‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 105 sur 183 · LE* EXTREMES · texte numérisé non relu

LE* EXTREMES

Simon Wintcr dans. . 15 ras a ru le part survenir du 310* au 340- 6 jours.

Bnijfnonc 55 - — 307«— 559> 32 —

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Grognier nombre indéterminé 287e— 419° 132 —

le Journal d économie

rurale 1829.. . . - - 522'- 419" 97 -

Grille 114 - - 309'- 393« 84 -

Nous trouvons encore ici que le part a pu devancer de 45 jours l'époque ordinaire, ou la dépasser de 89.

Ces résultats sont très-dignes d'attention, car ils sont dégagés des principales causes d'erreur qui permettent de douter lorsqu'il s'agit de la gestation humaine, et ils prouvent d'une manière évidente qu'il n'existe point de limite lixe à la grossesse. Lorsqu'on compare les tableaux donnés par les accoucheurs avec ceux des vétérinaires, il est impossible de ne pas admettre une identité complète dans les variations que la gestation présente chez la femme et chez les animaux.

Les chiffres qui ont été posés comme limites ordinaires, sont le résultat de moyennes et n'ont qu'une faible valeur au point de vue de la pratique, car le praticien ne se trouve pas aux prises avec des groupes, mais avec des invidualités, et s'il leur applique le chiffre des moyennes, il sera fort exposé à une déception. Il est du reste facile de voir dans les tableaux de Merriman et de Devilliers, que le chiffre le plus élevé représentant la date de ces accouchements ne coïncide pas avec la fin du neuvième mois.

Ajoutons que le chiffre de 270 jours adopté par les classiques français n'est point unanimement admis. Duncan croit que la durée moyenne de la gestation est de 275 jours ; en Ecosse on le fixe a 280.

En analysant le tableau construit d'après les documents anglais, on voit que le maximum de fréquence est compris entre le 275* et le 285e environ.

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Enfin, si on examine dans ces tableaux la coïncidence de l'accouchement avec les périodes menstruelles , on voit que dans la majorité des cas il ne survient pas à une époque correspondante à une de ces périodes, mais bien pendant l'intervalle qui les sépare.

En résumé la durée de la gestation ne peut être fixée d'une manière exacte pour les raisons suivantes :

1° 11 peut exister un intervalle d'un cetain nombre de jours entre la copulation fécondante et l'imprégnation ;

2° Les faits démontrent d'une manière évidente que le terme delà grossesse peut subir des variations considérables ;

5° Le mode de supputation qui se base sur le retour d'une période menstruelle est inexact môme chez les femmes bien réglées; l'accouchement correspond, dans la majorité des cas, à une époque inter-menstruclle.

4° Cependant l'accouchement survient, le plus souvent, entre le 275e et le 285° jour après la fécondation. Lorsqu'il a lieu avant le 250% on peut le considérer comme prématuré ; si la gestation dépasse lo 295e, elle peut être considérée comme prolongée.

Bien que l'accouchement prématuré se manifeste dans beaucoup de cas sans causes pathologiques appréciables, il est souvent déterminé pur une maladie de l'œuf ou de la mère, pour cette raison nous l'étudierons a côté de YAvortement, dont il se rapproche souvent par son époque et par ses causes.

La grossesse prolongée n'est, au contraire, dans l'immense majorité des cas, qu'un phénomène physiologique qui se distingue des gestations ordinaires uniquement par une durée plus grande.

Uro«MCKMe prolongée. — Les tables des Anglais et deDevilliers nous montrent des grossesses qui se sont terminées au 502e et même au 52(>* jour. Si , pour un certain nombre, on peut objecter l'incertitude qui entoure la date précise de leur début, il en existe d'autres dans la science qui échappent à cette objection. Dubois en cite un cas, qui figure dans la table de Dcvilliers et dont la durée a été de 501 jours. Velpeau en a vu un autre de 510 ; Moreau un de 328; Plieninger un de 500. J'en ai moi-môme observé un d'environ 500 jours, comme ces faits ne sont pas encore très-nombreux je le rapporterai.

Je fus appelé, en 1852, par une daine de la rue des Déchargcurs, pour l'assister dans un accouchement. La conception remontait du 20 au 25 janvier, les mouvements actifs du fœtus survinrent à une époque qui semblait confirmer celte date. L'accouchement était donc attendu du 20 au 25 octobre environ. Je fus mandé le 23, le travail commençait. Bien que l'inclinaison de l'utérus en avant ne fût pas très-prononcée, le col était presque inaccessible, les doigts introduits très-profondément en arrière atteignaient seulement un point limité de sa circonférence, il était effacé, mais nullement dilaté. La tète du foetus assez engagée dans l'excavation était £oiflée du segment inférieur de l'utérus. Les douleurs énergiques et rapprochées ne déterminèrent point la dilatation, et le travail, continua dans ces conditions, la journée et la nuit du 21 et du 25. La famille était inquiète et j'appelai en consultation le docteur Pommier, alors professeur particulier d'accouchements, qui jugea comme moi qu'il fallait attendre. Le 26, les douleurs diminuent de fréquence, puis s'ar-

GnOSSESSE.

notent complètement. Les bains et les autres moyens que j'avais jugés convenables de mettre en œuvre n'avaient point modifié la situation. Au bout de quelques jours, je cessai de visiter la malade, attendant une reprise du travail. Le 24 novembre, c'est-à-dire un mois après, les contractions se manifestèrent de nouveau et le 25 cette dame accouchait d'un enfant vigoureux ; mais ne présentant rien d'extraordinaire sous le rapport du volume.

Les circonstances de celte grossesse me donnèrent la certitude que ma 'cliente était accouchée à 10 mois, et que la prolongation d'un mois qui survint après le premier travail fut causée par la résistance que la situation du col opposait à la terminaison de l'accouchement.

J'appelle l'attention sur cette circonstance que j'ai remarquée dans l'observation de Velpeau, dans celles de l'odéré, que nous signalerons tout à l'heure et dans [quelques-unes des gestations prolongées rapportées par les vétérinaires. Le travail s'établit, mais lorsqu'une résistance trop tenace du col, résultant de sa situation anormale chez la femme, ou de sa torsion chez les animaux, constitue un obstacle sérieux, il peut, après un certain temps, se suspendre et ne devenir définitif qu'après une période plus ou moins prolongée d'un calme complet. Dans l'observation de Velpeau, l'intervalle fut de trente jours, comme dans la mienne. Klle fut de six semaines dans celles de Ir'odéré.

