IL. Conjonctive. —Deux ordres d’artères se laissent aper
cevoir dans la conjonctive. Lesunes yarrivent des paupières et sont une dépendance du réseau précédent; les autres sont des ramifications apportées par les branches musculaires supérieure et inférieure. D’un côtécomme de l’autre, ce sont des vaisseaux d'emprunt, au surplus, et nulle part la conjonctive ne peut revendiquer des artères propres. Cette membrane n’en est pas moins très-riche en ramusculessanguins, quise présentent dans son tissu sous la forme de filaments tortueux, arborescents, fréquemment anastomosés entre eux, et de plus en plus fixes à mesure qu'on se rapproche de la cornée, ou du bord adhérent du tarse, C'est
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là aussi qu’il faut surtout chercher leurs embranchements avec ceux de l’intérieur de l’œil et des divers plans pal-
braux. Ainsi, les artères de la conjonctive ne sont que
s ramifications secondaires des branches musculaires de l'orbite, et de celles qui vont aux paupières, ramifications qui, après avoir laissé dans la membrane muqueuse un réseau très-apparent, finissent par se mêler aux artérioles terminales du plan ciliaire ou palpébral profond et duplan de la sclérotique,
JT. Sclérotique. —Gommelesautresmembranes fibreuses, Ja se lé ro tique ne renfermequ’un petitnombre devaisseaux; peut-être en contient-elle cependant plus qu'aucune des autres tuniques du même ordre, surtout dans son tiers antérieu r. Elle les emprunte presque tous aux artères musculaires, qui, après avoir fourni des rameaux aux muscles et au tissu cellulaire de l'orbite, se rapprochent de l'œil, rampent dans l'épaisseur ou à la surface des tendons, et arrivent ainsi dans la propre substance de la sclérotique , en s’app rochant de la cornée; ils forment d’ailleurs un plan fort irrégulier, à ramifications rares, indépendant de celui de la conjonctive et en grande partie aussi de celui de la choroïde. Leurs rameaux les plus évidents sont assez superficiels, et semblent particulièrement destinés au tissu le melleux, dense et serré, qui constitue ou recouvre le plus immédiatement les couches externes de la coque oculaire, et qui finit par se confondre avec le tissu cellülaïre sousmuqueux de la conjonctive. Quelques uns de leurs capillaires ne s’en prolongent pas moins jusqu’auprès de la cornée, de manière à pouvoir s’anastomoser là avéc ceux de la conjonctive en dehors, et ceux de l'iris en dedans: de
manière aussi, par conséquent, que les artères de la conjonctive et de la sclérotique naissent en réalité des mêmes troncs pour se confondre de nouveau à leurs extrémités, quoiqu’elles soient restées long-temps séparées dans de couches tout-à-fait distinctes.
IV. Intérieur de l'œil. —Des artères qui entrent dans l'œil par sa moitié postérieure, l’une, la centrale de la rétine, se perd en entier dans la membrane nerveuse, à l'exception du rameau qui traverse le corps vitré pour s'épanouir derrière la capsule du cristallin ; les autres, les ciliaires, qui se distribuent principalement à la choroïde et à l'iris, méritent une attention plus spéciale près de leur terminaison. On en distingue d’abord quatre : deux pour les extrémités.du diamètre transversal; les deux autres pour les extrémités du diamètre vertical de l'iris. Une infinité d’artérioles plus petites se voient entre celles-ci. Le tout représente un anneau convergeant, à radiures extrêémement fines, distribuées comme celles des procès ciliaires , et qui semblent se détacher de la choroïde pour s'engager dans les couches internes de la sclérotique ou gagner le pourtour de la cornée. C'est de à que partent aussi une série de capillaires qui se rapprochent assez de l'extérieur pour s’anastomoser avec Îles artères de la conjonctive, et avec quelques-unes de celles de la sclérotique empruntées directement aux musculaires. Ce réseau alimente donc en même temps l'iris , le cercle ciliairex et le devant de la sclérotique. C’est presque uniquement par sonintermède que s’établissent les communications vasculaires entre l'extérieur et l'intérieur de l'œil, que les artères qui pénètrent parfois Je tissu de la cornée peuvent
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appartenir à la fois aux vaisseaux de la conjonctive, à ceux du devant de la choroïde, et même à ceux de la sclérotique proprement dite.
