‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 8 sur 277 · BASSIN · texte numérisé non relu

BASSIN

os PELVIENS

Le bassin de la femme, lorsqu'il est dépourvu de parties molles, présente l'aspect d'une circonférence osseuse très-irrégulière , circonscrivant une <'3>itè que doit traverser le fœtus à sa naissance. C'est dans cette cavité que S4' passent les principaux phénomènes de la parturition : c'est là que se produisent les obstacles les plus invincibles à la terminaison spontanée du travail. Il faut donc étudier le bassin avec le plus grand soin, se graVer dans i'esprit les dispositions qu'il présente de manière à pouvoir utiliser môme rirrégularitè de ses formes, pour surmonter les difficultés qui rendent l'accouchement laborieux .

Nota. Lorsque le nom d'un auteur est suivi d'un astérisque, c'est une indication que l'opinion dtée se trouve dans son tmité d'accouchements dont la liste est au commencement du volume. L'absence de ce signe indique que la citation appartient aux travaux dont la liste ei^t contenue dans l'index bibliographique à la fin de chaque chapitre.

Dans les mesures micrométriques, le millhnètre est pris comme unité.

:i ANATONII:;.

Lt3 bassin, chez l'adulte, se trouve situé vers la partie moyeiuie du corps; il supporte la colonne vertébrale en arriére, repose en avant sur rextrémité supérieure des fémurs et contient la plupart des organes de la génération auxquels il forme une enveloppe protectrice. Il est composé de quatre os qui sont : les deux os coxaux sur les côtés et un peu en avant, le sacrum et le coccyx en arriére. Si on voulait étudier les progrès de la formation des os, on les trouverait bien plus nombreux chez le fœtus, où ils se subdivisent en un grand nombre de parties. Chez Tadulte, qui seul nous occupe en ce moment, la soudure déûnitive des différents éléments qui constituent la charpente osseuse du bassin nous oblige à laisser de côté pour l'instant Tétude des dispositions qu'il présente dans le premier âge.

SiMram. — Il est situé à la partie postérieure et médiane du bassin et se trouve enclavé entre les deux os coxaux. Il est dirigé obliquement de haut en bas et d'avant en arriére. La partie inférieure de la colonne vertébrale qui repose sur lui a une direction inverse, de sorte qu'en avant, à leur point de jonction, il existe une saillie osseuse qu'on appelle VangU sacro-vertébral ou le promontoire. Cette saillie joue un rôle d'une très-grande importance comme cause de dystocie dans le cas de déformation du bassin, et plus tard nous verrons que la projection exagérée de Tangle sacro-vertébral en avant est le plus fréquent obstacle de cette nature que l'art ait à surmonter.

L'honmae est de tous les mammifères celui qui présente proportionnellement le plus grand développement de cet os, disposition en rapport avec l'altitude bipède et la station assise qui lui appartiennent d'une manière spéciale. Le sacrum présente la fomie d'une pyramide quadrangulaire aplatie d*avanl en arrière, à sommet tronqué inférieurement, à base dirigée en haut. 11 est symétrique et offre à considérer une face antérieure, une face postérieure, deux faces latérales, une base et un sommet. Face antérieure. — Elle fait partie de l'excavation du bassin, dont le sacrum

forme la paroi postérieure. Elle présente une concavité variable suivant les individus et suivant les sexes. En général elle est, dit-on, plus prononcée chez la femme que chez l'homme. On remarque à cette face antérieure quatre saillies ou crêtes transversales qui répondent à l'union des vertèbres sacrées. Elles sont analogues aux saillies intervertébrales. Dans des cas très-rares, cette saillie transversale est assez proéminente, dit Cruveilhier, pour avoir été prise pour l'angle sacro-verté* r. . r bï^al : mais il fallait alors que cette dispo*

Fig. I. — Face AMTiRiconB dc sacrlii. — . . \ , ,

i. Surface en rapport avec la dernière ver- SltlOn COÏnCldât avec UUC déformation OU

lébre lombaire, -i. Apophyses articulai- j^assin, car, à l'éUt normal, la région su-

re». — 3. Trous sacres anlérieurs. -- . ' » «li

4. Saillies transversales résuiunt de la périeiirc du sacrum n'cst pas acccssible

réunion des picVes primitives. ^^ toudier.

