PARTIE POSTÉRIEURE
1e Jei l'épaisseur de la paau est considérable, plus sur la ligne médiane et les saillies musculaires, un peumoins en ayant ou sur les côtés. Sa grande résistance explique les douleursatroces que font naître les tumeurs furonculaires qui sy développent. Très-élastique , peu extensible, peu vasculaire et presqueentièrement constituée par l'élément fibreux , elle doit, au dire de quelques personnes , à la prédominance des, solides sur les fluides , la rareté-de ces affections pustuleuses aiguës ou chroniques; mais. cette opinion neme paraît rien moins que fondée , car les dartresfurfuracées , le porrigo, les clous, ete., s'y manifestent tout aussi sou. vent qu'ailleurs. Elle est quelquefois ridée en. travers , chez le vieillard surtout, et les sujets. qui ont beaucoup perdu de leur embonpoint.
Sion n'y distingue pas desrides papillaires, on y apercoit assez souvent des points de figures déterminées , qui correspondent aux aréoles de sa face interne. Les cheyeux qui la recouvrent en haut descendent plus ou moins bas, ordinairement jusque vis-à-vis de l'axis. Le reste de sa surface estglabre. Les follicules sébacés paraissent y être assez peu nombreux.
D'autant plus adhérente qu'elle est plus inférieure , elle est assez mobile cependant poux qu'il soit possible d'en former des plis d'une. épaisseur considérable , quand on veut la traverser ayec un séton. Sous ce rapport, c'est le milieu de la région qui présente le plus d'a- Yantages.On doit le préférer pour d'autres raisons encore. Le pansement , par exemple, y est plus facile. Il en est de même pour les vésicatoires. En effet , si la plaie se trouve placée au-dessous de ce point , la bande s’applique mal, et tend, quand elle est fixée, à glisser de bas en haut, à se rouler en corde. Si le séton ou le vésicatoire est placé plus haut , les mêmes inconvénients se rencontrent, mais en sens inverse. Le cautère néanmoins paraît devoir faire exception à cette règle. Les raisons qui portent à le placer de préférence dans la fossette ducouw, doivent l'emporter sur les difficultés du pansement. Tissu cellulaire en grande quantité, forme très-bien disposée , tissu spongicux qui se continue avec la face externe de la dure-mère, tout enfin semble indiquer que , là, un exutoire sera mieux placé qu'ailleurs pour agir efficacement sur l’encéphale ou ses membranes.
2° Généralement mince, formée de lamelles et de filaments, dense ct adhérente à la peau au point qu'en soulevant cette dernière pour la plisser dansl'opération du séton ,par exemple, elle s’y trouve toujours comprise, la couche souscutanéerenferme, dans ses lamelles les plusrapprochées du derme, des cellules adipeuses en assez grand nombre qui peuvent constituer ellesmêmes une lame assez épaisse, Son autre face, plus égale, n'est que faiblement unic à l'apo-
névrose; mais elle adhère fortement au liga-
ment cervical, avec lequel il semble qu'elle se confonde. C'est dans son épaisseur que se forme le pus des inflammations érysipélateuses. La grande résistance de la peau et son peu d'extensibilité font que les abcès se circonscrivent rarement d'une manière bien déterminée, qu'ils s'étendent promptement dans différents sens à la région postérieure du cou, et qu'on recommande avec raison de donner issue aux fluides morbifiques dès qu'ils y sont déposés. Malheureusement il n’est pas toujours facile. de saisir le moment opportun, car Je plus souvent la fluctuation y estexcessivement difficile à découvrir. Au total, cette couche celluleuse, très-sèche, ne xenferme qu'un petit nombre de vaisseaux et de filaments nerveux.
3° Aponévrose. Nous avons vu, dans Ja région sus-claviculaire, que l'aponéyrose cervicale se dédouble en arrivant au bord du trapèze. Ses deux lames se confondent .de nouveau sur la ligne médiane, et concourent, en se terminant ainsi, à la formation du ligament cervical, qui est, d'un autre côté, le rendez-vous commun de toutes les lames celluleuses inter-musculaires. Réduit à une simple couche fibro-celluleuse chez l'homme, ce ligament, étendu de l'occipital à la dernière vertèbre cervicale, réunit les apophyses épineuses du cou à la peau, et sépare tous les muscles du côté gauche de ceux du côté droit. Chez les quadrupèdes qui ont la face pesante ou qui la tiennent habituellement relevée, chez les carnivores surtout, il est extrêmement fort. Sa nature, évidemment la même alors que celle des ligaments jaunes, lui donne une élasticité très-prononcée, et fait que ces animaux ont naturellement la tête retirée en arrière, quand les muscles fléchisseurs sont dans le relâchement. (C'est sur le feuillet superficiel de l'aponévrose que rampent quelques filaments nerveux des branches cervicales postérieures. Mince, et fortement unie au muscle trapèze , sa face externe est fixée d’une manière peu inlime à la couche. sous-culanée. Aussi rien n'est-il facile comme de plisser, de disséquer la peau de la partie postérieure du cou, en comprenant dansses replis le tissu cellulairé qui la double, sans blesser l'aponéyrose.
