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DIAGNOSTIC DE LA GROSSESSE

I.e diagnostic de la grossesse, surtout pendant les premiers mois, est parfois un des problèmes les plus difficiles qu'il soit donné à un praticien de résoudre.

Dans certains cas, les phénomènes qui se manifestent sont tellement accusés et nombreux, qu'on peut presque avec certitude affirmer la conception. Mais trop souvent dans la première période, les éléments qui servent de base au diagnostic sont trop vagues et trop peu significatifs pour avoir, isolés, une valeur suffisante. Ces éléments peuvent même manquer complètement.

L'absence des symptômes, ou leur insignifiance ne sont pas les seules causes «l'erreur qui peuvent mettre en défaut la sagacité du praticien et le problème est souvent plus complexe. On peut se trouver en présence de phénomènes morbides possédant tous les caractères apparents d'une grossesse a son début, ou même à une période plus avancée bien que la gestation n'existe pas. Dans ces conditions, il est parfois extrêmement difficile de discerner les apparences de la réalité.

Dans ses investigations, le praticien doit naturellement tenir grand compte «les renseignements fournis par la femme, car en dehors des faits matériels qu'il constate, il en- est de fort importants qu'il ne peut connaître et appré- «tier, qu'au moyen des confidences qu'il reçoit. Ces renseignements peuvent encore être une source d'erreur. Si la femme désire vivement être mère, elle peut se faire des illusions et prendre le «lésir pour la réalité, alors elle donne aux faits une physionomie inexacte, croit à des sensations qu'elle n éprouve pas, et, delà meilleure foi du monde, induit en erreur, si la méfiance du praticien n'est pas éveillée par ce puissant désir de maternité.

Si, au contraire, la femme a un intérêt à cacher sa grossesse, elle dissimulera les circonstances les plus significatives, ou les dénaturera. Elle niera la possibilité d'une conception avec une énergie bien capable d'ébranler la conviction la mieux fondée.

Indépendamment des faits qui se rattachent à la médecine légale, il est des cas où il devient pour une famille très-important de savoir si la grossesse «■xiste, ou non. Dans le monde, on ne tient nullement compte des difficultés qui entourent celle question; on ignore les causes d'erreur qui peuvent tromper les plus expérimentés ; on veut savoir, et si par hasard le praticien se trompe, il esi proclamé un ignorant; et on le dira bien haut, surtout si son opinion était contraire au vœu de la famille.

Il faut donc apporter la plus extrême prudence dans l'expression d'un diagnostic formel; s'il existe le moindre doute dans l'esprit du médecin consulté, •1 doit par de sages réserves mettre à couvert sa responsabilité morale. Il doit tenir compte, non-seulement de ce qu'il voit, mais encore scruter, en

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