‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 132 sur 173 · GRAND ANGLE · texte numérisé non relu

GRAND ANGLE

l'apophyse montante , où elles recouvrent un peu l’éléva-

teur commun de la lèvre supérieure et de l’aile du nez. En haut, ilen est quelques-unes qui se fixent à l’apophyse or bitaire interne du frontal. Au milieu , elles partent d’un tendon qu'il est surtout important d'examiner.

À. l'endon direct. —Large d’une ligne et long de trois environ, aplati et fixé à la lèvre externe de la gouttière lacrymale, ce tendon, qui se bifurque en se terminant aux paupières pour se continuer avec les cartilages tarses, est appuyé sur la portion fibreuse du sac lacrymal , à la formation duquel il semble concourir. On désigne sa portion tendineuse proprement dite , sous le nom detendon direct. Au contraire , l'expansion qu’il fournit au sac, ou qu'ilen recoit, est appelée tendon réfléchi, Sa position transversale fait que le sac lacrymal est comme divisé en deux portions. L'inférieure $e voit dans un espace triangulaire à base externe, dont le côté supérieur est droit et constitué par le tendon, tandis que son bord inférieur et concave est formé par la lèvre externe de la gouttière lacrymale, et par le bord antérieur du maxillaire supérieur. C’est dans le sommet de cet espace qu'on doit porter la pointe du bistouri pour arriver aisément dans le sac lacrymal.

Comme le tendon direct recoit les fibres charnues des deux paupières , et leur sert de point fixe sur le nez, toute plaie des bords palpébraux dans cette région aurait pour suite un écartément de l'ouverture oculaire en dehors, Ce- Pendant comme les cicatrices y acquièrent promptement une grande élasticité, cet accident est moins redoutable qu'on paraît le penser. La distribution inégale, la densité du tissu cellulaire et ses adhérences avec les autres

éléments , permettent rarement aux inflammations d'y re-

vêtir la forme diffuse. Comme les abcès peuventnaître entre

les fibres charnues et la peau, aussi bien qu’entre la conjonctive où le sac lacrymal et les couches moins profondes, onconçoit qu’ils viennent s’ouvrir tantôt à l'extérieur, tantôt en dedans des paupières, et même qu'ils puissent pénétrer dans les voies lacrymales, au lieu d’y prendre Jeur point de départ, comme il arrive souvent.

B. Voies lacrymales.

I. Les points ou orifices externes des conduits lacrymaux se voient à l'extrémité interne de la portion concave du bord libre des pâupières. Formés par un petit anneau Cartilagineux, ils s’enfoncent perpendiculairement, pour se courber ensuite à angle droit après une ligne environ de trajet , et se continuer avec Îles conduits. Quand les paupières sont ouvertes, ils regardent obliquement entre le

globe de Vœil etla caroncule , tandis qu’ils se tournent directement en arrière quand elles sont fermées. Aussi absorbent-ils très-facilement les liquides médicamenteux qu’ on dépose dans le grand angle, ainsi que les sécrétions morbifiques qui s’y forment; ce qui explique, d’une part, comment certains collyres parviennent quelquefois à guérir la tumeur lacrymale , et de l’autre , comment ilse fait que cette maladie trouve parfois son origine dans une ophthalmie. [1 suit encore de leur disposition, que pour y faire pénétrer un instrument quelconque, on doit d’abord les renverser en dehors, afin de porter ensuite perpendicalairement la tête du stylet. sur leur ouverture.

IL. Les conduits lacrymaux suivant exactement la portion droite du bord palpébral, se réunissent quelquefois

avant d'entrer dans le sac lacrymal , où ilsse terminent alors par une seule ouverture. Souvent aussi ils ne font que se rapprocher , et s'ouvrent isolément dans le lieu où ils vont se rendre, Placé dans la partie postérieure du bord de la paupière , le conduit lacrÿmal se trouve ainsi protégé contre l’action des corps extérieurs. N’étant séparée de l'œil et de’ la caroncule que par la conjonctive , sa paroï oculaire est naturellement très-mince et molle : ce qui la rend on ne peut plus susceptible d’être perforée par le stylet, quand on opère suivant les méthodes d’Anel, de Méjan, etc. , st l’on ne suit pas une direction convenable.