De chaque côté] do la ligne médiane on voit les trous sacrés antérieui^s au

Fig. i. — Fack KOSTiBiEon: iiu bAcnuN. — 1. Canal sacré. — 3. Surface s'aiiiculanl avec le coxal. — 3. Crête sacrée. — 4. Trous saciés postérieurs. — îi. Petites cornes du sacrum. 6. Surflnce s'articulant avec le coccyx.

OS PELVIENS. ;>

flonibre de quatre; les supérieurs sont beaucoup plus grands que les infôrieura : tous doiuient passage aux brandies antérieures des nerfs sacrés, aux veines sacrées et à quelques artérioles.

Face postérieure. — Elle est convexe et fort inégale; on y voit sur la ligne médiane une rangée d'éminences placées verticalement et qui font suite aux apophyses épineuses de la colonne verlôbrale. Ces éminences constituent la «Télé sacrée qui se bifurque inférieurement pour circonscrire Touverture du canal sacré. Les branches de bifurcation î>e terminent par un petit renflement qui l>orle le nom de corne du sacrum. Sur I<^ côtés de la ligne médiane on voit deux gouttières peu profondes, gouttières uurées y qui semblent continuer celles de la colonne vertébrale; on observe de chaque côté les quatre trous sacrés posïérieurs, plus petits et d'un diamètre plus égal que celui des antérieurs, communiquant également avec le canal sacn* et livrant passage aux branches poslèrieures des nerfs sacrés. Ces gouttières sont limitées par deux rangées de saillies inégales. La première rangée, située en dedans des trous, semble être constituée par des apophyses articulaires soudées entre elles ; la seconde, placée en dehors des trous, offre des éminences beaucoup plus prononcées qui représentent des apophyses transperces. Toute cette partie est rugueuse et inégale ; à la partie supérieure, une de ces inégalités reçoit une saillie correspondante de l'os coxal.

Faces latérales. — Larges en haut, étroites en bas, où elles forment de «mples bords, leur aspect est triangulaire. A la partie supérieure, on observe une surface demi-ovalaire en forme de croissant', qu'on a comparée au pavillon de Foreille et qu'on a nommée facette auriculaire. Cette surface ^irticule avec l'os coial; elle est concave dans le sens de son grand diamètre. ^ faces latérales du sacrum sont coupées obliquement d'avant en arrière et •ie dehors en dedans. Les enfoncements irréguliers qu'on observe derrière la surface auriculaire donnent, comme les bords inférieurs, attache à des faisceaux ligamenteux.

Base. — Sur la ligne médiane on observe une surface elliptique, dans >on diamètre transversal , présentant l'aspect de la face inférieure de la cinquième vertèbre lombaire avec laquelle elle s'articule; en arrière se Irouve une ouverture triangulaire qui est l'orifice supérieur du canal sacré.

Sur les côtés se voient deux surfaces triangulaires lisses regardant en avant et en haut, faisant partie du grand bassin et limitées en bas pur un l>ord mousse qui concourt à former le détroit supérieur.

Sommet. — Tronqué, présentant une facette convexe elliptique, à grand diamètre transversal, s'articulant avec la base du coccyx.

4 \:SArOMl£.

Canal sacré. — 11 est creusé dans l'épaisseur du sacrum qu*il traverse verticalement, et fait suite au canal vertébral. 11 est plus rapproché de la partie postérieure du sacrum que de Tantérieure. Supérieurement, large, prismatique et triangulaire, il est étroit et aplati à sa partie inférieure, où il dégénère en une gouttière* feituée par des ligaments. Le canal sacré suit la courbe de l'os qu'il parcourt; il communique avec les trous sacrés antérieurs et postérieurs et contient la portion caudale de la moelle épinière.

La hauteur du sacrum est d'environ 15 centimètres, et la profondeur de sa courbure de 25 millimètres. Sa base en mesure, dans le sens antéro-postérieur68, et 108 transversalement.

CaetjiL. — Os impair et symétrique, constitué par quatre, et rarement par

cinq tubercules aplatis, qui semblent être la continuation du sacrum avec lequel

le plus volumineux s'articule; les inférieurs vont en diminuant de volume, de

manière à présenter la forme d'une pyramide à

^■p ^9» sommet inférieur. Il continue ordinairement la

^V ^y courbe du sacrum.

