moins aiguës. Les mères, que leur dévouement pour leur enfant exposent à de pareilles souffrances, subissent un ébranlement nerveux qui peut aller jusqu'aux convulsions ; leurs yeux se remplissent de larmes, elles se cramponnent à ce qui les entoure et redoutent le moment où elles doivent donner le sein. Parfois l'état général est atteint par la répétition, la violence des souffrances et la privation de sommeil.
La base des moyens prophylactiques destinés à prévenir les lésions du mamelon, consiste en préparations astringentes ; on espère modifier la sensibilité de la peau par une espèce de tannage. Je le répète, la cause essentielle des gerçures est mécanique, et les femmes qui sont prédisposées par une sensibilité de la peau, par une conformation défectueuse du mamelon ou par une sécrétion lactée insufBsante, ne se soustrairont pas, dans les premiei-s temps de l'allaitement, à l'action de la ventouse buccale de l'enfant. Plus tard» ces