Le conduit supérieur étant plus facile à mettre dans une . direction parallèle à celle du sac en relevant la paupière vers-la tête du sourcil, doit être préféré pour passer des fils, des sétons, ou autres corps étrangers. C’est par l’inférieur , au contraire , que les injections doivent être faites, en raison de sa position transversale , de sa fixité, et parce qu'il permet facilement de prendre un point d’appui sur la pommette. |

UE: Le sac lacrymal représente la terminaison d’un canal qui vient du nez. Croisé en‘devant par le tendon antérieur de l’orbiculaire , au-dessus duquel il forme un cul-de-sac, fibreux, long de quatre lignes, large d’une ligne et demie à deux et même à trois lignes, il appuie en dedans sur Ja

souttière osseuse , dite lacrymale , où il se confond avec le périoste , et à laquelle il adhère assez fortement. En dehors, il est séparé de la caroncule et de la conjonctive par une expansion fibreuse , puis par un pêtit muscle dit de Horner.

Fixé d’une part au bord supérieur de la gouttière, de

l’autre à la face postérieure du tendon direct qui la fournit, cette lame réfléchie, ne se trouvant que vis-à-vis le tendon et au-dessus, explique en partie pourquoi la tumeur lacrymale se montre plus particulièrement audessous. ï

En avant, le sac lacrymal est recouvert par l'origine des fibres de l’orbiculaire, et quelques lamelles fibreuses, qui se continuent avec le périoste de la racine du nez. Sa face interne est tapissée par une membrane muqueuse , habituellement un peu plus rouge que ne l’est celle des conduits lacrymaux.

Adhérant par sa surface externe à des parties solides et non susceptibles de se mouvoir, il ne peut se dilater ni se rétrécir alternativement d’une manière active dans l’état normal. Cette circonstance est propre. à faire sentir la futilité de ce que dit Monro, quand il recommande de passer une sonde par le conduit lacrymal, afin de tendre la paroi antérieure du sac pendant qu'on l’incise dans l’opération de la fistule. Elle fait que si, après avoir dirigé le bistouri obliquement en bas, en dedans et en arrière, audessous du tendon direct, on en relève le manche vers la tête du sourcil à mesure qu'il s'enfonce davantage, on peut être sûr d'entrer dans ce sac, et de l’inciser dans une grande étendue, tout én ne faisant qu’une petite ouverture à la peau. Comme l’union serrée des parties empêche qu'elles se décollent, et quele bistourirentre bientôt dansle sac par le mouvement de bascule qu’on lui fait exécuter, le pis-aller se réduit alors à une simple incision de ces membranes dans un point qu'on recommande de ménager, incision qui ne pourrait avoir de suiles plus graves

que l’incision externe, puisque les parties sont de même nature dans l’un et l’autre sens.

IV. Le canal nasal, pure continuation du sac lacrymal, tapissé par la même membrane muqueuse, adhérant au canal osseux dans toute son étendue , est un conduit pres-

ocre, relativement aux opérations que ses maladies réclament; d’où les succès obtenus par l'emploi de la canule métallique,

Long de cinq à sept lignes, un peu plus étendu d’avant en arrière que transversalement, te canal présente une courbure légère, à convexité antérieure et externe, tandis que le sac lacrymal est légèrement convexe en dedans eten arrière. Il à été question de son orifice inférieur en parlant des fosses nasales. Les os qui lui servent de squelette méritent aussi quelque attention. La gouttière lacrymale étant creusée en avant sur le bord postérieur de l’aphophyse montante, : et en arrière sur la face externe de l’os unguis, fait que, pour pratiquer un canal artificiel aux larmes , il vaudrait mieux agir dans ce dermiér sens que dans le premier.

