PAROI SUPÉRIEURE
chez la femme , en général, cliez les hydropiques , pendant la grossesse , l'expiration , etc., il est plus long, proportion gardée, que dans l'âge adulte, chez l'homme, pendant l'inspiration. Formée de deux plans principaux, qui, l'un antérieur, l'autre postérieur, en regard par leur concavité, marchent en se rapprochant de haut en bas pour se réunir à angle aigu sur le Jigament de Fällope. Tous les efforts aboutissent en définitive vers ce point de jonction. La solidité de toutson plan postérieur et la convexité rachidienne résistent trop aux viscères pour qu'ils ne tendent pas toujours à se déjeter em avant, mais la contraction du diaphragme et la réaction des muscles droits, les forcent aussitôt à se diriger en bas, de façon que tout se réunit pour les conduire au fond de la région iliaque, plutôt que dans le bassin lui-même. Toutefois les muscles larges, comme les mruscles étroits, étant séparés par certains espaces purement aponévroliques, susceptibles de céder ou de s'éruiller, on conçoit que des hernies puissent se faire nonseulement aw flanc, à l'ombilic, à la ligne blanche comme dans l’aine, mais encore sur une foule d'autres points du ventre, aïnsi que l'ont vu Pelletan et Lassus. Son diamètretransversal suit, pour les variétés , la cavité générale elle-mème. L’antéro-postérieur , beaucoup plus court sur la ligne médiane que sur les côtés, est généralement plus étendu en bas qu'en: haut. Cette cavité se termine inférieurement par le petit bassin ou excavalion pelvienne, qui en forme comme une espèce d'appendice et que nous examinerons à part.
Arr. 1®,.— Cavité proprement dite.
SAT. — Paroi supérieure.
Formée en totalité par le diaphragme , la voûte de l'abdomen se prolonge sur toutes les autres parois. Sa profondeur-est extrémement variable, mais ses variétés ne portent que sur les dimensions verticales du ventre et de l'intéricur du thorax. Considérée d'avant en arrière et sur la ligne médiane, elle descend très-loïn sur Ie rachis , remonte peu dansla poitrine, est inclinée, par conséquent, en bas et en avant. Sur les côtés, elle se porte beaucoup plus haut, ne s'arrète qu'à la dérnière vraie côte, ct s'élève encore plus à droite qu'à gauche, à cause de la présence du foie dans lé premier sens. Pendant les fortes expirations, dans l'enfance, ou lorsque le ventre est fortement distendu par la grossesse, une ascite ou quelque autre maladie, le diaphragme peut re-
> monter jusqu'à la sixième côte. On concoit qu'alors les plaies pénétrantes de poitrine seraient plutôt dangereuses ici par la lésion des viscères contenus dans l'abdomen , que par celles des organes du thorax, On voit aussi que,
Hi dans ce cas, les poumons, repoussés jusqu'au milieu de Ja région costale, ne permettent pas d'entendre la respiration dans la moitié inférieure de la cavité qui les renferme. L'hydrothorax, lempyème ettout autre épanchement thoracique , au contraire, peuvent augmenter plus au moins le volume du ventre, en abaissant sa paroi supérieure. Les excavations latérales du diaphragme forment; à proprement parler, les hypochondres , tandis que la partic postérieure de ce muscle correspond aux régions épigastrique et ombilicale. Le péritoine qui le tapisse dans l'hypochondre gauche ne lui adhère pas d'unémanière intime ni même très-serrée. Supportant Je foie par le moyen des replis latéraux nommés ligaments triangulaires, et par l'union circulaire appeléce ligament coronaire, il est immédiatement en contact avec lui dans l'étendue de quatre ou cinq pouces transversalement, et dun pouce ou deux d'avant en arrière. Simplement protégé dans cet espace par du tissu cellulaire abondant, l'inflammation doit s'y manifester plus souvent qu'ailleurs. Comme il supporte la base du poumon droit, ce dernier organe, le diaphragme et le foie peuvent contracter trèspromptement des adhérences assez fortes pour que des abcès, primitivement formés dans le Ussu hépatique, se vident par les bronches, ou, si l'union des poumons n'élait pas assez intime, s'épanchent dans la poitrine.
C’est sur Faponéyrose centrale que la membrane séreuse est le plus adhérente; tellement qu'il est très-diffcile de l'en séparer, tandis que , sur tous les autres points, elle ne tient aux fibres charnues que par une couche celluleuse assez extensible.
a. Ses fitres charnues peuvent être considérées comme partant de la face interne de la base du thorax, où elles s'entre-croisent avec celles du muscle transverse. Aussi, lors des contractions simultanées de ces deux plans, la poitrine s’agrandit-elle perpendiculairement, sans rien perdre de ses dimensions transversales. Comme elles convergent toutes vers l’aponévrose trifoliée, qui reçoit par son échancrure postérieure l'épanouissement des piliérs; le point fixe du diaphragme se trouve sur le rachis, et son abaissement porte en même temps les viscères en avant. Ses portions latérales étant’ beaucoup plus mobiles que la parlie centrale, le foie à droite, l'estomac à gauche , s'élèvent ou s'abaissent d'une manière assez marquée dans les mouvements respiratoires ; tandis que le cœur, qui repose sur sa portion épigastrique où moyenne, ne change presque pas de position. En se rassemblant pour former les piliers, ses fibres musculaires circonscrivent deux ouvertures importantes à noter. À gauche, vis-à-vis de la première vertèbre lombaire, renfermant l'aorte et le canal thoracique, la première est un apneau fibreux,
complété parle rachis en arrière , et disposé de telle sorte que le vaisseau ne puisse pas être comprimé pendant les contractions du muscle. L'autre, plus antérieure, plus près de la ligne médiane, sur le devant de la onzième verlèbre dorsale, entièrement charnue, susceptible de se resserrer, renferme les nerfs pneumo-gastriques et l'œsophage, dont les fonctions peuvent êlre interrompues momentanément sans compromettre immédiatement l'existence des sujets. L'ouverture du centre fibreux, située à trois travers de doigt environ à droite el en avant de l'ouverture œsophagienne, est bordée par des fibres qui s’entre-croisent en quatre sens différents, et qui sont pour ainsi dire confondues avec la circonférence de la veine cave ascendante; en sorte que celle veine ne peut non plus en aucune manière étre comprimée pendant les contraclions du diaphragme.
