‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 45 sur 277 · AMNIOS · texte numérisé non relu

AMNIOS

Tel est le mécanisme de la production de l'amnios ; les observations de Baer, Coste et Giurty, ne laissent aucun doute à cet égard. Il faut donc rejeter la théorie d'Oken et de Pockels, rééditée par Serres, et qui consiste à admettre que la membrane amniotique est une vésicule particulière, indépendante du fœtus et dans laquelle celui-ci s'enfoncerait peu à peu. Il semble, d*aprè5 la description qu'il en donne, que Pockels ait pris la face ventrale pour le plan postérieur de ffflibryon.

Les diverses transformations que nous venons de décrire se produisent d'une manière a^ez rapide. On estime qu'elles Démettent pas plus de quatre ou cinq jours à s'accomplir dans V(aif humain.

La production du liquide dans la cavité de l'amnios repousse les parois de la vésicule vers la périphérie de l'œuf. Cependant „. „„ . n u a

. , . '^ Pig. 58. — 1. Premier chorion à peine apparent. —

le contact U est pas immédiat, et s. Feuinet externe du blastoderme. — ô. AUanloTde

durant i^ premiers mois l'am- f^*?* ^f^t ^«^ les viiiosités. - 4. vésicule ombi-

w, j, , , " licale. — 5. La résorption du ligament dorsal et la fu-

niOS se trouve séparé du chorion sion des capuchons inférieurs ont converti en une cavité

par on liauide au'on a nommA *^*°*® ^^ élémenU de ramnios. - 6. Tache embryony^ un ijquiae qu on a nomme ^gj^^ ^ pédicule de l'allantoîde.

naçma rétiaUé, eoiys vitriforme,

Qi. Robin a démontré en ces derniers temps que ce liquide est formé par les débris de de la vésicule allantotde; il est composé par des Qbres lamineoses très-minces entre-croisées en tous sens, libres ou fasciculées, entre lesquelles existe une substance demi-liquide parsemée de fines granulations. On y trouve également des fibres en voie d'évolution à l'état de corps fibro-plastiques. Dans les œufs très-jeunes, il existe en outre quelques cellules sphéroïdales renfermant des granulations graisseuses en nombre variable.

Le magma réticulé, sans cesse refoulé par l'expansion de l'amnios, diminue d'épaisseur et s'amincit de plus en plus, le liquide contenu dans ses mailles détient moins abondant, et les fibres de tissu laininéux, condensées, forment à la fin de la grossesse, entre l'amnios et le chorion, une couche assez consistante décrite par Bischoff sous le nom de membrana média.

Il va plus de 30 ans que Velpeau, qui niait Tallantoide de l'œuf humain, considérait le magma réticulé comme l'analogue de cet organe ; il en avait <ionc, sinon découvert, au ntoins pressenti la nature.

La membrane amniotique est lisse, transparente, et s'épaissit un peu en se développant. Elle est dépourvue de vaisseaux, de nerfs et de lymphatiques à tontes les époques de son existence ; elle offre une grande analogie avec les Creuses. Sa surface interne est recouverte, comme celle de ces membranes, ^l'un épithélinm pavimentcux.

184 OVOLOttlE ET EimilYOLOGIE.

Maigre la solidarité qu'une communauté d'origine semble devoir faire naître entre Tanmios et l'embryon, on voit parfois cette membrane continuer à se développer, lorsque le produit de la conception succombe sans être expulsé dans les premiers temps de son développement. Il n'est pas rare de voir des œufs avortés croître pendant plusieurs mois, et contenant un liquide amniotique non altéré, tandis que l'embryon présente seulement le dèyeloppement qui correspond à l'époque de sa mort, ou a même disparu plus oa moins complètement.

Liquide amniotique. — Il forme à son apparition*une couche mince autour du fœtus ; sa quantité augmente rapidement vers le deuxième mois, où sa membrane enveloppante le met en contact avec le chorion. Cette progression n'est pas continue jusqu'au terme de. la gestation, et si à trois mois le poids du liquide amniotique est beaucoup plus considérable que celui du fœtus, au neuvième mois il n'en est pas de même et la membrane n'en contient plus qu'environ cinq cents grammes à l'état normal. Cependant on constate sur ce sujet des diflerences très-notables, en plus ou en moins. En général lorsque le fœtus est très-volumineux le liquide est moins abondant, il l'est davantage au contraire lorsque l'enfant est chétif et d'un faible poids.* Sous l'influence de causes pathologiques on a vu parfois le liquide amniotique accumulé en quantité considérable qui dépassait dans un cas quinze kilogr. L'aspect de ce liquide varie aux diverses époques de la grossesse. Au début il est transparent, incolore et d'une densité inférieure à celle 4e l'eau. Plus tard il devient onctueux, et sa limpidité peut être altérée; parfois il est jaune, lactescent, verdâtre, troublé par du mécMiium, ou par des flocons albumineux. Les éléments qui altèrent sa limpidité proviennent surtout des sécrétions et des excrétions du fœtus.

Cette différence jlans l'aspect du liquide amniotique laisse pressentir que sa composition chimique doit être assez variable. L'analyse faite par Vauquelin donne comme résultat : Eau, 98,8, chlorhydarate de soude, phosphate de chaux et chaux, 1,2. Rees a repris cette analyse et a trouvé sur quatre femmes au septième mois de la grossesse des résultats qui ont un peu différé selon les sujets. Je donnerai seulement la première de ces analyses.

Pesanteur spécifique 1008,6 — liquide fortement alcalin.

Eau 985,4

Albumine» traces de matières grasses 5,9

Albominate de soude ] « m

Chlorure de sodium j *

Uatière animale extractive, soluble dans l'eau et dans l'alcool,

urée, chlorure de sodium 4,6

Traces de sulfote alcalin i,000

Vogt a analysé le liquide amniotique de deux fœtus, l'un âgé de trois mois et demi, l'autre de six mois. Le liquide du premier était parfaitement clair^ transparent, d'une saveur fade, un peu salée, sans réaction alcaline ou acide, sa pesanteur spécifique était de 1,0182. Le liquide du fœtus plus âgé était jaunâtre , un peu trouble, même après la filtration ; sa pesanteur était de 1 ,0092 .

AUffm. 185

ParrébollHioa le premier se coagulait en gros flocons; le second semblait une liqueur niudlagineuse émulsionnée.

âBALTSX. PtkTUS DR 3 MOIS 1/2. • FXTVS OS 6 MOIS.

Un 979,45 990,30

Extnit tleodliqae composé d'une substance ani-

mkiiidétanmiiéeetdelactatedesoude.. . • 3,69 0,33

Chkinire de soude 5,95 2,t0

iJ])aiiiiiie iO,77 6,67

Salteet phosphate de chaux, perte 0,14 0,30

ttaits une analyse J. Regnault n'a trouvé que 0,012 de matières solides chez une femme à terme. Enfin, Stas, dans l'amnios de la vache, a constaté la présence de tous les sels qu'on rencontre dans son urine; de plus, de la fibrine, de Talbumine, de. la caséine et une quantité notable de glycose. Le liquide était saturé d'acide carbonique.

il est probable que la constitution chimique de ce liquide est influencée par Tètat général de la mère et du fœtus.

La persistance du développement de l'amnios après la mort du foetus prouve que le fluide qui le distend est eihalé par la membrane elleHuème et a«n pas comme on l'a dit par rembl*yon. Sa sécrétion se produit sous la même influence qui régit les sécrétions des séreuses. L'odeur du liquide ammotiqoe est analogue à celle du sperme, sa saveur est légèrement salée. Quand on l'agite, ce fluide mousse comme une légère solution de gomme.

