FISSURES A L'ANUS
En 1855, dans un espace de temps fort court, je donnai des soiné à trois dames atteintes de fissures à l^anus. Une circonstance me frappa : elles étaient toutes les trois récemment accouchées, et le début de la lésion était consécutif à la délivrance. Depuis cette époque, j'eus l'occasion de faire la même remarque dans 14 cas, dont 11 appartiennent à ma pratique. Les accouchements, à l'exception de deux, n'avaient présenté aucune complication. Chez quelques-unes de ces malades, l'attention n'avait été éveillée que progressivement et les souffrances existaient depuis longtemps (7 mois dans un cas), lorsque je fus consulté. Il y avait là pour moi une relation incontestable de cause à effet entre l'accouchement et la fissure.
Je ne crois pas que la constipation, qui est la règle dans les derniers tempj; de la grossesse, soit la cause de la fissure ; car c'est seulement après l'accouchement que les douleurs se sont produites. Je serais plutôt disposé à considérer comme cause déterminante, les tiraillements que subit l'anus pendant la distension du périnée. Chez presqiie toutes, une constipation habituelle entretenait la maladie, qui a, comme on le sait, fort peu de tendances à giiérir spontanément.
Burnier a déjà appelé l'attention sur ce sujet, et Melchiory, l'an dernier, a publié sur ce point de la pathologie puerpérale, un travail dans lequel il constate que sur 16 fissures anales observées par lui chez la femme, 15 fois elles étaient consécutives à l'accouchement.
La répugnance que montrent les femmes à se laisser examiner, fait qu'elles souffrent pendant longtemps avant de consulter le médecin, et ce n'est que lorsque leur pudeur est vaincue par les douleurs, parfois atroces, qu'elles éprouvent à chaque défécation, qu'elles se décident enfin à réclamer des soins.
Le diagnostic de la fissure à l'anUs est très-facile, surtout lorsqu'il n'existe aucune complication d'hémorrhoïdes. La douleur violente qui accompagne la défécation est déjà un indice. Il suffit de déplisser avec soin les rides de l'anus, pour constater la fissure, située à quelques millimètres de l'orifice externe et logée au fond de l'un des replis du sphincter.
Jusqu'ici, le traitement le plus efficace de la fissure à l'anus, consiste à dilater largement le sphincter anal par l'introduction de deux doigts. Cette opération, dont on supprime la douleur au moyen du chloroforme, efTraye les malades, qui s'y soumettent avec beaucoup de répugnance. J'ai institue un traitement qui m'a constamment donné un bon résultat et que les malades acceptent plus volontiers.
11 consiste à introduire dans l'anus un petit tampon de ouate enroulé sur une allumette et trempé dans la teinture d'iode. Je le laisse en contact pendant quelques secondes avec la région malade, puis je le retire. La douleur causée par cette petite opération est moins vive que celle éprouvée par la malade pendant la défécation, et sa durée ne dépasse pas une heure, parfois elle s'éteint au bout de 15 à 20 minutes.
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La cautérisation est renouvelée tous les trois ou quatre jours, et il eslrnt qu*on soit oMigé de la pratiquer plus de cinq ou six fois. J*ai traité avec le même succès, par ce procédé, des fissures ne reconnaissant pas pour am Taccouchement et dont Tune remontait à deux ans.
Blfcllogi«phl«. — Bcnxicn, Fissure à Tanus, suite d'un accouch. prédpiiè. Éehêtéi. tinsse, 1857. — Vblcriom, De la fissure à l'anus et de son étiologie. Ann. m». Û aéi..