‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 31 sur 183 · IIS · texte numérisé non relu

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l.c chiffre* le plus élevé, 1,503, correspond à In quinzième ann<-r.

De (a première apparition des règles dans les pays chauds. — Pendant de longues années la science n'a eu sur ce point d'autres documents que les récits des voyageurs. On croyait que la nubilité survenait chez les Asiatiques du sud vers huit ou neuf ans et que dans les régions du nord, au contraire, elle s'établissait beaucoup plus tardivement que dans nos climats.

Hoberton, de Manchester, s'est attaché pendant plus de vingt ans à dégageicette question des nuages dont la tradition l'avait environnée. Dans une suite* de travaux il a étudié la menstruation sous les latitudes les plus diverses.

Le succès n'a point complètement répondu à ses efforts. Roberton avail cru pouvoir conclure, des faits trop peu nombreux, que la puberté sou* toute* les latitudes et dans les différentes races s établit à la même t*poque, r'esl-ii-dire vers la quinzième année. Cependant, si de nouveaux documents sont venus renverser sa doctrine, il n'en a pas moins eu le mérite d'avoir provoqué des travaux de statistique fort importants, et qui ont pt^nnis ù la science de pénétrer dans des régions qui lui étaient assez étrangères.

* [•"•> tahlenurt rdeGrey, Lee et Murpliy, sont empruntés à Tilt; deDystcret Tariziuno. .•> Itobertoo; de Soyre, à la Gazette des Hôpitaux, 1867»; de l»ubois. à son Traité (Taecoucht ment*; de Lebrun. :'» « vnux. Les autres «ont trop connus pour que j'aie besoin d'en indique*

u source*

Nous y avons trouvé des notions étendues et fort exactes sur la menstruation des femmes du sud de l'Asie; c'est surtout sur cette région qu'ont porté les recherches.

Le tableau n" 2 comprend 1,724 observations. Le chiffre le plus élevé, 407, corespond à la douzième année. Cependant celui de la treizième s'en rapproche beaucoup, 581. Il existe donc une différence de plus de deux an* entre l'établissement de la puberté dans l'Inde et dans nos climats.

Plusieurs causes ont été invoquées pour expliquer cette précocité ; on l'a attribuée à la spécialité de la race. Les travaux des anthropologistes modernes ne permettent pas d'accepter cette explication; les femmes de l'Inde, nonseulement n'appartiennent pas à une race différente de la nôtre, mais encore certains auteurs, dont l'opinion n'est encore que discutée, ont placé dans cette contrée l'origine de la race blanche, et ont fait du type aryen le représentant le plus pur de notre ascendance. On n'est donc pas fondé à admettre la spécialité de la race pour expliquer la précocité des Asiatiques.

L'étude de la menstruation dans ses rapports avec les races n'est mènv pas à l'état d'ébauche: nous ne savons à peu près rien sur les Mongols et les nègres à ce point de vue, et il est nécessaire au moins de savoir s'il existe des différences dans les races avant de vouloir les établir dans les rameaux.

Pour les Mongols, nous ne possédons qu'une seule statistique d'Esquimaux qu'on trouvera au tableau n° 3. Cette statistique, de Lundberg, comprend seulement seize observations, et Roberton s'en servait pour établir l'unité d.l'âge pubère dans toutes les races et les climats. Le nombre des faits est trop restreint pour qu'on en tienne compte. Bureau dit que dans la race jaune la puberté est assez précoce, et qu'il parait que l'Age moyen de son apparition est 12 à 13 ans. Il est fort probable qu'il en est ainsi dans le sud de la Chine; mais ce document, beaucoup trop vague, ne peut être accepté qu'à titre de simple renseignement. On peut tout aussi bien attribuer la précocité des Chinoises au climat qu'à la race, et il est très-probable que le-» Mongols du nord fourniraient des résultats fort différents.

Pour les négresses nous n'avons que la statistique'dc Roberton, comprenant quatre-vingt-neuf observations. Il s'appuie sur ce document et sur le-, renseignements fournis par Elliot, Bowel, Nicholson, etc., pour conclure que la puberté des négresses se manifeste exactement à la même époque que chez, les femmes des climats tempérés, c'est-à-dire qu'elle a son maximum de fréquence vers 15 à 16 ans. Ces observations ont été faites aux Antilles, pays d'une température très-élevée, leur résultat serait à coup sûr extrêmement intéressant, s'il s'appuyait sur un plus grand nombre de chiffres. Je crois que la statistique de Roberton est trop insuffisante pour qu'on puisse accepter définitivement son opinion ; il faut attendre de nouveaux faits avant «l'admettre cette infraction à la loi des climats, qui semble assez bien établie A l'appui de l'inlluencede la race, il a été dit que des jeunes filles transpor téessous d'autres latitudes avaient conservé, dans ces nouveaux climats, 1 ap titude à la puberté de leur contrée d'origine, et que les règles s'étaient montrées exactement à la même époque que dans leur propre pays. Ces observations qui sont, sinon dépourvues d'autorité, au moins trop peu nombreuses

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ne prouvent absolument rien. Les limites normales de l'établissement de la menstruation sont assez larges pour qu'on puisse constater en France et en Asie l'apparition des règles au même Age, chez un très-grand nombre de jeunes filles; et je le répèle, ee n'est qu'avec des masses de faits qu'on peut, en pareille matière, se hasarder à conclure.