On a attribué au liquide amniotique des usages assez variés; si Ton ptut en admettre quelques uns, il en est qui sont au moins douteux. SoD rôle le plus importiuit semble consister à isoler le fœtus. Dans les premiers temps, il repousse les feuillets interne et externe du blastoderme au milieu duquel il se trouve situé ; plus tard, en refoulant la membrane amniotique vers la périphérie de l'œuf, il forme un milieu liquide dans lequel le fœtus peut se mouvoir à l'abri des chocs extérieurs et des contractions utérines, li serait même difficile de comprendre que l'embryon pût se développer daos les premiers temps où il n'a aucune consistance, autrement que dans un milieu liquide qui le place à l'abri des compressions directes. La circulalion placentaire se trouve ainsi protégée contre les pressions immédiates qui pourraient en interrompre le cours.

Morlanne, cité par Gardien, a émis l'opinion assez vraisemblable que l'isolement par un liquide a pour but non-seulement d'empêcher l'adhérence du fœtus aux membranes, mais encore celle des diverses parties du fœtus entre elles. Cependant il est probable que ces adhérences ne pourraient point s'établir, comme il le croit, à une période avancée de la gestation , mais seulement à l'époque où le tégument externe n'est pas encore complètement organisé. Le fait qu'il signale d'un fœtus jumeau de cinq mois et demi dont les membres supérieurs et inférieurs étaient soudés au tronc par des adhérences, reconnaissait certainement d'autres causes que la rupture des membranes qui avait eu lieu six semaines avant la naissance. Dans ma thèse d'agrégation: De ladystocie appartenant au fœtus j j'ai cité neuf observations

186 OVOLOGIE ET EBIBRYOLOGIE.

d'adhérence du fœtus aux éléments de l'œuf, et dans aucun cas l'adhérence ne pouvait être attribuée à une rupture prématurée des membranes, ou à l'absence du liquide amniotique.

En protégeant le fœlus, l'accumulation de ce fluide favorise l'expansion régulière de l'utérus et lui permet de prendre la forme ovoïde. 11 ne faut point admettre, comme on l'a fait, que cette distension par le liquide est la cause mécanique du développement de l'organe ; à mesure que des éléments anatomiques de nouvelle formation permettent au tissu utérin 'de s'étendre, la sécrétion remplit l'œuf. A l'état normal, l'accumulation du liquide est la conséquence et non la cause de l'ampliation de l'organe; il existe un juste équilibre qui subordonne la sécrétion à la capacité.

On a considéré le liquide amniotique comme un élément de nutrition du fœtus ; en traitant de ces fonctions, je dirai les motifs qui doivent faire rejeter cette opinion. Pendant le travail, les eaux de l'amnios jouent un certain rôle; ens'engageantsous forme de poche, elles favorisent la dilatation du col utérin, leur écoulement, lorsque le col est dilaté, imprime une impulsion nouvelle auil contractions ; elles lubrifient les parois que le fœtus doit parcourir, et l'intro- ^ duction de la main ou des instruments en devient plus facile. '

Anatomie. eompttré«. — L'amnios des mammifères domestiques présente quelques particularités intéressantes. Cette membrane entoure lâchement le fœtus sans se prolonger dans les cornes du chorion des femelles unipares. L'anmios, formé d'un seul feuillet dans l'espèce humaine, peut être facilement séparé chez la vache en deux lames distinctes. L'interne est épaisse, non va:r culaire ; l'externe, plus mince, est parcourue par des ramifications vasculaires. Chez les ruminants on observe à la face interne de celte membrane des plaques nombreuses, surtout aux environs et sur la gaine du cordon. Elles sont saillantes, de formes diverses, souvent renflées sur leurs bords, transparentes au début de la vie embryonnaire ; plus tard elles sont d'un blanc jaunâtre. Elles grandissent jusqu'au quatrième mois chez les veaux, atteignent à cette époque leur summum de développement et acquièrent une épaisseur de trois à quatre millimètres; puis à partir de ce moment elles s'atrophient, dé^'ènèrent et tombent parfois dans le liquide où elles flottent. A la naissance il ! n'en existe plus. C'est au moment où le foie commence à fonctionner qu'elles disparaissent. Cl. Bernard a démontré que ces plaques signalées par les vétérinaires qui n'en avaient pas soupçonné la nature jouent un rôle considérable dans le développement de la vie embryonnaire. EHes sont constituées par des cellules glandulaires et produisent la matière glycogénique jusqu'ao moment où le foie complètement organisé les remplacera dans cette fonction. Cette disposition remarquable ne s'observe que dans l'amnios des ruminants dont les placentas sont multiples. Chez les atitres mammifères nous prouve rons les cellules glycogènes entre le placenta fœtal et celui de la mère.

Les rapports de l'amnios ne sont pas tout à fait les mêmes chez l'hommo que chez les animaux mammifères. Il existe chez ces derniers deux organes qui sont moins transitoires: la vésicule ombilicale et rallantoîde.L'alIantoïde,qtii persiste sous forme de vésicule située entre l'amnios et le chorion, adhère à ces deux membranes au moyen du tissu lamineux, et occupe la place du magma ré-

cHomort. 187

ticulè de rœof humain. La théorie de la formation de Tamnios que nous avons exposée reçoit une nouvelle confirmation de Texamen de l'œuf des animaux. Tant que le fœtus est encore jeune, il n'existe pas de limite entre l'amnios et Tenveloppe cutanée, et on est d'autant mieux disposé à considérer cette membrane coHune uu prolongement de la peau, que la lame vasculaire représente la derme et la lame interne, qui ne possède pas de vaisseaux, l'épiderme.

CHOBI0N

Le chorion est à terme la membrane moyenne de l'œuf; il est en rapport en dedans avec l'anmios et en dehors avec la caduque sur toute la périphérie des enveloppes, excepté au niveau du placenta.

Le chorion ne reste pas étranger aux transformations que subissent les antres parties de l'œuf. Il présente dans son évolution cette disposition remarquable : que l'élément primaire disparait pour être remplacé par substitution par des éléments de nouvelle formation. Cependant il ne faut pas voir là, comme on l'a dit, une résorption ; il est probable que la membrane primaire disparait parce que son tissu cesse de recevoir des matériaux d'ac- <7Qisement, en même temps qu'il subit une distension progressive et considérable. Le premier chorion est constitué par la membrane vitelline, enveloppe primitive de l'œuf. Sous cette forme il traverse les périodes de maturatioD dans l'ovaire, de déhiscence, s'engage dans la trompe, entouré d'abord par le disque proligère, puis par la couche albumineuse. Arrivé dans la matrice, il présente un aspect complètement lisse; mais presque aussitôt il se hémse d'appendices villiformes qui servent à le fixer dans l'organe gestateur <ft probablement à absorber les éléments de nutrition nécessaires à l'oeuf. Vers le douzième jom- après la fécondation il ressemble, selon Yelpeau, à une hydatide velue. Ici conmience ane nouvelle phase de son évolution.