Il est ù peu près unanimement accepté de nos jours que la gestation peut se prolonger jusqu'au dixième mois, et il est fort probable que cela arrive plus fréquemment qu'on ne le croit, seulement les difficultés qu'on éprouve à constater exactement le début de la grossesse est une cause qui rend les observations publiées assez rares. Celte prolongation d'un mois étant admise, nous sommes encore dans l'incertitude sur les limites extrêmes que la gestation peut atteindre.

Celte question, fort débattue, au siècle dernier, a donné lieu à une polémique ou plutôt a une lutte ardente à laquelle une dizaine d'auteurs ont pris pari sans grand profit pour la science. La plupart des faits qui servaient de base à la discussion étaient empruntés ù d'anciens auteurs et ne méritent qu'une médiocre confiance, ou bien ils étaient relatifs à des naissances posthumes : il s'agissait d'héritages convoités, et on comprend que dans ces cas les femmes avaient trop d'intérêt à devenir mères pour que l'affirmation de leur vertu suffit, à défaut d'autres preuves, pour juger la question.

Cependant A. Petit, l'un des acteurs les plus ardents de cette polémique, rapporte trois cas bien détaillés et fort intéressants que Mathurin-Dulignac, médecin, a observés sur sa femme, et qui méritent d'être cites, on n'y trouve aucun motif de simulation, les faits n'étant môme pas deslinés à la publicité» car on en a trouvé le récit dans les papiers de l'auteur après sa mort. Claire Dulignac, sa femme, après douze accouchements ou fausses couches, devint de nouveau cnccinle. A quatre mois et demi elle rendit une môle, et dès le lendemain elle sentit les mouvements du fœtus, son mari en constata la réalité: neuf mois après lcxpulsion de cette môle, elle accoucha d'un fœtus mort qui avait séjourné pendant treize mois et demi dans la cavité utérine. Quelques

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mois après, nouvelle grossesse, qui se termina également à treize mois et demi, l'enfant vécut six semaines. Enfin, plus tard, elle redevint de nouveau enceinte et accoucha au bout de onze mois d'un enfant très-petit qui mourut un quart d'heure après sa naissance. Mathurin-Dulignac fait suivre son récit des réflexions suivantes : « 11 faut laisser aux maîtres de l'art le soin d'expliquer, s'il est possible, des phénomènes aussi singuliers : mais je désirerais qu'on ne niât pas le fait. Ce n'est point ici une femme et des collatéraux qui font leurs efforts pour embrouiller la naissance d'un posthume dans les détours de la chicane ; c'est un homme de l'art, qui reconnaît une grossesse à quatre mois et demi, par le signe le plus certain, le plus évident, par le mouvement d'un enfant dont la naissance n'arrive que neuf mois après. »

De Lamotte* qui a laissé la réputation d'un bon observateur, parmi des faits de gestation prolongée, en cite deux dans lesquels elle dura une année entière.

Fodéré a observé chez sa femme que l'accouchement, dans deux grossesses, ne se termina qu'à dix mois et demi. Au neuvième mois, le travail commença et se suspendit, comme dans mon observation, pour se reproduire six semaines après.

Nous rappellerons ici le fait signalé plus haut et appartenant à Moreau *, relatif à une gestation de 328 jours.

Velpeau dans son mémoire sur les naissances tardives, rapporte deux observations de grossesse qui se sont terminées à dix mois et demi, et une autre de Me Boivin ayant duré 311 jours. Stoll en a publié une de 347. Murphy, une de 342 qui peut laisser place au doute, et une autre de 338 qui m'a paru trèsconcluante. Simpson, dans son mémoire sur la durée de la grossesse, rapporte les faits suivants observés par lui-môme. Une dame, à sa troisième gestation, cessa de voir ses règles le 26 janvier. Consulté vers la fin d'avril, il diagnostiqua une grossesse de deux mois environ ; l'accouchement n'eut lieu que le 28 décembre, 556 jours après les règles. — Une dame, mère de deux enfants, vit ses règles se terminer le 24 septembre 1851 ; peu après elle éprouva quelques troubles qui lui firent croire à une grossesse, elle fut confirmée dans cette idée par la suppression de la période suivante ; elle n'accoucha que le 3 août 1852, 332 jours après les règles. — Une autre, quatre fois mère, cessa d'être menstruèe le 25 mars 18.V2, et devint enceinte, dit l'auteur, à cette époque ou fort peu de temps après, ce qui fut constaté par l'état de l'utérus, au mois de mai. La délivrance eut lieu le 5 février 18;>3, 519 jours après les dernières règles. — Simpson cite encore une observation qui appartient à son ami, le docteur Young. Les dernières règles ont disparu le 14 juillet; cette dame sentit des troubles fonctionnels à la fin du même mois, les mouvements actifs furent perçus le 17 novembre, l'accouchement eut lieu le 3 juin de l'année suivante, 318 jours après la cessation des règles et 198 après que les mouvements actifs du fœtus ont pu être constatés.

La multiparité semble constituer une prédisposition très-marquée à la prolongation de la grossesse, presque toutes ces observations sont relatives à des femmes qui ont eu plusieurs enfants. Dans aucun cas on ne signale la primi-

GROSSK.SSK.

parjtè du sujet. On serait donc dans ces conditions, jusqu'à un certain point autorise, en portant un pronostic, à écarter cette éventualité.

Il est donc hors de doute que la gestation peut durer plus de dix mois et demi, et cela probablement plus souvent qu'on ne le croit. La femme ne note pas toujours très-exactement les phénomènes des premiers temps, le médecin n'est pas toujours appelé à constater le début de ceux qui ont un caractère de certitude, et lorsque le terme est dépassé on croit à une erreur de date, ce qui arrive assez souvent en effet, et le phénomène passe inaperçu.

Sans affirmer la réalité des gestations de 12 et 15 mois, le fait ne me parait pas en lui-même absolument impossible. Les observations que nous venons de signaler, sont des anomalies et on comprend que ces anomalies soient de plus en plus rares, à mesure qu'on s'éloigne du terme normal. On peut discuter les faits, les croire insuffisants pour former une conviction affirmative, mais on n'a aucune raison pour en nier la possibilité.

Enfin, l'obstétrique comparée nous fournit des exemples remarquables de gestations prolongées dans les tableaux que j'ai construits. D'après les statistiques vétérinaires, j'ai noté pour la vache des prolongations de 46 jours au delà du terme et de 79 pour la jument. On trouve dans Rainard des faits plus curieux encore.

