‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale et topographique du corps humain, ou, Anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la médecine opératoire (volume 2)Chapitre 14 sur 87 · LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

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encore moins facile de les distinguer au pourtour des vaisseaux profonds, et c'en est assez pour que, dans toutes les opérations qui se pratiquent sur les artères ou sur les veines, on en blesse à peu près inévitablement un certain nombre; mais ceci n'a que très-peu d'importance , tant que leur lésion ne se généralise pas, attendu qu'ils se remplacent très-bien les uns par les autres. |

SIT. Portion gangliforme.

Les ganglions sont, comme les vaisseaux qui s'y rendent ou en partent, divisés en deux Séries, les uns étant situés sous la peau, les autres sous l'aponévrose.

A. Ganglions superficiels. — Les ganglions Iymphatiques superficiels, n'ayant de rapport qu'avec les vaisseaux de la même nuance, indiquent par cela seul, quandilsse gonflentsympathiquement, que le mal a son siége en dehors des aponévroses. Les autres ne s'altèrent que par suite de lésions situées plus profondément. Formés d’un parenchyme assez dur, destinés à modifier la lymphe qui lés traverse lentement, doués d'une circulation difficile et d’une sensibilité peu développée, ces organes s’'engorgent avec une facilité très-grande, et deviennent souvent malades quoique les vaisseaux, quoique les canaux qui leur apportent les principes moxbifiques soient restés sains. Les piqûres des dissections et tous les autres genres de plaie produisent maintes fois le gonflement des ganglions de l’aisselle sans affecter sensiblement les vaisseaux lymphatiques intermédiaires. La même chose a lieu dans l’aine àl'occasion des chancres de la verge et des suppurations de tout genre, du pied ou de tout autre point du membre inférieur, Leur texture serrée fait que la suppuration y est dificile, et qu'elle s'y opère par infiltration, au lieu de sy présenter sous forme de foyer. Le peu de üssu lamelleux qu'ils renferment les empêche d'ailleurs de fournir du pus en abondance, et, comme l'inflammation n'y est pas ordinairement très-franche, on conçoit qu'ils dégénèrent plutôt en masses, en grains tuberculeux, en petits foyers caséeux ou purulents, qu'en Yéritables abcès. Etant plus fermes encore à la circonférence qu'au centre, les grains de pus dont ils s'infiltrent réagissent sur leur tissu ; qu'ils font assez souvent disparaitre, et les transforment quelquefois en une simple coque. Avec de telles dispositions, il est tout naturel que leur inflammation aiguë se propage faciles ment au tissu cellulaire qui les avoisine. C’est ce qui fait que dans les bubons qui abcèdent, jar exemple » l'affection se compose toujours de deux éléments anatomiques : 1e le ganglion, mn on RS gonflé, mais non M eut 2141 es 2° Ja couche celluleuse,

Jacente, qui est devenue le siége d’une col-

lection morbide plus ou moins considérable.

Les mêmes motifs font qu'une fois ces glandes gonflées, enflammées ou dénaturées, la résolution s'en opère avec une extrème difficulté, et que dans bon nombre de cas ils ne reprennent point leur état naturel; que dans leur inflammation aiguë, il importe dene pas confondre le travail qui leur est propre avec celui de la couche celluleuse quiles enveloppe, et qu’une large incision est le meilleur moyen d'empécher la séparation, lé décollement de cette dernière, de même que l'amincissement de la peau, qui en estune dépendance.

B. Gangtions profonds. — Oxdinairement placés autour et sur le trajet des artères, entourant les veines el environnés par les nerfs, les ganglions profonds exposent à toutes sortes de dangers et de méprises. La pression qu'ils exercent en se gonflant sur les parties. ambiantes peut déterminer de violentes douleurs, et même la paralysie, en se portant sur les cordons nerveux; amener l'infiltration, l'inflammation ou la mortification du membre, s'ils réagissent plus particulièrement sur les veines et sur l'artère. Soulevés par les battements de celle-ci, ils sont de nature à en imposer pour un anévrisme, de même qu'ailleurs ils peuvent faire naître l'idée de hernies, d'abcès, de tumeurs de diverses natures. Leur nombre étant mal déterminé, et certaines maladies ayant le privilége de mettre en évidence les plus difhiciles à découvrir, ils ont plus d’une fois embarrassé le-chirurgien par les masses el les accidents qu'ils déterminaïient dans des régions où l'anatomie n'en avait point encore signalé l'existence. D'après la position que je viens de leur assigner et leurs adhérences bien connues avec les vaisseaux, on prévoit que les opérations à pratiquer sur eux doivent être fort délicates et des plus dangereuses. Gonflés au point d’envelopper l'artère , ou la veine, ou le nerf, à la manière d'une gaîne , on ne les sépare de ces organes que par la dissection la plus minutieuse et la plus redoutable. On conçoit même qu'il puisse être tout-àa-fait impossible de les isoler, à moins de sacrifier les canaux vasculaires ou les troncs nerveux. Plusieurs d'entre eux, cependant, ceux qui ne sont qu'à une légère distance de la peau, par exemple, n'ayant plus de rapports aussi intimes avec les vaisseaux, sont à l'abri de pareilles difficultés. Abrités de toutes parts par des lissus résistants, les ganglions profonds sont vraiment forcés, quand ils acquièrent un grand volume, de réagir contre les muscles, les nerfs ou les vaisseaux, et de se confondre avec eux.

Libres du côté des téguments, les ganglions superficiels , bien que sur le trajet de quelques arlères, se portent au contraire de préférence vers l'extérieur, au point de former des tumeurs parfaitement indépendantes et on ne

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