‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 117 sur 173 · SAILLIES EXTÉRIEURES · texte numérisé non relu

SAILLIES EXTÉRIEURES

vent, les vaisseaux qu’elles bordent, leurs rapports avec un certain nombre d’artères, en rehaussent tellement l'importance qu'elles peuvent être mises sur la même ligne que les précédentes pour les applications chirurgicales.

Les reliefs qui se rapportent aux os sont les plus variables. Correspondant, pour le plus grand nombre, à la partie convexe des articulations, ils augmentent naturellement pendant la flexion et diminuent lors de l'extension des membres. Pouvant être distingués avec les doigts, quand le gonflement des parties molles les masque à la vue, ils sont du plus grand secours dèsqu’il s’agit de déterminer ; le siége précis, d’un article et d’en apprécier les changements. Hors des articulations, ils servent à marquer la position d’une foule de viscères, les limites des cavités splanchniques, et deviennent encore d’excellents guides dans plusieurs opérations graves. C'est par l'examen des crêtes, des épines iliaques, des grands trochanters et des tubérosités de lischion, de la proéminence pubienne et de la saillie du sacrum qu’on voit si le bassin est bien ou mal conformé; par le relief que font les côtes, les clavicules, le cartilage thyroïde, les omoplates, les épines vertébrales, qu'on juge de l’état de la poitrine, du larynx et du rachis. Rien n’est donc plus utile au chirurgien, dans les apparences extérieures, que des notions exactes sur les saillies du squelette ; mais ce que j'en ai déjà dit (p: 160 et 161) me dispense d’en parler ici plus au long.

Loin de nuire à la beauté du corps humain, ces inégalités ne font qu’én régulariser l’ensemble quand elles sont distribuées avec toute l'harmonie convenable. Aussi, tous les changements notables qu’elles éprouvent sont-ils l'an-

nonce d’une maladie, d’un vice de conformation, d’une santé mal assise, ou d’une mauvaise constitution, De même que des membres nerveux et bien musclés dénotent la force et le bien-être corporel, de même un corps maigre et décharné témoigne de là souflrance ou des privalions. Les contours gracieux dus à la prépondérance du tissu cellulo-graisseux dans l'enfance et chez les jeunes personnes du sexe seraient un défaut, un indice de maladie chez l’homme adulte. Enfin c’est à la forme bien

connue de ces contours que le chirurgien doit de savoir sila coaptation de telle fracture, la réduction de tels os luxés, est réellement opérée, si telle opération a été bien faite, et jusqu’à quel point il est possible de faire disparaître certaines diflormités.

Couleur.

La couleur de l’homme elle-même a besoin d’être étudiée par le praticien. Sans cela, en effet, on courrait risque de confondre la pâleur de l’anémie ou de la chlorose avec la teinte blanche naturelle à certains individus ; l’aspect jaunâtre et terreux des sujets infectés de matières purulentes ou de miasmes marécageux, avec la couleur propre aux constitutions atrabilaires et bilieuses; le rouge léger de quelques inflammations commençantes, avec la

nuance rosée du visage des jeunes filles, et de toute la | peau des tempéraments sanguins; les rubans noirâtres | dus à la présence des veïnes, avec des liserets morbi- :

des ; les taches hépatiques, syphilitiques, avec les éphélides des femmes enceintes et les taches de rousseur des paysannes,

STATURE, 109 Stature.

Comme la stature de l’homme et ses dimensions, soit transversales, soit antéro-postérieures, sont variables à l'infini , il est impossible d'en rien dire de fixe relativement à la masse des différents individus. C’en est assez pour montrer combien il faut se défier, en chirurgie, des règles empruntées à la géométrie, combien il serait püéril de fonder la médecine opératoire sur de telles règles.

On peut dire cependant que les limites de la hauteur de l'homme semblent se renfermer entre quatre et six pieds. La largeur du tronc, prise au niveau des épaules, rarement moindre de dix pouces, en a quelquefois plus de vingt; tandis que son épaisseur vis-à-vis du centre circulatoire n’est guère que de huit à quinze pouces.

Une anse placée sur le vertex, et ramenée jusqu'aux talons, en passant latéralement sur les extrémités du diamètre des épaules et de celui du bassin , trace une figure ovoïde, très-allongée, dont la tête représente la base et dont les pieds indiquent la pointe.

.. Une pareille ligne, passant sur la moitié postérieure du pavillon de l'oreille, le sommet de l’acromion, le milieu de la crête iliaque , derrière le grand trochanter, la rotule et la malléole externe, seraït nécessairement séparée du corps, 1°au cou par une large échancrure dont la profondeur coïncide généralement avec une bonne constitution ; 2° à la poitrine et au ventre par une échancrure plus étendue , mais moins profonde, et qui, à cause des muscles grand dorsal et grandpectoral, n’est guère manifeste que dans le flanc; 4° aux membres par d’autres échancrüres

encore, au niveau du genou et au-dessous du mollet.

La direction ondulée du rachis et des membres inférieurs empêcherait d’ailleurs cette ligne de diviser le corps en deux plans égaux. À la tête, elle laisserait toute la face en avant. Au cou, à la poitrine, à l'abdomen , 1l ne resterait guère que des muscles et une partie du squelette en arrière; tandis que le bassin se trouverait plus d'à moitié, et que le genou ainsi que le pied seraient de nouveau sur son plan antérieur. En effet, depuis l’occiput jusqu’à la vertèbre proéminente il existe une échancrure qui rejette le pharyax et le larynx en avant. La rigole que CIrCOnsCrivent les deux omoplates dans la région dorsale, correspond à la partie convexe de l’épine, il est vrai, mais le corps des vertèbres proémine tellement dans la cavité thoracique, que le cœur au moins se retrouve encore en avant. Cette rigole, redevenant échancrure transversale pour former la dépression lombaire, repousse de nouveau les viscères dans le même sens. La saillie du sacrum et des fesses se retrouve au dessous. Arrive ensuite celle du jarret, qu'interrompt le mollet et qui se reproduit derrière le tendon d'Achille. En devant, c’est encore au cou que se voit la plus profonde dépression, qui se continue plus ou moins loin sur la poitrine suivant que la proéminence de l'abdomen est plus ou moins considérable, On en trouve une seconde au niveau du bassin et des aiînes, puis une troisième au-dessus du genou, puis une quatrième qui s’étend de la rotule à la pointe du pied.

C’est cette série de reliefs et d’échancrures qui rend la confection des lits, des appareils, des bandages, si diflicile, et par cela même si importante. Les premiers sont

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