MODIFICATIONS D>.S SÉCRÉTIONS
»ence de cette couche ; et Regnault pense qu'on pourrait peut-être la ren- !Ofltrer dans d autres cas encore indéterminés. Tyler Smith prétend qu'elle « manifeste en dehors de la gestation chez les femmes qui prennent de Fhuile le foie de morue.
La théorie de Regnault reçoit sa confirmation des circonstances suivantes. À Ton soustrait le liquide à l'action de l'oxygène en le conservant dans une itmosphère d'hydrogène, d'oxyde de carbone, etc., aucune fermentation ne ^e manifeste, tandis qu'on la voit se produire dans une portion du même liquide exposé à l'air.
£a résumé, l'apparition de la kyestéine dans les urines d'une femme en tlâi de santé» est un caractère important dont il faut tenir grand compte, et (i à la rigueur il peut manquer ou se présenter dans d'autres circonstances |iie celles de la grossesse, il n'en est pas moins vrai que c'est un indice dont m ne doit pas négliger la recherche dans les cas douteux.
La kyestéine disparait de l'urine des femmes lorsqu'elles sont malades. U ne semble qu'on pourrait utiliser cette propriété pour éclairer le diagnostic, toavent un peu obscur, de certaines affections qui surviennent pendant la ^ossesse, et dont la physionomie indécise ne permet pas toujours d'affirmer i elles appartiennent aux troubles sympathiques, c'est-à*dire à l'élément ner* leux, ou si elles sont le produit d'une inflammation intercurrente.
Sucre. — En 1856, Biot publia un travail qui avait pour but de démontrer que e sucre existait dans l'urine de toutes les nourrices, des femmes en couche :t chez la moitié de celles en gestation, lorsque aucune maladie ne vient moliiier Forganisme. Les urines examinées réduisaient la liqueur cupro-potassi- |De ; brunissaient les solutions alcalines caustiques de potasse et de chaux ; tonnaient, par la fermentation au moyen de la levure de bière, de l'alcool »t de Tacide carbonique ; enfin, déviaient à droite la lumière polarisée.
L*auteur qui avait entouré ses expériences de minutieuses précautions pour écarter les causes d'erreur, considérait cette glycosurie comme intimement liée à la fonction de la glande mammaire, et il notait une concordance entre Tabondance de cette sécrétion, et la quantité de sucre contenue dans les uri« nés. Lorsque la lactation cesse, le sucre disparaîtrait ; il en serait de même pendant la durée des affections inflammatoires qui peuvent survenir.
La quantité observée a varié entre 1 à 2 grammes pour 1,000 grammes d urine.
L'exactitude de ces recherches semblait parfaitement établie; elles avaient été contrôlées par Réveil et Berthelot, qui avaient prêté leur concours a Tauteur. Cependant, dans les deux années qui suivirent cette découverte, plusieurs travaux furent publiés par Kirstein, Wiederhold, Brûcke, Cappezuoli, Riedel et Lecomte pour en appuyer ou en infirmer la réalité. Parmi ces travaux, ceux de Lecomte méritent une attention toute spéciale en raison de la position scientifique de rauteur,dela persistance qu'il a mise à élucider cette question et des nombreuses recherches consignées dans ses diverses communications sur la glycosurie physiologique. lx»:omte rejette complètement les conclusions de Blot.il démontre que les
réactifs à base de cuivre sont réduits dans l'urine par d'autres substances que
parle sucre, notammeift par l'acide urique. Il affirmequelessolutionsalcalii [ieiivent déterminer dans ce liquide une coloration brune, sans que i^m cela la présence du sucre soit nécessaire. Il n'a jamais oblena une femi tation régulière lorsque la levure était de bonne qualité et qu'on opérait manière a éloigner toute cause d'erreur. Enfin, malgré son procédé d' traction du sucre en nature, qui permet d'en isoler 5 centigrammes diss^ dans 200 grammes d'urine, il n*a jamais pu en isoler la moindre proport chez les femmes en état de lactation.
Lecomte a multiplié ses moyens d'investigation, et perfectionné ceux < étaient en usage pour cette recherche. Il décrit avec soin les modificatic qu'il a apportées aux procédés connus et les a rendus beaucoup {dus prêc et cependant il conclut que le sucre n'existe pas dans l'urine des femn en lactation et que les auteurs qui ont cru en trouver ont donné à des c^n tères insuffisants une valeur scientifique qu'ils ne possédaient pas.
