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DE S\X(. CXICÎXK.
J'ai rapporté, cette analyse bien qu'elle ne comprenne que neuf cas, parce que les femmes qui en ont fourni les éléments avaient toutes dépassé les premiers mois de la grossesse, et que c'est seulement à cette époque que la composition du sang commence à se modifier.
On voit que, dans ces cas, la diminution des principes constituants du sang chez la femme en gestation porte sur la densité du sang défibriné et du sérum ; sur les globules et le fer, sur l'albumine du sérum. Les principes qui ont subi une augmentation sont l'eau , la fibrine, et la matière grasse phosphorée. Les globules sont descendus de 127,2 à III, S. C'est le résultat le plus important à noter.
Uegnault a fait 20 analyses de sang provenant de femmes enceintes, depuis deux mois jusqu'à terme. Il a trouvé une augmentation de la fibrine qui est surtout notable dans les trois derniers mois, mais particulièrement dans le dernier. Il en est de même de l'eau; sa proportion était de t)I0,7 pour les sept premiers mois, cl de 91 i.ôi pour les deux derniers. Los globules suivent une progression en sons inverse. Kegnault a trouvé que de 127 du joiïjn »c . 25
GUOSSESSF..
début de la gestation ils tombent à i 1 7,4 jusqu'au septième mois, puisa 101,4 dans les deux autres. Si Dubois et Pajot ont indiqué 121,04 et 104,49 d'après le tableau de Regnaull, c'est qu'ils ont pris l'ensemble des trois derniers au lieu des deux derniers mois. Cependant je dois dire que j'ai trouvé H0,2(i au lieu de 1 17,4 pour les analyses qui vont jusqu'au huitième, mais cette différence est insignifiante.
En résumé, il est évident que le sang des femmes eu gestation subit une modification qui lui donne les caractères qu'on observe dans la chloro-anémic, et que celte modification devient surtout sensible à partir des derniers mois de la g« station. Amiral et Gavaret avaient déjà noté cette progression.
Ce fait considérable, qui détruisait toutes les idées admises sur la constitution des femmes eu gestation, avait une importance extrême au point de vue du traitement des accidents de la grossesse. Le plus grand nombre des troubles qui l'accompagnent étaient rapportés à la pléthore, et les saignées semblaient naturellement le meilleur moyen d'en triompher. L'étude exacte du sang par l'analyse, vient opposer une contre-indication formelle à l'emploi des saignées en prouvant qu'elles ne pouvaient qu'aggraver l'état morbide qu'on voulait combattre.
La pratique ne devait pas tarder à profiter de cette belle découverte, et on attribue à Cazeaux le mérite d'en avoir formulé le premier l'application. Mais la vérité historique m'oblige à dire qu'un autre l'avait précédé de deux années dans cette voie. E. Marchand, en 1848, dans un mémoire couronné par l'Académie, avait déjà signalé les applications pratiques que la diminution des globules devait imprimer à la thérapeutique pendant la gestation. Il est sur ce point très-explicite. Il est vrai que, limitant l'hypoglobulie aux premiers temps de la grossesse il croyait que la pléthore reparaissait à la fin. Si sa doctrine n'était pas entièrement vraie, la part qui lui revient dans cette question est assez notable pour qu'on ne la passe pas sous silence.
Cependant le mérite d'avoir complété cette doctrine et de l'avoir vulgarisée appartient surtout à Cazeaux. 11 a cherché à établir que les troubles fonctionnels, si communs chez les femmes en gestation, tels que céphalalgie, étourdissements, vertiges, tintements d'oreilles, dyspnées, palpitation, etc., sont le plus souvent dus, non pas comme on le croyait à la pléthore, mais à la chloro-anémie. On pourrait, dit-il, distinguer chez les femmes enceintes um* pléthore sanguine très-rare , et une pléthore séreuse très-commune. Il préconisait donc dans ces conditions un traitement tonique et les ferrugineux au lieu des saignées et des débilitants qu'on mettait trop souvent en usage.
