MIGRATION DE L'ŒUF
A l'époque où on ignorait les phénomènes intimes qui déterminent et accompagnent la chute de l'œuf, on était incertain sur l'époque où le pavillon venait embrasser l'ovaire ; on pensait que l'union pouvait s'opérer sous l'influence du coït ; il est maintenant parfaitement démontré que le coit ne joue aucun rôle dans la production du phénomène, que le contact est intimement lié à la déhiscence de l'œuf, et qu'il se prolonge assez longtemps pour en assurer la migration. L'adaptation du pavillon sur l'ovaire a lieu en même temps que se manifeste le phénomène d'érection, et il a la même durée.
Il nous reste à nous occuper des mouvements de préhension et de contraction de la trompe qui ont pour but de saisir l'œuf et de le faire cheminer dans l'oviducte. Ces mouvements sont très-manifestes chez les oiseaux; le pavillon de la trompe embrasse complètement la capsule avant sa rupture, et avale en quelque sorte l'amf volumineux qu'elle contient, au moment où il s'est échappé. Chez les mammifères les mouvements sont beaucoup moins apparents ; l'ovule a un diamètre tellement petit, qu'il offre peu de prise à l'action musculaire. On admet donc que pour s'engager dans la trompe il subit surtout l'impulsion des cils vibratils, dont l'intervention se trouve favorisée par les dispositions des parties. Les nombreux plis qu'on observe dans le pavillon présentent de petites rigoles concentriques aboutissant à l'orifice de la trompe, de manière à aider la progression des ovules vers sa cavité. Une fois engagé, il serait difficile de dire la part qui revient dans la propulsion de l'œuf aux contractions du conduit et aux cils vibraliles; il est probable que ces deux causes agissent en mente temps. Cependant il faut noter que l'oeuf devient plus volumineux à mesure qu'il pénètre dans une partie plus étroite ; il est donc probable que dans la dernière portion de la trompe l'ondulation des cils vibraliles devient insuffisante, et que c'est surtout aux contractions musculaires qu'est due l'impulsion de l'œuf, que ces contractions s'appliquent à l'œuf ou seulement au liquide au milieu duquel il se trouve et qui serait refoulé vers l'utérus.
On ne sait pas exactement en combien de temps l'œuf de la femme parcourt toute la longeur des oviducles. La plupart des phénomènes relatifs à cette période de la génération ont été étudiés chez les animaux, et sur ce point ils présentent des variations assez grandes, ('liez la lapine, la migration s'accomplit en quatre jours ; chez la chienne, en six ; chez la brebis, en huit ; on pense que c'est ;'■ peu près la durée qu'elle doit avoir chez la femme, mais on n'a absolument aucune preuve qu'il en soit ainsi.
*lodi«c««lon« que wcablt l'œuf pendant »a migration — L'étude de ces modifications n'a pu être faite sur la femme, et cependant il est à peu près certain que les résultats fournis par l'anatomie comparée sont applicables à l'espèce humaine, car les phénomènes que nous allons exposer paraissent fondamentaux et se rencontrent sans exception, non-seulement chez les mammifères, mais encore dans là plupart des autres classes du règne animal.
Nous avons vu qu'arrivé à la période de maturité, et encore contenu dans la véhicule, l'œuf était composé de la membrane vitelline, du vitellus, de la vésicule germinative et des taches germinatives. Lorsqu'il rompt son enveloppe il a déjà subi une modification importante, la vésicule et les taches
ovoi.ogii: ft kmbryoi.ogik.
germinales ont disparu ; les granulations vilellines qui jusque-là étaient restées très-petites deviennent rapidement plus volumineuse, se rassemblent vers
le centre du vitellus et semblent se condenser en s éloignant de la circonférence interne de leur enveloppe. L'œuf sortant de l'ovaire n'est plus constitué que par la membrane vitelline et le vitellus; on remarque à sa périphérie un élément transitoire : ce sont les granulations du disque proligère. Ces granulations groupées irrégulièrement disparaissent peu à peu et on n'en observe plus autour de l'œuf, lorsqu'il f*. r, - Œrv nnus. - i Hrinhr.inr a franchi le premier tiers de la trompe. On v.teiiuH- - i. V.HI.K.-:.. ,^in.ie a allriDU)-, icur disparition à l'action des
cils vibrâmes qui les détacheraient un a un, par frottement ; à leur dissolution dans le liquide tubaire qui les environne; enfin a une espèce d'absorption de l'œuf qu'ils contribueraient à nourrir pendant celle période.
Parvenu au tiers de son trajet, l'œuf commence â s'entourer d'albumine, qui se dépose par couches successives et excentriques dans lesquelles on rencontre des spermato/oaires. Ce dépôt albumineui est le seul fait qui présente dans cette période des variations notables dans les différentes espèces ; trèsabondant chez les oiseaux, il l'est beaucoup moins chez les mammifères, et un certain nombre, tels que. le chien, le cochon, n'en présentent aucune trace. Apparition du globule polaire et segmentation du vitellus. — La segmentation du vitellus est un phénomène trop général dans les divers embranchements «le la série animale pour qu'on ne lui accorde pas une importance extrême dans la première période du développement de l'œuf. Ce phénomène est précédé de l'apparition, sous la y|hÉ .,, JF^^ membrane vitelline, d'un globule translucide
d'une teinte bleuâtre ou jaunâtre , que les embryologistes depuis Dumortier ont appelé globule muqueux, huileux ou transparent, et
i. «ombranc viieiiinedant ivpaineur que Ch. Hobui nomme globule polaire, parce ,i, laquelle on voit des s,K rmai.,- ^ui, marf|Ue u raVaiice le pôle du vitellus
Mjups. — i. Vitellus. — .>. .\ovau T 1 r
*iteiiin. - 4. Nuci. oie. 5. Globule qui va se déprimer, puis se diviser dans une ,>,,lair<*- première segmentation. C'est également sur
ce point qu'apparaîtra plus tard l'extrémité céphalique de l'embryon.