Mauvie, vétérinaire à Epe, observa une vache qui porta près de 16 mois. Le volume du veau, qui pesait 61 kilog. , rendit le part impossible ; on abattit la bète.

Eu 1851, on reçut à l'École vétérinaire d'tlrecht, une vache qui porta

mois moins 2 jours.

Numan constate une gestation de il mois 1/2 chez une vache. Le veau qu'on fut obligé d'extraire par morceaux pesait 80 kilog.

Enfin, Groniera observé une vache qui porta 12 mois. Le petit, extrait vivant, avait acquis le volume d'un veau âgé de deux mois.

Ces faits peuvent paraître étranges, insolites; mais, je le répète, on n'a véritablement aucune raison pour en nier la réalité. Louis, et les autres adversaires des naissances tardives, invoquaient à l'appui de leur opinion, l'ordre immuable des phénomènes de la nature. Ce sont là des phrases vides de sens; car on constate à chaque instant que la nature s'écarte de cet ordre prétendu immuable.

On a dit que la cause des grossesses, prolongées, dépendait du développement imparfait du fœtus qui séjournerait dans l'organisme maternel jusqu'à ce qu'il ait acquis toutes ses aptitudes à la vie extra-utérine. Il est possible que cette opinion soit parfois justifiée, mais l'obstétrique comparée nous prouve qu'il est loin d'en être toujours ainsi. Et je crois que dans un cas de grossesse prolongée bien avérée, il ne faudrait pas s'exposer à subir les conséquences d'un développement exagéré du fœtus, surtout chez une femme dont le bassin aurait des proportions médiocres. Dans ces circonstances on pourrait poser avec Silbert (d'Aix), la question de l'accouchement provoqué. C'est un point pratique qui mérite l'attention.

L'article 315 du Code civil dit : • La légitimité de l'enfant né 500 jours après la dissolution du mariage pourra être contestée. »

C'est également le terme adopté par la législation de l'Autriche et du Wur-

RÉSUMÉ

teniberg. La Prusse et la Bavière fixent le délai à 502 jours; quelques cantons de la Suisse au 308e. L'Angleterre et les Étals-Unis n'ont point précisé le terme légal de la grossesse.

RÉSUME

UOIIIMI

Modification! que subit l'utérus. — Sous l'influence de la gestation l'utérus est modifié dans son volume, sa forme, sa direction, ses rapports et ses propriétés. = Volume. Son développement n'est pas régulièrement progressif, il est lent dans les premiers mois et plus rapide à partir du sixième; — pendant les quatre premiers moi> l'ampliation se fait surtout aux dépens des diamètres horizontaux, dans le reste de la grossesse dans le sens vertical. - La paroi postérieure se développe un |>eu plus quel antérieure.

— L'amplification de l'organe n'est point due à la pression excentrique de l'œuf.

— A l'état de vacuité, la capacité de la cavité utérine est de 2 à 5 centimètres cubes, elle est à terme de 500 pouces cubes. — Dans le premier cas l'organe pèse 40 grammes, à tenue 700 à 800 grammes. —Forme. Au début il ne change pas sensiblement, il reste piriforme, puis il devient sphéroïde, et entin ovoïde à partir du sixième mois. — La face antérieure est plus bombée que la postérieure. = Situation et direction. — Au début son fond atteint à peu prés le niveau du détroit supérieur; à 3 mois, il le dépasse de 2 centimètres, il n'est point démontré que sa partie intérieure s'abaisse dans l'excavation.

— Vers 4 mois le fond s'élève de 4 ou 5 centimètres au-dessus du niveau du détroit supérieur, — à 5 mois il est à 2 centimètres au-dessous de l'ombilic, — à G mois, à deux centimètres au-dessus, — à 7, il le dépasse de 5 centimètres, — à 8, il le dépasse de huit centimètres ; — il continue à s'élever vers la région épigaslrique et enfin s'abaisse dans le courant du neuvième mois. — A mesure qu'il dépasse le détroit supérieur, l'organe s'incline en avant et latéralement, ordinairement à droite. — L'utérus subit également un mouvement de torsion sur son axe, en général dans le même sens. =On ignore la cause du mouvement d'élévation que subit l'utérus gravide dans la cavité abdominale, contre les lois de la pesanteur. = Happons à terme. — En avant avec la paroi abdominale,— en arrière avec le rectum, l'angle sacro-vertébral, et la colonne vertébrale, le mésentère et le paquet intestinal, — sur les côtes avec les vaisseaux iliaques, les psoas, les parois latérales de l'abdomen. — Par son sommet, avec la paroi abdominale en avant, plus en arrière avec la colon transverse et l'estomac. — Par son extrémité inférieure, il se continue avec le vagin. = V épaisseur est un peu augmentée pendant les premiers mois; à terme ,'elle est la même dans le corps, elle est plus grande vers le point d'insertion du placenta, et moindre vers le col. = Consistance très-ferme en vacuité, très-souple à une époque avancée de la gestation.

Col itkrih. — Situation et direction. — Il subit la direction que lui imprime le corps dans ses déplacements et occupe l'extrémité intérieure du grand axe de l'organe, il n'en est pas toujours ainsi à terme où on le trouve souvent très en arriére et en haut. = Consistance. Elle diminue progressivement de bas en haut, limitée dans les premiers mois à la partie inférieure du col, elle atteint peu a peu ses parties les plus élevées, et le ramollissement est complet à terme. = Longueur et épaisseur. — Le col augmente un peu de volume dans les premiers mois, mais sa longueur ne diminue qu'au cinquième mois, et encore d'une manière très-peu sensible, par le rapprochement de ses deux orifices, de sorte que sa partie moyenne est légèrement renflée. — Dans les dernières se-

ninines do la gestation, le col diminue rapidement, pour ne former qu'un léger bourrelet au moment de travail. — L'épaisseur des parois du col reste le même pendant la gestation. = Forme du col. — Elle dilfêre chez les nullqiares et les multipares. — Chez les premières, il est rylindroïde, le museau de tanche est lisse, et son oritice est une fente linéaire, qui devient une ouverture circulaire pendant la grossesse ; vers le troisième mois le col devient fiisiforme. — Il reste souvent imperméable jusqu'à la lin de la grossesse, — parfois au contraire il |>eut être pénétré parle doigt vers le huitième mois. — Le col des multipares est plus volumineux, moins régulier, le museau de tanche présente des Inisselures. et son orifice transversal, assez large, est perméable souvent dès le début de la gestation, sa cavité n'est pas fusiforme, mais en entonnoir.

