PARTIE POSTÉRIEURE
* elle passe entre l’axis et l’atlas, en dedans du sterno-mastoïdien, puis du splénius de la tête, pour arriver dans la région qui nous occupe.
Alors elle monte flexueusement sur la face.externe du grand complexus, recouverte par le Splénius et par le trapèze, qu'elle traverse bientôt pour se répandre dans la couche souscutanée. Quand elle se divise en deux branches, sous l'apophyse mastoïde, il est à peu près impossible de l'aller chercher pour y appliquer une ligature; mais lorsque cette division n'a lieu que sous le trapèze, si une maladie ou un accident quelconque l’exigeait, on pourrait la découvrir en incisant la peau, le issu cellulaire sous-cutané et l'aponévrose, en écartant le trapèze du splénius, depuis la ligne courbe de l'occipital jusqu’à deux pouces au-dessous. On voit, d'après cette disposition, qu'une plaie dans le haut du cou pourrait être suivie d’une hémorrhagie abondante, tandis qu'en bas aucune artère n'est assez yolumineuse pour faire craindre cet accident. 5° La vertébrale, renfermée dans le canal des apophyses transverses , à l'abri des violences extérieures jusqu'à la seconde vertèbre, ne pourrait être atteinte que par des instruments gréles ou piquants, portés, soit en travers, soit d’arrière en avant entre deux vertèbres. En sortant de la troisième , elle forme une arcade à convexité postérieure et externe, qui l’expose au contraire à l’action de tous les corps yulnérants capables de pénétrer jusqu’au rachis. Courbée en avant et en déhors, en tra-
versant l'atlas, elle est de nouveau à l'abri des lésions extérieures. En quittant cette vertèbre pour entrer dans le crâne par le grand trou occipital, elle se contourne en arrière du con- | dyle, sur la face postérieure du ligament occipito-atloïdien postérieur, qu’elle perce, ou plutôt qui lui fournit une espèce d'anneau fibreux complété par l'os occipito-basilaire, C'est ici qu'elle forme une convexité très-prononcée, qu’elle est long-temps à découvert dans le triangle indiqué en partant des muscles obliques, et qu'elle serait surtout facile à blesser. | Les rameaux qu'elle donne ayant d'arriver
i dans le crâne, ont si peu de volume qu'ils ne
peuvent donner lieu à aucune remarque chi-
| rurgicale.
6° Les veines suivent, accompagnent en géné-
gulaire interne, Quelques-unes, placées dans la couche celluleuse, versent le sang dans la Jugulaire externe. Les premières recoivent aussi quelques veines émissaires de Santorini, Anais Qui sont si peu constantes ct si profon- : S Un
des, qu'elles ne fournissent pas d'indication Spéciale pour la saignée.
7° Les Zymphatiques du plan sous-cutané sont arcs, et vont se rendre: aux ganglions cerviaux superficiels. Ceux du plan profond desicéndent en partie dans le creux de l'aisselle.
ral les artères, et vont se rendre dans la ju=
Allant, pour le plus grand nombre, aux ganglions cervicaux profonds, ils expliquent le gonflement sympathique des glandes conglobées de l'aisselle et dela région sous-hyoïdienne, dans un assez grand nombre de maladies de la partie postérieure de la tête ct du cou. J'ai souyentrencontré deux outrois ganglions sur le splénius, entre le trapèze et le sterno-mastoïdien, recouverts par la peau et la couche celluleuse, à un pouce environ au-dessous de la ligne courbe de l'occipital. Ilest utile de s'en rappeler le siége, afin dene pas seméprendre sur la nature des tumeurs auxquellesils pourraïent donner naïssance. J'ai connu un jeune homme chez lequel l'un d'eux avait acquis le volume de l'extrémité du doigt. J’en connais un autre chez lequel ces ganglions se gonflent très-souvent, de manière à former de petites tumeurs roulantes sous la peau.
8 Nerfs. Les branches postérieures des nerfs cervicaux en fournissent ici un certain nombre. Le plezus cervical en donne quelques autres, et Île sows-occipital s'y distribue principalement. Les premiers sont placés d'abord entre les muscles splénius et complexus. Ensuite leurs branches se séparent. Les unes s'engagent alors entre les complexus et la masse profonde des muscles. Les autres traversent les couches charnues qui les recouvrent, et toutes envoient des filets dans le tissu cellulaire sous-cutané. Le spinal se ramifie dans le muscle trapèze. Quelques rameaux des branches cervicales descendantes profondes se rendent dans le même organe, dans l'angulaire du scapulum et dans les lames fibro-celluleuses qui séparent ces deux muscles de ceux qui sont au-dessous. Ceux-ci ne donnent qu'à la partie inférieure du cou, et paraissent étre spécialement destinés à la respiration ct à la sensibilité. Les précédents occupent la région moyenne, ct se perdent en grande partie dans Jes organes locomoteurs. Quelquesautresfilets, encore fournis par leplexus cervical, venant des branches auriculaires et mastoïdiennes, sont serrés dans les feuillets de l'aponévrose, et se perdent dans le tissu cellulaire qui les sépare destéguments. Le sous-occipital, qu'on peut considérer comme la première paire cervicale, est le plusimportant de tousles nerfs de cette région. En passant entrele crâne ct l'atlas, il entre immédiatement dans le triangle circonscrit par les muscles obliques et le grand droit postérieur de la tête enveloppé dans le tissu cellulaire qui remplit cet espace, et auquel il adhère fortement. C'est là qu'il s'épanouit en trois branches principales, dont l’une descend, commeles branches profondes des autres nerfs cervicaux, sous le complexus, qu'elle finit par traverser. Les deux ascendantes se portent vers l'occipital , traversent aussi les muscles ou leurs interstices, s'anastomosent avec les rameaux supérieurs du plexus
cervical, entre l'aponévrose et la peau, et avec d'autres filets appartenant au facial.