Nous avons vu que le feuillet externe ou séreux du blastoderme végétait autour de la tache embryonnaire j de manière à former au nouvel être une membrane enveloppante complète:

Tamnios, qui se détache par gemmation du feuillet qui lui a donné ^»|- ^' - ^' ^''*''"'^î ^^^ll"''".* ^^^^ l'^'^în^V -7

^ . 2. Feuillet externe du blastoderme. — 3. Allanioide

naissance: de sorte qu'après ayant pénétré dans les villosilés. — 4. Vi sicule ombi-

cette sênaratinn la nnHinn Hii '**^*^- " *• ^* résorption du ligament dorsal et ki fut«lie separaiion, Ja portion au sio„ des capuchons inférieurs ont converU en une cavité

feuillet séreux qui est resté étran- close les élémenU de ramnios. — 6. Tache embryou- /.«« A I j» .• j I» • naire. — 7, Pédicule de l'allantoïdc.

ger à la formation de 1 amnios

conserve la même étendue et ses rapports de contact avec la face interne

mOLOGlEC ET EMEtHYOLOGIE.

de la membrane viteltinti. Aussitôl quo cette séparation est accomplie,! lïiûmbrane vitelline diminue d'épaisseur : c'est le premier signe de sa dia pariljon graduelle- mais, avaul tju'ûlïe nti disparaisse, des villosités creuse se niQulrent à la suracd du reuillet ijéreux, devenu le chorion. Elles son formées comme le reste de cette membrane par des cellules polyédriquq à angles nets, possédant toutes un noyau et un petit nucléole centra] Vers la sixième semaine ces celluLes se soudent, ne sont plus distinctes les une des autres, et leur tissu présente, ainsi que le reste du chorion, l'aspec d une substance conlinue, amorphe, résistante, grisâtre, un peu striée oi fîbrojde par plate» granuleuse et parsemée de noyaux.

Les villosités sont cylindriques sur un œuf de 8 mÛlim., et Robin a coq slaté qu elles ont i mitlim. ù i millim. 1/2 de longueur. Elles sont divisée en 2, 5 ou 4 branches à somment arrondi ou conique ; les plus courtes son simples ou biturquées, leur terminai sou est beaucoup plus large que àm le placenta complètement développé; sur leurs subdivisions on voit pai places des petits bourgeons, pédicules ou non, mais qui ne présentent poii^ de cavité. Les villosités à celte époque sont séparées par un espace de ui qu art à un d emi mi 1 1 imè Ire . i

Au moment où le nouveau chorion se substitue à la membrane vitelline^ c'est-à-dire vers le douzièuie jour après la fécondation, ses villosités soni absolument dépourvues de vaisseaux ; elles forment des espèces de petite

tubes fermés à leur eitréœitj libre, ouverts à la face interne de la membrane et qui pénèn trent dans la muqueuse uté* rine pour y puiser des élè meiits dénutrition. Hais bientôt rallantôîde apparaît, charge des vaisseaux qui émanent da l'embryon; il s'applique à (^ la face interne du chorion, e^ non «tir un point limité. Aussi' tôt que le contact a lieu, ie^ villosités choriales, à quelques rares exceptions près, reçoivent chacune une artère et unei veine qui se subdivisent dm toutes les divisions de la villosite, excepté dans ces petite appendices pleins que nous avons signalés tout à Theure- L*œuf est donc au début de cette modification ment entouré d*un ap vasculaire.

Les vaisseaux qui pénètrent le chorion ne se distribuent ni à sa substance,

Fi g. hO. — PflttTiox UE vtLLo^iTi. — | et î. Vaisseaux de la villosité i' anastomosant An Tond iJu cul-dË^ac— 5. Tissa cborial qui forme In paroi vïlîeuse — A* Tifsu lamineux qui iiale It* vaiuieagw «ntrê eux et de la paroi vilLeuse.

CBORION. i89

ni à celle des YÎllosHés ; ces parties se développent en vertu de leur vitalité propre, et au moyen des matériaux plastiques qu'elles reçoivent de la matrice. Les vaisseaux sont isolés par une mince couche de la trame de l'allontoîde (magma r^ttcul^'), formant une enveloppe mince à leurs plus fmes di^iaons. Il résulte de cette disposition que Tartériole et la veinule qui sont dans leurs ramifications juxtaposées comme les canons d'un fusil double, en reçoivent une gaine qui les sépare entre eux sous forme de cloison et les isole de la paroi villeuse. Les deux vaisseaux se recourbent TunTers l'autre au fond imperforé de la villosité, et s'unissent en formant Doe anse composée de plusieurs arcades qui entrent en connexion par (ks branches de communication, mais sans jamais s'anastomoser avec les éléments Tasculaires des villosités voisines, de sorte que chaque appendice a une circulation propre.

Coste considère le développement de l'allantoide comme l'apparition d'un nouveau chorion qui se substituerait à celui fourni par le blastoderme, ainsi que celui-ci Ta fait pour la membrane vitelline.

L'apparition successive de ces trois enveloppes n'a point le résultat que Goste a cru entrevoir. La membrane, vitelline a disparu, il est vrai, peu de jours après l'apparition des villosités qui naissent du feuillet externe du biastodenne; niais le chorion blastodermique ne parait nullement subir la même résorption; l'allantoîde qui le double ne prend jamais l'aspect d'une véritable membrane, et les éléments qu'il présente même à terme sont trèsiilfeents de ceux du véritable chorion. La membrane vitelline a une texture amorphe; le chorion blastodermique jusqu'à la sixième semaine est constitué par des cellules polyédriques, puis devient amorphe en conservaol quelques petites places fibroîdes ; l'allantoide a une texture lamineuse contenant beaucoup de corps ftbro-plastiques étoiles ou fusiformes. (]omme on le voit, la différence des éléments des trois membranes permet de constater leur substitution ou leur disparition. On ne peut donc admettre la ^^e de Coste, ni celle des auteurs qui pensent que les trois membranes se soudent entre elles pour former un unique chorion.

L'état du chorion que nous venons de décrire n'est que transitoire. L'œuf retrouve, par une partie de sa circonférence, en contact direct avec la paroi Qtérine ; dans Tautre partie il est recouvert par la caduque réfléchie. Cette difTérence dans le milieu qui l'entoure va dessiner la limite d'une nouvelle transformation. Les villosités qui sont en rapport direct avec la paroi utérine ^ont croître et augmenter de volume et se ramifier de plus en plus* pour constituer le placenta frondasum. Les villosités en rapport avec la caduque réflé- <^e cesseront de croître et de fonctionner, elles subiront l'oblitération de leur cavité, et leurs vaisseaux disparaîtront par un mécanisme dont l'étude «t due à Ch. Robin.

Nous avons vu le tissu allantoidien pénétrer dans les villosités choriales, ^n accompagnant les vaisseaux sous forme de gaine ; lorsque l'oblitération ^mmence, ce tissu lamineux s'introduit en quelque sorte en masse dans la ^ité, sans en altérer la conformalibn extérieure ; il pénètre jusqu'à leurs '^foiéres ramifications, et les capillaires qu'il contient disparaissent peu à peu

OVOLOGIE ET EMBRYOLOGIE.

sans laisser de traces. L'oblitération est complète dès la cinquième semaine. Cette disparition précoce des vaisseaux villeux périphériques a fait méconnaître à Bischûff la distribution primitive de rallantoïdé et lui a fait croire que son contact avec le chorion avait lieu seulement sur le point restreint de sa circonférence où nait le placenta. Les villosités oblitérées peuvent se retrouver encore à la fin de la grossesse, sous forme de courts filaments qui unissent le chorion à la caduque. Seulement ils paraissent beaucoup moins nombreoi, car ils ont cessé de se multiplier, tandis que Tœuf a augmenté considérable ment de volume.

J'ai indiqué en commençant les rapports du chorion avec les parties toIsines au terme de la gestation. Hais ils sont différents au début de la grossesse. La membrane choriale est en àhoi's, primitivement en rapport avec la membrane vitelline, peu à peu avec la muqueuse utéro-placen taire, sur le point où l'œuf touche directement la paroi utérine ; sur le reste de son étendue, avec la caduque réfléchie. En dedans, le*chorion est primitivement en rapport avec Tallantoide et la vésicule ombilicale; puis, à partir du deuxième mois, avec l'amnios, dont il n'est plus séparé que par la mince couche du magma réticulé.

Dans mon mémoire ayant pour titre :

Recherches anatomiques sur la membrane lamineuse^ j'ai démontré que le chorion, au niveau du placenta à terme, a subi de profondes modifications.

