DISTENSION DU PÉRI N KE
Après la résistance fournie par la dilatation du col, le périnée est l'obstacle le plus énergique que la contraction utérine ait à vaincre.
Les causes qui, sur ce point, retardent l'expulsion sont diverses. Elles résident :
i° Dans les conditions nouvelles où se manifeste l'effort utérin, et qui sont inoins favorables, au point de vue de la production de la force qu'au moment où le résultat de la contraction se condensait en quelque sorte sur un point de l'organe même, pour obtenir la dilatation du col. l ue partie du fœtus a quitté la cavité utérine ; il est vrai que le muscle a gagné en épaiss 'ur ce qu'il a perdu en étendue, mais les conditions d'action sont modifiées. Quand l'œuf était intact, il servait de point d'appui à la contraction et la résistance était dans la région cervicale, maintenant les termes du problème sont ebangés, c'est le fœtus qui est devenu la résistance, et les points d'appui beaucoup moins fixes résident dans les insertions de l'utérus sur le vagin et dans la résistance des muscles abdominaux, qui agissent en même temps comme puissance.
*2° Dans la direction de la force en action, qui diffère de la direction que
ACCOLCHt MENT
doit parcourir le fœtus, il va là un fait assez important à noter. La direction de la contraction est perpendiculaire au plan du détroit supérieur, par conséquent le corps mobile qui subit son impulsion va heurter le plancher périnéal vers sa partie postérieure. La direction de l'effort suit une ligne droite, et le fœtus, pour gagner la vulve doit eu suivre une courbe. Voilà le fait brut. On conçoit donc parfaitement que l'effort direct de la contraction ait pour résultat de faire bomber le périnée sous la pression de l'extrémité fœtale que subit l'effort. Ici se produit un double phénomène, l'extrémité fatale est mobile et dans le cas où le sommet se présente en occipito-antéricur, cette mobilité est trèsgrande. Le périnée cède eu avant, c'est-à-dire du côté où ses insertions lui laissent un peu plus de liberté, alors ils forment un plan incliné sur lequel la partie fœtale glisse en exécutant un mouvement de déflexion qui le rapproche de la vulve.
L'exactitude du fait que je signale est démontrée lorsque la tète du fœtus engagée en oceipito-postérieur a conservé cette situation jusqu'à la lin du travail, bans cette position la tète doit se rapprocher de la vulve au moyen d'un mouvement de flexion exagérée qui est extrêmement limité en raison de la brièveté du cou du fœtus. Ce mouvement n'a pas, comme dans l'oceipito-antérieur, (où la tête se délléehit), une étendue suffisante pour compenser la différence qui existe entre la direction de la force d'impulsion et la direction que doit suivre le fœtus ; le périnée subit une distension énorme; le plus souvent, il est déchiré à sa partie antérieure et quelquefois même rompu complètement.
J'ajouterai que l'effort utérin est en partie décomposé par la lige brisée que forme le grand axe du lœtns lorsque la tète est défléchie. Nous verrons tout à l'heure que cette disposition est favorable pour prévenir en partie les accidents qui pourraient survenir du côté de la vulve, si elle était brusquement distendue par un effort direct.
.*»" Enfin les obstacles résident dans les éléments du plancher périnéal qui est constitué, au point de vue de la résistance, par la peau, de fortes aponévroses et des muscles. Le périnée, avant sa distension, mesure environ huit centimètres dans son diamètre anléro-postérieur. Sous l'influence de la contraction, il doit, dans un espace de temps très-court, acquérir dans ce sens une étendue de douze à quinze centimètres. Ses autres diamètres sont augmentés dans la même proportion.
Des changements aussi considérables ne peuvent s'opérer presque subitement sans nécessiter l'emploi d'une force énergique. La peau, il est vrai, jouit d'une grande élasticité, mais au delà de certaines limites, qui sont dépassées dans ces circonstances, elle résiste énergiquemenl à l'extension. Les aponévroses sont inoins extensibles et c'est probablement dans ce dernier élément que réside le principal obstacle.
Les auteurs qui ont étudié ce point de la question prétendent que cette résistance est duc surtout à la contraction des muscles du périnée. Je crois avoir démontré (p. ;»(V) que ces muscles dans l'accouchement ne jouent aucun rôle actif appréciable. Leur puissance fort obscure pour la plupart d'entre eux en dehors de la parturition, se trouverait complètement annihilée par