Texture pb l'otkrcs. — L'utérus est entouré d'une atmosphère de fibres musculaires que j'ai décrites sous le nom de libres extrinsèques. — L'organe lui-même est coni))oséde trois couches musculaires, l'une externe, la seconde moyenne, la troisième interne. = Fibres extrinsèques.— Le ligament rond est lecentred'irradiati jnd'iuisyslème de faisceaux ascendants qui s'eut rc-croisent non-seulement d'un côté à l'autre de l'organe, mais encore avec les ligaments qui se rendent à sa lace postérieure. — Il fait corps avec le ligament large et émet par son bord interne des faisceaux qui s'étalent en éventail sur toute la face antérieure de l'utérus. — Dans la feuillette poslérieure des ligaments largesse rencontre un appareil analogue à celui que nous venons de signaler, il a surtout pour origine le ligament rond postérieur, et envoie des fihres dans les ligaments larges, à celui de l'ovaire et à la trompe. = Fibres intrinsèques de l'utérus.— Couche externe.

— Le fond et les deux faces de l'organe sont parcourus par un faisceau médian qui s'arrête au-dessus du col, des fibres émergent du bord de ce faisceau et vont se rendre aux ligaments ronds. — Les bords du faisceau médian fournissent une partie des fibres transversales qui forment la plus grande partie de cette couche, mais en dehors du faisceau médian et au-dessous de lui existent des libres transversales très-nombreuses et qui en sont tout à fait indépendantes.— Ces fibress'entrecroisentsurles bords de l'organe et envoient de nombreux éléments dans les ligaments larges. = Couche moyenne

— Relativement très-épaisse au niveau du placenta, elle diminue dans le reste du cor|* et disparait dans le col. — Elle est constituée par des bandes fasciculées dirigées en tous sens en formant autour des vaisseaux, des anneaux contractiles qui les étreignent. = Couche interne. — Sur les deux parois internes île l'utérus, on voit un faisceau triangulaire, dont les angles supérieurs se perdent dans les infundihulum des trompes, l'inférieure se dirige en bas vers le col. — Les faisceaux qui forment le fond de l'utérus, au-dessus des trompes, ont une direction antéro-postérieureetsont arciformes. — Autour de l'infundibulum des trompes, les libres orbiculaires sont disposées en anneaux concentriques. — Les éléments musculaires du col ont en général une disposition transversale dans les couches externe et interne, sur ce point la couche moyenne n'existepas. = Mode d'actions des divers plans musculaires. — On trouve une certaine concordance entre la disposition des faisceaux des couches interne et externe. — Les fibres du fond de l'organe et celles qui ont une direction verticale sont directement expulsives; les transverses du corps en se contractant donnent un point d'appui à l'action des précédentes.

— Celles du col sont entièrement antagonistes de celles du fond. — La dilatation du col est passive et s'opère par la pression de l'œuf.— L'utérus en action est un levier de premier genre. La puissance est an fond de l'organe, le point d'appui dans les libres transversales, et la résistance au col. — La couche moyenne est surtout destinée à agir sur la circulation, en étreignant les vaisseaux. — Eléments musculaires. — Ils appartiennent à l'ordre des libres lisses. Sous- l'influence de la gestation, ils augmentent de 7 à 11 fois dans leur grand diamètre — de plus il s'en forme de nouvelles jusqu'au sixième mois.

— Une libre musculaire est composée de fibrilles accolées, qui ne se terminent pas,

RÉSUMÉ. 459

comme dans les muscles slriés, vers un même point, mais bien de fibrilles très-courtes qui naissent et se terminent isolément sur les différents points du trajet de la fibre. =r Membrane péritonéale. — Elle s'étend par le déplissement des ligaments larges, et par la formation d'éléments nouveaux. = Nerfs île l'utérus. — Us ne changent pas de volume pendant la gestation, seulement le névrilime parait épaissi. := Propriétés de tissu. — Sensibilité.-Lulèms h l'état de vacuité jouit d'une sensibilité très-vive dont le siège réside surtout au fond de l'organe et à l'orilice interne du col; — rien ne prouve que la gestation augmente celte sensibilité. — Le col, au contraire, presque insensible en dehors de la gestation, acquiert cette propriété sous l'influence de la grossesse, elle est vivement développé*? au moment du travail. = Contractilité. — Elle est nulle avant la grossesse et se manifeste progressivement pendant cette période. — Alors elle est surtout énergique dans le fond de l'organe et nulle dans le col. — La contraction est ordinairement douloureuse, mais elle ne l'est pas inévitablement. - L'énergie de la contraction n'est pas toujours en rapj>oi t avec le développement musculaire «lu sujet. — 11 n'est pas certain que la contraction soit plus douloureuse chez les femmes des classes aisées, que chez celles de la campagne. — La contractilité utérine est complètement indépendante de la volonté; les faits qui semblent infirmer cette règle sont des manifestations de l'action réflexe. — La contraclililé peut être paralysée ou excitée par des impressions morales ou par des agents thérapeutiques. — En dehors de ces causes, certaines femmes excitables ont des contractions souvent très-énergiques, sans motifs manifestes, pendant la gestation. — La distension extrême de l'organe paralyse souvent la contractilité, dans quelques cas elle la fait naitre. — La contractilité s'éteint avec la vie, mais la tonicité persiste un certain temps. — La contractilité est intermittente, sa puissance diminue par un exercice énergique trop prolongé. — La durée de son intermittence est variable. = Tonicité.

— Elle n'est point spéciale au muscle utérin. — L'utérus cependant la possède au plus haut degré. — La tonicité est 'une force continue, mais très-inférieure en puissance à la contractilité. — Cette propriélé n'est pas la seule cause de la diminution de l'organe dans les suites de couches, la résorption des éléments musculaires y contribue pour mie bonne part. — La tonicité est augmentée ou diminuée par les causes ou agents qui influent sur la contraclililé. — Les phlegmasies puerpérales suspendent son action.