On a reproché à Cazeaux d'avoir dépassé le but eu donnant un caractère de généralité à cette doctrine. J'avoue que ce reproche me semble d'autant plus mal fondé qu'en introduisant ces idées nouvelles dans la science, il a oublié de faire disparaître de son livre les passages trop nombreux où il préconise la saignée sans nécessité évidente. Et cependant ce résultat des analyses aurait dû lui permettre de poser comme règle que l'hypoglobulie, surtout dans les derniers mois, est une conséquence de la grossesse.
On dit que cette loi n'e*t pas absolue, et que quelques femmes semblent v échapper d'une manière plus ou moins complète.
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Qu'en sait-on ?
Dans les analyses de Regnault, le chiffre le plus élevé des globules dans le ueu\ième mois est de 415; il y là, il est vrai, un écart très-notable avec le chiffre minimum qui est 90; mais cela ne prouve nullement que la diminution n'ait pas été égale pour les deux sujets qui représentent ces extrêmes. Je ferai remarquer que le chiffre 127 accepté pour l'état normal n'est qu'une moyenne, et se trouve fort souvent dépassé chez la femme en état de vacuité. Il faudrait donc pratiquer deux analyses comparatives chez la même femme, avant et pendant la gestation, pour être en droit d'affirmer qu elle échappe à la loi générale que nous \enons d étudier. Comme cela n'a point été fait, je pourrais être fondé à dire que les exceptions ne sont qu'apparentes, et que la diminution est proportionnellement la même chez tous les sujets.
J'indique cette cause d'erreur possible uniquement pour montrer que l'opposition très-modérée, du reste, qui a été faite aux idées de Cazeaux, ne reposait point sur une application rigoureuse de toutes les circonstances qui entourent ce phénomène; et je suis personnellement tout disposé à admettre des exceptions. Mais les exceptions ne portent aucune atteinte à la règle : c'est au praticien à les reconnaître, et il n'est jamais venu à personne la pensée de soumettre une classe de malades à* un régime, à un traitement inflexibles et les mêmes pour tous.
Lors même que (iazeaux aurait un peu dépassé le but, il n'eu restait pas moins dans la logique des fails en opposant d'une manière générale la doctrine exacte de l'anémie à celle évidemment fausse de la pléthore. Et parmi les choses utiles qui se rattachent à son nom, c'est certainement une des meilleures, et qui ne sera jamais oubliée.
La réaction contre les saignées générales, jadis si prodiguées, est loin d'avoir atteint ses limites, et la plupart des auteurs classiques modernes qui obéissent à la tradilion en indiquant souvent son emploi dans leurs ouvrages, s en montrent eux-mêmes très-sobres dans la pratique. J'avoue franchement que depuis longtemps j'imite leur exemple. Si la saignée générale n'a pas tous les inconvénients qu'on lui reproche elle est au moins trop souvent inutile, et en bonne thérapeutique on doit renoncer à l'emploi d'un agent inefficace quand même il ne serait pas nuisible. La saignée générale dans la pratique des accouchements rencontre une contre-indication spéciale dans l'état du sang. C'est une raison de plus pour s'en abstenir.
Cependant si l'étude des faits et le raisonnement nous obligent à limiter l'emploi des saignées à des cas rares et spéciaux, il faut, pour laisser aux choses leur véritable physionomie, ne pas exagérer les dangers que leur emploi intempestif pourrait faire courir aux femmes. Nous manquons de documents qui nous permettent d'apprécier si l'accouchement et les suites de couches avaient des résultats moins heureux au temps, qui n'est pas loin de nous, où on les employait avec une véritable prodigalité, et comme une espèce de panacée pour tous les incidents ouïes accidents de la gestation.
