‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 90 sur 183 · MODIFICATIONS US SÉCRÉTIONS · texte numérisé non relu

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scncc de cette couche ; et Regnault pense qu'on pourrait peut-être la rencontrer dans d'autres cas encore indéterminés. Tyler Smith prétend qu'elle se manifeste en dehors de la gestation chez les femmes qui prennent de l'huile de foie de morue.

La théorie de Regnault reçoit sa confirmation des circonstances suivantes. Si l'on soustrait le liquide à l'action de l'oxygène eu le conservant dans une atmosphère d'hydrogène, d'oxyde de carbone, etc., aucune fermentation ne se manifeste, tandis qu'on la voit se produire dans une portion du même liquide exposé à l'air.

Kn résumé, l'apparition de la kycsléine dans les urines d'une femme en état de santé, est un caractère important dont il faut tenir grand compte, et si à la rigueur il peut manquer ou se présenter dans d'autres circonstances que celles de la grossesse, il n'en est pas moins vrai que c'est un indice dont on ne doit pas négliger la recherche dans les cas douteux.

La kyeslèine disparaît de l'urine des femmes lorsqu'elles sont malades. 11 me semble qu'on pourrait utiliser celte propriété pour éclairer le diagnostic, souvent un peu obscur, de certaines affections qui surviennent pendant la grossesse, et dont la physionomie indécise ne permet pas toujours d'affirmer si elles appartiennent aux troubles sympathiques, c'est-à-dire à l'élément nerveux, ou si elles sont le produit d une inflammation intercurrente.

Sucre — Kn I K56, Blot publia un travail qui avait pour but de démontrer que le sucre existait dans l'urine de toutes les nourrices, des femmes en couche et chez la moitié de celles en gestation, lorsque aucune maladie ne vient modifier l'organisme. Les urines examinées réduisaient la liqueur cupro-potassique ; brunissaient les solutions alcalines caustiques de potasse et de chaux ; donnaient, par la fermentation au moyen de la levure de bière, de l'alcool et de l'acide carbonique; enfin, déviaient à droite la lumière polarisée.

L'auteur qui avait entouré ses expériences de minutieuses précautions pour écarter les causes d'erreur, considérait celte glycosurie comme intimement liée à la fonction de la glande mammaire, el il notait une concordance entre l'abondance de celte sécrétion, et la quantité de sucre contenue dans les urines. Lorsque la lactation cesse, le sucre disparaîtrait ; il en serait de même pendant la durée des affections inflammatoires qui peuvent survenir.

La quantité observée a varié entre i à 2 grammes pour 1,000 grammes d'urine.

L'exactitude de ces recherches semblait parfaitement établie; elles avaient été contrôlées par Réveil et Berthelot, qui avaient prêté leur concours a l'auteur. Cependant, dans les deux années qui suivirent celle découverte, plusieurs travaux furent publiés par Kirstcin, Wiederhold, Brûcke, Cappezuoli, Riedel et Lecomle pour en appuyer ou en infirmer la réalité. Parmi ces travaux, ceux de Lecomte méritent une attention toute spéciale en raison de la position scientifique de l'auteur, delà persistance qu'il a mise à élucidercette question et des nombreuses recherches consignées dans ses diverses communications sur la glycosurie physiologique.

Lecomte rejette complètement les conclusions de Blot. Il démontre que les réactifs à base de cuivre sont réduits dans l'urine par d'autres substances que

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par le sucre, notamment par l'acide urique. Ilaflirmeque lessolulinns alcalines jk'iivent déterminer dans ce liquide uue coloralion brune, sans que pour cela la présence du sucre soit nécessaire. Il n'a jamais obtenu une fermentation régulière lorsque la levure était de bonne qualité et qu'on opérait de manière à éloigner toute cause d'erreur. Enfin, malgré son procédé d'extraction du sucre en nature, qui permet d'en isoler o centigrammes dissous dans 200 grammes d'urine, il n'a jamais pu en isoler la moindre proportion chez les femmes en étal de lactation.

Lecomte a multiplié ses moyens d'investigation, et perfectionné ceux qui étaient en usage pour celte recherche. 11 décrit avec soin les modifications qu'il a apportées aux procédés connus et les a rendus beaucoup plus précis, el cependant il conclut que le sucre n'existe pas dans l'urine des femmes en lactation et que les auteurs qui ont cru en trouver ont donné à des caractères insuffisants une valeur scientifique qu'ils ne possédaient pas.