Ce globule nait par gemmation de la substance hyaline du vitellus, et nullement, comme on l'a cru, du déplacement de la vésicule ou de la tache germinative, car il n'apparaît que douze ou vingt-quatre heures après la disparition de ces éléments. Aussitôt formé, il reste sous la membrane vitelline et semble désormais absolument étranger aux phénomènes qui vont s'accomplir autour de lui. Le rôle du globule polaire est tout à fait mystérieux ; il
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marque une place et reste inerte au milieu de la transformation de tous les éléments qui L'environnent; on le voit résider aux côtés des embryons, dont on peut suivre les développements, et il est abandonné avec l'enveloppe au moment dé l'éclosion. Cependant si l'on doit eu embryogénie proportionner l'importance des éléments qui apparaissent à la persistance qu'ils mettent à se manifester dans les différents degrés de la série animale, il en est peu qui puissent lutter sous ce rapport avec le globule polaire ; car on l'observe chez tons les animaux dont le vitellus se segmente, c'est-à-dire dans l'immense majorité des espèces.
En général le globule polaire ne naît pas unique ; on en voit deux, trois et même quatre, qui tous se détachent par gemme du vitellus, mais presque aussitôt ils se fondent en un seul. Les mollusques forment une exception unique à cette régie, et chez eux on voit deux globules polaires persister jusqu'à l'éclosion.
Sur le point où s'est produit le globule polaire, et quelques heures à peine après son apparition au centre du vitellus devenu granuleux, se développe un noyau vitellin, sphérique, transparent, homogène. Il a l'aspect d'une goutte d'huile, et pour ce mot i l'on l'a nommé tjlobuie oléagineux; mais ces réactions
Kisj 17. — Scghextatio* or miLU*. — Fiff. 18. — SwwRTAfllM mx» avancée. —
I. i iiik In* lUmialneme, — *. Membrane I. Couche «l'albumine.- 2.Membrane vitel-
vitelline. — 7». Vitellus en voie «le seg- line.— 5.1. NoySUl vilellins et leni nucléole,
roentatinn. — A. Noyau vitellin. — — Globule polaire —t>. Spermatozoaires. î». Nucléole. — »'.. Globule polaire.
sont celles des corps azotés et non des corps gras. Au centre de ce noyau se développe un nucléole brillant ; aussitôt ce noyau s'allonge, s'étrangle par le milieu et la masse du vitellus se sépare eu deux parties. La ligne de séparation correspond au globule polaire placé sous la membrane vitelline. Chacune des moitiés a pour noyau la moitié correspondante du noyau vitellin et se trouve ramenée immédiatement à la forme sphérique par un effet de rétraction. 11 semble que le noyau vitellin en se divisant soit devenu un centre d'attraction autour duquel viennent se grouper les molécules ambiantes de la masse vitelline. Le même phénomène ne tarde pas à se reproduire ; le noyau vitellin qui est au milieu des deux sphères nouvelles s'allonge, se divise et l'on voit apparailre quatre sphères au lieu de deux ; puis la segmentation dichotomique se poursuit toujours par le môme mécanisme et cette multiplication aboutit à la formation d'une multitude de petites sphères ayant toutes leur
OVOIjOGIK ET EMMIYOI.OGl I .
noyau central ; là, la masse entière prend l'aspect d'une mûre : corps mûriforme, (les sphères ne possèdent pas d'enveloppe; cependant lorsque la segmentation a atteint ces dernières limites, elles se transforment en cellules parla coagulation de leur surface qui se convertit en membrane. Ces cellules
Pffr. 19. — PfMOM 1-lds AVlRCCl t.E là Tig. 50. — CcflP* m mfoi.he. — C<MVEn*ft»i nu celui .ES i>r> Éif.
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d'attmmlM. — t. Membrane viU-Minc.
sont les éléments qui vont constituer le blastoderme. Kl les sont composées de l'enveloppe, d'un contenu liquide et granuleux au milieu duquel existe un noyau.
Bisehoff prétend que ces modifications peuvent se produire dans les œufs (pli n'ont pas été fécondés; elles seraient donc dues à h \ilalité propre du germe femelle.
Pendant sa migration, l'œuf a subi des modifications extérieures inoins importantes; il semble alors se nourrir aux dépens de la couche albumiueuse qui l'entoure, car à mesure qu'il progresse en devenant plus volumineux celte couche diminue. En arrivant dans la matrice l'œuf mesure c'est-à-dire qu'il est cinq lois plus volumineux qu'en quittant l'ovaire.
RÉSUMÉ