PARTIES MOLI.KS DU BASSIN
rôle du doigt comme pelvimètre, il devient un agent précieux de diagnostic pour apprécier la hauteur du pubis, la saillie parfois assez notable que présente la symphyse à l'intérieur, la saillie de l'épine sciatique, et la présence de tumeurs osseuses qui peuvent exister sur les parois du bassin.
Là conclusion qui découle des laits que je viens d'exposer est que, dans l'état actuel de la science, on n'a aucun moyen de déterminer d'une manière rigoureuse le degré de déformation d'un bassin vicié. Le doigt est encore l'instrument le moins imparlait qu'on puisse employer.
L'école de Paris a reconnu l'inutilité des pelvimètres, qui ne sont plus employés à la Clinique, et les Anglais, qui se sont montrés fort sobres de ces sortes d'inventions, les repoussent complètement. J'ajouterai que les auteurs modernes qui les ont décrits avec soin concluent également qu'ils sont à peu près inutiles. Cela me dispense de m'en occuper davantage.
Cependant je mentionnerai celui d'Amand, qu'on trouve décrit dans sa thèse et dans l'atlas de Lenoir. C'est un compas d'épaisseur analogue à celui de Baudelocque, avec lequel il mesure, au moyen d'une branche portée sur l'angle sacro-vertébral et de l'autre sur la région lombaire, l'épaisseur du sacrum, puis, par le même moyen , celle du pubis. Par la mensuration externe, il prend l'épaisseur totale du bassin, et dédflit ensuite le diamètre antéro-poslérieur. 11 procède de même pour les diamètres obliques et transverses. Mais on comprend combien il est difficile d'obtenir de toutes ces mensurations partielles un résultat exact.
On peut adresser à cet instrument une partie des reproches qui font repousser celui de Baudelocque, dont il remplit toutes les indications; il est du reste moins compliqué et d'une application plus facile que ceux deBoivin. Wellenbergh et Van Heuvel.
Sous le nom de cliséomètres, Kluge, Ritgen, Osiander, Stein, Buse h, ont inventé des instruments destinés à déterminer les inclinaisons vicieuses des plans du bassiu. Celte recherche est aujourd'hui complètement abandonnée, non-seulement parce qu'elle est inutile, mais encore parce qu'il était radicalement impossible d'obtenir un résultat exact sur le vivant. Je ne rappellerai donc point des inventions très-justement oubliées ; j'ajouterai qu'il est douteux qu'on ait jamais observé un seul cas de dystocie tenant exclusivement n un vice de direction du plau des détroits. Nœgelc cite au contraire des observations dans lesquelles ce vice de direction était porté au plus haut degré, et dans lesquelles on a vu l'accouchement se terminer d'une manière spontanée.
PARUES NOLLLEN «Cl BEVÉTEKT LK BAS8IN
J'ai signalé l'importance de l'étude sérieuse du bassiu osseux, cl la nécessité déposséder d'une manière très-précise la disposition de ses éléments. Cependant ce n'est pas le seul aspect sous lequel on doive envisager le bassin. Il faut le connaître, non-seulement. à l'état de squelette, mais encore revêtu de ses parties molles, et tel que la main de l'accoucheur le rencontrera au moment de l'intervention.
AMT0.MIK.
C'est sous ce nouvel aspect que nous allons l'examiner. Nous ne trouverons plus de saillies anguleuses, de brusques dépressions, plus d'éehancrurcs, de vides. Les parties molles comblent les vides, les angles s'adoucissent, et les contours n'ont plus d'arêtes vives. Cependant ces modilicalions portent sur les détails, sans altérer les traits principaux de la cavité pelvienne.
Pour étudier lue parties molles du bassin, nous suivrons les mômes divisions que pour le squelette.
Wa*eles de la «urfaee extérieure. — Ces muscles puissants, qui s'insérent par de larges altacbes aux régions extérieures du pelvis, n'ont pas de rapports directs avec l'accouchement. Pour cette raison, nous ne les mentionnerons point. Il faut noter seulement que par leurs insertions ils laissent libres les saillies osseuses qui servent de point de repère à la mensuration extérieure. Parfois cependant le tissu cellulaire graisseux est assez abondant pour qu'a travers son épaisseur il soit impossible de retrouver ceux de ces points qu'il serait le plus important de connaître. Parmi les muscles de la région postérieure du bassin, il en est un qui n'est pas absolument étranger au sujet qui nous occupe, et, a ce litre, nous le mentionnerons; c'est le grand fessier. Il ne peut ni favoriser, ni empêcher le travail, mais il se trouve en rapport avec l'extrémité postérieure des diamètres obliques du détroit inférieur, et subit, au même titre que le ligament sacro-sciatique, une espèce de refoulement lorsque la présence de la tète du fœtus rend nécessaire l'extension de ce diamètre.
Pari le*» molle* de la wurfaee Intérieure. — J'en diviserai l'étude en trois régions, qui correspondent à des phénomènes physiologiques du travail que je signalerai plus tard : — 1" région : abdominale, grand bassin ; — 2e, excavation; — 5e, périnéale.
1° Grand bassin. — Le grand bassin joue un rôle assez secondaire dans la parturition ; mais une partie des muscles qui s'y insèrent sont assez actifs pendant l'accouchement. C'est tout le contraire pour l'excavation dont les muscles ont une action à peu près nulle. Sur le bassin sec, on voit en avant de la région sus-pubienne une large èchancrure, comblée sur le vivant par les muscles de la région antérieure de l'abdomen. Ces muscles, en général larges et aplatis, forment un plan élastique qui permet le développement de l'organe en gestation, et dont la conlractilitè énergique deviendr a pendant 'e travail un des agents de l expulsion du fœtus.
Les muscles qui ferment la paroi antérieure du grand bassin son : l°les grands obliques; 2° les petits obliques de l'abdomen; o° le transverse; plus en avant et de chaque côté de la ligne médiane , iJ les muscles grands droits, et 5' les pyramidaux. Ces muscles ont pour tendons d'insertion de larges aponévroses qui s'unissent de diverses manières, et forment sur la ligne médiane une espèce de raphé fibreux qu'on nomme la ligne blanche.
De toutes les parties constituantes de cette paroi, la ligne blanche est celle qui subit sous l'influence de la gestation les modifications les plus notables et les plus durables. Les muscles, en raison de leur conlractilitè, reprennent leur situation et leurs dimensions primitives assez rapidement. Il n'en est pas de même de la partie fibreuse. Chez les nullipares, la ligne blanche, limitée