AI»TIES MOLLES PU BASSIN
par le bord interne des muscles droits de l'abdomen, est, à cause de la direction de ces muscles, un peu plus large au-dessus qu'au-dessous de l'ombilic, où elle n'a pas plus de quatre à cinq millimètres de diamètre. Pendant In grossesse, elle a subi une distension qui porle ce diamètre parfois au delà de dix centimètres.
Lorsque l'abdomen reprend après l'accouchement son volume normal, la ligne blanche ne suit qu'incomplètement ce mouvement rétrograde ; elle reste toujours plus large qu'avant la première grossesse Parfois même le défaut de rétraction acquiert les proportions d'un fait pathologique; l'écartement persiste, les muscles droits restent éloignés de plusieurs centimètres, et la ligne blanche forme une espèce de besace f éventration) qui reçoit les intestins , et qui pourra dans des gestations subséquentes donner lieu à une antéversion fâcheuse.
En arrière, le grand bassin est occupé par deux muscles qui comblent presque complètement la gouttière formée sur les côtés de la ligne médiane par la cinquième vertèbre, lombaire et l'anglo sacro-vertébral; ce sont les muscles psoas, gros faisceaux allongés et presque ronds (fig. 20 et 21). Plus en dehors, deux muscles larges et triangulaires, les iliaques, remplissent les fosses iliaques, dont ils diminuent la concavité. Ces muscles sortent du bassin sous le ligament de Fallope avec les précédents, en -passant sur léminence iléopectinée et la partie voisine de la branche horizontale des pubis, et vont s»« fixer ensemble au petit Irochanter. Quelques rameaux nerveux des branr.hes lombaires descendent sur la face antérieure de l'iliaque et le nerf crural, situé dans un sillon très-apparent qui existe entre l'iliaque et le crural.
Le petit psoas, lorsqu'il existe, passe au-devant du grand psoas sous forme de faisceau isolé, et vient s'attacher à l éminence iléo-pectinée par une bandelette tendineuse aplatie.
En dedans des muscles psoas, se trouvent l'artère et la veine iliaque exter nés; l'artère est toujours placée au-devant et en dehors de la veine. Ces vaisseaux , presque accolés au bord externe «lu psoas, l'accompagnent jusqu'à la branche horizontale du pubis.
2" Excavation. — Celte cavité est tapissée par deux paires de muscles minces qui occupent les plans inclinés dont nous avons parlé à propos du squelette de l'excavation : 1° les obturateurs externes, qui remplissent les trous sous-pubiens, forment un large faisceau triangulaire qui se dirige en dehors
Fig. 20. — Mon.» pb n r*noi abimiiiisale et m. i.'ucav» tio«t. — 1. I^oa*. — i. Iliaque. — 5. Transverse. — l. Obluralcwr interne. — 5. Jnmeaui. — 6. Ligament wi-o-kintiquo. — 7. Muwle droit de l'abdomen. — 8. Pubi».
%NATOIIIF.
► li:. M. — MotCLM Kt »Ai«sr*ox KUMM. — I. Aorte. — t. Veine rave in-
l.'-rieure. — "•. Artère iliaque primitive. I. Veine iliaque primitive. —
.;. Artère iliaque interne. — 6. Mu-, h- psou*. — 7. Mn>rlc iliaque. — S Mum le obturateur. —9. Artère ^crée
et en bas. et sort du bassin par la petite* échaucrure scialique. il se termine par un tendon digité, qui s'insère à la cavité du grand trochanter. 2° Les pyramidaux, muscles triangulaires qui ont une direction contraire , partent du sacrum, traversent la grande •Vhancrure .viatique, et se terminent par un tendon qui se rend également au grand trochanter. Toutes ces parties sont recouvertes par une aponévrose très-résistante qu'on nomme fascia iliaca . Les branches antérieures des nerfs sacrés s'y réunissent avec la branche antérieure de la dernière paire lombaire et les rameaux de la quatrième pour former le plexus sacré. Ces muscles sont recouverts par des aponévroses qui leur sont propres.