Il est difficile de déterminer quelle est, de ces deux opinions oontradicl res, celle qu'il faut adopter. Cependant si on considère la compétence Im spéciale de Lecomte, la nécessité d'une grande habitude pour diriger des m uipulations aussi délicates, on serait tenté d'admettre que le chimiste i plus expert en chimie que l'accoucheur.
Du reste cette question était intéressante seulement à titre de fait nouvea| elle ne présentait pas d'autre importance chez la femme enceinte ; Blot n «i mettait la glycosurie que dans la moitié des cas environ, et encore à une ép que où la glande mammaire était en état de fonctionner, c'est-à-dire en f nèral lorsque d'autres signes plus certains de la grossesse rendent ce car» tère inutile. De plus, la difficulté d'obtenir des réactions exemptes d*errefl eut été ua motif de la faire négliger même dans le cas où il eût été plus ii l)ortant.
Diminution du phosphate de chaux, — Donné dans un* mémoire présenté rinstitut a signalé dans l'urine des femmes en gestation la diminution i phosphate de chaux. La cristallisation des sels de ce liquide serait doë d'après cet auteur, modifiée d'une manière assez considérable pour qu'il | ait été possible dans plus de trente cas, sans avoir eu besoin d'examineH femme, de reconnaître l'état de grossesse à ses diverses époques.
En traitant l'urine par Thydrochlorate de chaux, on obtient un prêeifil moins abondant de 10 à 20 pour 100 que celui qu'on obtient dans Turino < dehors de la grossesse.
Les analyses de Lehmann ont fourni un résultat conflrmatif de celtes i Donné sur ce point de la question.
Donné attribue la diminution du phosphate calcaire à l'évolution du fa*ta qui utiliserait au profit de son ossification la partie qui représente le dêfidl Donné, dans ce même travail) a signalé la diminution de Tacide nriquc ei on cela il est en opposition avec Lecomte, qui a noté que les parties solides A Turine ne subissaient aucune diminution.
Troubles de Veaxrétion urinaire, — Ces troubles peuvent être déterminés par des phénomènes sympathiques^ mais le plus souvent ils sont dus à une cause mécanique : la compression. L'utérus développé gène l'amplîation dt*
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vessie et provoque de fréquents besoins d'uriner. Cette incommodité angiome en général progressivement avec la gestation, et vers la fin, la miction {parfois un peu douloureuse, cp qui tient aux modifications que subit le Jialdeiurètfare.
La vessie entraînée par le mouvement ascensionnel de Tuténis, se trouve née au-dessus du pubis, et le canaf de Turèthre obéissant nécessairement oe mouvement, prend une direction plus verticale dont il faut tenir compte nque le cathétérisme devient nécessaire. Sa partie supérieure se trouve i^rimée sur la surface pubienne, et il en résulte une gène notable dans sa heilation propre et dans celle des tissus qui lui sont immédiatement coups. On remarque parfois au méat urinaire une infiltration, une tunié- ^m assez considérable à la fin de In grossesse.
del'fipparen de ladrctdation. — Les modifications que la Btatioii imprime à cet appareil sont de deux ordres. Le premier anatomiquTî, k que l'hypertrophie du cœur et la dilatation des vaisseaux ; l'autre, chi- É|ue, qui consiste en un changement dans les rapports des éléments conslifenlsdusang. Certains troubles de la circulation, tels que les hypertrophies mqueuses, les hémorrholdes et quelques congestions sanguines des organes llMeiis, se développent sous l'influence d'une cause mécanique : la compres- •0 que l'utérus gravide exerce sur les vaisseaux de la région pelvienne. •Kous ne nous occuperons pas ici des modifications que la gestation imprime 'Il circulation de l'utérus. Ce sujet a été traité dans les articles relatifs à : Momie de l^utérusy p. 79, la menstruation, p. 106, la muqueuse utéro-pla- Mm, p. 199, le placenta, p. !228.