— La tonicité est plus intense dans les régions de l'utérus où la contraclililé est plus énergique. — La tonicité est plus ou moins active selon les sujets, plus chez les primipares que chez les multipares. — L'exercice de la tonicité est exempt de douleurs. = Nerfs hoteuiis. — Actio:s réflexe.— Ou considère le bulbe rachidien comme le point central de l'action réflexe. — Les impressions qui ont pour point de départ les organes centraux sont portées au bulbe, descendent le long de la moelle épinière et sont transmises à l'utérus par le grand sympathique et les nerfs sacrés.— En irritant le bulbe, ou la moelle épinièrc'surtout vers la région sacrée, on provoque des contractions. — L'excitation du mamelon après l'accouchement la provoque également. — Parfois ce phénomène se produit par l'application du froid sur la paroi abdominale, à la vulve, ou par l'ingestion de liquides glacés. — L'irritation du rectum ou du vagin peut également produire ces manifestations de l'action réflexe.

Modifications des autre* appareils. — La plupart des organes et des fondions de l'économie sont modifiés par la gestation. = Ovaire.— Sa fonction physiologique est suspendue (voir Menstruation, corps jaune.) = Trompe. — Sa direction devient presque verticale, son insertion utérine a lieu au tiers supérieur au lieu de se faire à l'angle supérieur de l'organe. = Vagin. — Il s'allonge pour suivre le mouvement d'élévation de l'utérus, — ses éléments musculaires deviennent plus apparents surtout en haut, où ils se confondent avec ceux de l'utérus. — Vers le sixième ou septième mois, apparition de granulations à sa face interne, — écoulement rauqueux. — La coloration de la

muqueuse devient phis foncée. — On sont parfois en arrière et en haut le battement des artères. — Okganes sécréteurs. Mamelles (voir leur anatomie). — Sécrétion du lait. — Elle a lieu souvent spontanément dans les deniiers temps de la grossesse, parfois beaucoup plus tôt. — Elle peut persister pendant plusieurs années, — sous l'influence d'excitations particulières, elle peut se manifester chez de jeunes lilles,

— cette modification n'est donc pas absolument dépendante de la gestation. = Sécrétion pigmentaire. — Elle fournit l'aréole du mamelon et la ligne brune abdorqinale, vers le troisième mois de la grossesse. — Sur le sein elle se fonce et s'étend progressivement. Elle s'accompagne souvent d'une aréole secondaire qui entoure la première.

— Elle peut manquer complètement, c'est la règle chez les femmes rousses. — Elle peut persister longtemps après la gestation ou se montrer sur des femmes qui n'ont jamais conçu. — Les mêmes irrégularités s'observent à pro^s de la ligne brime ces modifications ne sont donc pas toujours absolument liées à la gestation. — A la face la sécrétion pigmentaire constitue le masque. — Sécrétion urinaire. — Sous l'influence de la grossesse, on voit apparaître la kyestéine, on a cru à la production du sucre ; la proportion de phosphate calcaire est diminuée. — Kyestéine. — L'urine est acide et louche, puis elle s eclaircit ; — vers le troisième ou quatrième jour, elle perd son acidité, se trouble de nouveau. — Alors on voit apparaître à la surlace du liquide un pellicule blanchâtre, contenant quelques cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien.— Cette couche qu'on nomme kyestéine est surtout constituée par des animalcules microscopiques: monades et vibrions. — Elle s'épaissit jusqu'au sixième ou septième jour, puis se détruit et ses débris tombent au fond du vase. — La kyestéine apparaît vers le deuxième ou troisième mois ; elle ne se forme plus vers le huitième. — Cela tient à ce qu'il existe de l'acide lactique dans l'urine, et cet excès d'acide suffit pour arrêter la décomposition ammoniacale. — La kyestéine se manifeste à peu près constamment dans l'état physiologique. C'est donc un signe important de grossesse. — Ce produit serait dû à l'action de l'oxygène «le l'air sur la matière azotée qui se trouve en excès dans l'urine des femmes enceintes. — Sucre. — Blot avait cru observer sa présence dans les urines normales des femmes en gestation. Les recherches de Lecomte semblent démontrer qu'il n'en est rien. = Phosphate de chaux. — La diminution de ce sel est assez notable pour que ce caractère ait suffi à Donnet, pour reconnaître la grossesse en l'absence de la femme. — Les troubles de l'excrétion urinaire sont dus aux changements anatomiques qui se produisent dans la région pelvienne sous l'influence de la gestation. = Appareil de la circulation. — La paroi du ventricule gauche du cœur subit une augmentation d'un tiers ou d'un quart. — Les autres parties de l'organe ne subissent aucuns changements.

— La composition du sang se modifie chez les femmes sous l'influence de la grossesse. Cette modiiication progressive est surtout notable après les premiers mois. — 11 y a augmentation de l'eau, de la fibrine et de la matière grasse phosphorée. — Les globules diminuent et tombent de 127 à 108 en moyenne. — lien résulte que les troubles delà grossesse qu'on attribuait à la pléthore, appartiennent à l'anémie, et que dans ces conditions les saignées sont contre-indiquées. — La compression mécaniqueque l'utérus gravide exerce sur la circulation pelvienne détermine souvent des varices, des hémorrhoïdes, de l'œdème et la coloration plus foncée de la muqueuse vaginale. = Modifications du système nerveux. — Elles peuvent porter sur l'appareil digestif; anorexie, dysj>epsie, malade, vomissements, diarrhées, ptyalisme. = Sur les fonctions intellectuelles et les facultés affectives : modifications dans le caractère, monomanie, folie. — Sur les organes des sens : Perversion ou abolition de l'ouïe, de la vue, de l'odorat, du goût. = Sur la sensibilité ou la motilité: Prurit, névralgies, contractures, paralysies, convulsions. — Sur l'encéphale et la circulation: vertiges, palpitations, syncopes. (Voir Pathologie de la 0rostf«<\)=: Modifications de l'appareil respiratoire. — L'ampliation

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de l'utérus gène l'impulsion pulmonaire, il survient donc à la (in de la grossesse ime dyspnée par cause mécanique. — La proportion de carbone brûlé par la respiration augmente pendant la gestation. — Svstèmk osseux. — Vers le cinquième mois de la grossesse commence à apparaître une production nouvelle à la face interne de la voûte crânienne, peu à peu elle forme une coucbe continue de tissu osseux. — Ces ostéophytes se montrent dans un tiers des cas — Dans les cas où ils sont le plus développés on en rencontre à la surface externe du crâne. — Pkau et paroi ardominalks. — On observe sur la peau distendue de l'abdomen des vergetlures colorées qui forment des stygmales blanebàlres après l'accouchement. — On les constate surtout cbez les femmes très-jeunes à peau fine. —Ou peut en observer également sur les seins. = La finesse du tact de la peau du ventre est diminuée dans une époque un peu avancée.=r La dépression ombilicale est d'abord plus profonde, puis elle s'efface, et devient saillante a la fin de la grossesse. — Vers celle époque les muscles et les aponévroses de l'abdomen sont amincis et distendus. — Les muscles droits sont écartés l'un de l'autre de plus de 10 centimètres.