La présence de ces nerfs dans l'excavation explique les crampes des femmes en travail lorsque la tête du fœtus exerce sur eux une compression plus ou moins énergique. On voit également, en dehors du sacrum, les branches d'origine du plexus sciatique, et, plus en avant, le nerf obturateur qui parcourt un certain trajet avant de pénétrer dans le trou sus pubien. L'artère et la veine hypogastriques sont appliquées sur les parois latérales de l'excavation. Ajoutons aux éléments que nous venons d'énumérer la présence du rectum, qui est placé supérieurement au-devant de la symphyse sacro-iliaque gauche ; il descend obliquement vers la ligne médiane, qu'il atteint vers In partie moyenne du sacrum, dont il suit la courbe. Parvenu à l'extrémité inférieure du coccyx, il se dirige en avant, puis en bas, après un trajet de deux centimètres, et traverse les parties molles, (les rapports changent nécessairement avec le volume de l'intestin lorsqu'il est rempli par des matières fécales. 1^ rectum est uni au sacrum et au coccyx par un repli du péritoine (mésorectum) et par un tissu cellulaire lamelleuv et lâche. ta vessie adhère à la l'ace postérieure de la symphyse et du corps des pubis à l'aide d'un feuillet du péritoine, d'un tissu cellulaire lamelleux très-IAche, d'une aponévrose peu étendue et de cordons fibreux latéraux, qui forment les ligaments antérieurs tle la vessie.
3 ' Rtcios pkbi.xrai v. — Des régions que nous venons d'examiner, il n'en est point qui soit aussi profondément moditiée par les parties molles. Le détroit
l'MITIKS UOI.I.KS Hl' HXSSIV
inférieur, qui formait une large ouverture, est converti eu nu plancher continu, percé seulement rte trois orifices : le méat urinaire, la vulve el l'anus. Sa direction forme une courbe dont la concavité regarde en haut.
Les principaux éléments de celle cloison sont constitués par des muscles assez nombreux, des aponévroses et la peau.
Les muscles sont : I" le releveur de l'anus, membraneux, quadrilatère : il c>l concave comme la région dont il l'ail partie, et s'insère par sa circonférence en avant à la face externe du pubis et île sa blanche horizontale, ù l'arcade tendineuse pubiosciatique et à l'épine seiatique. Tontes ses fibres se portent sur la ligne médiane et se terminent, les ailté- Mij. ti. - Mi soi es pi; pj:mnkk. - I. ConMri. I. nr In vulve. - 2. Trai^ver^
l ieures Slir les Côtés ,lu l"'™"*- — r*- ^"^rideur de l'ami». — ». RHrvrMir <l<> I anu*. —
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de la vessie, d'autres sur le vagin, d'autres s'entre-croisent dans l'espace qui sépare le vagin du rectum, et les postérieures sur le rectum.
2" l/ischio-coccygien, qui continue le précédent en arrière, unit de l'épine M-ialique et se termine sur les faces latérales du coccyx.
r>° Le sphincter de l'anus : anneau musculaire aplati latéralement, ayant environ trois centimètres de hauteur, est situé au-dessous du précédent. Attaché en arrière à la dernière pièce du coccyx, il se bifurque en arrivant à l'anus qu'il entoure; les faisceaux, en poursuivant leur roule, se rejoignent au-devant de cet organe, et, en s'enlre-croisant. deviennent l'origine du muscle qui suit.
V» Constricteur du vagin : nous savons comment il prend naissance en arrière, en se dirigeant en avant, il entoure le vagin et enveloppe son bulbe, puis l'orifice de l'urèthre, atteint le clitoris, et se fixe sur ses racines en se confondant avec l'extrémité supérieure des ischio-caverneux. Ce muscle forme avec le précédent un huit de chiffre.