Les nerfs sont donc plus abondants dans la portion sus-axoïdienne dela région que partout ailleurs. C'est ce qui explique en partie les douleurssi vives qu'y causentles inflammations. En y ajoutant la texture serrée des divers tissus, on aura de plus la raison du caractère érysipélateux que revêtent si souvent’ ces inflammations, de la facilité avec laquelle elles s'y développent à la suite des plaies, des douleurs, quelquefois intolérables, qu'y font naître certaines tumeurs, et, enfin, de la difficulté avec laquelle le: pus s'y rassemble en foyers.
9e Le squelette comprend une grande partie de l'occipital et toute la région cervicale du rachis. La portion de Poccipital qui appartiendrait au cou, ayant déjà été mentionnée ailleurs, nous occupera moins en ce moment.
Sur les côtés, on voit deux saillies qui correspondent à la partie ‘postérieure du cervelet. L’os, extrémement mince, y est recouvert par une couche épaisse de parties molles. Les fractures:y sont assez fréquentes et d'autant plus redoutables qu'elles sontplus difficiles à découvrir. Ces bosses peuventétre perforées par-des tumeurs dela dure-mère, et même par la pression seule du cervelet. Dans ce dernier cas , il y aurait hernie cérébelleuse, comme on en peut voir deux exemplesrecueillis par M. Lallement et par M. Baffos (1). On est généralement convenu qu'il ne fallait pas trépaner au-dessous de la ligne courbe supérieure de l’occipital. Cependant, si l'indication était positive , l'opération ne serait ni très-diflicile, ni même beaucoup plus dangereuse que dans les autres points du crâne. Seulement il conviendrait d'agir sur le côté, et non sur la ligne médiane, ni trop près de la ligne courbe supérieure. On a dit aussi que les tumeurs de la dure-mère ne devaient point être enlevées, quoiqu'elles eussent percé le crâne. Le raisonnement et les faits semblent venir à Fappui de ce conseil.
Toutefois , il est possible qu'une tumeur ait perforé les os, sans avoir pour cela désorganisé largement la dure-mère ou l'encéphale.
Dans.ce cas, je ne vois pas pourquoi son extirpation ne serait pas entreprise, si, d'un autre côté, les progrès du mal devaient entraîner la mort du sujet. Une femme mourut en janvier 1825, à l'hôpital de perfectionnement , avec une tumeur dure ct immobile, située à la partie inférieure et interne d’une des bosses occipitales. Cette tumeur, qui avait percé l'os, offrait le volume d'une noix ordinaire, et la membrane fibreuse était parfaitement saine à une demi-ligne en dehors. Or, il est évident que son enlèvement était possible, et que l'opération aurait offert les mêmes chances de
(1) M. Boyer, Traité des Maladies chirurgica- Les, etc., tome 5, p. 201.
DU COU
succès que sur toute autre partie du corps.
Ici la cofonno vertébrale est assez fortement concave, el cette concavité est en raison directe de l’âge. Ses apophyses épineuses sont d'inégale longueur, La première vertébre, n'en ayant point, permet à la tête de se renverser plus facilement en arrière. Celle de la seconde est grosse et très-longue. Celle de la troisième très-courle. Les suivantes vont graduellement en augmentant jusqu'à la proéminente; en sorte que, depuis l'axis jusqu’à la septième, il existe une échancrure remplie par les parties molles surtout,échancrure qui doit engager à choisir le milieu du cou pour placer le séton. Etant presque horizontales, et conséquemment très-éloignées les unes des autres, elles donnent une certaine latitude aux mouvements. Les apophyses transverses, aussi trèscourtes, diminuent graduellement de la septième et de la première à la troisième. L'étendue dont jouissent les mouvements du cou est une conséquence naturelle de leur peu de longueur. Leur base et traversée par. un canal pour-le passage de l'artère vertébrale’, qui se trouve ainsi protégée contre l'action des corps extérieurs. Cependant on conçoit qu'un sabre, ou autre instrument. tranchant, porté avec une certaine force, pourrait produire ici une blessure d'autant plus dangereuse que le trone de la vertébrale est assez dificile à lier, commeon apule voir (Région sous-hyoidienne).
C'est en arrière de l'artère que passent les nerfs, et en dehorsqu'ils se divisent. Les facettes articulaires, plusrapprochées de la ligne horizontale que dansles autres régions, s’inclinent de plus en plus en descendant de la seconde jusqu'à la septième ; en: sorte que leur déplacement est d'autant plus difheile qu'on s'éloigne davantage de l'axis. La luxation des vertèbres cervicales au-dessous de l'axis, admise par les uns, rejetée par es autres, est certainement possible. On en possède maintenant des exemples incontestables. S'il n'y a qu'une facette qui passe devant l'autre, sans déchirure du cartilage inter-vertébral, la luxation est incomplète, et peut exister sans paralysie; mais si les quatre surfaces se sont abandonnées en même temps que le fibro-cartilage s’est déchiré, Ja moelle étant toujours comprimée , la para lysie se déclare à l'instant, et quelquefois même la morta lieu.
C'est entre l'atlas et la seconde vertèbre que l'arrangement de ces surfaces estimporlant à noter. Ici, elles sont planes, horizontales ou légèrement inclinées en dehors. D'un autre côté, l’atlas n'a point de lames proprement dites, ni d’apophyses épineuses, ni de corps; point de ligament jaune par conséquent, nt de fibro-cartilage. Il en résulte que les mouvements ont lieu naturellement danstousles sens, que la rolation peut être portée très-loin sans danger, maisque si, néanmoins, on dépasse le