Le canal nasal, proprement dit, formé-par le prolongement de la gouttière lacrymale ne. correspond en avant à aucun organe important. En arrière la partie mférieure de l'os unguis et sa crête recourbée, quelques lamelles du maxillaire supérieur, et une petite portion du cornet inférieur, lui composant une paroi mince et fragile, font que rien ne serait plus facile que de pénétrer par là dans les fosses nasales ou dansle sinus maxillaire. Sa paroi interne, due au prolongement de l’os unguis et à la portion recourbée du cornet maxillaire, n’est pas plus solide que la précédente. Gorrespondant à la narine, elle peut être déprimée par les

polypes ou autres tumeurs qui se développent dans le nez; d’où épiphora, fistule lacrymale, etc. Enfin sa paroi externe, constituée par lalame qui borde le sinusmaxillaire, et quelquefois par un petit prolongement du cornetinférieur, est aussi mince qu'aucune des autres, et très-exposée aux fractures, aux perforations, quand on pratique le cathcté® risme du canal nasal par la méthode de Laforest. On tombe alors dans le sinus maxillaire dont, par la même raison, les tumeurs acquièrent rarement un certain volume, sans gêner, empêcher même la descente des larmes dans le méat inférieur.

Renfermé dans un conduit osseux qui lui résiste de toutes parts, tapissé par une membrane muqueuse assez souple, destiné à laisser tomber de l’œil dans le nez toutes les humeurs qu’exhalent les paupières, en même temps que les larmes, le canal lacrymal trouve dans sa disposition anatomique l'explication de son rétrécissement, de ses engorgements fréquents, de son obstruction même, et des succès invoqués en faveur de la dilatation, temporaire ou permanente, de la cautérisation , des substances déssiccatives et autres appliquées au traitement de ses altérations les plus communes.

La tumeur, les fistules lacrymales se montrent de préférence à l'extrémité interne de la paupière inférieure, parce que, plus bas, l'appareil excréteur des larmes n'est pas dilatable, et que le tendon du muscle naso-palpébral lui résiste par en haut. Comme sacouche muqueuse est très-mince, on conçoit que l’inflammation , l’ulcération ou la suppuration puissent enenvabhir la trame fibro-celhilaire, et causer Ja nécrose ou la carie des os ; ce qui fait déjà pressen-

tir que la même opération ne comyient pas à toutes ses fistules, et que quelques-unes d ne re elles peuvent être toutà-fait incurables, .

V. Enire le sac lacrymal et le a de l'œil, d unepart, la commissure.palpébrale etles points lacrymaux, de l’autre, se trouve la caroncule, petit corps, pâle chez les hydropiques, d’un blanc plus ou moins rosé dans l’état normal, formé par un repli de la conjonctive , dans lequel se trouve un assez grand nombre de follicules agglomérés, et même un petit cartilage. On peut y joindre le muscle lacéymul , placé derrière le sac et les conduits du même nom, auxquels iladhère et qu'il peut comprimer , .entraner-même vers l’os unguis où est son point fixe. |

La caroncule lacrymale , renfermant ainsi tous les éléments d’une véritable paupière, offre le rudiment des membranes clignotante du chien ou nyctitante des oiseaux, Des poils en naissent quelquefois et peuvent en se recourbant vers l'œil faire naître une ophthalmie des plus rebelles. C’est par l'extrémité interne de la rainure qui la sépare dela paupière inférieure, que Pouteau voulait qu’on pénétrât dans le sac lacrymal. On a proposé récemment, dans le même but, de commencer l'incision dans la gouttière qui l’isole de la paupière supérieure , afin d’inciser le sac dans une plus grande étendue ; mais alors le muscle de Horner serail divisé en travers, et s’il est vrai que l’action de ce deb: ele soit utile à l’excrétion des larmes, on concoit que des

accidents pourraient être la suite d'une pareille opération, |

288 “pe La FACE.

G 4 —Mobe de l'OEil.

Le globe de l'œil, sphéroïde, légèrement aplati sur quatre faces, a de dix à douze lignes de diamètre d’avant en arrière , et une ligne de moins dans les autres sens. C'est d’après ces dimensions que Hey’ conseille de ne donner que sept ou huit lignes de longueur à l'aiguille dont on se sert pour déprimer le cristallin. M. Graefe, se fondant sur les mêmes raisons, a fait ajouter une espèce d’arête sur la tige de la sienne, pour la kératonyxie. |

A. Chambre antérieure. —L'æil est divisé én deux chambres. L’une, antérieure, limitée par l'iris en arrière, et par la cornéeen avant, a quatre à cinq lignes tränversalement, et quelques millimètres de moins de haut en bas. De la pupille au centre de la cornée 1l y a deux lignesienviron. Diminuant ensuite à mesure qu’on se rapproche de la grande circonférence de l'iris, cet espace fait que , pour pratiquer la kératonyxie, la concavité de l'aiguille doit regarder en haut, pendant qu’on pénètre dans la chambre antérieure. En effet, si la pointe de l’instrument regardait en arrière, ou si on se servait d’aiguilles droites, il serait difficile d'arriver à la pupille sans blesser l'iris.

