‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 28 sur 183 · CORPS J.U'NE · texte numérisé non relu

CORPS J.U'NE

elle est facile h détacher du tissu de l'ovaire, dont la teinte rose pâle est parfaitement reconnaissais et distincte.

L'oariule subit alors une compression, non de la part du feuillet fibreux et rêtractilc de Baér, qui n'existe pas, mais par la rétraction des fibres musculaires du tissu ovarien entourant la vésicule et qui avaient été progressivement écartées à mesure que l'ovisac avait augmenté de volume.

Sous l'influence de cette compression, la membrane molle et hypertrophiée se plisse sur elle-même, et ses replis en se touchant forment des espèces de circonvolutions analogues à celles du cerveau. Parfois ce plissement est moindre, car l'oariule peut être distendu par une quantité assez considérable de sang ou de sérosité rougeâtre, épaisse etgélatiniforme, pour acquérir un centimètre et demi à deux centimètres de diamètre.

Les circonvolutions s'appliquent les unes aux autres par leur faces correspondantes et sont bientôt soudées entre elles de manière à former une masse compacte qui renferme dans son centre une cavité remplie par la sérosité ou le caillot sanguin. Peu à peu les replis s'avancent de la périphérie vers le centre, la cavité diminue par la résorption des parties liquides et bientôt l'oariule est constitué par une masse solide et homogène dont les éléments sont soudés entre eux. Cette masse perd peu à peu son volume, tend elle-même a disparaître et ne communique plus avec la couche ovigène que par la cicatrice que nous avons signalée sur la surface de l'ovaire.

Les éléments liquides de l'oariule se résorbent en général assez rapidement , mais pas toujours de la môme manière sans qu'on puisse expliquer la raison de ces différences. Parfois c'est le caillot qui se décolore et se résorbe pendant que le plissement s'accomplit, et il reste une masse de fibrine grisâtre. D'autres fois c'est la fibrine qui se ramollit et disparait, les globules pâlissent peu à peu et sont également résorbés. Cependant il reste une masse molle dont la couleur passe du lie de vin au rouge noir, ou tout à fait au noir. Elle est composée d'hématoïdine provenant de Yhématosine altérée. Cette coloration peut persister jusqu'aux dernières phases de l'évolution du corps jaune, et siège non-seulement dans la cavité, mais encore s'étend autour de la membrane en voie de destruction. C'est probablement cette disposition qui avait fait croire a Robert Lee que le corpus luteum se développait en dehors de l'ovisac.

La coloration de l'oariule est différente non-seulement chez les divers sujets mais encore aux différentes époques où on l'observe. Sa teinte jaune est due à la présence des globules graisseux ; au début de son évolution et même plus tard, il peut se faire que les éléments colorants du sang masquent la teinte des globules jaunes, ou que, se combinant avec eux, ils forment des nuances fort diverses. Lorsque les oariules ont subi l'atrophie qui précède leur disparition, ils sont grisâtres, couleur de rouille ou même complètement noirs. Ces nuances différentes expliquent pourquoi les cicatrices de la surface de l'ovaire ont des aspects si variables.

La formation de l'oariule a toujours lieu par le mécanisme que nous venons d'exposer, mais son évolution diffère selon qu'il appartient à la menstruation ou à la conception.

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Oariules de la menstruation. — Lorsque l'ovule n'est pas féconde, le corps jaune a un développement médiocre ; il est rare que les circonvolutions se soudent entre elles ; au bout de trente à quarante jours il est réduit à l'état de tubercule cicatriciel composé de corps fibroplastiques et de malière amorphe, colorés ou non par l'hématoïdine.

Oariule de la grossesse. — Lorsque l'ovule a été fécondé, Coste a démontré que l'oariule avait un volume plus considérable que dans le cas précédent. Les circonvolution sont nombreuses et pressées. 11 peut acquérir un diamètre de trois ou quatre centimètres et continue a grossir jusqu'au troisième mois. Vers le cinquantième jour il est jaune a la périphérie. Dans son centre il contient ordinairement une masse irrégulière de fibrine d'un gris noirâtre, demi-transparente , dont la coloration est due à l'hématoïdine lorsqu'elle existe.

A partir du quatrième mois de la gestation l'oariule s'atrophie, les vaisseaux qui s'engageaient dans les circonvolutions disparaissent. La masse qui faisait saillie à la surface de l'ovaire, diminue ; bientôt le corps jaune est complètement renfermé dans la substance de l'organe et les granulations graisseuses sont résorbées; à terme, il constitue un tubercule de 7 a 8 millim. de diamètre. Deux mois environ après l'accouchement, ce n'est plus qu'un petit noyau qui persiste un temps variable.

Parfois la vésicule de Graaf semble parcourir normalement toutes ses périodes; mais au moment de se rompre, les phases mêmes de son évolution s'arrêtent et elle subit une espèce de résorption sans que l'ovule soit expulsé. Courty croit que dans ces conditions il se forme un corps jaune comme dans les cas où la rupture de l'ovisac s'est produite. Si le fait a été observé chez les oiseaux, il est encore trop douteux pour les mammifères, pour qu'on puisse l'admettre dans l'état actuel de la science.

■AMBLLSS

Les mamelles, dont la présence a servi pour caractériser la première classe des vertèbres, sont des organes glanduleux destinés à fournir à l'enfant ses éléments de nutrition pendant les premiers mois de l'existence extra-utérine.

l es glandes mammaires, au nombre de deux chez les femmes, sont situées sur les côtés de la région antérieure et supérieure de la poitrine, en avant du grand pectoral et dans l'espace limité par la troisième et la septième côte. En général de forme hémisphérique , elles sont un peu plus larges que hautes, et un peu plus épaisses en dedans qu'en dehors. Leur diamètre, extrêmement variable, présente ordinairement 12 centim. dans le sens transversal, tO dans le vertical et 8 dans l'antéro-postérieur. Leur forme et leur volume offrent des différences non-seulement individuelles, mais encore qui se manifestent aux diverses époques de la vie chez la même femme, sous l'influence de la maigreur, de l'embonpoint, de l'âge, de la lactation, d'accouchements répétés, etc.

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