5° Transverses du périnée : ces muscles sont constitues par deux petits plans charnus. Nés de la surface interne et antérieure des tubérosités ischiatiques, au-dessous de l'ischio-eaverneux el entre les aponévroses moyennes et superficielles, ils se dirigent transversalement et se réunissent dans l'espace qui sépare l'anus de la vulve, et donnent des libres au sphincter de l'anus et nu constricteur du vagin sur le point où ils s'entre-croisent.
0° Ischio-caverneux : faisceau allougé et grêle, couché sur le bord inférieur et interne de la branche ischio-pubienne. Il unit par un tendon aplati
.'«G ANATOMIK.
de la face interne de la tubérosité ischiatique et à la partie voisine de la branche ascendante de cet os. Il se porte en haut et en dedans, enveloppe dans ce trajet la racine du corps caverneux du cliloris et se termine par deux portions: l'une, sur l'enveloppe fibreuse du corps caverneux ; l'autre, au-dessous de l'extrémité libre du clitoris.
7° Enfin, pour terminer rémunération des muscles de cette région, il faut noter que les fibres coccygienneset sacrées du muscle fessier descendent au niveau d'une ligne étendue du sommet du coccyx au milieu des tubérosités sciât iques.
Les muscles du plancher périnéal sont séparés par plusieurs aponévroses. Il n'est point utile, dans un ouvrage de cette nature, d'en donner une description détaillée; il sulfît de les énumérer, renvoyant pour ce point d'anatomie à la thèse de Jarjnvay.
Ces aponévroses, dont la disposition est fort compliquée, sont au nombre de quatre : 1" aponévrose pelvienne supérieure; 2° périnéale profonde; 5°pê- • rinéale moyenne ; 4° périnéale superficielle.
On trouve en outre dans la structure du périnée des vaisseaux, des nerfs, et du tissu cellulaire adipeux, répandu un peu partout, mais qu'on rencontre surtout en abondance sous la peau et dans l'espace ischio-reclal.
Enfin, un dernier élément vient s'ajouter à la région périnéale; c'est la peau qui en forme la couche la plus extérieure.
Dans l'examen que nous venons de faire des parties molles du bassin qui jouent un rôle dans l'accouchement, nous avons noté trois régions musculaires : 1° abdominale, "2° pelvienne, 3° périnéale.
Leur situation, relativement au fœtus, laisse assez pressentir quelle sera leur action ultérieure.
Les nmscles de la région abdominale, en se contractant, aideront puis samment à l'action de l'utérus, et favoriseront l'engagement et l'expulsion de l'enfant.
Les muscles de l'excavation semblent devoir être tout à fait inactifs, malgré l'opinion, déjà un peu vieille, des maitres qui attribuaient une certaine importance à l'action des muscles qui tapissent cette cavité.
Enfin les muscles du périnée, selon la doctrine unanimement adoptée, deviendront un obstacle actif à l'expulsion du fœtus, formeront un antagonisme puissant à l'elfort de l'utérus et des muscles abdominaux, et cet antagonisme pourra, dans certains cas, prendre les proportions d'une cause de dystocie.
Ce dernier point, accepté sans discussion comme une vérité démontrée par Ie3 auteurs, me semble être une erreur; et vous aile/ juger les raisons qui me portent à le croire.
On accorde aux muscles qui forment le plancher du bassin une contractilitè assez énergique pour arrêter au passage, et même pour repousser la tète du fœtus qui les comprime avec une grande force. Je ne prétends pas qu'on ne tient aucun compte des autres éléments de résistance ; mais la plupart des auteurs font une si large place à la contraction musculaire, que tout le reste est presque accessoire.
IMRTIKS MOU.ES DO BASSLV
Examinons d'abord l'action physiologique que la compression détermine sur les muscles. Nous pouvons, sans sortir de l'obstétrique, trouver des termes de comparaison. Lorsque la nécessité d'un accouchement laborieux nous oblige à introduire la main et l'avant-bras dans l'utérus pour pratiquer une version, il arrive parfois que l'organe est le siège de contractions énergiques; l'orifice utérin se ferme sur l'avant-bras introduit et l'enserre dans une étreinte eonvulsive. Au bout de quelques minutes, le membre s'engourdit, puis se paralyse; la main devient inerte, perd toute sensibilité tactile, et ne peut même saisir les parties qu'elle veut atteindre. Et cependant cette constriction s'opère sur un seul point de la masse puissante des muscles de l'avant-bras, qui ont, notez-le bien, une force de résistance bien autrement grande que les espèces de membranes musculaires du plancher périnéal, aplaties sur toute leur étendue par la tète fœtale qu'elles coiffent.
