LÈVRE INFÉRIEURE
quelques-uns de ceux du buccal se distribuent aux parties profondes de cette lèvre. Ses nerfs superficiels appartiennent à la branche cervico-faciale de la septième paire et viennent aussi des branches ascendantes du plexus cervical. En somme, les nerfs sont ici moins nombreux qu’à la lèvre supérieure. Aussi la sensibilité y est-elle moins de
eh 4 membrane muqueuse offre un repli qui s'attache à la symphyse maxillaire, mais il est un peu moins long qu’à l’autre lèvre. Les glandes labiales qui séparent cette membrane des muscles sont plus nombreuses , plus grosses, et leur canal excréteur est plus distinct qu’à la lèvre supérieure.
Toute la lèvre inférieure repose sur l’arcade alvéolaire inférieure, et la face externe des dents incisives et canines.
Ç 3. Remarques. — L’appuique trouvent les lèvres en arrière, leur mollesse un peu plus grande dans ce sens que du côté de la peau, rendent compte de leur renversement en dehors, dans les engorgements dont elles sont quelquefois le siége. Leur texture presque homogène fait que les érysipèles y causent facilement une tuméfaction considérable, que la suppuration n’y produit point de décollement et que l’agglutination des plaies y est on ne peut plus prompte. Comme leurs tissus se raréfient à mesure qu’on se rappro- - Chede la bouche, c’est de ce côté que leurs abcès tendent à s'ouvrir. L’épaisseur etle peu d’adhérence de leur membrane muqueuse expliquent comment on peut la conserver et la renverser en forme d’ourlet, après l’excision des autres tissus, sur les bords de la plaie, en suivant le
procédé de M. Dieffenbach où celui de M. Serre et comitie je l’ai fait moi-même.
Comme les lèvres ne sont primitivement formées ni de deux, ni de trois, ni de quatre pièces, mais bien d’une seule, on conçoit que le bec de lièvre, résultat d’une maladie de l'embryon et non d’un arrêt de développement, puisse se montrer sur la ligne médiane comme sur les côtés. Leur vitalité, et la grande souplesse des parties voisines , font que les pertes de substance peuvent en être réparées par tous les procédés autoplastiques. Enfin c’est au nombre des glandules, et à l’état semi-lamelleux du tissu cellulaire sous-muqueux, qu’est dû le bourrelet bilobé qu’on observe au bord libre de la face interne des lèvres, de la lèvre supérieure surtout, chez un grand nombre de sujets, bourrelet dont l’excision est le sel remède.
Ant. VE. — Région ou cavité buccale.
Circonscrite en avant et sur les côtés par la face interne des deux arcades alvéolaires, en arrière par le pharynx, en haut par les fosses nasales, et par le plan du bord de la mâchoire inférieure en bas, la bouche forme une cavité naturellement remplie par la langue, lorsque les mâchoires sont appliquées l’une contre l’autre. En faisant abstraction de l'organe de la parole, elle a dix-huit à vingt lignes de hauteur dans son milieu, et quelques lignes de moins en avant et en arrière.
$ 1: Voûte palatine. — La paroi supérieure de la bou-
#'Gazette méd, de Paris, 1855,
CAVITÉ BUCCALE., ÉHE)
che, inchinée sur les côtés et en avant pour se confondre avec les arcades dentaires $ est fortement concave, et se continue en arrière avec le voile du palais.
La membrane muqueuse du palais , dense, peu colorée, présentant beaucoup de rides transversales très-dures, surtout en avant, plus molle et plus rouge en arrière, est couverte d’un épithélium facile à démontrer, et qui se soulève dans un assez grandnombre de maladies. La texture serrée de cette membrane explique la rareté de ses affections. Elle donne quelquefois naissance à des corps fibreux extrêmement durs, qui acquièrent rarement un grand volume. Un de ceux que j'y ai vus avait la grosseur d’une noix. Un autre offrait les dimensions d’une moitié d'œuf,
Les vaisseaux arrivent ici par les trous palatins posté-
rieurs. Leur branche principale suit le contour de la voûte’, entre les os et le tissu fibreux d’abord, puis entre les couches fibreuse et muqueuse. Si l’une des artères devenait anévrismatique , comme M. Delabarre en a rencontré un exemple, il serait fort difficile de traiter le mal autrement que par le cautère actuel, l'inégalité des os et la dureté des parties empêchant d’y appliquer la compression ou la ligature. Les veines sont disposées comme les artères. Les vaisseaux /ymphatiques vont sous la mâchoireet n offrent d’ailleurs rien de remarquable. Les nerfs viennent tous du ganglion sphéno-palatin, mais par deux chemins différents, Le palatin supérienr descend avec l'artère, et suit le même trajet dans la voûte. Le ganglion naso-palatin, placé dans le trou palatn antérieur, donne un pinceau de filaments qui se jettent dans la membrane palatine derrière les dents incisives,
On trouve à la voûte buccale l’apophyse palatine du
PT
maxillaire supérieur, et la portion horizontale de l’os du
palais. Il résulte de l’adossement de ces quatre pièces osseuses, une suture cruciale , dont le point de jonction se rencontre sur la ligne médiane, à l’union des deux tiers antérieurs avec le tiers postérieur de la voûte. C’est 1à qu'une pointe d’épingle, portée par la bouche, peut toucher cinq os à la fois, et que la syphilis produit si souvent des caries, des nécroses, d’où naissent entre le nez et la bouche ces communications, qu’on fait assez heureusement disparaître, il est vrai, à l’aide d’obturateurs convenablement disposés, mais qui influent toujours d’une manière plus ou moins marquée sur le timbre de la voix.
Lorsque la suture médiane de la voûte palatine ne s’est point effectuée en arrière, il en résulte une division anor-
2 ' : “ male du voile du palais. L’écartement se prolongeant en
avant, deux circonstances peuvent se présenter. Dans l’une, Ja fente se bifurque, et ses branches, renfermant entre elles l'os inter-maxillaire, coïincident ordinairement avec un bec de lièvre double. Dans, l’autre, il n’y a pas de bifurcation, mais la fente se porte obliquement en dehors, et s'accompagne d’un bec de lièvre simple. Enfin il est possible que cette fente s’étende d’un bout de la voûte à l’au. tre, sans quitter la ligne médiane. Tous ces cas, ordinairemeni le fruit de dispositions congénitales, de maladies du fœtus, sont en général accompagnés d’un développement des os moindre que dans l’état de bonne conformation.
Il peut exister encore une anomalie plus singulière. Sur
un cadavre apporté dans les pavillons de l'École pratique,