^^Hroyhie du cœur. — Larcher a signalé l'hypertrophie normale du cœur «danlla gestation. Celle hypertrophie est limitée au ventricule gauche, dont i|iaroi est augmentée d'un quart au moins, et d'un tiers au plus. Le ventri- *• droit et les oreillettes conserveraient leur épaisseur normale. Sous cette ia^nce l'auteur aurait constamment perçu un bruit de souffle à la région pré* tdiale.
iHitrest a fait sur ce point d'analomie, à la Maternité, des recherches, qui
• Hè complètement confirmatives de celles de Larcher; sur 100 femmes
^e* enceintes ou récemment accouchées il a trouvé que l'hypertrophie de
•paroi du ventricule gauche était en moyenne d'urt tiers.
l^ après l'invitation des membres de la commission des prix de médecine
■ rinslitut, Zambaco a fait des recherches analogues sur des femmes
rtes en couches, et sur d'autres qui n'étaient point en gestaiion, et il a
'^♦•meiu noté pour les premières* l'augmentation de volume du ventricule
i^t\ Bèraud, qui a fait la même vérification, est arrivé au même résultat»
' Maternité. De plus, il a noté que cet excès de volume ne s'observait pas
i^etnenlj alors, dans le coeui*, mais qu'on le retrouvait dans d'autres or*
^^1 comme les glandes lymphatiques et la rate. Enfin, Blot, procédant
^û« aalrc manière, s'est borné à peser comparativement les cœurs vides
^^"? et a noté un*excès de pesanteur chez celui des femmes en gestation*
^ tut anatomique semble donc bien établi : l'hypertrophie coïnciderait
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avec TaugmenUtion de volume de l'utérus, et le retour des deux oi^anesi leurs dimensions physiologiques aurait lieu simultanément. Mais en accepUn ce fait, je ne puis admettre les conséquences que Larcher en a déduites
11 considère cette hypertrophie comme une prédisposition nécessaire au lésions du centre circulatoire, comme la cause de la ténacité des bnmchile qui se manifestent pendant la gestatidh, et de la gravité plus grande de ï pneumonie dans cette période, enfln comme une aptitude plus pronoacée l'avortement et aux diverses hémorrhagies.
Il suffit de remarquer que Thypertrophie qu'il signale est un fait normi pour prouver que les conséquences pathologiques qu'il en déduit sont p« acceptables. Il est certain que la nature n'a pu entourer l'acte de la généra tion de particularités anatomiques constantes, qui pourraient en troubler b cours ou en arrêter la marche. L'aptitude plus prononcée à l'avortement <|ih signale l'auteur, me parait une affirmation bien peu méditée, puisque Je k répèle, la modification du cœur est constante, et qu'on ne peut par ooosè quent établir de comparaison avec les cas où elle manque.
Il est certain, cependant, que l'hypertrophie du cœur joue un rdle ioipar tant dans la circulation de la femme en gestation : la constance du phénoroèiM en est la preuve. Mais au lieu de voir là un phénomène à conséquences p» thologiques dont la démonstration est tout entière à établir, il faut simplemen le considérer comme une nécessité temporaire, créée par le dèveloppemeal d'une circulation nouvelle et très-active, qui établit des liens entre la rotn et le fœtus. C'est une augmentation de force nécessitée par une extension ii la fonction.
La plupart des auteurs ont noté un fait qui est la conséquence de celui qoÉ nous venons de signaler. C'est que, pendant la grossesse, le cœur bat m plus fort, la circulation devient plus active et le pouls présente plus de réstf* tance. Quant aux bouffées de chaleur à la tète, aux étourdissements et ad tintements d'oreilles qu'on observe parfois, ils me semblent, dans l'immeos^ majorité des cas, devoir être attribués plutôt aux troubles de l'innenatiM qu'à ceux de la circulation.
Modifications de la composition du sang. — Depuis une vingtaine d'an^ nées, les idées qui régnaient sur la composition du sang des femmes enceintes, ont été profondément' modifiées. On pensait avec une apparenct de raison que le sang des règles qui n'était plus expulsé mensueliemeiiii déterminait chez la femme un état pléthorique indiscutable, et on attribuait à cette disposition une foule de symptômes nerveux qui sont, au coa*! traire, sous la dépendance d*un état complètement opposé à la plélhure.| L'erreur était d'autant plus facile que la plupart des troubles fonctionnW^ de la pléthore et de T anémie sont exactement semblables et qu'il faut souvent beaucoup d'attention et de discernement pour ne pas attribuer à ion ce qui appartient à l'autre On n'avait enregistré que le fait brut de la suppre^ sion des règles, sans tenir assez compte du fait principal de la gestation : i^ développement d'un nouvel être qui doit tirer de la mère tous ses élé^lent^ d'accroissement. Si le fœtus ne constitue pas une cause d'épuisemeiit pour l'organisme au sein duquel il se développe, il lui impose du moins des cbai-