Ils sont pressés contre la peau du périnée, qui forme un plan résistant, par le fœtus pesant sur eux de tout le poids d'une contraction utérine, rendue plus lourde par le puissant concours des muscles abdominaux.
Il est bien difficile d'admettre que, dans de semblables conditions, ils puissent conserver la moindre contractilité. Cependant admettons-le pour un instant, et cherchons ailleurs nos pièces de conviction.
lie périnée, eu dehors du travail, possède un diamètre antéro-postérieur de huit centimètres environ ; sous l'influence de la distension déterminée par la présence de la tôte, il en acquiert, dans un temps extrêmement court, de douze à quinze. Les autres diamètres sont également augmentés; naturellement les muscles qui en sont parties intégrantes sont obligés de suivre ce développement, et subissent une extension forcée qui double presque leur étendue normale. Est-il possible d'admettre que, dans ce nouvel état, ils puissent acquérir un surcroit considérable d'énergie, ou même conserver leur contractilité, déjà si obscure pour la plupart d'entre eux, en dehors de l'état puerpéral? Je ne le crois pas.
J'ai dit que la contractilité de la plupart de ces muscles était obscure en dehors de l'accouchement; en effet, a part le constricteur et le releveur de l'anus, et parfois le constricteur du vagin, il est difficile à l'état physiologique de sentir leur action. De plus, ils ont en général un volume moindre que chez l'homme, ce qui prouve qu'ils n'ont pas de destination bien évident 1 dans l'acte de laparturition. Et cependant, on a voulu faire de ces muscles si grêles les antagonistes sérieux d'une puissance aussi énergique que celle produite par l'union des forces utérine et abdominale. Autant dire que le pyramidal de l'abdomen peut être un antagoniste sérieux des muscles de la région postérieure du tronc.
Mais poursuivons notre examen et cherchons sur le périnée les traces de la puissance qu'on nous signale; — ce que je n'ai pas manqué de faire depuis que j'ai douté de cette puissance. Portez la pulpe des doigts sur la surface périnéale; pendant l'accouchement, concentrez sur ce point toute \otre sensibilité tactile ; explorez-la avec tnut le soin et la persistance possible, et jamais vous ne percevrez aucun de ces mouvements qui trahissent la contraction des muscles, et que vous sentez d'une manière si manifeste sur l'utérus et
\> vroMir.
les parois abdominales, fcxaininez le sphincter île l'anus, le plus énergiqu-de cette région, vous le trouverez complètement relâché ; l'anus dilaté, béant, laisse passer sans obstacle les matières fécales que la téte du fœtus pousse devant elle.
Résumons-nous : paralysie par compression ; — paralysie par extension forcée; — faiblesse organique, qui exclut tonte idée de puissance antagoniste sérieuse ; — impossibilité de percevoir la contraction des muscles, tandis qu'au contraire on constate leur relâchement complet, notamment pour le sphincter de l'ami». Voilà tout ce que l'attention la plus minutieuse m a permis d'observer.
Je crois les raisons que je viens de signaler suffisantes pour établir que l'action des muscles ne joue pas dans la résistance périnéale le rôle qui lui a été attribué. Il faut chercher les causes de cette résistance dans la distension mécanique de la peau, qui doit se faire dans un temps extrêmement court, et dans les plans fibreux qui forment les aponévroses si nombreuse» de cette région. Les muscles n'y concourent que pour une très-faible part, et seulement au même titre que le reste, c'est-à-dire en subissant une distension mécanique.