Il est difficile de déterminer quelle est, de ces deux opinions contradictoires, celle qu'il faut adopter. Cependant si on considère la compétence toute spéciale de Lecomte, la nécessité d'une grande habitude pour diriger des manipulations aussi délicates, on serait tenté d'admettre que le chimiste est plus expert en chimie que l'accoucheur.

Du reste cette question était intéressante seulement à titre de fait nouveau, elle ne présentait pas d'autre importance chez la femme enceinte ; Hlot n'admettait la glycosurie que dans la moitié des cas environ, et encore à une époque où la glande mammaire était en état de fonctionner, c'est-à-dire en général lorsque d'autres signes plus certains de la grossesse rendent ce caractère inutile. De plus, la difficulté d'obtenir des réactions exemptes d'erreurs eût été un motif de la faire négliger même dans le cas où il eût été plus important.

Diminution du phosphate de chaux. — Donné dans un mémoire présenté à l'Institut a signale dans l'urine des femmes en gestation la diminution du phosphate de chaux. La cristallisation des sels de ce liquide serait donc, d'après cet auteur, modifiée d'une manière assez considérable pour qu'il lui ait été possible dans plus de trente cas, sans avoir eu besoin d'examiner la femme, de reconnaître l'état de grossesse à ses diverses époques.

En traitant l'urine par l'hydrochloratc de chaux, ou obtient un précipité moins abondant de 10 à 20 pour 100 que celui qu'on obtient dans l'urine en dehors de la grossesse.

Les analyses de Lelwnann ont fourni un résultat conflrmatif de celles de Donné sur ce point de la question.

Donné attribue la diminution du phosphate calcaire à l'évolution du fœtus qui utiliserait au profil de son ossification la partie qui représente le déficit. Donné, dans ce même, travail» a signalé la diminution de l acide urique et en cela il est en opposition avec Lecomte, qui a noté que les parties solides de l'urine ne subissaient aucune diminution.

Troubles de l'excrétion urinaire. — Ces troubles peuvent être déterminés par des phénomènes sympathiques, mais le plus souvent ils sont dus à une cause mécanique : la compression. L'utérus développé gène l'ampliation de

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la vessie et provoque de fréquents besoins d'uriner. Cette incommodité augmente en général progressivement avec la gestation, et vers la lin, la miction est parfois un peu douloureuse, ce qui tient aux modifications que subit le canal de l'urêllire.

La vessie entraînée par le mouvement ascensionnel de l'utérus, se trouve située au-dessus du pubis, et le canal de luréthre obéissant nécessairement à ce mouvement, prend une direction plus verticale dont il faut tenir compte lorsque le cathétérisme devient nécessaire. Sa partie supérieure se trouve comprimée sur la surface pubienne, et il en résulte une géne notable dans sa circulation propre et dans celle des tissus qui lui sont immédiatement eonligus. On remarque parfois au méat uriuaire une infiltration, une tuméfaction assez considérable à la lin de la grossesse.

Modification» de l'appareil de la circulation . — Les modifications (pie la gestation imprime à cet appareil sont de deux ordres. Le premier auatomique. tels que l'hypertrophie du cœur et la dilatation des vaisseaux ; l'autre, chimique, qui consiste en un changement dans les rapports des éléments constituants du sang. Certains troubles de la circulation, tels que les hypertrophies variqueuses, les hémorrhoïdes et quelques congestions sanguines des organes pelviens, se développent sous l'influence d'une cause mécanique : la compression que l'utérus gravide exerce sur les vaisseaux de la région pelvienne.

Nous ne nous occuperons pas ici des modifications que la gestation imprime à la circulation de l'utérus. Ce sujet a été traité dans les articles relatifs à : Vanatomie de l'utérus, p. 71), la menstruation, p. 100, la muqueuse utéro-placentaire, p. 199, le placenta, p. ii*J8.

Hypertrophie du cosur. — Larcher a signalé l'hypertrophie normale du cœur pendant la gestation. Cette hypertrophie est limitée au ventricule gauche, dont la paroi est augmentée d'un quart au moins, et d'un tiers au plus. Le ventricule droit et les oreillettes conserveraient leur épaisseur normale. Sous celte influence l'auteur aurait constamment perçu un bruit de souffle à la région précordiale.