La membrane mince, transparente, dans l'épaisseur de laquelle rampent !

les grosses, divisions des vaisseaux du < cordon, et qui se trouve située à la face fœtale du placenta, en dehors de l'amnîos, a été unanimement prise pour le chorion par les auteurs qui ont domiê les rapports de cette membrane au niveau du plac<enta. C'est une erreur. Cette membrane, que j'ai nommée ^■ mineuse, est constituée par le tnagfn^ réticulé^ condensé à la face fœtale au placenta. Le magma n'est lui-même qu'un débris de l'allantoïde, de sorte qu^^^ membrane lamineuse procède du tissu allantoldien. Nous reviendrons sur ce point d'anatomie en étudiant le p)^ centa. Je veux simplement ici exposer l'état du chorion.

Tig. 61.— Phymosomik des vellositjs ao niooT

DBia CIRCOLATIOX ALLANTOIdIBMIB.— 1. TrORCS

allantuldiens artériels. — 1*. Troncs allantoïdiens veineux. — i. Villosités animées par les capillaires. — 3. Muqueuse utérine pénétrant, à celte époque, entre les villosités jusqu'au chorion. — A. Chorion tormanl une membrane continue interrompue par roriflce de la villosité en constituant une cloison qui sépare en deux plans la circulation des troncs et des capillaires. — 5. Cavité de l'œuf.

CHORIOK.

Lorsque la vésicule allantoîde vient se mettre en contact avec la tûce interne du chorion, cette face est lisse, unie, continue, criblée de trous représentantles orifices des canaux villeux.A ternie, cette disposition a cessé depuis longtemps d'exister. Les troncs et les capillaires ne forment plus deux plans réguliers et distincts séparés par le chorion (fig. 61). On constate que les troncs Tasculaires volumineux ont pénétré au milieu des villosités sur une profondeur (pi peut être de 2 et même 3 centimètre^. Leurs subdivisions ne se font plus régulièrement de la superficie vers le centre de la masse. On voit de toutes parts des vaisseaux d'un faible calibre ramper au-dessus de troncs beiocoup plus développés, et tous sont plongés dans le lacis des villosités. La ittse d'implantation de ces dernières a cessé d'avoir lieu, comme au début, sur un plan uniforme répondant à la surface placentaire ; elles s'insèrent Qoiquement sur la terminaison des vaisseaux, à toutes les profondeurs et

^:: «îJ — i. Cordon ombilical. — 2. Membrane lamineuse laissant voir roriflce des vaisseaux voupvs qn rampent entre tes deux reuillets. — 3. Feuillet superflcieU — A. Feuillet profond. ^ V Gros tronc terminé par un bouquet. — 6. Bouquets formés par des troncs secondaires.— ■•qoeose utéro-placentaire et sinus utérins.

^^ toutes les directions possibles. Pas une seule ne s'implante sur la tnembrane lamineuse ni sur le trajet des vaisseaux, mais seulement sur le- 'itréroités des ramuscules vasculaires qui terminent les bouquets dont nous parierons en décrivant le placenta. Si on isole par macération la masse des ^lo^lês de renchevètrement qui les unit entre elles, on peut comparer le pl^n^nta à un arbre dont les petits rameaux sont insérés dans toutes les di- ^<lions relativement au tronc. Cette disposition a une importance que je ^^rai ressortir en examinant les connexions des villosités avec les sinus utérins Il me suffit pour l'instant de noter que les touffes villeuses n'ont point JXHirbase d'implantation la membrane lamineuse que l'on prend pour le cho- ^jn, et que leur direction est loin d'être toujours perpendiculaire à sa surface, l^ns ce renversement de rapports des éléments primitifs, le chorion a natuiellement été enti'ainé par le déplacement des vaisseaux; so surface, d'à-

i92 OVOLOGIE ET EMRBTOLOGIE.

bord lisse, s'est creusée d'anfractuositées, de gouttières. Le placenta, en augmentant progressivement d'étendue, a produit un écartement de plus en plus notable entre les troncs vasculaires primitivement contigus, etles \id^s déterminés par cet écartement ont été comblés par de nouvelles ramifications. Les villosités qui sont venues se loger entre les divisions si compliquées des vaisseaux ont encore augmenté le déplacement. Enfin le chorioh a complétc-

MENT DISPARO A l/ÉTAT DE MEMBRAHE CONTINUE DE LA SURFACE DU PLACENTA A TERXE,

et c'est seulement sur les villosités qu'on rencontre la substance choriale qui constitue leur paroi.

Ch. Robin, à qui j'ai communiqué mes rechercbes sur ce point de ïa question, en a accepté les conclusions. Cependant il croit qu'on doit retrouver des vestiges du cborion sur les divisions vasculaires qui pénétrent dans le placenta. Théoriquement cela semble naturel, et on peut concevoir que les vaisseaux en déprimant le cborion s'en entourent comme d'un doigt de gant. ïen ai inutilement cherché les vestiges sans en rencontrer aucune trace.

Je ne voudrais pas donner à cette négation un caractère trop absolu, je , parle seulement ici des vaisseaux d'un certain calibre. Sur de très-fins ayant parfois une longueur de plus d'un centimètre, et qui s'épuisent dans une villosité sans donner de branches collatérales autres que des capillaires, on voit sur leur trajet des franges villeuses certainement reliées entre elles à leur base par le tissu chorial qui forme leur gaîne, mais cette gaine m'a complètement échappé sur le trajet des troncs. Du reste c'est un point tout à fait secondaire dans la question qui nous occupe. Ce résultat négatif s'explique par le peu d'étendue du cborion relativement à Tinmiense développement des vaisseaux qu'il devrait envelopper.

Cependant j* ai trouvé quelque chose sur les vaisseaux ; c'est le feuillet profond de la membrane lamineuse qui forme une enveloppe adhérente à leurs tuniques, et qui les accompagne dans leurs subdivisions.

Je ne suis pas en mesure de déterminer exactement l'époque où disparait le cborion, conmie membrane continue, de la surface placentaire. Urne faudra pour cela étudier une série de placentas aux différents âges, et leur réunion i demande beaucoup de temps. Il est cependant probable que le phénomène : se produit progressivement, et qu'il est complet vers le sixième ou septième ! mois, alors que la circulation a atteint un développement très-considérable.

Les usages du cborion sont : dans les premiers temps d'absorber au moyen de ses villosités les éléments de nutrition nécessaires à l'œuf; plus tard de former aux vaisseaux allantoldiens une gaine qui empêche le contact direct du sang de la mère et du fœtus. Enfin il concourt à renforcer les enveloppes de l'œuf. Serres a voulu voir dans les villosités en rapport avec la caduque réfléchie de véritables branchies pénicillées qui, plongeant dans l'hydropérione à travers la caduque, seraient destinées à la respiration de l'embryon avant le développement du placenta. Lorsque nous étudierons les fonctions du fœtu$, on verra que cette hypothèse n'est point acceptable.

Anatonle comparée. — Lechorion chez les mammifères forme un vaste sac entourant complètement l'œuf. Chez les ruminants, il prend la ferme de l'utérus et présente un corps et deux cornes. Sa surface externe en rapport avec

h plas grande partie de la muqueuse utérine ne contracte pas d'autre union que celle qui résulte du contact de deux membranes humides, excepté sur les pointe occupés par les placentas qui forment les adhérences de Tœuf avec rutéms. Les villosilés groupées par masses s'enfoncent dans la dépression du cût|ièdon qui constitué le placenta maternel. Chez la brebis la portion qui supporte les placentas est enfoncée dans la cupule que forme le cotylédon dont les bords se sont resserrés de manière à le pédiculer.

La ftce interne est en rapport avec l'amnios et Tallantoîde qui la tapisse seok dans les prolongements qui forment les cornes. L'adhérence entre les membranes a lieu au moyen d'un tissu cellulaire lamineux. Cette face soutenu en outre les ramifications vasculaires qui traversent le chorion pour former les placentas multiples, qui sont disséminés à la face externe de cette membrane.