I. La cornéctransparente, qui appartient tout entière à cette. chambre, forme à peu près le cinquième antérieur de l’œil. Comme encadrée dans l'ouverture de la sclérotique, taillée sur ‘un cercle plus petit que le reste de l'organe, elle est un peu déprimée circulairement près du point où elle correspond à l'iris, et permet ainsi dene

1 Surgical and pract, Obs, p. 51, 3° édit,

ŒIL. | 264 pas incliner le manche du couteau autant en avant que semblerait l’exiger la courbure de l’œil dans l'opération ce la cataracte par extraction. C’est entre ses lames que glisse le cératotôme, quand le chirurgien n’a pas soin de suivre exactement la perpendiculaire pour arriver dans ia chambre antérieure.

IT. En avant, la cornée est tapissée par une lamelle qui. semble appartenir à la conjonctive, mais qui ne revêt réelicment le caractère des membranes muqueuses que dans certaines maladies , et qui lui adhère sj intimement qu’il n’est guère possible de l’en séparer par la dissection. Aussi plusieurs anatomistes' ont-ils soutenu , et avec raison, je CTOIS , Que sa nature est différente de celle de la conjonctive. Quoi qu'il en soit, c’est aû dessous que la sérosité s’accumule pour constituer les phlyctènes dela cornée.

ITI, En arrière, la cornée est tapissée par la membrane dite de l’humeur aqueuse, sorte de lame qui ne paraît pas remonter au-devant de l'iris, quoi qu’en aient dit plusieurs observateurs très-exacts, et qui, selon moi, n’est que le feuillet interne dela cornée comme la couche précédente en est le feuillet externe.

La chambre antérieure est remplie d’un liquide qui se reproduit avec une grande facilité, chez les Jeunes sujets surtout, |

IV. Wenzell etla plupart des chirurgiens français recommandent de traverser la chambre antérieure, non pas directement en travers, comme le faisait de La F ave, Mais bien obliquement de haut en bas et de dehors en dedans À

1 Ribes, Mém. de la Soc, méd, d'Émul., t, 8, p, 6oy,

Ts I, 19

dans là crainte que le lambeau de la cornée ne soit relevé par l’abaissement de l'œil, ou par les mouvements de lä paupière inférieure. Cé préceptene me paraïîtpas aussi essentiel que beaucoup d'auteurs le prétendent. Après Ik opération , le malade ayant les yeux fermés, c’est la paupière d’en haut qui s’abaisse et non pas l’inférieure qui monte. L'œil lui-même , quand'même il descendrait, ne favoriserait pas davantage cet accident. D'ailleurs, s il devait avoir lieu, ce n’est pas l'incision oblique qui s'ÿ opposerait, car l'extrémité interne du lambeau serait exposée au même renversement. S'il peut être utile d'adopter l’idée de Wenzell, idée que M. Weller’ s’attribue, par inadvertance sans doute, c’est plutôt parce que, dans l'incision transversale, le lambeau n’étant comprimé que parsa partie moyenne, permet à l'iris ou bien au corps vitré d'en soulever les extrémités, comme je l’aivu souvent, et de faire hernie aux angles oculaires.

B.—La chambre postérieureestextrêmementcompliquée. Les trois mémbranes qui en forment la coque, emboîtées Tune dans l’autre, sont, de dehorsen dedans, la sclérotique, la choroïde et la rétine. |

I. La sclérotique, plus épaisse en arrière, mais fortifiée en avant par l'expansion fibreuse dès muscles, est cômposée de fibres parallèles, qui s'étendent du nerf optique vers la cornée , et dont quelques-unes aussi sont circulaires gt transversales.