Il ne parait pas cependant que l'usage et même l'abus qu'on en a fait aient eu de très-graves inconvénients, et on rencontre dans les auteurs quelques laits dans lesquels la manie des saignées avait été poussée jusqu'à la barbarie
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sans que des résultats funestes en fussent la conséquence. Maurireau cite son confrère Jamot avait saigné sa femme dans le cours d'une seule grossesse quarante-cinq lois du bras, deux fois du pied et une fois à la gorge, pour la soulager d'une continuelle oppression. Malgré ee traitement sauvage elle accoucha à terme d'un enfant qui se portait bien. Le même auteur a vu une jeune femme de dix-huit ans, heureusement accouchée à terme d'un enfant bien portant , après avoir été saignée par l'ordre d'un célèbre médecin et de quelques autres moins illustres, quatre-vingt-dix fois, dans le cours de sa grossesse; on pratiqua vingt-deux saignées pendant le huitième mois : le tout pour remédier à une grande oppression accompagnée de faiblesses. Si ces exemples prouvent l'ineptie des médecins qui ont ordonné un pareil traitement, ils prouvent aussi que dans certains cas la femme est douée d'une singulière puissance vitale.
Sans fouiller aussi loin dans le passé, on trouve, dans le recueil d'observations de Smith, l'histoire d'une malade soignée par Klein (de Stuttgart). Ce médecin, qui la déclarait hystérique au dernier degré, la saignait tous les quinze jours pendant ses grossesses, et toutes les semaines vers la fin de la gestation; malgré un pareil régime, elle a pu accoucher treize fois.
On a dit que le sang des saignées «se recouvrait d'une couenne comme dans les inflammations. Jacquemier* croit qu'on a un peu exagéré la fréquence de ce phénomène : sur environ deux cents saignées, il n'a noté qu'une fois sur six la présence de la couenne. Quelques auteurs ont voulu voir dans cet aspect du caillot, qui s'explique par l'augmentation de la fibrine, une disposition aux inflammations. Je crois qu'on a interprété dans un sens pathologique un fait qui s'explique très-naturellement d'une autre manière. La mère fournil des matériaux d'accroissement au fœtus, et parmi ces matériaux la fibrine, en dissolution dans le sang, joue un grand rôle; elle doit donc se trouver en excès dans ce liquide ; car, il ne faut pas l'oublier, les éléments solubles contenus dans le sang maternel passent dans la circulation fœtale; les globules >euls sont arrêtés par les divers obstacles que j'ai signalés comme séparant les deux circulations.
Cazeaux me semble avoir un peu gAté sa théorie en laissant au milieu de ses idées exactes une place à quelques autres qui n'ont qu'une valeur hypothétique. Il admet qu'une surabondance de sang appauvri peut donner lieu à des congestions locales, et que ces congestions, en dépassant certaines limites, déterminent quelques hémorrhagics : épislaxis, hémoptysies, hémalémèses, qui semblent dans ce cas un effort de la nature pour se débarrasser de l'excès du liquide sanguin.
Il me suffira , pour combattre sur ce point les idées de l'auteur, de faire observer que ces accidents ne sont nullement sous l'influence de l'altération du sang ou de la grossesse ; et il est parfaitement démontré qu'ils ne sont ni plus ni moins fréquents dans cet état que dans celui de vacuité. Mais il est, selon lui , une autre forme de la congestion séreuse qui se manifeste sur l'utérus, et qu'il examine avec tout le soin que comporte l'importance du sujet. Il lui attribue la rupture des capillaires de la caduque pariétale, des vaisseaux utérins et des hémorrhagics fatales au nouvel être.
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Contre ces congestions, il préconise la singulière alliance de deux agents diamétralement opposés dans leur action et qu'on considère comme se neutralisant, administrés ensemble : les saignées associées aux ferrugineux!
Et tout d'abord une question se présente à résoudre : Kxiste-t-il, pendant la gestation, une congestion utérine due à la pléthore séreuse?