Les modifications que nous venons de signaler constituent une partie des signes de la grossesse.

Diagnostic de la grosseue. — Le diagnostic de la grossesse est souvent extrêmement difficile, surtout dans les preiuiers temps. — Les symptômes peuvent manquer quand la gestation est réelle; quand elle n'existe pas, des phénomènes morbides peuvent la simuler. — En outre des signes que le praticien constate par lui-même, il en est un " certain nombre dont la connaissance lui est révélée par les renseignements de la femme.

— Ces renseignements peuvent être une source d'erreur si la femme éprouve un \i( désir d'être mère, ou si elle n intérêt à cacher sa grossesse. — Les signes de la grossesse doivent être divisés en signes probables et en signes certains.

Signes probables. — Suppression des régies. = Gonflement des seins. — Modifications de la dépression ombilicale. — Nausées et vomissements. — Kyesléine dans les urines. — Augmentation du volume de l'utérus. — Ramollissement progressif de son col. — Coloration pigmenlaire et boursouflement de l'aréole. — Tubercules mammillaires. — Apparition de la ligne brune, varices et hémorrhoîdes. — Sécrétion lactée

— Yergettures. = Ces signes ont une valeur très-dilférente, — la plupart peuvent manquer ou être simulés par une maladie. — Nous les avons examinés en exposant les modifications que la grossesse imprime aux organes et aux fonctions. .Nous allons donc seulement apprécier ici leur valeur au point de vue du diagnostic. — Suppression des régies. — Klle n'a qu'une valeur relative et il faut tenir compte de l'état antérieur de la femme sous ce rapport. — Les régies persistent parfois pendant les premiers mois ; de la gestation. — La femme peut devenir enceinte malgré une suppression des règles se manifestant sous l'influence de causes diverses. = Augmentation du volume de l'utérus.— C'est un bon signe, mais parfois assez difficile à apprécier dans les premiers mois;

— l'utérus augmente surtout alors, aux dépens de ses diamètres horizontaux. — Son élévation qui le rend assez souvent moins accessible au toucher, et l'embonpoint du sujet peuvent gêner l'exploration. — L'utérus peut avoir augmenté de volume sous l'influence d'une cause pathologique. — Lorsqu'il se présente avec ses dimensions normales, on peut nier une grossesse, qu'on présumait dater de plusieurs mois. = Ramollissement du col utérin, signe fort important, parce qu'il ne manque jamais, — mais il est peu appréciable dans les premiers temps, —et il peut être déterminé par un état morbide. — Son absence est un signe négatif. = Modification des seins. — Celles du début n'ont qu'une très-faible signification. — La coloration et le boursouflement de l'aréole a plus de valeur, mais ils peuvent faire défaut ou se manifester, bien que rarement, en dehors delà gestation. — Ils persistent souvent pendant très-longtemps après

l'accouchement.— La sécrétion du lait est un bon signe surtout chez une primipare. — Cette sécrétion peut persister plusieurs années après une seule parturition. = Kyefitéine. — Sa présence a une très-grande valeur, — elle manque rarement dans l'état physiologique à partir du deuxième mois. = Li ligne brune abdominale — est un symptôme très-secondaire de la grossesse, elle peut faire défaut, même chez les femmes brunes, .ou persister un certain temps après l'accouchement ; on l'a observée, rarement il est vrai, chez l'homme. = Vomissements. — Ils manquent rarement {tendant le cours «le la gestation, mais l'époque de leur apparition est très-variable, et on peut les observer dans un grand nombre de circonstances étrangères à la gestation. —Dépression ombilicale. — Vergetlures. — Varices et hémorrboides. — Signes très-peu significatifs, les trois derniers peuvent manquer ou se manifester sous l'influence de causes qui amènent la distension de l'abdomen, ou une gêne mécanique dans la circulation du bassin. — Perception par la mère des mouvements du fœtus. — Ces mouvements perçus par le médecin ont la valeur d'un signe certain; mais lorsqu'ils ne sont accusés que parla mère, leur valeur est moins grande, car il peut se faire qu'elle attribue à cette cause des sensations qui lui sont tout à fait étrangères. — Cependant il faut tenir grand compte de ses renseignements à ce sujet, car en général ils sont exacts et le signe fort important. = Le bruit de souffle utérin est également un signe probable, mais son importance est très-secondaire.

Signe* certains de la groMesM — Ils sont fournis par le fœtus lui-même et sont constitués par ses mouvements actifs, passifs, et les battements de son cœur. = Mouvements passifs. — A partir du quatrième mois, lorsqu'on imprime avec le doigt un léger choc au segment inférieur de l'utérus ; le fœtus subit un mouvement d'ascension dans la cavité amniotique, puis il retombe sur le doigt explorateur. Ce choc en retour est le ballottement.— On le détermine, la femme étant debout ou couchée, en portant le doigt sur l'utérus en arrière du col, on fléchit brusquement la dernière phalange ou on imprime un léger mouvement de totalité à la main. — Le phénomène est de plus en plus accusé jusqu'au huitième mois, où le fœtus {dus volumineux ne donne, lorsqu'on le déplace, qu'une sensation de frottement. — Le ballottement peut manquer dans l'insertion du placenta sur le col, dans les présentations du siège, ou du tronc, et dans les grossesses gémellaires. = Mouvements actifs. — Ils sont perçus par la mère, vers quatre mois et demi, ils augmentent progressivement d'intensité et produisent des sensations très-diverses. — Ils sont variables aux diverses époques de la journée et certaines excitations peuvent les rendre plus actifs. — On constate ces mouvements au moyen du palper. — Vers le cinquième mois, leur perception est encore difficile, surtout chez les femmes grasses.— Ils sont mieux sentis lorsque le plan antérieur du fœtus est tourné en avant. —Ils peuvent être constatés par l'auscultation. — Chez quelques femmes, ils peuvent se suspendre, se montrer tardivement ou même manquer pendant la plus grande partie de la grossesse. — C'est un signe absolu de gestation lorsqu'on parvient à les constater.