4° Très-nombreux, les muscles forment dans cette région divers plans superposés. a. Les trapèses , confondus sur la ligne médiane, au moyen de leur aponéyrose, qui s'élargit en descendant , pour constituer le losange fibreux dont l'épine de la septième vertèbre occupe le centre, présentent un premier plan qui n'est séparé de lapeauque par la couche sousculanée. 4. Les splénius forment une seconde couche, séparée de la précédente par une lame aponévrolique assez forte et par une portion du rxhomboïde en bas. En se portant à la tête, ils laissent entre eux un écartement
triangulaire, dont la pointe correspond au milieu du cou, et dans lequel le trapèze repose immédiatement sur les complexus. C’est dans le haut de cet espace que l'artère occipitale se dégage de dessous les splénius , pour se répandre à la partie postérieure du crâne. ce. Les complezus, placés obliquement au-dessous; sont recouverts de bas en haut par le xhomboïde, le petit dentelé supérieur, les splénius et le trapèze. C’est entre eux qu'est situé le ligament cervical. Composés d'un assez grand nombre de faisceaux, qui s'imbriquent en montant des apophyses transverses vers la ligne médiane, ils croisent très-obliquement la racine des splénius, puis se reportent sur les transversaires du cou, sur la pointe du sacro-lombaire et du long dorsal, sur les transyersaires épineux , et au-dessus de l'axis, sur les obliques et droits postérieurs de la tête. Entre le trapèze et la seconde couche, le tissu cellulaire dense, filamenteux et très-serré supérieurement, devient lamelleux dans le milieu de la région, où il est encore assez serré, tandis que tout-à-fait en bas, il est beaucoup plus lâche et renferme une certaine quantité de cellules adipeuses en dehors. Entre les splénius et les complexus, ce tissu est peu abondant, si ce n’est à la partie supérieure. Entre les complexus et les muscles qui sont au-dessous, il forme des lamelles, rares dansles deux tiers inférieurs de la région, plus abondantes dans son tiers supérieur , où il existe en grande quantité.
Les muscles qui ne parcourent pas toute la largeur de la région postérieure du cou peuvent être divisés en deux séries , les uns situés au-dessus de l'axis, les autres au-dessous.
Ceux-ci forment une masse plus ou moins volumineuse suivant les sujets, qui, remplissant les gouttières cervicales, est composée, en venant des côtés vers la ligne médiane, du sacro-lombaiïre , du transversaire, du long dorsal et des transversaires épineux, en un not du prolongement des différents faisceaux qui entrent dans la composition du sacro-spinal.
d. Les grands droits postérieurs de la tête, étendus de l'apophyse épineuse dela deuxième vertèbre à la ligne courbe inférieure de l’occipital , en dehors de la crête de cet os, séparés l’un de l’autre par un espace triangulaire très-étroit, rempli de tissu cellulaire jaunâtre et dense, sont séparés du grand complexus par une couche de tissu semblable, mais très-épaisse et qui renferme des nerfs et des vaisseaux. En dehors, ils sont libres, et forment le côté interne d’un triangle que nous examinerons plus bas. e. Les potits droits, se portant du tubercule de l’atlas seulement vers les fossettes qui se voient derrière le trou occipital, sur les côtés de la crête médiane du même nom, recouverts par les précédents, dont ils ne sont éloignés que par une lame
DU COU
mince de tissu cellulaire, sont immédiatement appliqués sur le ligament occipito-atloïdien. f.. Les obliques, disposés de telle sorte que l'inférieur, se portant de l'épine de l'axis à l'apophyse transverse de l’atlas, et le supérieur, de ce dernier tubercule à l'occipital, entre les deux lignes courbes, près de la terminaison du grand droit, circonscrivent un triangle très-régulier, dans lequel on remarque plusicurs organes importants, tels que l'artère vertébrale, le nerf sous-occipital et une partie des ligaments qui unissent les deux premières vertèbres entre elles ainsi qu’à l’occipital. Cet espace est recouvert par le grand complexus, et rempli par du tissu fibro-celluleux qui adhère très-fortement aux muscles, aux vaisseaux, aux branches nerveuses, et qui se confond surtout avec le périoste et les ligaments. Le second de ces muscles, caché par les complexus, reposant sur la partie postéro-inférieure de l’occipital, entre le splenius capitis, le grand complexus, qui sont audessus , et le grand droit postérieur de la tête, qui est au-dessous, appuie sur la partie la plus mince de la fosse occipitale inférieure ; en sorte que, si on se délerminait à pratiquer le trépan au-dessous de la ligne courbe supérieure , il serait nécessairement divisé. Le premier, aussi recouvert par les complexus, n'est immédiatement appliqué que sur les deux vertèbres auxquelles il s'attache, sur la branche postérieure de la deuxième paire cervicale , un peu sur l'artère vertébrale et sur du tissu cellulaire.
Les petits muscles, placés entre les apophyses épineuses, depuis la seconde vertèbre jusqu'à la septième, remplacés, entre l’atlas et l'axis, entre l’occipital et l’atlas, par les droits postérieurs, sont doubles, symétriques, et semblent venir à l'appui de l'opinion émise dans la première partie de cet ouvrage, savoir: que le tissu fibreux jaune est susceptible de se convertir en tissu musculaire, suivant le besoin des organes entre lesquels on le trouve. Les tnter-transversaires , également doubles, circonscrivent chacun un petit triangle par où sortent les nerfs cervicaux, maïs de manière cependant que ces nerfs ne peuvent pas être comprimés par les contractions musculaires.
5° Les artères viennent toutes de la partie antérieure du cou. a. La branche horizontale de la cervicale transverse se ramifie surtout entre les deux premiers plans musculeux. &. La cervicale profonde, sortant de l'espace qui existe entre les deux dernières vertèbres cervicales, fournit aux faisceaux des gouttières rachidiennes, puis se porte entre eux et les plexus , pour se perdre dans ces derniers.
c. La cervicale ascendante ne donnèé aussi des branches aux mêmes parties, que dans la moitié supérieure de la région. d. L'occipitale en est la plus importante. De la carotide externe,