‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 119 sur 173 · TITRE PREMIER DU TRONC · texte numérisé non relu

TITRE PREMIER DU TRONC

Le tronc, partie du corps qui renferme les organes spéciaux , se compose de quatre portions essentielles : la tête, le cou, la poitrine et l'abdomen. En le supposant séparé des membres, ses plus grands diamètres seraient au milieu de la poitrine, si ce n’est au bassin , comme chez quelques femmes. Gomme il est généralement un peu aplati, ses quatre plans s’inclinent plus ou moins vers le cou. Sa longueur, qui comprend environ la moïtié de la hauteur totale de l’homme, varie beaucoup moins que celle des membres. La différence, à ce sujet, est si grande que le tronc d’un individu de quatre pieds et demi égale souvent les dimensions de celui du plus beau grenadier, et que les hommes de tailles les plus diverses pourraient bien paraître de niveau s'ils étaient à cheval.

En général la peau du tronc ne présente de poils, à l'exception des cheveux, que sur sa région antérieure et sur ja partie inférieure du bassin. Son épaisseur, qui va en augmentant des côtés vers la région postérieure, explique pourquoi les furoncles, les anthrax sont si fréquents en arrière. Le volume de ses cryptes rend compte aussi de l’aspect boutonneux qu'on y observe souvent. Protégée par les vêtements contre l’action de l'atmosphère

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et des rayons lumineux, la peau du tronc se colore naturellement moins qu’à la fisure et sur les autres parties découvertes, mais sa blancheur tient aussi à ce qu'elle recoit moins de vaisseaux que dans une foule d'autres régions ; Ce qui lui permet de résister un peu davantage aux causes d’inflammation et d’érysipèle.

La couche sous-cutanée du tronc, mince et purement lamelleuse dans certains points , est épaisse dans d’autres, et plutôt filamenteuse dans quelques-uns. Aussi y observet-on tous les genres de phlegmasies diffases où phlegmoneuses. Commeles téguments qu’elle double jouissent d’une densité très-forte, les abcès y acquièrent souvent une grande étendue en surface. Aucune veine, aucune artère un peu importante, aucun nérf digue d'attention ne s'y rencontrent. Aussi les plaies, les opérations n'y sont-elles jamais suivies d’hémorrhagie, d'accidents nerveux. inquiétants. Du reste, comme ses adhérences ne sont nulle part bien difficiles à détruire, on parvient aisément à décoller les 1èvres des plaies qui la compriment, et dont on veut obtenir l’agslutination immédiate. |

Le fascia superficialis se voit à tous les degrés sur le tronc, et les aponévroses n’y offrent non plus aucune régularité; en sorte que la division des inflammations et des dépôts en superficiels et en profonds n'y est pas également possible sur tous les points.

Si quelques-uns des muscles du tronc, les droits de l’abdomen et ceux du cou, par exemple, ont une gaîne fibreuse, on ne peut nier que la plupart n’en soient dépourvus. Leur forme aplatie où rubanée empêche d’en reconnaître toujours La direction à l'extérieur, mais l’adhérence de leur

face profonde à des portions fort étendues du squelette en rend les incisions assez peu dangereuses. Ne formant parfois qu'un plan, et n'ayant d’ailleurs que peu d’épaisseur, ils ne masquent pas absolument la présence des os ou des viscères sous-jacents.

Les vaisseaux, les nerfs forment deux ordres au tronc. Les uns rampent à la surface ou dans l'épaisseur des parois des cavités splanchniques, et sont rarement d’un fort volume. Seulement comme il est difficile de les découvrir, et surtout de les saisir au milieu des chairs , leur blessure ne laisse pas d’être dangereuse. Les autres, situés dans l'intérieur même des cavités, offrent des dimensions considérables , et deviennent ainsi la cause des premières craintes inspirées par les plaies pénétrantes.

Le squelette du tronc, constitué supérieurement par une cavité solide, inférieurement par une sorte de ceinture, au milieu par des arcs ostéo-cartilagineux, remplacé par des parties molles entre les côtes et depuis le menton jusqu’au sternum ou depuis le cartilage xyphoïde jusqu’ au pubis, est surtout formé par le rachis à qui en COURS comme le centre, et reste à sa partie postérieure.

Colonne vertébrale.

Servant de pivot à tout le corps, chargée du poids de toutes les autres parties, placée entre des muscles nombreux et puissants qui la retiennent par derrière , et la totalité des viscères qui tendent à l’entraîner en avant, la colonne épinière est déjà, par cela seul, fort disposée à contracter les diverses maladies propres au système os-

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