Ducresl a fait sur ce point d'aiialomie, à la Maternité, des recherches, qui ont été complètement confirmative» de celles de Larcher ; sur 100 femmes mortes enceintes ou récemment accouchées il a trouvé que l'hypertrophie de la paroi du ventricule gauche était en moyenne d'un tiers.

D'après l'invitation des membres de la commission des prix de médecine de l' Institut, Zambaco a fait des recherches analogues sur des femmes mortes en touches, et sur d'autres qui n'étaient point en gestation, et il a également noté pour les premières l'augmentation de volume du ventricule gauche, lléraud, qui a fait la même vérification, est arrivé ad même résultat, à la Maternité. De plus, il a noté que cet excès de volume ne s'observait pas seulement, alors, dans le cœur, mais qu'on le retrouvait dans d'autres organes» comme les glandes lymphatiques et la rate. Enfin, lilot, procédant d'une autre manière, s'est borné à peser comparativement les cœurs vides de sang et a noté un excès de pesanteur chez celui des femmes en gestation.

Le fait anatomique semble donc bien établi : l'hypertrophie coïnciderait

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avec l'augmentation de volume de l'utérus, et le retour des deux organes à leurs dimensions physiologiques aurait lieu simultanément. Mais en acceptant ce fait, je ne puis admettre les conséquences que Larcher en a déduites.

11 considère cette hypertrophie comme une prédisposition nécessaire aux lésions du centre circulatoire, comme la cause de la ténacité des bronchites qui se manifestent pendant la gestation, et de la gravité plus grande de la pneumonie dans cette période, enfin comme une aptitude plus prononcée à l'avortement et aux diverses hémorrhagies.

Il suffit de remarquer que l'hypertrophie qu'il signale est un fait normal pour prouver que les conséquences pathologiques qu'il en déduit sont peu acceptables. Il est certain que la nature n'a pu entourer l'acte de la génération de particularités anatomiques constantes, qui pourraient en troubler le cours ou en arrêter la marche. L'aptitude plus prononcée à l'avortement que signale l'auteur, me parait une affirmation bien peu méditée, puisque, je le répète, la modification du cœur est constante, et qu'on ne peut par conséquent établir de comparaison avec les cas où elle manque.

Il est certain, cependant, que l'hypertrophie du cœur joue un rôle important dans la circulation de la femme en gestation : la constance du phénomène en est la preuve. Mais au lieu de voir là un phénomène à conséquences pathologiques dont la démonstration est tout entière à établir, il faut simplemen le considérer comme une nécessité temporaire, créée par le développement d'une circulation nouvelle et très-active, qui établit des liens entre la mère et le fœtus. C'est une augmentation de force nécessitée par une extension de la fonction.

La plupart des auteurs ont noté un fait qui est la conséquence de celui que nous venons de signaler. C'est que, pendant la grossesse, le cœur bat plus plus fort, la circulation devient plus active et le pouls présente plus de résistance. Quant aux bouffées de chaleur à la tète, aux étourdissements et aux tintements d'oreilles qu'on observe parfois, ils me semblent, dans l'immense majorité des cas, devoir être attribués plutôt aux troubles de l'innervation qu'à ceux de la circulation.

Modifications de la composition du sang. — Depuis une vingtaine d'années, les idées qui régnaient sur la composition du sang des femmes enceintes, ont été profondément modifiées. On pensait avec une apparence de raison que le sang des règles qui n'était plus expulsé mensuellement, déterminait chez la femme un étal pléthorique indiscutable, et on attribuait à cette disposition une foule de symptômes nerveux qui sont, au contraire, sous la dépendance d'un état complètement opposé à la pléthore. L'erreur était d'autant plus facile que la plupart des troubles fonctionnels de la pléthore et de l'anémie sont exactement semblables et qu'il faut souvent beaucoup d'attention et de discernement pour ne pas attribuer à l'un ce qui appartient à l'autre On n'avait enregistré que le fait brut de la suppression des règles, sans tenir assez compte du fait principal de la gestation : du développement d'un nouvel être qui doit tirer de la mère tous ses éléments d'accroissement. Si le fœtus ne constitue pas une cause d'épuisement pour l'organisme au sein duquel il se développe, il lui impose du moins des char-

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