V. — Les veines accompagnent en général les artères, et sont plus grosses. L’une d’ elles, plus volumineuse que les autres , se portant de la face à la selle turcique, fait communiquer directement l’angulaire avec l’ophthalmique. Cette communication , qui explique en partie pourquoi les affections des organes contenus dans la cavité orbitaire se transmettent si facilement à l’encéphale, et réciproquement, prouve aussi que, dans les maladies de l'œil , Pouverture de la veine faciale est de nature à produire un dégorgement très-prompt, et que probablement on la néglige trop aujourd’hui. En entrant dans le crâne par la fente sphénoïdale, ces veines forment , avant de se dégorger dans le sinus coronaire, un plexus plus ou moins compliqué , qu’on pourrait appeler plexus ophthalmique.
Les veines de la conjonctive sont grosses et très-nombreuses ; dans l'épaisseur des prière elles ont aussi un développement considérable ; là, elles communiquent largement avec les veines temporales, sous -orbitaires et frontales. Dans l’intérieur de l’orbite, derrière la conjonctive,, les veines forment un autre système qui n'offre plus rien d’intéressant pour le but que j'ai maintenant en vue. Sur la choroïde, elles ont une distribution assez remarquable , Mais dont on ne peut non plus tirer qu’un faible parti pour l'étude des ophthalmies.
Les différentes particularités que je viens de rappeler sont faciles à constater. Les descriptions anatomiques de Zinn et de Sœmmering sont de nature à les faire déjà
pressentir. Des pièces déposées dans le muséum de la Faculté de Médecine de Paris en 1834, par MM. Denonvilliers, Rufz et Lacroix, suffisent d’ailleurs pour les indiquer à ceux qui se donneront la peine de les examiner avec attention. LR.
D. Vaisseaux de l'orbite dans lee ophthalmies. — Les ophthalmies doivent être en grande partie sous la dépendance du système vasculaire des tissus qui en deviennent le siége. S'il en est ainsi, les remarques précédentes ne peuvent manquer de mettre à même d'établir des distinctions tranchées, fondamentales dans les phlegmasies de l'œil ou de ses annexes. Voici ce que l'observation apprend à ce sujet : L’ophthalmie a pour point de départ, la cornée , la conjonctive, ou les paupières, et quelquefois plusieurs de ces parties à la fois.
L Paupières. — Dans la couche cutanée des paupières, et dans les feuillets qui séparent la peau de la conjonclive, l'inflammation diffuse est accompagnée d’un gonflement et d’une coloration d’autant plus considérables ; qu’on serapproche plus de leur racine. La mollesse et la vascularité de ces tissus étant de plus en plus grande, à mesure qu’onse rapproche du contour de l'orbite, explique parfaitement ce phénomène. Si la phlegmasie occupe exclusivement la couche muqueuse, l'injection sanguine , peu marquée près du bord libre de la paupière , va en augmentant d’intensité enapprochant de la rainure oculo-palpébrale, Ceci estencore en rapport direct avec l’ordre dans lequel nous avons vu se distribuer les branches des artères musculaires dans la conjonctive. Lorsquele mal débute par le bord des paupières ou par les follicules de Meïbomius , au contraire, il
s'y maintient en général sans gagner au loin, et la rougeur est d'autant plus marquée qu’on se rapproche davantage “des cils. C’est que, dans ce lieu , les vaisseaux de la conjonctive se confondent avec ceux de la racine des cils, et forment un réseau fort abondant au milieu de tissus trèsserrés ; tandis que, plusloin, ils restent dans l'épaisseur de plans lâchement unis les uns aux autres et presque complétement séparés.