Je ne nie pas que le fait soit possible, bien que l'organisation vasculaire de l'utérus soit composée d'artères relativement petites et de plexus veineux de décharges considérables, qui rendent la possibilité de la congestion utérine bien peu probable. Mais je nie que le fait soit susceptible de démonstration. Cazeaux donne comme caractères de la congestion utérine : la tension du ventre et son gonflement, un sentiment de pesanteur dans le bassin et la partie supérieure des cuisses , des douleurs lombaires. Parfois l'utérus se contracte ; il s'écoule du sang et l'avortement peut survenir dans ces conditions.
L'auteur traduit ces symptômes de voisinage par une congestion de l'utérus dont le caractère anatomique n'a jamais pu être constaté. Celte conclusion est une véritable hypothèse et il n'était nullement fondé à caractériser une lésion qui échappe à l'évidence, au moyen de symptômes étrangers à l'organe et qui peuvent résulter d'influences fort diverses. Quant à l'hémorrhagie et aux contractions que parfois on observe, nous verrons, en traitant de l'avortement, qu'elles peuvent s'expliquer par des causes assez nombreuses, et pour la plupart bien déterminées en dehors de la congestion.
J'ajouterai que les accidents signalés par Cazeaux s'observent surtout dans les premiers mois, c'est-à-dire à une époque où les modifications du sang sont à peine sensibles, et où on ne saurait invoquer comme cause la pléthore séreuse qui n'existe pas encore.
Depuis les travaux âé Rouget, on sait par quel mécanisme, aux époques menstruelles, la congestion utérine qui, dans ce cas, présente un véritable type, se manifeste. C'est par la contraction des faisceaux musculaires extrinsèques de l'organe qui font obstacle au retour du sang. En dehors de celte action, les plexus veineux de décharge, qui sont si considérables, suffisent largement à la circulation de retour. Il est très-possible que la contraction des faisceaux extrinsèques se produise dans les premiers mois de la gestation ; cela expliquerait les règles persistantes pendant celle époque. Mais les symptômes qui les accompagnent sont ceux des règles ordinaires et leur apparition ne porte en général aucun préjudice au produit de la conception.
En résumé, sans nier d'une manière absolue la congestion utérine , il me semble que son existence n'a pas été suffisamment éldl/lic. et qu'on a le plus souvent attribué à cette lésion des symptômes qui peuvent dépendre d'autres causes. Cette conclusion s'applique surtout à la congestion yar pléthore séreuse.
Les conséquences pratiques qui résultent de cette manière de voirsont assez faciles à saisir. Les auteurs considèrent la saignée comme le meilleur moyen de remédier à cet état pathologique, et il me parait nécessaire, avant d'appliquer un trailement qui peut avoir des inconvénients, de s'assurer si la maladie pour laquelle on l'institue existe réellement.
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La compression que 1* utérus gravide exerce sur les vaisseaux pelviens, détermine quelques phénomènes particuliers, tels que la coloration de la vulve, les varices, les hémorrhoides et l'œdème.
Quelques-unes de ces modifications peuvent prendre les proportions d'un état pathologique sérieux, et nous en reparlerons à propos des maladies de la grossesse. Pour le moment, nous les examinerons seulement à l'état simple et en dehors de tonte complication.
La coloration de la vulve et du vagin a déjà été notée ; elle semble exclusivement liée à une stase sanguine déterminée par la compression des vaisseaux.
Les varices sont dues à la même cause. Ordinairement limitée aux membres inférieurs, parfois à un seul, elles peuvent se montrer nombreuses et volumineuses à la région péri-vulvaire. Elles ont là des inconvénients plus sérieux que partout ailleurs, car pendant le ti avail elles peuvent se rompre et donner lieu au trombus qui constitue une des plus graves complications de l'accouchement. Parfois on observe des varices jusque sur la paroi abdominale. J'en ai constaté un cas assez curieux à la Clinique, sur une jeune femme; elle en avait d'assez volumineuses sur le ventre, leur apparition remontait à une grossesse antérieure, et il n'en existait aucune trace aux membres inférieurs ni ailleurs. On ne saurait, dans ces cas, attribuer les varices à la compression, puisqu'elles se produisent au-dessus du point comprimé.