Il. La choroïide est essentiellement formée paï des vais-

D LR RER ER PRET RSR rer er PS

+ Maladies des Veux, p. 314,

ŒIL. 291 seaux. C’est à sa face externe, entre elle etla tunique p:écédeñte, que se voient les nerfs ciliaires. Se réfléchissant pour former l’uvée, elle donne naissance , en se plissant, aux procès ciliaires , séparés de la grande circonférence de l'iris par la commissure de la choroïde, sur la face postérieure de laquelle ils appuient.

DL. La rétiné blanche, pulpeuse, dans laquelle la moelle du nerfoptique se rencontre, paraît être l’organcessentiel de la vision. Placée entre la choroïdeet le corps vitré, elle se prolonge au moins jusqu’à la circonférence du cristallin. Je l’ai vue plusieurs fois chez l’homme très- distinctement arriver jusqu à l'iris. Cela se remarque mieux encorechez le bœuf.

IV. Ces trois membranes sonttraversées par l’aiguille dans l'opération de Ja cataracte. Leurs fibres étant parallèles à l'axe de l'œil, font qu’il convient de porter l’instrument de manière que l’un de ses tranchants regarde en avant, et l’autre en arrière, sa concavité étant tournée en bas. En agissant ainsi, onne fait pour ainsidire qu’écarter les fibres et les vaisseaux. Au contraire, en fixant l'aiguille dé telle sôrie que sa concavité soit dirigée en arrièré, on divise hécessairement les parties, et, partant, on peut donner lièu à des ecchymoses entre la conjonéfive et la sclérotique , à des épanchements de sang dans la chatibre postéfieure , où bien à des accidents nérveux.

G. Cristallin.—La chambre postérieure estremplie par une masse globuleuse, composée du corps vitré et du cristallin. Comme ce dernier, espèce de lentille inerte et transparente, est plus solide au centre qu’à la périphérie, son

opacité est le plus souvent excentrique. Sa capsule en est

séparée par un espace généralement en raison directe de l’âge, et naturellement rempli d’un liquide albumineux, susceptible de perdre sa transparence en passant à l’état laiteux et purulent. Sa membrane , enveloppée elle-même dans un dédoublement du corps vitré, de nature cornée, dense, élastique, résiste à l’instrument qui cherche à la rompre. Quelques personnes pensent que par sa face interne elle sécrète le cristallin lui-même, et que ce corps peut renaître sRpee son abaissement ou son extraction , si la membrane n’a pas été détruite en même temps‘ ; ; d’où la nécessité de faire$ortir jusqu'aux plus petites parcelles du cristallin dans l'opération de la cataracte, à moins d'en détruire l'organe formateur, c’est-à-dire la membrane elle-même. M. Campaignac * veut, d’un autre côté, que la cataracte reconnaisse constamment pour cause une affection de la capsule cristalline, idée dont j'ai souvent constaté l’exactitude , et qui n’a d'autre tort que d’être trop absolue. $ D.—Le corps vitré, espèce d’éponge à mailles fines et

transparentes , est formé par une substance semblable à l'humeur aqueuse, et parune membrane dont les lames,

dédoublées et bien des fois entrecroisées, constituent des …

locules qui renferment la partie liquide. Repliée pour former le canal hyaloïdien * , qui transporte une artère à la capsule lenticulaire en traversant toute l’épaisseur du

1 Cocteau, Mém. de l Acad, des Sciences, etc. 1836; Sœmmering fils, sur les Changem. qui s’opèrent dans l'œil après l’opér, de la cataracte, etc,

2 Thèse, n° 246, Paris, 1829.

ÿ J, Cloquet, Thèse. Paris, 1817.

ŒIL. 299 corps vitré , la membrane hyaloïde, arrivée prés de l'iris, se sépare en deux lames, dans l’écartement desquelles se trouve la lentille visuelle.

C'est au fond de la chambre postérieure que vont se peindre les objets. On y trouve la rétine, avec ses replis et son point jaune , qui sont à deux lignes environ du nerf optique, c’est-à-dire à peu près dans la direction de l'axe de l'œil; la choroïde, qui est percée pour l’entrée du nerf spécial de la rétine ; enfin la sclérotique , traversée par le même nerf à près de deux lignes en dedans de l'axe visuel chez l’homme.

