DES NERFS
Le système nerveux, soit par l'une, soit par l'autre de ses deux grandes divisions , se retrouve partout et devient ainsi un des prin- Cipaux moyens d'explication dans une foule de phénomènes chirurgicaux.
$ I. Merfs encéphalo-rachidiens.
Conducteurs du mouvement et de la sensibilité, les nerfs encéphalo-rachidiens ne peuvent être lésés sans modifier ou détruire ces deux propriétés dans les parties où ils vont se rendre. Naïssant par deux racines distinctes eb servant à deux usages si différents, il était naturel que, de nos jours, on s’efforçät de justifier, par l'anatomie, une supposition de Galien sur l'isolement de leurs fonctions. Le médecin de Pergame avait dit qu'il existe des nerfs spéciaux pour le sentiment et d’autres pour le mouvement. L'observation clinique prouve chaque jour que le mouvement peut cesser dans une partie qui conserve la faculté de sentir ,etréciproquement. Dès l'année 1809, M. Ch. Bell reconnut que la section de la racine postérieure des nerfs anéantit une de ces propriétés sans détruire l'autre (1). Se livrant à des expériences du même genre, en 1820 et 1822 (2), M. Magendie parvint à établir que les filets fournis par les racines antérieures sont destinés à la motilité, tandis que ceux des racines postérieures président à, la sensibilité. Depuis lors M. Serres (3) et moi (4) avons rapporté chacun une observation recueillie sur l'homme, qui semble venir à l'appui de cette doctrine. Béclard(5), etnombre d'autres anatomistes, renouvelant les expériences de M. Magendie, sont arrivés au même résultat. Mais rien de tout cela n'a paru assez concluant, et la question, examinée contradictoirement par MM. Bellingeri (6), Calmeil (7), de Blainville (8), Cruveilhier (9), ne paraît pointencoreavoir été résolue d'une manière irrévocable. Quoi qu'il en soit, on présumera que c'est la partie postérieure dela moelle, ou les nerfs qui en partent, qui sont affectés quand une perte de mouve-
(1) Shaw on part. paralys. med. ch. Trans., 1822.
(2) Journal de Physiol., août 1820.
(3) Archives gén. , t. 7, p. 78, 1825.
(4) Ibid, p. 68.
(5) D'Escot., Affections locales des nerfs: Pari:, 1825, p: 17:
(6) Journal des Progrès, t. 1e, p. 195, t. 5,
(7) Ads tuaspe77;t 12,p. 133.
(8) Physiol. comparée , à la Sorbonne.
() Cours d’anatom., à la Faculté.