C'est une question de rétractilité et non de contractilité.
Si j'insiste sur ce point, c'est que l'opinion contraire s'abrite sous des autorités respectables. Du reste, la pratique gagnera encore plus que la théorie à celle rectification, et j'y puise le principe : qu'il ne faut jamais.
suivant l'exemple des auteurs qui veulent, an moyen de la saignée poussée jusqu'à la syncope, vaincre les contractions musculaires trop énergiques, — il ne faut pas, dis-je, attaquer par la saignée générale un périnée trop résistant. Ce serait s'éloigner du but qu'on se propose d'atteindre ; en admettant que la saignée amenât la résolution musculaire, on obtiendrait l'inertie abdominale, sans que le périnée perdit la moindre partie de sa résistance. De plus, il faut se montrer très-sobre de saignées chez une femme qui, dans un instant peut-être, sera atteinte d'une perte, car, dans ces cas-là, l'hémorragie ne tient pas compte du sang que la lancette a versé».
Examinons maintenant les modifications que les parties molles ont fait subir à la physionomie du bassin.
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1-e fait le plus saillant qui en résulte est la transformation du canal pelvien largement ouvert à ses deux extrémités, en une cavité conoîde fermée à si partie inférieure.
Le grand bassin n'est plus aussi creux en arrière; les larges dépressions qui existaient de chaque côté de la colonne vertébrale sont en partie comblées par les psoas; l'angle sacro-vertébral semble moins proéminent, et la concavité assez notable des fosses iliaques est amoindrie par les muscles qui s'y insèrent. On a prétendu que ces muscles servent en quelque sorte de coussins à l'utérus gravide; il est possible que, jusqu'à un certain point, cela
l'AHTUS MOI.I.KS ni |l\SSl.\ 59
soit exact; mais il ne faut pas perdre de vue que dans la station verticale l'utérus, au-dessus du détroit supérieur, est assez fortement porté en avant, non-seulement à cause du degré d'inclinaison de la ligne sacro-pubienne, mais aussi parce qu'il est poussé en avant par les vertèbres lombaires. II repose donc principalement sur la région pubienne. De plus, sa direction n'est pas tout à fait verticale; il a une inclinaison latérale, à droite le plus ordinairement. Le rôle des muscles iliaques est donc assez restreint, à ce point de vue. L'utérus, surtout vers la fin de la gestation, s'appuie principalement sur la paroi abdominale qui se moule sur lui et qui forme la partie élastique et souple du bassin abdominal.
Les angles de cette région se sont arrondis ; on n'y rencontre plus les anlïactuosilès si accusées sur le squelette. Ces parties molles ont un peu dimi nué les diamètres du grand bassin, mais ce fait n'a aucune importance en raison du rôle secondaire qu'il joue dans l'accouchement.
Le détroit supérieur est plus notablement atteint dans sa forme. Les psoa> qui passent de la symphyse sacro-iliaque à l'emmenée ilio-pectinée forment les cotés d'uu triangle dont la base est le pubis, et le sommet tronqué, l'angle sacro-vertébral. La configuration primitive a donc subi une altération ; les muscles psoas, qui sont superposés aux extrémités du diamètre transverse, le diminuent de quinze millimètres; il se trouve donc réduit à douze; mais a-t-il perdu sa prédominance sur les autres, et l'oblique, que les psoas n'atteignent pas, devient-il par ce fait le plus grand diamètre du détroit supérieur? Je ne le crois pas; ils sont au moins égaux, car, même en négligeant de tenir compte des quelques millimètres que la présence du rectum fait perdre a l'oblique droit, il ne mesure que douze centimètres. Il n'est donc pas supérieur au transverse; ils sont égaux, et le plus grand diamètre du bassin ne se trouve pas reporté plus en avant, comme le dit Dubois *, car ce sont les chiffres de ce savant maître que je prends dans cette appréciation.