Battements du cœur. — Ils constituent le signe certain par excellence, — on les perçoit vers quatre mois et demi. — L'épaisseur des parois abdominales de la femme, certaines positions du fœtus, qui transmet ces bruits surtout par sa région dorsale, peuvent eu gêner ou en retarder la perception. — Il en est de même de l'interposition d'une anse intestinale ou de l'excès du liquide amniotique. — Ils sont constitués par deux bruits dont le second est plus faible.— Leur nombre est d'environ cent quarante par minute, pendant toute la durée de la grossesse. — Leur fréquence permet de les distinguer des pulsations de la mère. — Lorsque le fœtus s'agite, son cœur bat momentanément plus vile. — Pendant le travail, la contraction utérine, à son début, produit le même résultat; ils diminuent, au contraire, quand elle a atteint son plus haut degré d'intensité

RÉSUMÉ. 467

pour reprendre leur rhythme normal quand elle est passée. — Parfois, sans motifs appréciables, les battements du cœur fœtal se ralentissent ou s'accélèrent d'une manière continue. — Quand ces pbénomènes se produisent pendant un travail trop prolongé, ils doivent inspirer des craintes pour sa vie. — Les causes qui accélèrent la circulation de la mère, n'ont aucun retentissement sur celle du fœtus. — Frankenhauser croit que les pulsations des fœtus mâles sont moins fréquentes que dans l'autre sexe. — L'énergie des battements est en général progressive jusqu'à tenue. — Dans les grossesses gémellaires, on entend des battements sur deux points différents, à moins que l'un des iœtus ne soit mort ou ne masque l'autre.

Procédés d'exploration. — Ils se composent de : l'interrogation, l'examen, la palpation, le toucber, la percussion, et l'auscultation. — Interrogation. — On s'informe avec soin de tout ce qui peut avoir rapport à la menstruation antérieure et à l'état de gestation. — Chez une multipare, on note les pbénomènes qui se sont produits dans les gestations précédentes. —Dans les cas ordinaires, on enregistrera simplement les renseignements fournis par la femme sur les symptômes qu elle éprouve ; mais il faudra les accueillir avec réserve si elle semble avoir des idées préconçues manifestes, ou si elle a intérêt à dissimuler sa position. = Examen. — Noter l'état des seins, les colorations pigmentaires, le volume du ventre, l'état de l'ombilic, — on cherchera lakyestéine dans les urines.

Palper. — La femme sera située dans le décubitus horizontal, — la paroi abdominale dans le relâchement, la vessie vidée, on recommandera à la femme de s'abstenir de tout effort. — Les mains étendues vers la région pubienne, interrogent progressivement toute la surface abdominale. — On circonscrit l'utérus. — On apprécie sa consistance et son développement. — On chercbe à reconnaître les mouvements du fœtus, et à déterminer la direction de ses différentes parties. — Vers la région pubienne, si la gestation est assez avancée, on trouvera ordinairement une tumeur solide, constituée par la tète. — Si les mouvements du fœtus ne se manifestent pas au moment de l'exploration, on les fera naître au moyen de petits chocs imprimés à la paroi abdominale, et par l'application subite du froid. — Explorer ensuite les divers points de la cavité abdominale pour chercher s'il n'existe pas une tumeur des parties voisines, qui pourrait devenir plus tard une complication. — Les obstacles qui gênent le palper sont : l'embonpoint de la femme, une ascite qui coexiste avec la grossesse, l'hydropisie de Famnios, la sensibilité trop vive des régions qu'on explore.

Toucher vaginal. — On le pratique au moyen de l'indicateur et mieux encore avec l'indicateur et le médius réunis, de cette manière 'on touche plus loin. — Il est bon de s'habituer à toucher des deux mains. — S'enduire, les doigte d'un corps gras, — toucher la femme debout ou couchée, ou successivement dans ces deux positions. — Dans l'une ou l'autre de ces deux positions, la femme sera placée de manière à diminuer la tension de la paroi abdominale. — La main, restée libre, sera utilisée pour modifier au besoin la situation de la femme ou pour fixer l'utérus. — Avant d'arriver au col utérin, les doigts explorateurs doivent, à mesure qu'ils pénètrent dans le vagin, constater l'état des différentes parties qu'ils peuvent atteindre, — puis l'attention se concentre sur l'utérus et son col. — On constate ensuite, si cela est possible, la présentation et la position du fœtus.

Toucher anal. — Il ne doit être employé que dans le cas de tumeurs recto-vaginales, ou lorsqu'on ne peut explorer par le vagin.

PEacussioii. — Utile seulement pour révéler la présence d'une anse-intestinale qui se serait glissée entre l'utérus et la paroi abdominale.

Auscultation. — Ellepeut être pratiquée d'une manière immédiate, mais il est préférable d'employer le stéthoscope qui localise mieux les bruits. — Les principaux bruits que révèle

l'auscultation sont les battements du cœur fœtal et le bruit de souffle utérin, qui appartient à la mère. — La femme sera située dans le décubitus dorsal, les muscles abdominaux dans le relâchement, la vessie vidée. = Auscultation des bruits du cœur. — Les doubles battements sont surtout transmis par la région dorsale du fœtus, — et on les entend plus nettement à partir du septième mois, sur la partie moyenne d'une ligne partant de l'épine iliaque antéro-supérieure, pour aller à l'ombilic— A une époque moins avancée, la mobilité du fœtus rend le foyer des bruits beaucoup moins fixe.— Lorsqu'ils ont acquis une certaine intensité, ils rayonnent dans une étendue de 5 à 8 centimètres. — Les battements étudiés sur le point où on rencontre leur maximum d'intensité, il faut explorer avec soin le reste de la surface utérine pour cherchers'il n'en existe pas d'autres appartenant à un second fœtus. — Si le fait se produit, on promènera le stéthoscope directement d'un foyer à l'autre, et les bruits s'affaibliront à mesure qu'on s'éloignera de l'un, et deviendront progressivement sensibles à mesure qu'on se rapprochera de l'autre.

— Ordinairement, il n'existe pas d'isoihronisme entre les battements des deux fœtus, la différence varie entre 6 et 15 contractions par minute. — Dans les grossesses doubles, on peut n'entendre qu'un seul cœur, l'undes fœtus peut être mort, ou masqué par l'autre. — Dans les grossesses simples, on peut quelquefois entendre désistements sur deux points,

— l'un des bruits appartient alors à la mére. — Il suflit de noter le défaut d'isochronisme des deux circulations pour reconnaître le fait. — L'auscultation semble ne pouvoir faire diagnostiquer les grossesses trigémellaires que lorsqu'un des fœtus est expulsé. = L'intensité d. s bruits perçus dépend de l'âge, mais aussi de la situation du fœtus. — On a utilisé cette dernière circonstance pour diagnostiquer ses présentations et ses positions.