W Y Le coccyx présente une face antérieure , une.pos-

Fig. 3.-coccïi. — Faces aiité- térieure^ deux ho^'ds latéraux, une base et un som-

Heure et postérieure. ^^^^

met,

La (ace antérieure est sillonnée par des lignes transversales analogues à celles de la concavité du sacrum.

La face postérieur est convexe et inégale ; elle donne insertion aux aponévroses des grands fessiers.

Les bords^ minces, sinueux et tuberculeux, donnent insertion aux muscles ischio-coccygiens et aux ligaments sacro-sciatiques.

Le hase s'articule avec le sacrum au moyen d'une facette elliptique concave. En arrière sont deux apophyses dirigées de bas en haut : cornes du coccyx, assez souvent réunies aux extrémités tuberculeuses des deux branches de bifurcation de la crête sacrée ; en dehors sont deux échancrures converties en trous par des ligaments, livrant passage aux cinquièmes paires de nerfs sacrés.

Le sommet, ordmairement renflé, parfois bifurqué, donne attache au releveur de Tanus.

La longueur du coccyx est d'environ 50 millimètres.

O» coxal. — 11 forme, avec son congénère, les parties antérieures et latérales du bassin. On le divisait jadis en trois parties pour Tétudier; une supérieure iliaque, une antérieure pubienne, une inférieure ischiatique. Chez le jeune enfant ces trois parties sont nettement séparées, mais elles sont réunies et soudées chez Tadulle.

Tordu sur lui-même et rétréci à sa partie moyenne, il représente un quadrilatère irrêgulier dont les plans n'ont pas la même direction en haut qu'en bas. On considère à cet os deux faces, l'une interne, l'autre externe, et une circonférence.

Face externe. A sa partie supérieure, elle offre une large surface verticalement concave en arriére : fosse iliaque externe, et convexe en avant. Cette surface, qui regarde en dehors et en bas, est parcourue par deux ligues

• os PELTIEKS. 5

courbes qui donnent insertion à des muscles ; elle se termine en bas par'nne partie rétrécie sur laquelle on observe en avant une cavité articulaire profonde, hémisphérique, lisse dans la plus grande partie de son étendue, ni^use dans l'autre, portant Je nom de cavité cotyloide ; elle est destinée à loger la t(^te du fémur. Le bord de cette cavité, saillant, est nommé sourcil cotylûîdien;il est sinueux, offre deux dépressions, Tune interne, Vautre eïlerne, et une échancrure trèsprofonde dirigée directement en bas et convertie en trou par un ligament. La cavité cotyloïde regarde obliquement en bas en dehors, et un peu en avant.

(kl ohsprve aii^e<i<;oiis de optlo ^^^'^- ~~ ^ ^^^^^' '*" ktebne. - i. Créie iliaque. m ODServe aU-aeSSOUS ae ceue ^ ^^^^ -y^^^^^ externe. - 3. Cavitt^ colyloïde. -

Catilé le trou sous pubien ou Ob- ■*• Branche horizontale du pubis. — 5. Surface arti-

, , , . . culaire de la symphyse. — 6. Branche ascendante de

tnraleur, a contours mmces, OVa- lischion. - 7. Tubérosité de rischion. - 8. Trou

lâire chez Thomme, trianS'Ulaire sous7pubièn.—9.Épine iliaque antéro-supérieure.—

, . ,4. .. ^0 Epine antéro-inféripure.

et plus petit chez la femme. Il

présente, à sa partie supérieure, une dépression oblique transformée en ranal par une membrane qui bouche, à Tétat frais, le trou sous-pubien ; ce canal livre passage aux vaisseaux et nerfs sous-pubiens. Au-dessus et en avant du trou obturateur, on voit une saillie convexe prismatique, dirigée transversalement, c'est la branche horizontale du pubis. Au-dessous de la partie interne de cette branche existe un espace plutôt triangulaire que quadrilatère, circonscrit en dehors par le trou sous-pubien ; c'est la face antérieure du corps du pubis. Directement au-dessous du trou obturateur, on remarque une bande osseuse étroite et mince, dirigée de dedans en dehors ; (**e$t la branche ischio-pubienne.