E.—En avant, cette chambre est séparée de lantérieure par lis, membrane placée de champ et dont l” ouverture centrale forme la pupille. D’ane texture très-compliquée, cet organe renferme , suivant quelques anatomisies, un prolongement de la rétine, de la choroïde , de la membrane del humeur aqueuse, et une lame propre cellulo-vasculeuse. Essentiellement formé par les artères” ciliaires longues anastomosées quatre ou cinq lois en cercle, pour LS c’est untissu érectile, d’après quelques-uns , et un double muscle , selon d’autres’. Aucune de ces opinions ne parait exacte. Le tissu cellulaire qui forme la base de l'iris en explique lesinflammations, et ses nombreux vaisseaux rendent compte de l’hémorrhagie qui en suit la moindre blessure. Le poli de sa face antérieure indique une surface et nonune membrane séreuse. L'enduit choroïdiendesarégion cristalline étant essuyé, il n’est plus possible d’en séparer la moindre lamelle; en sorte que s’il renferme la plupart

: Blondel, Thése, n° 41, Paris, 1829.

des éléments admis par les auteurs, c est à l’état de mélange intime et non de feuillets distincts. Quant à ses fibres charnues, la chirurgie ne permet pas d’y songer. Au lieu de s’élargir par l’action du muscle circulaire qu’on lui accorde, les échancrures traumatiques de son bord libre manquent rarement de se resserrer. Sion en taille un lambeau triangulaire, plutôt que de se rétracter, son sommet vient souvent se recoller au point d’où on l'avait détaché, etc. e | La face antérieure de l'iris, légèrement bombée chez certains sujets , et surtout chez les enfants, peut être intéressée par le cératotôme , au moment où il traverse IE chambre antérieure, comme on le voit quand l'humeur aqueuse < s est échappée. Sa face postérieure , ou l’uvée, légèrement concave, noire , est séparée de la membrane cristalline par un intervalles d’une demi-ligne, et que re emplit l'humeur iqueuse, L’étroitesse de cet espace rend pour le moins très-difficile le passage de l'aiguille au- -devant du cristallin , sans traverser le corps vitré; d'autant mieux que, comme la cornée, la membrane hyaloïde, d abord éloignée de deux à trois lignes de la pupille, se rapproche tellement de l'iris, vers sa grande circonfé- ‘ence, qu ’eHe paraît toucher immédiatement les procès ciliaires. N’est- il pas certain, d’après cette disposition , qui est constante , qu’en portant l'instrument, de la sclérotique à la pupille , soit par le procédé ordinaire, soit à la manière de, M. Bowen’, on diviserait Je corps vitré dans une plus ou moins grande étendue ?

3 Pract, Obs. on the, remov. of cataract by hyalonyais, etc.

La grande circonférence de l'iris, étant attachée à l'union de la cornée avec la sclérotique, au-devant du cercle ciliaire, et recevant là les principaux vaisseaux qui entrent dans sa composition, fait qu’en pratiquant une pupille artificielle à la manière de Scarpa, on s'expose à déchirer l’anneau nerveux, et de plus, à prestee une hémorrhagie assez abondante.

La petite circonférence de l'iris est, comme on sait, susceptible de se dilater et de se resserrer alternativement; ce que chacun explique à sa manière, ou mieux ce qu’on n’explique point du tout. C’est en passant au-devant que Wenzell introduisait la pointe de son couteau dans la chambre postérieure, et divisait la capsule du cristallin, en même temps qu’il traversait la chambre antérieure pour former un lambeau de la cornée. C’est aussi par là que les divers kystitômes remplissent la même indication, et qu’on arrive au cristallin dans la kératonyxie. |