Chez la truie le chorion n'a pas de cornes comme chez les mammifères ; c'est un sac allongé dont les extrémités dépassent celles du foetus et sont en simple contact avec l'enveloppe des œufs voisins. La face externe supporte des groupes de papilles plus nombreuses et plus petites qui ne correspondent point à des cotylédons, mais à des papilles de la muqueuse utérine.

Chez les soLipèdeSy le chorion ressemble beaucoup à celui des ruminants, si ce n'est que ses cornes sont moins longues et plus larges. Sa face externe fêt entièrement recouverte de villosités très-courtes qui remplacent les placentas multiples des ruminants. L'adhérence que les villosités contractent avec U moqueuse utérine est tellement faible, qu'elle se détruit presque au début do travail. Il existe entre la muqueuse utérine et le chorion une petite quantifé d'un liquide brunâtre. Sa face interne n'est point en rapport avec l'amnios, mais avec l'allantoîde qui fixe les vaisseaux placentaire^ d'une manière plus exacte que dans les espèces précédentes,

CKez les chiennes^ le chorion forme un sac ellipsoïde* dépourvu de cornes, analogue â celui de la truie. Sa face externe, en rapport avec la muqueuse utérine et le chorion des autres fœtus, porte à sa partie moyenne une ceinture épaisse de villosités. Ces villosités s'implantent dans la muqueuse utérine qui présente sur ce point un aspect fongueux. Sa face externe est en rapport avec Tailantoîde avec lequel elle adhère moins intimement que chez les solipêdes,

La membrane choriale, chez les mammifères, est comme celle de l'œuf humain dépourvue de vaisseaux propres.

liA CADUQUE

La eaduque est la membrane la plus extérieure de l'œuf. Elle est fournie par rotérus. Les anciens pensaient que le fœtus n'avait que deux enveloppe», le chorion et l'amnios. Quelques-uns cependant (Ârétée, Fabrice d'Acquapendenle, Harvey, Albinus) indiquèrent vaguement l'existence d'une troisième tnembrane, mais la première description de la caduque appartient à \Y. Hunier (1774), qui reconnut exactement ses rapports et le divisa en decidua ute-

ionjy âCc. t3

i94 0Y0IX)G1E ET EMBItTOLOGIE.

rina et decidua reflexa. Hunter alla plus loin encore, ear il formula tout d'abord la théorie qu'on accepte aujourd'hui sur la nature delà caduque en la considérant comme une exfohation de la face externe de l'utérus. Mais la difficulté d'expliquer le mécanisme de la formation de son feuillet refléchi lui fit mutiler cette belle découverte et bientôt il ne vit plus dans cette enveloppe qu'une pseudo-membrane développée sous l'influence de la fécondation. Sabatier(1775), dans son Anatomie, et Deleurye*(1777), signalent l'exfolation de la muqueuse utérine et cependant n'accordent au fœtus que les deux enveloppes des anciens : le chorion et Tamnios. Depuis Hunter jusqu'à nos jours, tous les auteurs acceptèrent la caduque comme un produit d'exsudation et à défaut de documents nouveaux se contentèrent d'ajouter un nouveau nom à la nomenclature de cette membrane qui ne compte pas moins de vingt et une dénominations. Ils supposèrent qu'après un. coït fécondant et pendant que l'œufparcourait la trompe, la muqueuse utérine, sous l'influence stimulante de l'imprégnation, sécrétait à sa surface une lymphe coagulable, qui, se condensant en pseudo-membrane, tapissait toute la cavité de l'organe, bouchait l'orifice de l'utérus et des trompes, et empêchait l'œuf d'être expulsé au dehors. De cette manière l'œuf situé derrière la caduque refoulait vers la cavité la portion de la membrane en rapport avec lui, et cette portion, immédiatement appliquée sur l'œuf, formait le feuillet réfléchi, tandis que le reste constituait la caduque utérine. Cependant Oken (4827) constata h véritable nature de la caduque, mais il ne fit guère que rééditer la première idée de Hunter ; la difficulté relative à la formation du feuillet réfléchi subsistai! tout entière , il voulut l'expliquer par la coagulation sur ce point d'une humeur plastique unie à un peu de sang menstruel. Tout en se rapprochant un peu plus d6 la vérité, il commettait encore une erreur, et sa théorie ne fui point adoptée

Lesauvage (de Caen), acceptant la caduque comme un produit de sécrétion, publia en 1853 un premier fait qui portait une sérieuse atteinte à l'ancienne doctrine admise parBreschet, Velpeau, Moreau, etc., sur la formation du feuillet réfléchi. Il prouvait que l'orifice utérin de la trompe communiquait librement avec la cavité utérine et que l'œuf en quittant l'oviducte était situé non derrière, mais dans l'intérieur de la caduque; c'était tout remettre en question.

Coste en 1842 constata également les véritables situations de l'œuf dans la caduque, mais de plus il démontra anatomiquement .que cette membrane n'était autre chose que la muqueuse utérine exfoliée. Cependant il ne s'exphquait pas sur la formation du feuillet réfléchi, c*cst-à^dire sur le point le plus obscur de ce problème, sur la difficulté qui avait causé Terreur des savants qui l'ont précédé. En 1847, il combla cette lacune et formula la théorie maintenant généralement acceptée. Lesauvage revendiqua énergiquemeut et à plusieurs reprises la priorité de cette découverte, mais, à part la notation de la situation de l'œuf, elle appartient tout entière à Coste, et nul ne peut lui en disputer le mérite.

En Angleterre, Tyler Smith, dans son Manuel d*obstétriquey accepte la doc trine française sur la formation de la caduque. Mais Ramsbotham, dans sa Mé*

LA CABOQUE.

decine achkurgie obstétricale, s*en tient encore à la théorie de Hunter, et considère eeUe membrane comme un produit d'exsudation

Rapport de Tceuf avec la caduque. — Formation du feuUlet réfléchi. Pen-

Fif. 63. — PsEMliRE PHASE DE LA rORBATIO!! DO FCCILLET RirLiCHI DE U CABCQVB 001 BOORCEOHRE A LA BASE

iC L'cirr.

Fig. ^. — FORMATIOX PLCà AVAX- C^B DU PBOILLBT HiFhicm ; LA MUQUEUSE CTtfniXE ENVELOPPE L'aur PLUS C01IPLÉTEXE?(T.

<iant la période menstruelle, la muqueuse utérine subit une hypertrophie passagère; eUe semble trop à Tétroit dans la cavité de l'organe, sa surface inleme se creuse de sillons, et les saillies qu'ils limitent forment des espèces de circouTolutions.Cette turgescence disparait habituellement avec les règles ; mais lorsque l'œuf est fécondé elle persiste avec une énergie croissante, et la muqueuse plus <jpaisse et plus vasculaire encore oblitère conipiétement la cavité utérine. Aussitôt que l'œuf a franchi rorifice interne de la trompe demeurée perméable, il mesure environ un demi millimètre de diamètre et n'a encore contracté meune adhérence avec le nouveau milieu où il se trouve. La muqueuse, partout en contact avec elle-même, constitue un obstacle qui oblige l'ovule à se fixer dans un de ses plis, ordinairement sur un point très-voisin du pertuis qui lui a livré passage. Bientôt les •appendices villeux apparaissent sur toute la circonférence delà membrane vitelline ; l'œuf, qui s'est accru rapidement, mesure alors deux <)u trois millimétres.'La muqueusedevientsurce point limité le siège d'un travail spécial; elle forme à la base de l'œuf un bourrelet circulaire qui s'élève de plus en plus de manière à l'enfouir complètement en convergeant au-dessus de "^a partie proéminente. Coste compare ce bourrelet aux bourgeons cliarnus

Fig. 6o. — Feuillet nÉFLÉciii EMTiÈnK- MKXT FERîii. — 1. Muqneuse uUtoplacentaire. — 2. Feuillet réfléchi de la caduque. — 3. Œuf. — l. Ombilic.