On a invoqué encore, pour expliquer la menstruation précoce des Hindoues, la précocité des mariages.

Roberlon, dans un mémoire fort érudit, a démontré que la précocité des mariages n'est pas particulière à l'Inde; cette déplorable coutume existait presque généralement en Europe, il y a moins de deux siècles, et elle n'est point encore complètement effacée de l'Irlande. On la voit coïncider avec l'ignorance, la superstition et la mauvaise administration politique. Elle règne généralement encore dans les contrées arctiques où les instincts de la brute gouvernent trop complètement l'homme. Avant l'introduction du christianisme chez les Esquimaux, le mariage avait lieu à 10 ans. Enfin cette coutume se retrouve, indépendamment du climat, là où la condition de la femme est abjecte et misérable.

Dans l'Inde on considère comme une espèce de déshonneur pour les familles lorsque les filles ne sont pas mariées très-jeunes ; on les unit donc souvent à 7, 8, ou 10 ans ; mais la consommation du mariage n'a lieu qu'il ia puberté. Webb, dans sa statistique, note exactement la date du premier rapprochement sexuel ; dans les observations qu'il cite, il a toujours lieu chez les Bramins seize jours après la première apparition des règles, à moins de maladie, d'absence de l'époux, ou de manque d'argent. Cette dernière circonstance prouve que l'enfant n'est pas livrée aussi complètement qu'on le suppose aux caresses prématurées du mari, et qu'il existe une cérémonie que le défaut d'argent peut retarder et après laquelle seulement le mariage est consommé. Chez les Lingayets, les Soudrâs, les Parias, les Schucklers, l'union définitive est un peu plus tardive, parfois d'un ou plusieurs mois.

On ne saurait donc invoquer, pour expliquer la puberté prématurée, des rapprochements qui n'ont lieu qu'après son apparition. Il est vrai qu'on a supposé que la jeune fille pouvait recevoir des caresses destinées à hâter la puberté, et on a donné comme exemple que l'excitation des organes par la présence du mâle accélère la maturation des œufs chez les ovipares. Il faudrait d'abord démontrer chez les Hindous la réalité de ces monstrueuses caresses, et de plus établir que chez les animaux la présence du mâle hâte le développement de la puberté, ce qu'il ne faut pas confondre avec la plus grande fréquence du rut déterminé par cette môme cause, chez les sujets adultes.

On sera encore mieux fondé à douter de l'efficacité des unions précoces sur le développement de la puberté, si l'on examine ce qui se passe A Londres. On sait que la prostitution y recrute ses victimes jusque dans 1rs rangs de l'enfance et qu'un nombre considérable de jeunes filles des classes pauvres sont livrées à un effroyable libertinage, bien avant l'Age de puberté; et cependant on n'y remarque pas dans cette classe que la menstruation soit précoce, ni que la primiparité y soit observée prématurément; tandis que dans

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l'inilo les jeunes mères de 12 ans ne sont pas absolument rares, et celles de M à 15 ans y sont communes. Webb et Leilh, qui notent l'âge des primipares, en offrent assez d'exemples. Dans une liste de vingt-deux observations, Webb cite une primipare de 12 ans, deux de 15 et quatorze de 1 \ aus. On ne voit rien de semblable a Londres. Il est donc permis de croire que la précocité de la première menstruation ne tient pas, chez les Hindous, aux unions prématurées.

Enfin on invoque, pour expliquer la précocité des Hindoues, la haute température du climat. C'est l'explication que j'adopte, car nous verrons celte influence se manifester en sens inverse dans les régions froides. Cependant de nouvelles recherches sont nécessaires pour que cette question soit complètement élucidée. Il faudrait que nous possédassions sur les points intermédiaires des statistiques qui font complètement défaut. Cela nous donnerait peut-être la clef des différences si grandes qui existent entre Calcutta et Madère, dont la latitude ne diffère pourtant que. d'environ 10 ".

La période moyenne de la puberté dans l'Inde est comprise entre la onzième et la quinzième année. En dehors de ces limites on peut la considérer comme précoce ou retardée.

Tableau de la première apparition de m règles danw les elimata ehaod». basé sur 1.9 1 4 observations

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