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MAMELLES

La surface cutanée de la mamelle se compose de trois parties distinctes : l'enveloppe périphérique, l'aréole et le mamelon.

1° La peau, souple et douce au toucher, ordinairement blanche, est parfois marquée de vergettures chez les femmes qui ont allaité ou perdu leur embonpoint ;

2° L'aréole forme un disque au sommet de l'organe, elle est rosée chez les vierges et les nullipares, brune chez les femmes mères ou en état de gestation. Son diamètre assez variable est en général de 3 à \ centim. et sa coloration plus foncée chez les femmes brunes que chez les blondes. A la circonférence elle se confond graduellement avec les parties blanches qui l'environnent. Souvent l'aréole aune étendue beaucoup plus considérable et on voit à mesure qu'on s éloigne de son centre des espaces circulaires, mesurant quelques millimètres de diamètre, qui tranchent par leur couleur plus claire sur le reste de la surface teinte par le pigment. Cette disposition a été signalée sous le nom d'aréole mouchetée. (Voir : sécrétion pigmentaire.) Bailly a noté qu'il existe constamment un poil fin, plus ou moins apparent au centre de chacune de ces mouchetures. Parfois quelques poils longs et rares sont implantés sur l'aréole.

La peau de cette partie de l'enveloppe mammaire n'est pas lisse et souple comme sur le reste de la périphérie. Elle est plus mince, et son épithélium renferme des cellules pigmentaires auxquelles elle emprunte sa coloration. La couche dermique est constituée par du tissu cellulaire, des fibres élastiques, et elle est doublée par une couche musculaire, à.fibres lisses, que Sappey nomme muscles sous-aréolaires. L'aréole jouit d'une certaine contractilité qui se manifeste sous l'influence d'excitations diverses; la peau se ride et forme alors des plis assez saillants. Le muscle sous-aréolaire, dont l'épaisseur est de 2 à 3 inillim., est circonscrit par l'aréole. Ses fibres qui adhèrent û la peau s'entre-croisent en décrivant des anneaux ; il est destiné surtout û comprimer la base du mamelon et à favoriser l'excrétion du liquide contenu dans les conduits lactifères qui y aboutissent.

11 existe sur l'aréole des petits tubercules qui deviennent apparents pendant la gestation, et dont la saillie est de 2 à 3 millimètres ; ils forment autour du mamelon un cercle plus ou moins régulier et sont en nombre assez variable. On en compte habituellement de 6 à 20. Ces glandules, situées dans les parties les plus superficielles du derme, ne reçoivent point de fibres musculaires ; elles ont la constitution des glandes en grappe et sont formées de lobes, lobules et acini. Leur produit de sécrétion est légèrement jaunâtre, demi-transparent. Sappey nie d'une manière absolue l'analogie qu'on a voulu établir entre leur fonction et celle de la glande mammaire, et soutient contre Morgagni, \Y inslow et P. Dubois *, qu'il est impossible d'admettre qu'elles sécrètent du lait. Cependant Dubois affirme avoir vu ce liquide jaillir d'un des tubercules, et véritablement il est difficile de ne pas croire un fait aussi positivement affirmé par cet auteur; il se peut donc qu'à titre d'anomalie Dubois ait constaté l'ouverture d'un conduit lactifère sur un des tubercules de l'aréole; mais d'une manière générale, je pense qu'il faut admettre

VN.VIUMIL.

avec Sappey, qui les a si bien décrites, que ces glandules sont tout à fait étrangères à la sécrétion du lait.

On observe également sur l'aréole des glandes sudoripares et des follicules pileux.

3" Le mamelon situé au centre de l'aréole forme une saillie conoïde de 9 à 10 millimètres, avec une base de 8 û 9. Cependant il n'est pas rare de le voir infiniment moins développé surtout chez les nullipares où parfois au lieu de faire saillie il reste au niveau de l'aréole, ou disparaît dans la mamelle en laissant une dépression au lieu de former un relief. Cette anomalie peut tenir à la brièveté des canaux laclifères qui attirent en dedans le sommet du mamelon dans lequel ils se terminent. Dubois attribue également la brièveté du mamelon à la pression continue de vêtements trop serrés, qui l'aplatissent. Les dimensions du mamelon peuvent être modifiées par des causes très-diverses, telles que la menstruation, la grossesse ou l'allaitement. En général il est plus développé chez les femmes mariées que chez les vierges ; il augmente manifestement pendant la grossesse, et reste habituellement assez volumineux après l'allaitement.

L'èpilhèlium du mamelon contient des cellules pigmentaires qui lui donnent sa coloration, un peu moins foncée que celle de l'aréole. Le derme est hérissé de papilles très-développées, surtout vers le sommet de l'organe où elles sont pressées et donnent à la région un aspect rugueux et inégal. Leur configuration est variable ; les unes sont simples et les autres composées, l/e derme du mamelon ne contient que des fibres de tissu coujonctif et des fibres élastiques. On n'y observe jamais d'éléments musculaires, de follicules pileux ou de glandes sudoripares. Il renferme des glandes sébacée* en grappe, composées de quatre ou cinq lobes, dont le nombre selon Sappey est de 80 à 150; elles sont si pressées sur cet espace limité, qu'elles semblent former une couche continue. Leur conduit excréteur s'ouvre à la surface du mamelon dans les sillons inter-papillaires autour des canaux lactifères. Ces glandes sécrètent un fluide onctueux qui protège les parties voisines du contact irritant de la salive de l'enfant, ou du lait qui peut, en y séjournant, subir une altération nuisible.

Au-dessous du derme on observe des faisceaux musculaires nombreux ; leur direction est difficile à déterminer, elle semble variable; les uns sont perpendiculaires à son axe et compriment en se contractant les conduits lactifères, les autres sont parallèles à ce même axe et paraissent avoir pour destination de raccourcir le mamelon.

Par leur insertion, les antagonistes du muscle sous-aréolaire empêchent l'expulsion du liquide que ce dernier favorise. Ces faisceaux sont traversés par les canaux lactifères qui viennent s'ouvrir dans les espaces interpapillaires. Enfin il existe en outre dans les mamelons du tissu conjoiictir, des libres élastiques, des nerfs, des vaisseaux peu nombreux, et un réseau lymphatique qui en recouvre toute la périphérie.

La structure du mamelon n'a aucun rapport avec celui des organes érectilos, car il n'acquiert sa rigidité qu'en diminuant de volume, et uniquement sous l'influente de l'action musculaire. Sa circulation est peu active et ne

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