OTOLOGIB ET FJmïïVOLOGIE.

qui s*é!èvent autour dun |>oia de cautère, pour rensevelir dans leui inlérieur. Le petit volume de J*œuf fait qu'il disparaît bientôt sous celt^ nouvelle enveloppe; cependant on voit persister pendant quelque temp^ sur sa portion la jikis saillante une petite dépression, ombiliCj vers lai quelle les vaisseaux vieunenl s'êleindrc, (let ombilic indique le point ou les éléments dont nous venons d'exposer révolution se sont réunis. L* ombilic est encore apparent vers le vingtième ou vingt-cinquième jour après U récondatiou*

Tel est d'après Coste le mécanisme de la formation du feuillet réfléchi de lai caduque.

Si maintenant nous examinons les rapports de Tœuf avec les parties qui

r entourent, un mois api^ la conc€;ption, nous constaterons : 1" qu'il est encontact immédiat avec la paroi utérine par un point de sa circonférence trèslimité, en raison de son petit volume ; mais ce coiv fact s'étendra à mesure qu'il prendra un déveloj>^ pement plus considérable!

C/est sur ce point que s'ali tachera le placenta. U portion delà muqueuse qu sépare Tœuf du tissu ult»rin est la caduque sérotine, membrane intermédiaire pu utér(hépichoriale, etc., des^auteurs. Pour des raisons que nous exposeron plus loin, nous lui cou- ' " * samniniique.— servorous le uom de mn-

utérO'placenta ire

cjittCQîîï tFiWï.t tftûi*iK^i: MOI*. — l- McjrlhîniKî

S. Cad uHiie ï r lîêt liîc. — 3 ► CaJvi qu t r n r i (■ Id l p , — *. M n q ii c u se fj..pA,oa

tiiero-plàteiiUlre, — 5. l'iacenla, — lï. Ttinique musculaire ^i

doiuiéiu*. qu'elle a également reçu.

2® Tœuf est en contact immédiat par le reste de sa circonférence avec la caduque réfléchie, quij Kisole de la cavité utérine. Cette membrane a été également désignée souSj h- nom û'épichorialf, épkhorion ; 5^* enfin, lœuf est en rapport médiat avec h caduque nlMue qui tapisse les parois de l'organe; mais à mesure qud; augmente de volume, il repousse la caduque réfléchie vers cette dermère, membrane et bientôt les Jenx feuiilels sont en contact et s'unissent entre eux.

Sous rinllnence des phénomènes de développement dont l'œuf est le siège,; la muqueuse utérine subit donc des modifications importantes, non seule-, meiU dans sa forme, mais encore dans ses éléments constituants. Qiacun dos çoints ^\v>. nous avons signalés comme tles régions distinctes subit uue

transforroation en rapport avec le rôle qu'elle est appelée à jouer comme organe de protection ou de nutrition du fœtus.

Si la découYerte de la caduque appartient à Coste, le mérite d'en avoir bien fait connaître les éléments et les modifications qu'ils subissent revient surtout àCh. RoIbd, qui dans une suite de travaux a bien élucidé cette partie de la question. Nous lui ferons sur ce point de nombreux emprunts. Avant d'étudier les transformations particulières de chaque région, nous signalerons les nwdifiotions qui portent sur la muqueuse utérine tout entière.

Mcéipeations générales de la muqueuse utérine. — Elle est épaissie, d'un rouge grisâtre, molle, glutineuse, sa turgescence, indépendamment de l'excès deTiscularité, est oedémateuse, elle semble de.mi-transparente, ce qui tient à raugmentalion de la matière amorphe unissante déposée entre chacun de «s éléments, sa ténacité est diminuée, elle est facile à déchirer et s'étire avant de se rompre, les bords de la déchirure sont filamenteux et irréguliers. l*^ corps fiisiformes et les fibres lamineuses disparaissent presque compléteroenl et ne s'observent plus que dans le voisinage du col. Les éléments conslitDinls ne sont pas identiques chez tous les sujets examinés à la même époque de la gestation; on trouve plus ou moins de matière amorphe et de granolations graisseuses.

^cfllvUs propres de la muqueuse signalées par Ch. Robin, et qui dans l'èlal dcTacuilé sont rares et mesurent de 0,01 à 0,018 deviennent beaucoup plus nombreuses dans la caduque; elles augmentent de volume et du troisième au gnatrièrae mois mesurent de 0,02 à 0,055; elles sont grisâtres et traD5pareDtcs. Leurs formes conservent des variétés qui en rendent la détermination a^z difficile. Cependant au lieu d'un seul noyau elles en possèdent assez souTent deux pendant la grossesse. On constate également la présence de noyaui libres qui sont à peine reconnaissables dans l'utérus vierge. Bien 1««lerôle de ces éléments soit inconnu, leur augmentation en nombre et en wlome prouve que leur modification est liée d'une manière intime à la gros-

]^foUmUsde la muqueuse que nous avons étudiés à l'état normal en devant l'uléras subissent des changements remarquables. Nous avons vu P alors ils mesurent en longueur l'épaisseur de la membrane interne de '•JcnB vide. Il en est de même encore lorsque la muqueuse s'hypertrophie ^ ^^^ienl caduque; on leur voit acquérir alors une longueur de 6 à 7 millimè- '^; vers l'orifice des trompes et du col, où cette membrane devient très- ''^œce, ils peuvent être réduits à 2 millimètres, mais alors ils deviennent plus l^^on disparaissent tout à fait. Cet accroissement rapide ne tient nullement

ïiBeèlongaiion de leurs parois, mais bien à la présence d'éléments nouveaux, ^'^w diamètre s'accroit en proportion, ils mesuraient dans ce sens 0,09 et fès leur modification 0,03 à 0,05. La gestation diminue leur adhérence au f'^ ambiant qui se trouve ramolli; il devient plus facile de les isoler que

ns létal de vacuité. Leur paroi est alors molle, facile à déchirer, grisâtre, ^^^ïûeat transparente et striée et d'une épaisseur de 0,02. Un des points

P*as importants de leur transformation est leur oblitération. A l'état norî <^s follicules sont tapissés par un épithélium nucléaire, sous l'influence

198 OTOLOGIE Ef EMBBYOLOGfE.

de In grossesse, les cellules de cet éptthritiim ^«t multiplient, augmentent ià volume et reitiplissent complet emenl le f al lien le dont la cavité disparatt Outre l'êpithélitim qui les remplit, il existe tlavis ces glandules un peu ai liquide lactescent visqueux <]ui suinte par rorificc des follicules sous formée petites taches blanrlies lorsqu'on les presse. Ce liquide est rendu visqueuxpai la présence d*une quantité cousidërable de cellules épithéliales pour la plupairi devejiues sphêriques el parsemées degranulalionsgraisseuses. Ce liquide n't imcuïie analogie avec le lait et n'est imllemetit propre à être absorbé par Tem! bryon dans les premiers temps de la vie intra-utérine, comme on Ta supposé Vèi*s le troisième mois ces glatidules s'aplatissent à mesure que la caduque s'amincit, el lï pîthelîum ([ui les remplit se déforme et devient granuleux On ig^uore Vttmge de ces glandes si nombreuses qu'elles sont à peine sép rées les unes des auli'es par une distunce égale à leur diamètre. La quantité di

liquide qu'elles sècrèten à l'état de vacuité ou di gestation n'est pasenrap port avec leur nombre Berres a émis le premiei l'hypothèse que les vil losités placentairesploii geaient dans ces follicu les pour y puiser h nourriture du fœtns Cette opinion a été coin batue en i851 pa Schrœder \'an der Koli Voici les raisons qi démontrent l'erreur d Berres. i® Les villosi tés sont plusvolumineu ses que les tubes glai dulaires ; ceux-ci n peuvent donc point U contenir. 2« Les glandi .. ^ ., . , les ne sont januiis I)

tùâpc i^crtkale de Li rawéiinMise, — 1 . Surlacc ik* Ift IrsiiMc mus- lUrquéCS ClIeS ne sai

wjlaire tréj-oimque à côl* du resle de ï« prépir»tion, — ï. Fol- i^jj^ui ^qyïC SOrvîr d liculf?^.— a. Ui^çau {iLipfrlkklstJuW'piibélial. de lu iDuqticu^^e, —