— Pendant le travail, l'état de la circulation du fœtus fournit des renseignements trèsprécieux sur la nécessité de l'intervention. = On a noté parfois un bruit de souffle appartenant à la circulation du fœtus, il semble dû à la compression du cordon, et n'a qu'une importance très-minime. = Les mouvements du fœtus déterminent des bruits perceptibles par l'auscultation. = Bruit de soufflé utérin. — Ce bruit appartient à la circulation utérine. — Mobile dans son siège, il subit de brusques modifications dans sa nature, son rhythme et son intensité. — Ce bruit est toujours simple, celui de la circulation fœtale toujours double. — Il apparaît habituellement vers le quatrième mois — Il augmente d'intensité jusqu'au septième. = 11 est isochrone aux pulsations de la mère.

— ne fournit aucun renseignement relatif au fœtus. — Son importance est extrêmement secondaire au point de vue du diagnostic— 11 peut s'entendre après la délivrance .= Le bruit qu on attribue au décollement du placenta après l'expulsion du fœtus, semble tenir non pas à sa séparation, mais à sa compression par l'utérus.

États particulier* qui peuvent masquer U grossesse. — HenseignemenlS fournis par Us malades, — volontairement ou involontairement, ils peuvent être erronés. = Vëpaississemenl adipeux de la paroi abdominale peut être un obstacle à la palpation et a l'auscultation, surtout dans les premiers temps. = Écoulements sanguins. — La persistance des règles peut laire écarter l'idée d'une grossesse qui existe. — Dans des cas rares, elle peut même suivre son cours malgré une hémorrhagie continue, abondante et prolongée.

Maladies chroniques. — Elles peuvent s'accompagner de symptômes analogues à ceux de la gestation, ou masquer une conception, survenue pendant leur cours. — L'ascilc peut déterminer un pareil résultat.— Altération de l'œuf. — L'embryon peut succomber à une période peu avancée de la grossesse, les phénomènes qui caractérisent l'accident font pour la plupart défaut et le diagnostic est extrêmement difficile.

États qui simulent la grossesse. — On peut observer dans ces conditions presque tous les signes de la gestation, excepté les battements du cœur fœtal. — Diathèsc adipeuse.— L'euibonpoint rapide qui se localise surtout sur la région abdominale, et coïnei-

KÊSOIÉ

dant, comme cela arrive parfois, avec un dérangement de la menstruation a été souvent pris pour une grossesse commençante. — On tiendra compte de l'absence des autres signes de la gestation, et de l'augmentation du volume des autres parties du corps. = Rétention des Règles. — Elles peuvent être retenues dans l'utérus par un obstacle congénital ou accidentel. — Le diagnostic précis est parfois assez difficile, lorsque l'obstacle réside sur un point élevé du vagin ou sur le col de l'utérus, surtout chez une vierge. — Il faut tenir compte de l'absence des autres symptômes île la grossesse, et des accidents qui reviennent périodiquement chaque mois au moment de l'ovulation. = Hydromi'lrie. — Elle s'accompagne du développement de l'utérus. — Elle ne peut survenir que chez une femme qui a conçu et dont lembryon est mort, ou chez les femmes qui ne seraient plus réglées; elle ne s'accompagne pas des douleurs violentes qu'on observe dans -les rétentions des règles. — Physomélrie. — Affection caractérisée par le développement de gaz dans l'utérus. — >oler> l'absence d**.s symptômes de la grossesse. — Résonnant e lympaniquede l'organe à la percussion. — On ne l'observe guère que dans les circonstances signalées dans l'affection précédente. = Tympanite intestinale. — Absence des signes de la grossesse, — résonnance de toute la région percutée. ■-= Kyste de l'ovaire. — Le siège primitif de la tumeur n'est pas sur la ligne médiane, —au début, noter l'absence des signes probables de la gestation. — Plus tard, lorsque le kyste occupe la ligue médiane, il est assez volumineux pour simuler une grossesse, parvenue à cinq ou six mois. — Alors les signes certains, qui manquent, et la fluctuation qu'on peut souvent déterminer, éclairent le diagnostic. — Tumeurs fibreuses de l'utérus et de l'ovaire. = Tumeurs de diverses natures. = Aménorrhée et inflammations utérines. — (Quelques formes d'inflammations utérines s'accompagnent parfois de suppression de règles, mais il existe des douleurs et des phénomènes généraux qui permettent de ne pas confondre ces états avec une grossesse commençante™ Ascite. — Le ventre s'aplatit dans le décubilus dorsal, — on sent la fluctuation, — on note l'absence des signes de la grossesse. — Grossesses simulées par illusion pure.

Durée de la grossesse. — La durée ordinaire de la gestation est d'environ 275 à 285 jours. Ce ternie n'est qu'une moyenne qui subit de très-fréquentes variations.

— Voici les causes qui empêchent de préciser sa durée : — La date exacte de la copulation fécondante, est rarement connue. — Il peut en outre exister un intervalle de plusieurs jours entre celte copulation et l'imprégnation. — La fécondation peut s'être opérée immédiatement après les dernières règles ou au moment de la première menstruation qui a fait défaut, ce qui laisse environ vingt-cinq jours de latitude au doute. — On ne peut prendre pour base de supputation le retour d'une période menstruelle que chez les femmes régulièrement réglées, et encore, chez ces dernières, l'accouchement coïncide le plus souvent avec une époque hiter-menslruelle. — La durée m ile de l'accouchement s'écarte beau oup, et le plus souvent en plus ou en moins, des 270 jours acceptés comme règle générale. —Ce lait est rendu manifeste par l'examen des relevés qui ont été réunis à ce point de vue. Il en est de même chez les animaux. — En général, l'accouchement survient, chez la femme, entre le 260* et le 21*5' jour après la fécondation. Avant cette époque, on peut considérer sa terminaison comme prématurée, au delà elle est dite prolongée. = Grossesses prolongées.

— Il existe dans la science un certain nombre de ces grossesses qui ne se sont terminées que vers le 500' jour. — Dans ces conditions, on voit parfois <e travail s'établir, puis cesser pour devenir définitif beaucoup plus tard. — Quelques laits empruntés à l'obstétrique humaine et aux vétérinaires, semblent prouver que la gestation \ cul se. prolonger lort au delà des limites que nous venons d'indiquer.

JOCU!» ACC.

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