II. Conjonctive. — Les inflammations de la conjonctive ont encore des caractères anatomiques plus tranchés que celles des paupières. La teinte que revêt alors la membrane affectée passe facilement au violacé, à la couleur minium , parce que les veines s’y trouvent en grande proportion. Elle est de plus en plus foncée, à mesure qu'on s'éloigne de la cornée, parce que les artères, venant des musculäires, sont de moins en moins nombreuses et de plus en plus fines dans le sens opposé. Les vaisseaux y sont tortueux et souvent anastomosés entre eux, parce que les artères musculaires vont en effet } jusqu "à la fin, ense divisant et se subdivisant à la manière des branches d'arbre. Enfin, elle s’étend difficilement sur Ta cornée, à moins que les plans profonds ne soient pris simultanément, parce que les vaisseaux propres de la conjonctive s'arrêtent à quelque distance de cette membrane.
IL. Cornée, — Ne contenant pas de vaisseaux reconnaissables, hors de l’état pathologique, la cornée n’est en général Je siége d'aucune rougeur au début de ses inflammations : c’est au pourtour de sa circonférence que la teinte phlegmasique se manifeste alors. Elle paraît résider dans l'épaisseur de la sclérotique, et se montre sous Laspect
d'un anneau radié, à rayons très-fins, plus foncé du côté de la cornée, plus pâle en arrière, large de deux à trois lignes, d’un rouge vermillon ou carmin, et qui est évidemment dû à l'injection des vaisseaux ciliaires ou choroïdiens. Au lieu d’un anneau complet, il peut n’exister que quelques taches rouges à la circonférence de la cornée. Dans ce cas, les points enflammés correspondent plus particulièrement aux extrémités des diamètres vertical et transversal de l’œil ki à l'endroit où viennent se rendre les quatre branches essentielles des artères ciliaires. Cependant les irritations de la cornée sont quelquefois accompagnées d’une vascularisation de la conjonctive; mais c’est à peu près uniquement dans les cas d’irritations tout-à-fait superficielles, ce qui n’a rien de surprenant, puisque la conjonctive et la surface de la-cornée se continuent comme si elles ne formaient qu’une seule membrane. Si l’inflammation se prolonge ou devient intense, l’anneau rouge, dont je parlais tout à l'heure , né tarde pas à gagner la cornée elle-même, mais sans que la conjonctive participe nécessairement à l'injection morbide. Il présente dès lors deux sortes de rayons : les uns, qui vont en avant, sont plus écartés, moins réguliers , deviennent en partie superficiels et peuvent s'étendre en s’anastomosant jusque sur le devant de la pupille; les autres, qui restent plus profonds, plus serrés, plus complétement parallèles, en arrière du cercle ciliaire, ne sont que le développement extrême des vaisseaux Ciliaires naturels.
Dans ces inflammations, l'iris change assez souvent de couleur, et la pupille se déforme quelquefois, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, parce que cette membrane
est alimentée par le même ordre de vaisseaux. Le cercle rouge qui caractérise les irrilations de la cornée ne disparaît si rapidement en arrière que par l'effet de l’épaisseur et de l’opacité successivement plus grande de la sclérotique dans le même sens. Enfin, si l'injection n’est presque jamais très-prononcée dans le tissu même de la sclérotique, c’est que les artères de cette tunique, d’ailleurs peu abondantes, ne s’anastomosent que par des filets rares avec celles qui arrivent de la conjonctive et du plan ciliaire à la cornée.
IL — $i la portion cutanée du bord des paupières est arrondie, ou rouge, ou croûteuse, on peut affirmer que le mal à son siége autour de la racine des cils, ou dans le tissu serré qui sépare le cartilage tarse des téguments, et qu'il n'est alimenté que par les rameaux concentriques de Ja double arcade palpébrale des artères de l'orbite. Une rougeur de la peau avec tuméfaction diffuse et empâtement au-dessus du bord ciliaire, indique au contraire une inflammation ou une infiltration du corps même de la paupière , et se trouve en partie sous la dépendance des vaisseaux de la face ou du front. Vue par sa face interne, la paupière enflammée présente une rougeur qui augmente ou diminue sensiblement à mesure qu’on se porte vers l'orbite. Dans le premier cas, c’est la conjonctive palpébrale qui est affectée, tandis que dans le second ce sont les slandules de Meïbomius. Si toute l'épaisseur du bord libre est ou gonflée, ou rouge, ou excoriée, on peut dire que les vaisseaux du tissu cutané, du tissu muqueux et du tissu slanduleux , ÿ concourent plus ou moins.