I. Knroiileiin?n des» (-a|*iniire& «ou* foniit *ïiî ffluim^rulifs. — 5, galUCS SUX divlsions r

6» T, C»piUair«s rtcsuflUR dont la direct iott *'>l lïJiraltt' te à celle ,„«„„,^ j^. .^n^ -.v.

desfoiiicutc^, meuses des villosite

S"" Les tubes sont tré rapidement oblitérées par répil hélium qui las tapisse. 4^ Dans toute Tèlei due de la caduque réiléelïie rextrémité eu eul-de-sac des glandes est lou née vers le ehoriou, el lorifice vers la cavité utérine; il ne peut dor pas emterMirce point de pénétration. 5» Eufin» dans la muqueuse utéro>pl cenUîre, tes ^Mandes sont oblitérées aiissilAt que les villosit^ sont assez d veloppi \s pour former le placenta frondosum. ♦

Bi^MÈim des vaisseaux ie$ caduques. — Les capillaires de la muqueuse sont eo général plus volumineux que ceux du tissu musculaire dont ils sont lacootinuatioD. Au moment où ils passent dans la caduque, ils forment une série de replis tortueux, trës-rapprochès, d'où il résulte une sorte de glomérule^ascuhire plus ou moins lâche ; puis ils continuent leur trajet en décrivant des ^ires élégantes analogues à celles des conduits sudoripares de la peau. Dans le trajet leurs divisions sont rares, ainsi que les anastomoses avec les capillaires voisins. Le diamètre, des plus volumineux, est de 0,1 à 0,2. llssoot disposés parallèlement aux tubes glandulaires dans Tintervalle desqoek ils rampent sans les toucher. Arrivés à la surface de la muqueuse, ils forment, par leurs ramifications nombreuses, un réseau d'une grande rieli«^, dont les mailles, très-serrées, encadrent Torifice des follicules. Les nk$eaux de la caduque utérine se prolongent dans le feuillet réfléchi. Nous eiaminerons tout à l'heure les dispositions des vaisseaux de la muqueuse nléro^lacentaire, qui nest point caduque.

UoéificaUùns de Vépithélium des caduques, — Cet épithélium se modifie sur les deui femllets ; de prismatique qu'il était au début de la gestation, il devient pavimenteux. Ces éléments ne se transforment pas, mais se succèdent. i^ ceUales tombent une à une ou par petits lambeaux, et sont remplacés par un épithélium pavimentueux dont les cellules ont de 0,012 à 0,018 ; elles présentent un noyau sphérique à peu près du volume d'un globule rouge du ^. Ces modifications s'observent de six semaines à deux mois ; à partir de denx mois et demi, on voit se produire des cellules épithéliales plus grandes, ^^on^ées, toujours irrégulières, qui deviennent plus nombreuses à mesure ÇQOfl se rapproche du terme de la gestation. A cette époque, leur nombre l'emporte sur celui des premières; alors' on voit Tépithèlium manquer sur certaines places, qui peuvent être assez étendues. L'adhérence intime des caduques Qtérine et réfléchie, fortement appliquées l'une contre l'autre par ^lite de l'augmentation du volume de l'œuf, a pour conséquence de faire tdosser des cellules épithéliales dans l'épaisseur même de la caduque. Alors ^les subissent des déformations extrêmement variées et qiii leur donnent un aspect rappelant celui de certains produits morbides accidentels.

Kiaminons maintenant les modifications que la muqueuse utérine reçoit dans ses différentes régions.

■■i*i"»w «téro-piacMitttlre. — Cette partie de la muqueuse sépare l'œuf de la paroi utérine; elle a été, à tort, considérée comme une portion de la caduque. Nous exposerons tout à l'heure les raisons qui doivent lui faire refuser cette dénomination. On l'a appelée : Caduque inter-utéro-placentaire. ^y^sérotine ou secondaire y mem^ane intermédiaire ou utéro-épichoriale. ^m la nonunerons simplement muqueuse utéro-placentaire. Elle reçoit les ^lUosItés choriales qui, plus tard, formeront le placenta. Cette inembrane suit ^^ ses développements une marche fort différente de la caduque utérine e| réfléchie; tandis que ces dernières perdent progressivement leurs carae* ^^ primilifc et que, par leur texture transformée, elles finissent par res* ^blerà de simples membranes transparentes, la muqueuse utéro-placen- **f^ se modifie dans un sens complètement opposé. Ses vaisseaux, devenus

OVOLOGIE ET EMBRYOLOGIE.

insurfisants pour lui permettre de remplir sa nouYoUe fonction, se transrormcnt en sinus sanguins, au contact desquels un certain nombre de ^iUo• silÉs placentaires, et non toutes comme on l'a dit, Yiennent se placer. Ici rèlément Yasculaire prédomine. Dans la couche sous-jacente, le calibre des vaisseaux est plus développé que dans les autres régions du muscle utérin. Ils furment des sinus à parois minces adhérentes au tissu ambiant et dépourvues de valvules.

Ces vaisseaux utérins, d'abord capillaires en pénétrant dans la muqueuse, »e dilatent au niveau du placenta et finissent par former les sinus à parois minces qui s'enfoncent un peu entre les cotylédons. Coste a supposé que cette transformation s'opérait par une espèce de corrosion des capillaires, déterminée par les villosités qui détruisaient leurs parois à la manière des tissus morbides accidentels. Yirchow et Ch. Robin ont prouvé que cette transformation s'opérait d'une autre manière. Lorsque Tœuf, très-jeune encore, uoiurtience à se couvrir de petites villosités, les capillaires dilatés de la muqueuse suffisent à combler leur intervalle; à mesure qu'elles grandissent et sû subdivisent, les capillaires s'élargissent considérablement et forment des llexuosités saillantes sous forme de phs vasculaires qui s'étendent jusqu'à la base des appendices villeux, comme on l'observe chez quelques mammifères jiiî^qu à la fin de la gestation. Eschricht avait déjà signalé cette disposition chez les pachydermes, les ruminants, les carnassiers et les rongeurs. Le travail d'accroissement des villosités se poursuit; elles se subdivisent de plus eu [>lus, \lors les capillaires superficiels deviennent insuffisants pour entourer les villosités, et leurs minces parois se résorbent*et disparaissent complètemeîit ; leurs cavités se réunissent peu à peu les unes aux autres entre les Yilli>sités,et forment des lacs sanguins, dont la surface ^rrespondante au placenla est limitée par la muqueuse utéro-placentaire hypertrophiée.