b. Dans le diaphragme, les vaisseaux antériels, veineux el lymphatiques ont une disposition fort simple. Ses deux artères, distribuées de manière que leurs branches antérieures s'anastomosent avec la mammaire interne et l'épigastrique , que leur branche latérale s'abouche avec les intercostales ct les lombaires, comme pour former une voie de communication importante dans le cas d'oblitération de l'aorte, sont quelquefois assez volumineuses pour donner lieu à une hémorrhagie abondante dans les plaies pénétrantes de l'un des bypochondres.
c. Nerfs. Après le nerf propre, phrénique, ou respirateur., interne, fourni par le plexus cervical, mentionné à l'occasion de la poitrine, on rencontre les filets de la huitième paire, qui président probablement à la sensibilité du diaphragme relalive à la respiration ; tandis que le précédent paraît se raltacher aux contractions musculaires.
Les anatomistes qui prétendent que le dia-
phragme est primitivement formé de deux muscles, se trompent. S'il est vrai qu'on l'ait ainsi observé sur des fœtus très-jeunes, il est certain aussi que, sur des embryons d'un mois, que je possède, il est tout-à-fait simple. Le passage des viscères abdominaux dans la poitrine, qu'on a rencontré plusieurs fois chez les nouveau-nés, n'en est pas une preuve incon- Lestable ; car on ne voit pas que, dans les faits rapportés par Peyer , Platner, et ceux qu'ont rassemblés Morgagni, Kirschbaum (1) Leblanc (2), l'ouverture anormale ait plutôt été trouvée sur la ligne médiane que sur le côté. J'ai vu plusieurs exemples de perforation congénitale du diaphragme. Dans l’un, l'estomac,
(1) Thèses de aller, extrait ;t. x°°, p. 375, octobre 1746. .
(2) Précis d’opérat. de chirurg., etc,, t, à, p. 589-426,
CAVITÉ ABDOMINALE
une portion du colon transverse et de l'intes- Un grêle étaient dans la même cavité que le poumon gauche, L'ouverture , lisse, arrondie, permettait l'introduction de l'extrémité des cinq doigts réunis, cet se trouvait dans le fond de l'excavation gauche. Dans un autre, dont les pièces furent disséquées par Meyranx, l'ouverture existait au même point, était un peu plus grande, et la rate l'avait traversée. Il est donc probable que ces ouvertures ne sont point des restes de divisions naturelles, mais bien de véritables déchirures dont les bords se sont cicatrisés, soit ayant, soit après la naissance. Chez l'adulte, la hernie se fait, lantôt tout-à-coup par la déchirure des fibres musculaires el des deux lames séreuses qui les tapissent, à l'occasion d'un grand effort, et tantôt, 'au contraire, d'une manière insepsible. Dans ce dernier cas, les fibres charnues sont simplement écartées. Le péritoine et la plèvre, poussés par les parties qui se déplacent, s’'emboitent l'un dans l’autre, etforment ainsi un double sac herniaire. Le fait relaté par J. L. Petit (1) doit ètre rapporté à ce genre, ainsi que celui qui a été publié par
M. Ollivier d'Angers (2).
$ IL.— Paroi antérieure.
La face interne des régions épigastrique, ombilicale, hypogastrique etiliaque, offre, au milieu de la ligne médiane, l'ombilic, auquel viennentse rendre en convergeant quatre cordons ligamenteux, ou trois vaisseaux et l'ouraque, suivant qu'on l'examine chezle fœtus ou après la naissance. L'un, se portant obliquement à droite, en haut et en arrière jusqu’au sillon longitudinal du foie, se trouve fixé dans Ja région épigastrique par un repli triangulaire du périloinc, de manière à former un ligament falciforme dont la pointe aboutit au nombril. Son bord antérieur se dédouble derrière Ja ligne blanche, et du tissu cellulaire graisseux remplit ordinairement l'écartement de ses James, Un peloton de ses vésicules adipeuses, se développant parfois outre mesure, forme aisément une hernie graisseuse qui réagit plus ou moinssur le foie, à cause des iractions qu’elle exerce sur son ligament suspenseur, ainsi qu'on peut le voir dans une observalion recueillie par M. Olivier (3). Ce ligament, qui n'est autre que la veine ombilicale enveloppée d'un repli du péritoine, quoique habituellement fermé chez l'adulte, peut rester libre cependant, comme l'ont vu EF. de Hilden (4),
(1) Œuvres posth., t. à, p. 229.
(2) Supplément au Traité des Hernies de Scarpa, p: 155. ‘
(3) Scarpa, Suppl, p. 114.
(4) Obs. chirurg., liv. 5, obs 95.