Les varices se manifestent en général pendant les derniers mois et disparaissent après l'accouchement. Cependant il n'est pas rare de les voir persister après plusieurs grossesses. Bien que les varices soient fréquentes, le plus grand nombre des femmes échappent à cette incommodité, ou en sont atteintes à un degré si léger qu'elles s'en aperçoivent à peine. Il est rare qu'une femme qui en a été atteinte dans une grossesse y échappe dans les gestations suivantes, elles reviennent, au contraire, en général sous une forme plus accentuée.
Si un grand nombre de branches veineuses sont atteintes de dilatation et si la marche en devient pénible, surtout lorsque après s'être montrées dans une grossesse antérieure, elles se manifestent dans les premiers mois d'une nouvelle gestation, il est utile d'établir sur le membre atteint une compression permanente au moyen d'une bande ou d'un bas élastique.
Les hémorrhoides se montrent surtout vers la fin de la grossesse ; elles déterminent des douleurs extrêmement vives, et il n'est pas rare de les voir s'enflammer après l'accouchement. Je n'ai jamais obtenu un soulagement notable des suppositoires et des onguents qu'on prescrit en pareil cas ; les demi-lavements froids et les applications d'eau glacée semblent un peu plus • efficaces. On a préconisé l'application des sangsues dans leur voisinage, quelques auteurs redoutent qu'elles ne provoquent l'avortement. Comme les femmes sont en général constipées pendant les derniers mois, on a fait jouer un rôle à la constipatiotiidaiis la reproduction des hémorrhoides. Il est donc utile de combattre celle complication.
L' unième qui se montre chez les femmes en gestation, dépend, lorsqu'il est généralisé, de causes très-variables que nous examinerons en traitant des
MOIHHCA TIOXS DE L IXMlRVATION. 591
maladies de la grossesse. (Voyez Cachexie sérieuse.) Nous signalerons seulement ici l'œdème qui est déterminé par la compression des vaisseaux pelviens. Parfois il est borné aux pieds, mais il peut s'étendre et gagner progressivement les membres inférieurs et la vulve. Au début, il disparait sous l'influence du décubilus horizontal, il n'existe plus le matin et revient peu à peu dans la journée. Il peut coïncider avec les varices et rendre la marche très-pénible. Cette incommodité se montre surtout dans les derniers mois de la grossesse.
On a conseillé les saignées dans le traitement de l'œdème. 11 est évident que ce moyen thérapeutique serait plus nuisible qu'utile. Il est plus rationnel d'employer les frictions, les purgatifs salins, mais surtout la compression permanente au moyen de bas élastiques.
Modification» de* fonction* de l'innervation. — Les modifications que la grossesse imprime au système nerveux se traduisent par des lésions fonclionnelles des divers appareils.
Ces lésions ne sont pas constantes; il est des femmes dont la grossesse suit son cours au milieu d'un état de santé parfaite : c'est l'exception; le plus souvent, l'utérus manifeste les sympathies qui le rattachent au système de l'innervation par des actions réflexes qui troublent d'une manière plus ou moins notable les fonctions nerveuses d'un ou plusieurs organes. Ces troubles sont tellement fréquents qu'on peut les considérer, lorsqu'ils ne dépassent pas certaines limites, comme un état physiologique de la grossesse.
Cepeiulant, chez quelques femmes, ces lésions prennent une proportion très-sérieusc et constituent des faits pathologiques plus ou moins graves. Pour cette raison, nous réserverons l'étude des modifications fonctionnelles graves ou légères que la gestation imprime au système nerveux pour le moment où nous traiterons de de la pathologie de la grossesse, nous n'en ferons donc ici qu'une simple éuumération.