F. —Les vaisseaux du globe oculaire sontexcessivement nombreux et fins. Les rameaux des artères palpébrales et ciliaires antérieures se distribuent dans la conjonctive. L’artère centrale de la rétine arrive par le nerf optique, donne beaucoup de rameaux à la membrane nerveuse de l'œil, et se continue, sous le nom d’artère centrale du cristallin, à travers le canal hyaloïdien, jusqu’à là lame postérieure de la membrane cristalline. Je ne l’ai jamais vue pénétrer jusqu'à la lentille même. Elle doit être ménagée dans la dépression, car il est probable que sa déchirure ne serait pas sans influence sur la vision. Les artères ciliaires percent toutes obliquement la scléro-

tique, principalement dans son tiers postérieur. Leurs nombreux filets se placent ensuite sur la chioroïde, et marchent parallèlement jusqu'aux procès ciliaires, à l’exception des deux ciliaires longues, qui, appliquées . à la face interne de la sclérotique, se portent ainsi jusqu'à la grande circonférence de l'iris, avant de se diviser. C’est à cause de la position de ces deux branches sur les extrémités du diamètre transversal de l’œil qu’il convient d’en- . foncer l'aiguille au-dessous pour pratiquer l’abaissemeni,

et d’ en porter les tranchants l’un en avant, l’autre en arrière, comme nous l'avons dit plus haut. Les veines se voient, pour la plupart, dans la choroïde. On trouvé, en outre, entre cette toile et le corps vitré, les tourbillons de Haller, ou les vasa vorlicosa, Vaisseaux qui sortent à travers la membrane fibreuse et vont se jeter dans les veines lacrymales. Ils ont d’ailleurs été peu étudiés, |

G.—Les nerfs du ganglion ophthalmique sont divisés comme les artères, dont ils suivent la direction, et se perdent dans le cercle ciliaire, anneau qui a tous les caractères d’un ganglion nerveux circulaire et la forme d’un prisme.

Appuüyé, par son côté externe, sur la partie la plus antérieure de la face interne de la sclérotique, le cercle ciliatre sépare l'iris de la choroïde auxquels il adhère en arrière. Ce point de l'œil est important à remarquer. C’est, en effet, pour ne point atteindre l'iris, que, dans l'extraction de la cataracte, on,conseille de pénétrer dans la chambre antérieure À une demi-ligne en avant de la sclérotique. Dans l’abaissement, si on pénétrait à moins d’une ligne ct demie en arrière, on blesserait inévitablement ou le

crand cercle artériel de l'iris, ou le ganglion, ou bien enfin les procès ciliaires. Or, s’il était certain que, dans cet endroit, on n’évitât pas plus sûrement la rétine ou le corps vitré, qu’en traversant l'œil plus loin, il me semble qu'il n’y aurait que des avantages à s’en rapprocher le moins possible.

Au total, les nerfs de l'œil peuvent être rapportés à trois ordres : |

Les premiers, destinés aux mouvements de l'iris, venant du nasal de l’ophthalmique et du lacrymal seulement, font que les blessures des angles de l'œil peuvent suspendre les contractions de l'iris , sans empêcher la vision. M. Larrey, qui paraît en. avoir émis le premier l’idée, a rencontré plusieurs cas de ce genre et en a fait voir un que j'ai pu examiner avec lui, à la société Philomatique. La blessure avait atteint le grand angle, et, chose remarquable , l'iris n’était paralysé que dans sa moitié interne. Le second ordre renferme le nerf de sensation spéciale,

. lequel ne jouit point, d’après M. Magendie, de la sensibilité générale, et n’est destiné qu’à recevoir l'impression

des images. Sa disposition explique pourquoi la paralysie de Ja rétine ne change en rien l’état des autres parties de l'œil, et n’entraîne pas nécessairement l’immobilité de l'iris. Enfin les nerfs du troisième ordre, appartenant à la “ie intérieure , rentrent dans le système ganglionaire : ce sont les nombreux filaments et le cercle ciliaires.