L'importance de la question n'est pas très-considérable ; mais cette prétendue disposition a servi à quelques auteurs pour expliquer la fréquence plus grande des positions obliques de la tète du fœtus au détroit supérieur. Il est une loi trop importante de l'obstétrique pour que je ne la rappelle pas toutes les fois que l'occasion s'en présentera, qui veut que dans les relations de position du fœtus avec la mère, ce dernier place ses plus grands diamètres en rapport avec les plus grands diamètres maternels. On a donc conclu que le diamètre oblique étant devenu le plus grand du détroit supérieur, le grand diamètre (antéro-postérieur) de la tète du fœtus devait se placer dans cette direction, et l'occiput en occuper une des extrémités. Si on admet qur le transverse est égal à l'oblique, ce qui ne me parait pas contestable, ;'i moins qu'on ne discute l'exactitude des chiffres de Dubois, qui sont ceux de tous les classiques, il faut chercher une autre cause à la situai ion habituelle du fœtus. Voici celle que je proposerai. Le segment inférieur de l'utérus est. à une époque avancée de la gestation, en contact avec le bord supérieur du psoas, qui forme une ligne droite, mousse et fortement inclinée en avant. Je pense que la surface ronde de la présentation, mobile dans le liquide amniotique, glisse sur le psoas et échappe ;ï sa pente en mettant son grand dia-
ANAT0MIK.
mèlre en rapport avec le diamètre oblique «lu bassin, dont les deux extrémités, surtout l'antérieure, échappent à l'action de ce muscle. Cela explique également la rareté des positions transversales. D'autre pnrt, la colonne vertébrale, qui forme une saillie sur la ligne médiane, oblige le fœtus à se dévier à droite ou à gauche, et rend tout aussi difficile la situation antéro-postérieure directe.
Le diamètre sacro-pubien subit également une diminution de quatre à cinq millimètres par la présence de la vessie, qui s'élève au-dessus du pubis lorsqu'elle contient de l'urine, et par les parties molles qui recouvrent le promontoire.
L'excavation est également diminuée de quelques millimètres par la présences des muscles obturateurs, des pyramidaux, du rectum et d'un peu de tissu cellulaire adipeux qui tapissent ses parois. Cependant ce rétrécissement n'est sensible qu'au niveau des plans osseux. Les autre parties conservent une extensibilité fort utile au travail. Les psoas, dont l'épaisseur est surajoutée en arrière et sur les côtés du détroit supérieur, augmentent un peu dans ce sens la profondeur de l'excavation. La présence des nerfs nombreux qui sont répandus sur cette région, et qui subissent parfois une compression déterminée par la tèle du fœtus, ajoute considérablement aux douleurs de l'accouchement.
Le (h'troit, inférieur est. non pas mot
mais complètement transformé par l'adjonction des parties molles; une large cloison élastique et résistante ferme le vide • <|u'il présentait sur le bassin sec; mais cette cloison ellemême subit de grandes modifications sous l'influence du travail. Elle est percée de trois ouvertures, dont une seule a de l'importance au point de vue qui nous occupe. C'est la vulve; — elle représente, sous forme de fente, l'ouverture \ considérablement rètrécie du détroit inférieur. Cette ouverture ne se trouve pas au centre de la cloison. Aussi les parties molles qui se trouvent plus en arrière subissent, sous la pression de la léte du fœtus, une distension considérable :
elles formeront un plan incliné qui aboutira à la vulve.
Alors un canal transitoire fera suite au canal pelvien et en continuera la courbe. Le fœtus se frayant un passage ouvrira l'anneau vulvaire assez large-
Kig. -23. -- r.»\»i PH.vi-i-Mii v «i * i» m m m-axhi.
IILSIMK du IIASSI.V 01
ment, sinon pour lui donner les diamètres du détroit inférieur, au inoins pour se faire une issue au dehors.
En résumé, cette cloison, qui forme au détroit inférieur un plan concave sou> l'influence du travail, s'étend, se transforme en canal, et enfin l ouverture comblée se rétablit lorsque le fœtus franchit la vulve.