Face interne, — Elle est lisse dans toute son étendue ; une ligne saillante, dite innominée, concave, large et mousse, portion du détroit supérieur, la divise en deux parties : l' Tune supérieure, large surface concave, fosse iliaque interne, regardant en dedans et en haut, est occupée par le muscle iliaque; elle offre en arrière une large facette convexe dans son diamètre vertical, destinée à s'articuler avec le sacrum; 2" l'autre inférieure, présentant en arrière une surface quadrilatère légèrement concave de haut en bas ; <* est la face interne du corps de l'ischion. Buriis* prétend que chez les femmes «lui ont été mères le centre de cette surface, après l'âge de quarante ans, est plus mince que chez les nullipares. Plus en avant, le trou sous-pubien; auàessQ%^ la branche horizontale du pubis, qui se termine en avant à la. surface quadrilatère qui constitue la face interne du corps du pubis ; cette surface est unie àVischion par la bande osseuse située au-dessous du trou sous- P"bien,el qui est constituée par la face interne de la branche ischio-pubienne.

La circonférence de Vos coxal est très-irrègulière et présente une série do dépressions et de saillies. On la divise en quatre bords : un supérieur ^ un inférieur y un antérieur, un postérieur, i° Bord supérieur ou crête iliaque. — Il est mince à sa partie moyenne et

renflé à ses extrémités, con-

v?tf*^^^^fcl' vexe et un peu contourné

^ >^e^ -^^^^ V g^^j, lui-même. On l'a divisé

en deux lèvres et un interstice, qui donnent attache h de nombreux muscles.

2» Bord inférieur ou pubien. — Il est le plus court, forme un angle aigu avec le bord antérieur et regarde en dedans et en bas. Il se dirige d*abord obliquement en bas et en arrière, puis, après un court trajet, se dé- Fi«r/:;. __'0s COXAL, FACKiKTEn«. — 1. Crêic iUaque. — 2. Fossc jette cu dehors. La portioii

iliaque interno.-S.SurfacrartiniIairedes pubis.- 4. Branche . i :„tp-„p p«f «Hini-

ascendante de l'ischion. -5. Épiiirischialiqup- 6. Surface *^ P'"^ UUerne esi anicil

articulaire en rapport avec le coxal. — 7. Surface donnant lairc; elle présente UUC fflinserlion A des ligaments. —8. Trou sous-pubien. ** i . ,

cette légèrement rugueuse qui s'articule avec une facette semblable de Tos opposé pour constituer la symphyse du pubis; plus en dehors, ce bord constitue Tarcade pubienne et se termine par une portion renflée et nigueuse, la tubérosité ischiatique.

T)" Bord antérieur.— Il décrit une courbe irréguliére qu'on peut diviser en deux portions : l'une supérieure oblique de haut en bas, iliaque, l'autre inférieure horizontale, pubienne. A son point le plus élevé on voit une éminence angulaire, presque toujours apparente sous la peau (fig. 4) , c'est l'épine anlérosupérieure; au-dessous, une échancnire,puis une autre éminence, qui est l'épine iliaque antéro-inférieure,et au-dessous encore, une gouttière dans laquelle glisse le muscle iliaque. La portion horizontale du bord antérieur présente, de dehors en dedans, d'abord une surface convexe légèrement rugueuse; c/est l'éminence iléo-pectinèe en rapport avec l'artère crurale ; puis une surface lisse, concave, inclinée en avant, ayant la forme d'un triangle à base externe. En arrière, il présente une crête légèrement saillante, crête pectinéale; une saillie osseuse, épine du pubis, donnant insejlion à un muscle, et enfin l'angle du pubis.

4" Bord postérieur. — Il regarde en même temps en bas et présente des inégalités et de vastes échancrures. A son union avec le bord supérieur, on voit une saillie constituée par l'extrémité postérieure de la crête iliaque: c'est l'épine iliaque postéro-supérieure; puis des inégalités, une dépression et une saillie, qu'on devine plus souvent qu'on ne l'observe et qui porte le nom d'épine iliaque postéro-inférieure; au-dessous, une vaste échancrure, grande échancrure sacro-sciatique, qui est limitée en bas par une saillie py-

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