DE LA TÊTE
L'extrémité céphalique du tronc, composée du crâne et de la face , surmonte le rachis de manière que, pour l'empêcher de basculer en avant, il faille un effort continuel des muscles de la région cervicale postérieure:
L'ovoïde qu'elle représente quand on la suppose séparée du corps, fort irrégulier d’ailleurs, a sa pointe au menton, et sa grosse extrémité en arrière et en haut. L’échancrure profonde de sa région inférieure, remplie par le sommet du rachis et les parties molles du cou, lui donnerait plutôt quelque ressemblance avec une cornue si le front était moins élevé et les angles de la mâchoire moins proéminents en arrière. Son grand diamètre, étendu de la symphyse du menton aux vertex, ayant une direction très-oblique de haut en bas, et deux fois plus de longueur en ayant qu'en arrière, il est tout simple qu'abandonnée à elle-même elle retombe toujours du côté du sternum, comme on le voit pendant le sommeil, chez les paralytiques et les vieillards. La même raison fuit, qu'obligée de traverser , soit un cercle , soit un canal tant soit peu résistant, elle s'y engage à peu près constamment par l'occiput, ainsi que l'immense majorité des accouchements en donne chaque jour la preuve. Cela fait aussi que le contraire arrive dans les chutes d'un peu haut, que la face alors tend à s'éloigner du thorax, que, sans la volonté du nageur, par exemple, c'est elle quitoucherait le fleuve la première, lorsqu'il se jette à l'eau par la tête, enfin qu'il faut la retenir, à l'aide de bandages, si on veuten prévenir l’inclinaison antérieure, quand il existe une plaic transyersale de la nuque:
Le volume de la tête, l'importance des organes qu’elle renferme , la multiplicité des pièces qui la composent, expliquent suffisamment au surplus la fréquence de ses affections et le nombre d'opérations qu'on y pratique.
Manifeste et très-grosse dès les premières semaines de l'état embryonnaire, elle peut avoir une croissance trop rapide ou trop lente, en tout ouen partie, et de là un certain nombre de monstruosités, de vices de conformation par exagération organique, ou de ceux qu'on dit être par arrêt de développement. La friabilité de son tissu la rend alors très-facile à séparer du tronc, ét nul doute que l'acéphalie ne soit souvent produite par cette cause. Le fœtus, vivant à la manière d'un végétal, par l'intermède de son cordon, peut ainsi perdre le crâne, toute la tête, le cou et même une partie de la poitrine, qui se dissolvent insensiblement dans le liquide amniotique, ct men pas moins continuer son développement pour le reste. Parmi les faits que j'ai observés, il en est plusieurs qui me semblent mettre la justesse de cette manière de voix hors de toute contestation, et prouver que c'est là qu’il faut aller chercher encore l’origine d’un grand nombre de monstruosités, bien plus que dans l'arrêt de développement, que tant de bons esprits admettent aujourd'hui si légèrement. Un peu plus tard, après le troïsième mois, la souplesse de ses os et la ténuité de ses tissus membraneux, lui permettent de se mouler à toutes les formes, de se laisser comprimer, aplatirsans danger, et la disposent à Salonger, à se réduire convenablement au moment de la parturition.