Ces modifications peuvent porter :
I°Sur l'appareil digestif : anorexie, dyspepsie, pica, malacia, vomissements, diarrhée, ptyalisme.
2° Sur les fonctions intellectuelles et les facultés affectives : modifications dans le caractère, monomanie, folie.
5° Sur les organes des sens : Perversion ou abolition de l'ouïe, de la vue , île l'odorat, du goût.
4° Sur la sensibilité et la motilité : Prurit, névralgies, contractions, paralysie, convulsions.
5° Sur l'encéphale et la circulation : vertiges, palpitations, Syncopes.
pansion pulmonaire se trouve gênée par l'ampliation de l'utérus ; il en résulte une dyspnée par cause mécanique plus ou moins intense, que l'accouchement seul peut faire cesser. Cependant, lorsque pendant les derniers jours l'organe subit un mouvement d'abaissement,la respiration devient un peu plus facile.
Les phénomènes chimiques de la respiration sont modifiés. Nous avons vu que la proportion du carbone brûlé par le poumon cesse d'augmenter chez la femme au moment où la menstruation s'établit pour reprendre, après la mé-
GTiOSSESSK.
naupo.se, un ac< roissenicnt notahlr*. (ici accroissement se manifeste également pendant la grossesse, et la quantité d'acide carbonique expiré est plus grande que pendant l'étal de vacuité.
Modification» du Myaiéme o»« eux. — Rokitansky (I85K; le premier signala la présence de productions osseuses entre la dure-mère et la face interne du crâne. Il les considérait comme le résultat des modifications que la grossesse imprime à l'organisme et non comme un fait pathologique. L'année suivante. Naumann, dans un mémoire sur la menstruation, reconnut également la présence des ostéophytes crAniens chez la femme enceinte, dès le début de la grossesse, et crut qu'ils existaient môme chez les filles nubiles mal réglées, ou dont les règles manquaient complètement. Ces dernières assertions non! point été confirmées. La question a été étudiée en France d'une manière trèseomplète par Dncrest et A. Moreau.
L'ostèophyte débute vers le cinquième mois de la grossesse par de petites plaques molles, pulpeuses, rougeàlres, de nu à deux centimètres d'étendue, faciles à enlever par le grattage, situées entre la dure-mère et la face externe du rrâne dans les dépressions de la voûte, et se montrant d'abord >ers la région frontale. Elles ont des formes irrégulières et des bords arrondis. A un degré plus avancé, ces plaques, dont l'épaisseur ne dépasse pas quatre millimètres, se manifestent sur les autres points de la surface crânienne, et acquièrent une étendue de trois centimètres de long sur deux de large. Bientôt elles se joignent par leurs bords et forment une couche continue, qui peut doubler toute la surface interne de la voûte, et s'avancer même vers la base qui n'est jamais complètement envahie. La consistance de l'ostèophyte augmente progressivement et finit par atteindre la densité de l'os.
Parvenu a sa période d'état, cette production semble composée de deux rouches : celle qui répond à la dure-mère, à laquelle elle n'adhère jamais intimement à l'état frais, est lisse , polie et compacte; l'autre, en rapport avec les os crâniens, auxquels elle est fortement adhérente, est rugueuse et semblable au tissu spongieux. Des filaments qui vont de l'os normal à l'ostèophyte semblent être des petits vaisseaux.
On n'a jamais observé que les femmes présentant des ostéophytes fussent atteintes de symptômes particuliers déterminés par cette modification. Sur 251 femmes exnminées par Ducrest, 90. c'est-à-dire un tiers, portaient des ostéophytes. Moreau les a rencontrés encore plus fréquemment : 27 fois sur 40 sujets. 71 crânes d'hommes ou de femmes en dehors de la gestation n'en ont présenté aucune trace. Leur apparition semble plus fréquente chez les jeunes femmes, et les grossesses successives n'en favorisent pas le retour d'une manière manifeste, puisqu'on les a rencontrés plus fréquemment entre 17 et 20 ans qu'à toute autre période.