KESf.ME
Le bassin osseux présente une cireonféivnce irréguliéiv circonscrivant une cavité que doit traverser le fœtus à sa naissance. — Situé à la partie moyenne du corps, il supporte la colonne vertébrale eu arriére et repose en avant sur les fémurs. — Les os du bassin sont unis par des ligaments puissants. La grossesse modifie un peu la structure anatoinique de ces articulations, mais normalement elle ne les mobilise (teint assez pour que la cavité pelvienne eu soit agrandie d'une manière notable. — Dans les grandes articulations du bassin, le contact des surfaces est médiat sur nue partie de leur étendue et immédiat pour le reste. — Le bassin a étédi\isé eu deux surfaces, l'une interne, l'autre externe: cette dernière ne présente pas d'intérêt au point de \ue des accouchements. — La surface interne a été divisée en deux régions : une supérieure, grand bassin, bassin aiidouiiual; la seconde, excavation. La ligne innommée sépare ces deux régions. = Le qrand bassin, constitué par les fosses iliaques sur les côtés, par la cinquième vertèbre et la base du sacrum en arrière, présente en avant une vaste échancriuv fermée, sur le sujet compte!, par les muscles de la région abdominale. — Il mesure, d'une crête iliaque a l'autre, '27 à 28 centimètres; d'une épine anléro-supérieure à l'autiv, 20 a '27. — I/' petit bassin, canal cylindroide, olirej» étudier deux extrémités :'détroit supérieurct inférieur, et une partie moyenne : excavation. — l'excavation est divisée en quatre régions : antérieure, postérieure, et deux latérale*; elle mesure 12 centimètres dans tousses diamètres ; cependant au niveau de l'épine v iatique elle se rétrécit un peu. — La hauteur des parois de l'excavation est très-variable ; elle mesure l."> centimètres en arriére. 10 sur les côtés et i> en avant. =■ I,e détroit supérieur forme une ligne saillante, constituée en arrière par l'angle sacro-vertébral et le bord antérieur de la base du sacrum, sur les côtés par la ligue innommée, et antérieurement par le bord supérieur «le la branche horizontale du pubis. — Il est plus élevé eu avant et en arrière (pie sur les côtés, et ne peutêtiv comparé à aucune ligure géométrique, à cause de son irrégularité. — Le détroit supérieur a quatre diamètres, un antéro-postérieur. M centimètres; deux obliques. I '2 centimètres; un transversal, 15 1 '2 centimètres. = Le détroit inférieur, orilice inférieur du petit bassin, est constitué par le bord inférieur des |>arties osseuses et des ligaments sciaticpies. — Il n'est point de forme ovalaire, et pivsente deux plans inclinés convergents vers le lionl inférieur des tubérosités ischiatiques. On y voit trois échancrures et trois saillies. Le détroit inférieur se dédouble en deux étages, l'un coccy-pubien, l'autre bis-ischiatiipie. séparés par une dislance verticale de ,m uiillim. — Le détroit inférieur a quatre diamètres: uuantéro-poslérieur, 110 millim.. qui peut, parla rétropulsion du coccyx, en acquérir l*2.">; deux obliques. 1 10. qui peuvent subir le même accroissement ; un transversal bis-ischialique, immuable. 110 millim. = La direction du |ietil bassin n'est pas la même que celle de la colonne vertébrale. — l>c plan «lu détroit supérieur forme un angle de 00* avec l'horizontale; le détroit inférieur un angle de II". = L'flur* pratique de l'excavation peut être représenté par un cercle ayant 0 ceutim très . de rayon et la symphyse pubienne pour centre. L'axe pratique doit être appelé liane de