Les lacs sanguins ne pénétrent nullement, comme l'ont dit les auteurs pré cjlês Jusqu'à la membrane lamineuse, qu'ils considéraient comme lechorion. Dans mes Recherches anatomiques sur la membrane lamineuse j'ai démontré que le volume de la masse villeuse était beaucoup trop considérable, relativement à la capacité des sinus, pour qu'on pût admettre une pénétration réciproque. Je suis surpris qu'une opinion, dont il est si facile de démontrer riuexactitude, ait pu être admise aussi longtemps; car il suffît d'examiner ïû placenta détaché pour voir qu'il n'existe aucun sinus dans les interstices des villosités. Les cotylédons sont unis entre eux par Tépithélium hypertrophie de la muqueuse utéro-placentaire ; elle forme une couche continue sur toute celte surface, quand elle n'a pas subi quelque rupture pendant la dêlivraiiee, et ne laisse pénétrer aucun sinus dans la masse placentaire. C'est seulement sur sa partie superficielle qu'on voit les débris des sinus utérins qui se sont rompus pendant l'expulsion du placenta.

Il n'existe donc pas, comme l'a dit Coste, une corrosion des vaisseaux par les villosités, puisque ces dernières sont en quelque sorte doublées par un élèitient maternel continu sur toute leur surface : l'èpithélium de la muqueuse. Cet épithélium, dont les cellules sont déformées et présentent un essentiellement variable, a une épaisseur qui oscille entre un demi

et deux millimètres. Ilfonne une membrane molle, glutineuse, grisâtre, demitran^Mirente, tantôt lisse, tantôt rugueuse, qui passe sans interruption d'un cotylédon à l'antre, en présentant seulement plus d'épaisseur dans leurs interslices, entre lesquelles elle s'enfonce, pour entourer les divisions de chaque fiUosité jusqu'à la membrane lamineuse. L'adhérence de cette couche arec les cotylédons est intime, moléculaire; bien qu'il n'existe qu'un simple contact, l'union est assez forte pour que cette couche se détaché de la moqaeuse utérine pendant la délivrance ; on l'observe alors à la face citenie du placenta. C'est elle qu'on appelait placenta maternel, dans l'ignorance où l'on était de la véritable nature de ses éléments. On pensait qu'elle était con^ituée par toute Tépeisseur de la muqueuse. Les villosités placentaires ne sont point en contact direct avec le sang maternel, elles en sont séparées par la couche épithéliale, et réchange des matériaux nutritifs se £ût molécule à molécule à travers son épaisseur. Je démontrerai, en parlant du placenta, que l'extrémité terminale d'un certain nombre de villosités se troiiTent, il est vrai, en contact de la région des sinus, mais que la plupart d'entre elles ont une direction très-différente. On ne peut donc pas assimiler les Tillosités aux racines d'une plante, qui pénétreraient dans toute Tépaisseor de la muqueuse utérine, puisque celles qui se trouvent en rapport avec elles ne dépassent pas la couche sous-épithéliale de cette membrane.

Il est également inexact de considérer le placenta expulsé comme une espèce d'organe double, composé du placenta fœtal et de celui qui appartient à la mère. La seule portion qui appartienne à cette dernière ne comprend que r^itbéliam déformé et une couche superficielle extrêmement mince de la moqueuse utérine. Le reste de la membrane conserve ses adhérences avec le tissu sous-jacent et lie s'exfolie à aucune époque. Ch. I(obin avait cru d'abord qu'elle subissait pendant les suites de couche une lente destruction; mais des observations plus récentes lui ont prouvé qu'après l'accouchement elle persistait intacte et se couvrait seulement d'un nouvel épithélium. Voilà la raison qui ne permet pas de la considérer comme une caduque, puisqu'elle conserve les propriétés d'un organe persistant.

C est une autre particularité qu'on observe dans l'évolution du feuillet utérïji de la caduque, et qui manque absolument dans la muqueuse utero-placentaire : c'est le développement d'une muqueuse de nouvelle formation qui b sépare du tissu musculaire longtemps avant l'accouchement.

La coupe de ces différentes parties rend plus sensible encore le peu de ressemblances qui existent entre elles. La muqueuse utéro-placentaire avec ses larges sinus, mesurant 1 à 2 centimètres de longueur et 4 à 5 millim. de diamètre, a l'aspect d'un tissu caverneux ou érectile tout particulier, qui ne ressemble en rien à la vascularité capillaire de moins en moins active des caduques qui se transforment en membranes anhystes.

1^ sinus de la muqueuse utero -placentaires cessent brusquement au niveau de la circonférence du placenta, autour duquel ils forment souvent, sous le i^om de tinus circulaire, un canal veineux formé de plusieurs vaisseaux de volume variable, anastomosés à sa périphérie.

t. — Feuillet réflédii (caduque réfléchie, épichorion), — Lorsqu'on

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liée et à tapisser l'ulênis après l'accoucheinent, de manière que les fibres inasculaires ne restent pas à nu. L'apparition de la muqueuse nouvelle coineide arec la disparition des vaisseaux du feuillet utérin.

Je ne puis accorder à cette exsudation le nom de muqueuse, que lui donne Rolân, et qui appartient à un tissu parfeitement déterminé ; au moment de l'accouehement elle ne prës^te encore aucune trace d*organisation. Je crois donc qu'on ne doit la considérer que comme un simple blastème d'où sortira fa muqueuse nouvelle, mais qu'il est prématuré de lui donner ce nom pendant fa gestation. Lorsqu'à lieu la délivrance, c'est-à-dire environ cinq mois après son apparition, la nouvelle membrane n'est encore constituée que par une substance amorphe presque diffiuente, parsemée de granulations graisseuses. Les cellules épithëliales commencent à se montrer à l'état d'isolement, neuf jours seulement après l'accouchement, et il faut attendre jusqu'au vingtième pour voir ces cellules former une couche à peu près continue, pour constater ta présence des corps fusîformes et des capillaires dans la substance amorphe. Il me parait donc évident que pendant la grossesse cette membrane est le blastème d'une muqueuse, et ne mérite pas encore le nom de nouvelle muqueuse qui lui a été donné.

Les usages de la caduque sont de fixer l'œuf, de le protéger et de concourir à sa nutrition jusqu'au moment où les villosités choriales qui s'implantent dans le feuillet réfléchi sont oblitérées.

■■■intTOf dv eoi atérln. — Elle est restée étrangère à la formation de la caduque; elle est cependant épaissie, oûdématiée, d'une teinte grisâtre, et tré5 tenace. Elle conserve la structure qu'elle avait avant la grossesse ; l'épi- Ibélium qui la tapisse garde sa forme prismatique en perdant ses cils vi~ bratiles. Les cellules propres, qui deviennent si nombreuses dans la muqueuse du corps, continuent à être très-rares dans le col. Ses éléments sont de rares fibres lamineuses, des corps fibro-plastiques nombreux et quelques noyaux enabryoplastlques. Ils semblent non pas augmentés, mais écartés par le dépôt d'une matière amorphe. Les glandules de cette région fonctionnent activement pendant la grossesse et sécrètent un mucus qui forme le bouchon gélatineux obturant le col des femmes en gestation. Lorsque la caduque est expulsée, il existe à la jonction du col et du corps utérin un bord déchiqueté qui indique le lieu où la séparation s'est effectuée entre les deux portions de la membrane. La même trace s'observe à l'oriflce utérin de la trompe, dont la muqueuse épaissie ne subit pas l'exfoliation. ■

Amatomte comparée. — La membrane caduque est exclusivement propre H TcEuf humain. L'exfoliation de la muqueuse n'existe pas chez les animaux. Cependant cette membrane présente des modifications remarquables qui ont une grande analogie avec ce qu'on observe dans l'espèce humaine.

Les cellules épithëliales, dans les espaces interplacentaires, conservent leur forme prismatique; bien que leur longueur ne soit pas augmentée^ elles subissent dans le sens de la largeur un accroissement qui peut tripler leur volume; elles contiennent de deux à cinq noyaux. On peut en observer jusqu'à quinze dans celles qui sont hypertrophiées. Au niveau des placentas non^seulement elles sont plus volumineuse, mais encore déformées ; elles ont

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