‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 111 sur 173 · ER · texte numérisé non relu

ER

VE

158 SQUELBTTE.

jusqu’à l’éxtrémité du moignon, tandis que le mal glissé de préférence entre le périoste et les musclés lorsque sa surface externé est libre. IlLen résulte naturellement que, sous ce rapport, les amputations sont d’autaht plus dangereuses que l’adhérence des muscles au squélette est plus intime: mais que, les obstacles à l'extension dé la phlegmasie augmentant en même proportion, c’est une particularité dont Île chirurgien ne doit É s’exagcrer l'importance.

N'étant utile à la vitalité des os que par sa face profonde, le périoste peut s’enflammer et suppurer à l’extérieur sans compromettre les propriétés naturelles de ces 6rganes. Dans ce sens même il remplit à leur égard l’officé des aponévroses relativement aux altérations de la couché sous-cutanée. En s’épaiss'ssant, il les protége de plus en plus, et devient ainsi un empêchement à la nécrose. Cependant, ses vaisseaux, étant continus avec ceux qui fournissent à la nutrition des os, font que l’inflammation de sä face externe gagne quelquefois sa face interne, et qu'uné affection qui lui était d’abord étrangère finit par amencr l’altération du squelette placé au-Cessous.

Arr, IT. — Disposition extérieure des os.

Bien qu'entourés partout de parties molles, les os n’en sont pas moins distribués de manière à ce que les uns puissent prendre le nom de superficiels et les autres celui de profonds. N'étant protégés que par les téguments, les premiers sont par cela même beaucoup plus exposés que les seconds à l’action des agents extérieurs. Peut-être ne fautil pas chercher d’auires raisons de la prédilection qu'ont

OS. 199 pour eux les éxostoses vénériennes. Il en résulte au moins que leurs fractures par cause directe, que leurs blessures de tous genres doivent être incomparablement plus fréquentes que dans les os profonds. Outre qu’ils sont aptes comme les autres à recevoir le germe de toutes les maladies de causes internes, ils trouvent dans leurs rapports avec l’extérieur-une cause déterminente perpétuelle de ces mêmes lésions. Peut-être aussi la pression que les faisceaux charnus exercent sur leur face musculaire concoure-t-elle àreJjeter la carie, les exostoses sur leurs régions sous-cutanées et en préserve t-elle jusqu’à un certain point les os profonds. |

Comprimés sur deux de leurs faces au moins par les couches musculaires, les os superficiels sont tous plus ou moins aplatis, et se rapprochent en général de la forme du prisme. Cela fait que dans les fractures ils se déplacent assez peu selon la longueur, et que les angles de chaque fragment en gênent quelquefois beaucoup la coaptation. Comme ils sont plus ou moins bombés du côté de la peau, leur fracture par cause indirecte débute presque toujours par À; d'autant mieux que les muscles qui en garnissent les régions planes ou concaves concourent naturellement au même but quand ils se contractent.

Plus complétement enveloppés, comme matelassés de muscles, les os profonds se brisent rarement sous l'influence de causes directes; mais leurs usages relatifs à la sustension et à la locomotion étant d’ailleurs semblables à ceux des os superficiels, ils doivent se rompre de la même façon, par l'effet des contre-coups. La courbure qu'ils offrent presque lous, et que remplissent d’épaisses masses

charnues, fait que la solution de continuité commence constamment par l’autre sens dans ces sortes de fractures. Plus cette courbure est prononcée, plus les faisceaux musculaires, qui en sont alors comme la corde, ont d'action sur les os, de chances d’en faire céder la partie moyenne, de les briser quand ils en tirent avec force les extrémités. Les fractures spontanées ne peuvent guère arriver autrement, et quand elles sont opérées d'une manière quelconque, cette disposition des muscles se joint à la cause fracturante pour diriger l'extrémité des fragments dans le sens de la convexité du membre. |

La masse absolue du tissu osseux est à peu près la même dans chaque point de l’étendue d’un os long; mais le rapprochement extrême des fibres dans sa partie moyenne en diminue assez le volume pour porter à penser que, pressé par ses deux extrémités , il se brisera plus particulièrement aux environs de ce point. Le mouvement communiqué aux os par ce genre de pression, de même que l'effort exercé par les muscles, au surplus, représente ici deux puissances qui, allant à la rencontre l’une de l’autre, se heurtent natureHement au moment où elles tendent à se croiser, à se perdre ou à changer de direction, c’està-dire dans le sens où l'os est le plus convexe, si quelque autre point n’est pas rendu plus faible par suites de circonstances particulières.

