‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale et topographique du corps humain, ou, Anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la médecine opératoire (volume 2)Chapitre 17 sur 87 · NERFS CÉRÉBRO-SPINAUX · texte numérisé non relu

NERFS CÉRÉBRO-SPINAUX

ment vient à se manifester sans lésion du sentiment. Les cas d'insensibilité sans paralysie du mouvement seront, au contraire. rattachés aux altérations de sa région antérieure. Comme ils se distribuent sur tous les points de l'orgapisme , il n'est pas une lésion trumatique qui ne soit accompagnée de douleur, et c'est parce qu'ils n'en renferment, si même ils en possèdent, qu'une très-petite proportion, que les os, les cartilages, les ligaments sont doués dune sensibilité si obscure : tandis que Ja peau, où la plupart d'entre eux viennent s'épanouir , en possède une si vive et si délicate. Il est inexact, toutefois, de soutenir que Je réseau de Malpighi, que la couche papillaire n'en soient qu'un épanouissement, que la sensibilité soit toujours en raison de leur nombre ou de leur volume. L'urètre, la surface du gland , qui jouissent d'une sensibilité si exquise, en reçoivent certainement moins que Pœsophage et le pharynx. En se perdant au milieu des muscles, leurs derniers filaments tombent presqu'à angle droit sur les fibres, qu'ils plissent mécaniquement, disent MM. Prévost et Dumas (1), en se rapprochant les unes des autres sous des attractions ou des répulsions galvaniques (2). Mais ces filets,|assez nombreux d’ailleurs, n'étant destinés qu'a la motilité, n'en rendent pas les muscles beaucoup plus impressionnables à l'action des instruments tranchants.

En admettantque presque tous les nerfs de la sensibilité arrivent à la peau, on explique tès-bien comment il se fait que, dans les opérations, il n'y ait pour ainsi dire que la section de cette membrane de douloureuse ; Mais comment expliquer ensuite les douleurs qui, plus tard, se manifestent souvent au fond des plaies, qui caractérisent certaines tumeurs, les inflammations , etc., développées profondément! Ainsi, sans les nerfs point de sen- Sibilité , ni de motilité dans la partie. Leur section, leur ligature, devant , d'après cela , être suivie de paralysie, on conçoit combien il importe de le ménager dans les opérations Sous ce rapport, il est bon de remarquer que les branches d’un méme nerf se rapprochent eb se confondent souvent en un seul cordon après avoir marché plus ou moins long-temps écartées, ainsi qu'on le voit pour le saphène externe avec une branche du poplité, par exemple ;, et de façon que la section du tronc principal n’entraînerait pas alors dé toute nécessité la perte de ses fonctions.

En s'adossant , les filets nerveux ne constituent pas des anastomoses aussi complètes que les artères ; Cbse confondent rarement d’une manière certaine. Le plus souvent, 1ls restent

(x) Audouin , Arch, gén. de Méd. , 1. 8, p. 88. (2) Adelon , Physiologie de l'homme, 1. 2, p. 56: Paris, 1830,

côte à côte ct sansse mêler, quoique enveloppés dans la même gaîne; jusqu'à leur terminaison définitive. Même quand ils s'anastomosent en forme d'anse, la confusion de Jeur matière nervale est si rare ou si dificile à constater qu'on en a nié l'existence (1) même à l'extrémité des doigts, où personne ne la reyoquait en doute (2). C'est àtort, selon moi, car je suis parvenu plusieurs fois à découvrir de ces anses dont la convexité ne fournissait aucun rameau , quoiqu'elles fussent douées d'une régularité parfaite. 11 n’en faut pas moins convenir avec M. Cruveilhier (3) que le fait n'estpas commun ; tandis que le système artériel nous l'offre à chaque instant et sous une foule de formes différentes. C'est là ce qui fait qu'un nerf ne peut pas en remplacer un autre, que chaque organe a véritablement les siens, qu'il ue peut s'opérer de substitution entre eux, ct, par conséquent , que la division de chacun a pour suite presque inévitable la paralysie de lorgane auquel il est destiné. En un mot, les nerfs se ramifiant à la manière d’une branche d'arbre, toutrameau , donton interrompt la continuité avec le tronc ; en reste absolument séparé; tandis que le système artériel représentant partout des cercles , chacune de ses branches peut être divisée sañs arrêter la circulation nulle part.

Tout cordon nerveux est composé d'un certain nombre de filaments réunis entre eux par un tissu cellulaire rare , dense et très-fin, puis enveloppé par une gaîne plus ou moins lâche, plus ou moins complète. Chaque filament est à son tour formé d'une sorte de tubes fibreux ou névrilématiques et d'une proportion variable de matière neryale. Adhérant à la pulpe médullaire par sa face interne, et dépourvu de cloisons celluleuses à sonintérieur, ce tube permet au mercure qu'on y pousse de le parcourir et de suivre la route du filet , ce qui a pu, quoiqu’à tort, faire croire que les nerfs étaient creux (4) ou canaliculés, cqnme les vaisseaux (5). Enfin des artérioles, des vei nules , des vaisseaux ]lymphatiques entrant dans la structure des nerfs, comme dans celle de tous les autres organes examinés jusqu'ici , ces cordons doivent être sujets à toutes les maladies qui affectent l'organisme Seulement elles y prennent toutes des caractères en rapport avec la nature du système. L'inflammation \4 est rare, parce qu'ils contiennent peu de yaisscaux sanguins , que leur tissu cellulaire est filamenteux et sec , etque leur trame organique, purement fibreuse, est peu favorable à l'accumulation des fluides. Dès qu’elle y existe , ce-

(1) Béclard , addit. à l’an. de Bichat, p. 52, 1830.

(2) Blandin, Anat. topograph., p. 551.

(3) Dict. de.Méd. et de Chirurg. prat, tu 1e", p. 62,

(1) Reïl, Arch. de Physiol., etc.

(2) Bogros, Arch. gén.de Méd., t, 8, p. 299. 1826.

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