'Urvction; car il suit les parois et non le centre dos relions qu'il parcourt. ~ te grand Ikismii joue un rôle secondaire pendant l'accouchement ; durant la gestation il soutient la matrice qui trouve surtout un jKjint d'appui sur la symphyse pubienne. = Le petit bassin présente dans les rappoils de s's parois une disposition de la plus haute importanre a noter. Leur direction l'ail que le grand diamètre du détroit supérieur, transversal, s'amoindrit dans l'excavation et devient le plus |>etil en bas par le i*approchemcnt des parois latérales. Au contraire, le diamètre antéro-postérieur, qui est le plus petit en haut, devient le plus grand en bas |wr la brièveté de la paroi antérieur et la mobilité du coccyx. —11 est donc nécessiireque le fœtus, qui doit placer ses grand* diamètres en rapport avec ceux de la mère, subisse un mouvement de rotation sur son axe pour être expulse. Il est également nécessaire qu'il s'engage par une région n'excédant pas 15.*> millim., pour pouvoir pénétrer dans l'excavation ; il doit donc absolument se présenter par le sommet ou le siège. — ha symétrie parfaite des deux moitié?» latérales du bassin est excessivement rare, cependant les différences sont en général minimes. Les bassins, même normaux, différent entre eux par la forme, les rapports rie* différents diamètres, l'épaisseur des os, etc. — Il n'existe pas de rapports constants et évidents entre le bassin et les antres régions du squelette, loi-sque la stature de la femme ne dépasse pas en plus ou en moins ffune manière extraordinaire la moyenne normale, et qu'il n'y a pas eu de maladies du système osmmix. — Il existe quelques différences entre le bassin de l'homme et celui de la femme. — Les bassins des diverses rac»»s humaines ne présentent entre eux que des différences légères et non caractéristique?*.
- Dans toutes les races le diamètre transversal du détroit supérieur prédomine sur rantéro-postéricur. — Les races mongolique et éthiopienne offrent dans la coufonuation de leur bassin une identité qui ne |iennet pas de les distinguer entre etix.= Les variétés de forme du bassin des animaux sont trop nombreuses pour qu'on puisse en donner un** idée générale par la description d'un sujet quelconque servant de type. — 11 est cependant quelques particularités auatomiques qui sont communes à la plupart des brutes, telles que la hauteur considérable de la symphyse pubienne, l'inclinaison extrême du plan du détroit supérieur, et par suite la position relativement élevée du sacrum, sa rectitude, et l'absence d'épines sciatiques. --Chez un certain nombre on peut dire que la cavité pelvienne n'existe pas. — Chez aucun animal ou n'observe la convergence des quatre parois vers la partie centrale de la cavité. — Chez tous, le diamètre antéro-postérieur l'emporte sur les autres. ~ Le fœtus animal ne subit pendant l'expulsion aucun mouvement de rotation sur son axe. — Je divise le bassin des mammifères en trois classes. Dans la première je place les bassins à parturition anU'-iwhiatique ; dans la deuxième ceux dans lesquels elle est inler-iukialique; et dans la troisième ceux dans lesquels elle est n'tn^iscltiatiqui'. — 11 n'existe aucune ressemblance sérieuse entre le bassin tles animaux et ceux de l'espèce humaine. — U* bassin de la négresse n'a point de caractères d'animalité.
Les pclvimétres sont divisés eu internes ou externes, selon qu'ils sont destinés ù agir dans ou hors les parties génitales. — Aucun des iiomhivux instruments qu'on a imaginés dans ce but ne donnent un résultai aussi exact que le doigt . — On peut donc sans inconvénient, en raison des erreurs dont ils peuvent être la cause, les rejeter et pratiquer la mensuration pelvienne seulement au moyen du doigt.
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0RGANKS fi K N É H \ T K l H S HE L\ F KM M Y.
L'appareil générateur de la femme comprend : 1° lu vulve, organe d'e.xcilation sensuelle, dernier obstacle qui s'oppose à l'expulsion du fœlus; 2" le vagin, organe copulateur où le sperme est d'abord déposé; canal de transmission que doit parcourir le produit de la conception en quittant la matrice; 3" l'utérus, organe de gestation dans lequel le nouvel être se développe : 1° les trompes, organes qui livrent passage aux germes mâle et femelle ; i>° les ovaires, organes producteurs de l'œuf ; ti" les mamelles, organes dénutrition du nouveau-né.