Les ostéophytes se montrent de plus en plus rarement à mesure que les femmes avancent en Age. Les observations manquent ponr déterminer exactement de quelle manière et à quelle époque des suites de couches ces productions osseuses disparaissent.
\. Moreau a poursuivi la recherche des ostéophytes en dehors de la boite crânienne et les a rencontrés sur sa face externe, douze fois sur les 42 sujets
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de sn statistique. La, leur siège de prédilection, au lieu d'être eu avant, comme à l'intérieur, se trouve au contraire à la face postérieure de la voûte. Leur apparition sur cette région coïncidait avec le développement trés-complet ef très-avancé de ceux de la face interne.
A. Moreau a examiné au même point de vue les autres parties du squelette, notamment le bassin, et il n'a trouvé aucune trace d'ostéophytes, même chez les sujets où ils se montraient très-dé veloppès en dedans du crAnc. Cependant I ollin dit avoir observé, avec Cl. Bernard, des ostéophyles dans l'intérieur du bassin, semblables à ceux du crAne, chez des femmes mortes en couches.
En décrivant le bassin, nous avons signalé (p. 41 ) les modifications que la grossesse imprimait aux articulations ; nous n'avons rien à ajouter sur ce point.
Modification» delà peanrt de la paroi abdominale. — A mesure que l'utérus se développe, la peau de l'abdomen subit une distension progressive et cette distension produit des éraillures ayant pour siège la couche dermique, qui est très-résistante et moins extensible que les autres éléments de la peau. Ces éraillures ou vergettures forment des lignes courbes, sinueuses, irrégulières, ecchymosées, d'une couleur rouge, brune ou bleuAlre, parfois blanche et nacrée. Leur coloration disparait après l'accouchement , leur diamètre se rétrécit, mais elles ne s'effacent pas et leur aspect brillant tranche sur le reste du tégument. Ces stigmates sont surtout nombreux lorsque le ventre est distendu outre mesure par une augmentation anormale du volume de l'ieuf. Mais en dehors de cette cause on les observe surtout beaucoup plus marqués chez les femmes très-jeunes, a peau blanche et fine.
J'en ai noté un exemple assez remarquable chez une primipare de dix-sept ans, à peau très-fine et à cheveux roux, accouchée à la Clinique. Non-seulement elle portait des vergettures sur la partie inférieure et moyenne du ventre, et sur la face supérieure et antérieure des cuisses, où elles existent habituellement, mais encore sur les fesses et à la région lombaire jusque sur la ligne médiane.
Sous l'influence d'un développement rapide des seins, on voit également la peau de cette région devenir le siège de vergettures plus ou moins nombreuses. Mais là leur teinte est toujours claire et elles ne présentent pas de nuances ecchymotiques.
Cette modification de la peau est simplement le résultat d'une distension mécanique qui n'est point spéciale à la grossesse. On peut Ja constater chez des nullipares qui ont été atteintes d'un embonpoint subit cl passager ou dont le ventre s'est développé par une cause pathologique.
Czermaka constaté que la finesse du tact de la peau du ventre estdiminuée lorsqu'il est distendu par la grossesse. Cela tient à ce que la distribution des nerfs n'est point changée, tandis que Ja surface à laquelle ils se distribuent a subi un accroissement dans sa surface.
La dépression ombilicale semble plus profonde pendant les premiers mois de la gestation, elle parait tirée en bas par l'ouraque. Peu à peu cette disposition se modifie, et vers le cinquième mois la dépression s'efface, plus tard l'ombilic proèmine, l'anneau se dilate, et on observe parfois sur ce point une tu-
UHOSSKSSK.
meur saillante ù la fin de la gestation. Vers cette époque les muscles de la paroi abdominale et les aponévroses sont amincies et distendues. Les muscles droits sont écartés l'un de l'autre, et la ligne blanche forme une surface de plus de Kl centimètres dans son diamètre transversal.