H. Superposition. — D’avant en arrière, l’ordre de présentation des parties est le suivant : 1° la couche , quelle qu'elle soit, qui recouvre la Cornée; »° la cornée transparente; 5° la membrane @e l'humeur aqueuse ;

Mi

4° la chambre antérieure; 5° l'humeur aqueuse, qui se renouvelle avec une grande facilité; 6° l'iris, la pupille, ou la membrane pupillaire; 7° l’espace qui sépare l'iris du cristallin, espace qui existe à peine chez les enfants,

, qui n’a pas plus d’une demi-ligne chez les’ adultes, et que plusieurs personnes regardent comme la chambre postérieure proprement dite; 8° le feuillet antérieur de la membrare cristalloïide recouvert par une lame de l’hyaloïde; 9° un petit espace qui sépare la face antérieure du . cristallin de sa capsule , et qui est rempli par l'humeur de Morgagni ; 10° le cristallin, plus mou chez les enfants que chez les vieillards, plus arrondi, plus bombé aussi chez les premiers que chez les seconds; d'où la myopie chez les uns, et la présbytie chez les autres; 11° entre la face postérieure de ce corps et sa membrane, un autre es; ace rempli d’un liquide semblable à celui qui est au-devant ; 12° la lame postérieure de la cristalloïde, plus épaisse et plus dense que l’antérieure, doublée en arrière par la membrane hyaloïde; 13° le corps vitré, le canal hyaloïdien et l'artère centrale du cristallin; 14° la rétine, formée par trois lames, si on y admet la toile séreuse indiquée par M. Jacobson ; 19° Ja choroïde ; 16° la sclérotique. | |

Transversalement on trouve : 1° la sclérotique; 2° la choroïde; 5° la rétine; 4° la membrane hyaloïde; 5° le corps vitré; 6° le canal hyaloïdien, l'artère centrale du cristallin, ou bien le cristallin lui-même et sa membrane, si c’est en avant. Pour la chambre antérieure : 1° la conjonctive ; 2° la cornée; 3° la membrane de l'humeur aqueuse, puis les mêmes parties de l’autre côté de l’axe.

La texture cornée de la tunique transparente de l’œil fait que les incisions en sont à peine douloureuses et que ses plaies simples se recollent avec une facilité infinie. Les vaisseaux, qui en couvrent parfois la surface, n’y démontrent nullement l'existence d’un prolongement de la conjonctive, Naissant souvent du centre à la circonférence, ils sont, ainsi que le triangle de certains plérygions, par exemple, des produits de nouvelle formation , et non pas seulement une exagération de l’état normal. Il suit même de là a en éteignant la tache, l’ulcère, ou le point morbide primitif de la cornée avec le nitrate d’argent, je suppose, on arrête quelquefois mieux la maladie que par le secours des opérations. |

© L — Applications à la pratique.

Si l'œil est si souvent atteint d'hydropisie, il le doit d’une part à la surface séreuse de sa chambre antérieure, et de l’autre à la tunique du même genre, placée entre la rétine et la choroïde, où MM. Mirault, Camus’, ont vu la sérosité s’accumuler, de même que les bosselures ou staphylomes de $a coque, soit transparente, soit opaque, dépendent de sa faiblesse ou-de sa nutrition plus grande 7 sur quelques points que sur d’autres.

La grande mollesse de l'iris fait qu’il se relâche, et vient se présenter sous le couteau dans l'opération de la cataracte, qu'il se plisse à la manière d’un linge mouillé, et

laisse que si Ann couper dans l’opération de la pupille artificielle. Sa position au-devant du corps vitré

sr a

1 Rev. méd, 1830, t, 2, p. 415.

Oo

fait, en outre, que si, dans l’excision de l’œil, on ne va pas au-delà du cercle ciliaire ’ l’organe ne se vidant qu'incomplétement, reste trop gros pour permettre l'emploi d’un œil artificiel.

L'élasticité de la sclérotique est cause , à son tour, qu'il suffit d'ouvrir largement la cornée pour que le corps vitré s'échappe à l'instant. La résistance de cette membrane explique pourquoi l’augmentation des humeurs oculaires

produit de si vives douleurs. C’est à sa nature fibreuse que.

l'œil doit l'aptitude de sa coque aux transformations osseuses, dont les autres tuniques ne sont pas non plus exemptes.

La structure vasculaire de la-choroïde explique ses dégénérescences mélaniques, et la trame cellulo-nerveuse de la rétine, l’aspect de fongus hématodes que prennent habituellement les cancers de l'œil.

$ 5. — Parties molles de l'orbite.

En dehors du globe oculaire et dans l’ Pubs encore on

Page 1