La forme des os courts, leurs dimensions, presque égales dans toutes les directions, les mettent à l’abri des fractures par contre-coup. Seulement on doit remarquer que plusieurs d’entre eux, la rotule, le calcanéum par exemple, étant tout entiers sous l'empire des tendons qui s’y

OS. 101 insèrent, cèdent aussi souvent à l’action musculaire qu’à des chocs directs.

Un grand nombre d’os sont creusés de FT que parcourent des vaisseaux, et qui pourraient en imposer pour des fêlures si l'esprit n’en était prévenu. La présence de veines variqueuses, de renflements veineux, détermine quelquefois à la surface cutanée des plus superficiels , des rigoles, des excavations capables de tromper aussi, et de faire croire à des lésions qui n'existent réellement pas, si le praticien ignorait cette particularité. Leurs rapports avec les artères font que divers anévrismes les usent, les détruisent insensiblement par la pression qu’ils exercent sur eux, pression qui en détermine l'absorption interstitielle, en forçant leurs éléments à réagir les uns sur les autres, Aussi doit-on craindre, quand l’anévrisme dure dépuis long-temps, lorsqu'il est volumineux et qu'il occupe une artère naturellement très-rapprochée des os, de voir l’altération de ces derniers entraver le succès de l’opération, et ne laisser d’autre ressource que l’ablation du membre.

Les sallies, les excavations, tout est digne d’attention dans les os. C'est en explorant leurs inégalités, en effet, qu'on en reconnaît les solutions de continuité, les dépiacements, Îl suffit de mesurer sur les deux membres pareils l’espace qui sépare deux proéminences osseuses éhoisies à cette intention, pour avoir aussitôt la certitude que la partie est ou n’est pas raccourcie. Ges inégalités sont les méilleurs guides qu’on puisse suivre pour pénétrer dans les articulations. Étant toujours appréciables à l’extérieur, elles servent également de jalons, et dirigent souvent le coutean

rh 1}

16% SQUELÉTTE.

de l'opérateur dans les autres opérations. M. Richerand 4 dès long-temps montré de quels avantages elles peuvent être dans Les ligatures d’artères ; en pérmettant, à l’aide de lignes tirées de l'une à l’autre, de déterminer exactement le trajet du vaisseau qu'on veut découvrir. C’est par leur intermède enfin qu’on arrive à connaître la conformation bonne où mauväise des cavités splanchniques, et à diagnostiquer l’état des viscères qu’elles renferment. D'abord séparées de l’os dont elles dépendent par une couche plüs ou moins épaisse de cartilage, la plupart des épiphyses, formées d’abord par des noyaux distincts, restent long-temps faciles à détacher dans le jeune âge, et se trouvent ainsi fort exposées aux fractures. Le peu de consistance qu’elles offrent alors fait en outre qu'il est sourent possible de les trancher avec le couteau, et que s’il devient utile de les faire disparaître, on y parvient aisénent sans recourir à l’emploi de la scie. Connu depuis des siècles ce fait n’en a pas moins été donné de nos Jours comme nouveau par quelques personnes.

Anr. IV. — Cartilages de continuité,

Les cartilages; qui n’ont qu'une existence temporaire dans les épiphyses, restent d’une manière permanente pour compléter un certain nombre d'os et quelques organes spéciaux, COMME on le voit aux côtes en particulier. La grande élasticité, la flexibilité dont ils sont doués, leur permettant de plier sous les efforts , expliquent pourquoi leurs fractures sont si rares, comparées à ceiles des os, Presque entièrement formés de gélatine et de sub-

Page 1