‹ Traité complet d'anatomie chirurgicale, générale, et topographique du corps humain, où anatomie considérée dans ses rapports avec la pathologie chirurgicale et la mèdecine opératoireChapitre 138 sur 173 · ENS · texte numérisé non relu

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haut par le nez et le sillon naso-labial, en bas par la gouttière mento-labiale, sur les-côtés par la fossette de l'angle des lèvres, est par conséquent de figure elliptique.

$ 1. — Lèvre supérieure.

La face externe de la lèvre supérieure présente, au milieu, une sorte de gouttière circonscrite par les deux crêtes qui descendent de la cloison du nez vers la bouche. Suivant quelques anatomistes ces deux crêtes seraient la trace de l’ancienne cicatrisation des trois portions qu'ils admettent dans la lèvre, pendant les premiers temps de la vie intra-utérine. Le bec de lièvre alors tiendrait à ce que l'une d'elles ne s’est pas complétement opérée, n'aurait jamais lieu sur la ligne médiane, et serait double, si l'union des deux portions latérales avec la moyenne venait à manquer en même temps; mais j'ai fait voir ailleurs * que tout ceci est inexact, Es

Le 7 libre de cette lèvre forme une courbure légère, à concavité inférieure , divisée en deux sur la ligne médiane, par une petite saillie en dos d’âne, terminaison de la portion sur laquelle est creusée la gouttière qui vient d'être indiquée sur sa face antérieure, Comme elle entre dans la conformation normale, on doit s’efforcer de la rétablir quand on pratique l'opération du bec de lièvre. C'est dans cette intention qu'on recommande de faire parcourir à la première aiguille qui traverse les parties, ‘ a ;

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? Ovologie humaine ,etc., 1833, Art des Accouchem ., 2° édit., 1835,

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un arc de cercle dont la convexité regarde en arrière et en haut.

À. Peau, —Un peu moins épaisse qu’au menton, la peau est d'autant plus intimement confondue avec des tissus sous-jacents, qu’elle est plus voisine du bord libre de la lèvre. En approchant de ce bord, elle s’amincit, puis clle change tout à coup de caractère, pour former une pellicule fine et rosée qui se continue en arrière, sous le nom de muqueuse labiale. Les poils qu'on y remarque la traversent de la même manière qu’au menton. Elle renferme des follicules sébacès qui peuvent être le siège des mêmes altérations que dans la région précédente, mais moins fréquemment.

B. T'issu cellulaire. —La finesse du tissu cellulaire est trèsgrande ici, et sa quantité si peu considérable , qu'on peut à peine le distinguer des autres éléments , qui,sont confondus, dans la lèvre, demanière à ne former qu’une masse homogène. Ses vésicules graisseuses sont plus petites encore que dans la région mentonnière.

C. Muscles. — Ouire la moitié supérieure du muscle labial, on voit souvent sur le milieu dela face antérieure de la lèvre supérieure deux petits faisceaux qui montent perpendiculairement vers les côtés de la cloison nasale, et quicorrespondent aux saillies que nous avons d’abord remarquées à travers la peau: onles anommés muscles incisifssupérieurs, Derrière le labial et la membrane muqueuse, sur les côtés de l’épine nasale antérieure, on trouve le myrtiforme, appliqué sur l’os même. Le bord convexe du premier res çoit, de la ligne médiane vers les côtés, la terminaison de l’élévateur commun, de l'élévateur propre, du petit,

LÈVRE SUPÉRIEURE, 327 xygomätique, et d’une partie du buécinateur. Si le petit zÿgomatique et les élévateurs se fixent parfois à la face interne de la peau, sans descendre jusqu’au musclé orbiculaire, il m’a semblé que ce n’était que par éKeeption, ét non pas toujours, comme le croit M. Blandin *.

L'union du muscle orbiculaire avec la muqueuse, moins intime qu'avec la peau, est opérée au moyen d’une couche mince de tissu cellulaire lamelleux, dans lequel se voiént un assez grand nombre de glandes. La membrane muqueuse élle-même, d'autant plus facile à séparer des muscles qu’elle $’äpproche davantage de son point de réflexion sur los maxillaire, explique pourquoi les abcès de la lèvre viennent presque toujours se faire jour dans Ce même point.

D. Artères.—Lacoronaire supérieure, que donné la faciale lorsqu'elle passe à travers les fibres du canin vers l'extrémité externe du sillon naso-labial ; est placée à trois lignes environ au dessus du bord libre de la lèvre ; dans Le plan postérieur des fibresfäharnues, dont elle suit d’ailleurs la direction. Avant de s’unir en arcade avec celle du côté opposé, elle fournit une branche assez grosse qui monte vers Ja cloison, Une incision , entravers, sur la ligne médiane, pourrait diviser ces artères ascendantes et causer une hémorrhagie, tandis que la même blessure, portéeun peu plus en dehors, n’en produirait pas, à moins qu’elle ne se prolongeât jusqu’au sillon naso-labial, près duquel serpente la faciale elle-même.

L'arc coronaire supérieur donne une immense quantité de rameaux qui descendent ou montent parallèlement les

} Anat, top., p.107.

uns aux autres, et se terminent, pour la plupart, dans les glandes labiales et dans la membrane muqueuse, où ils constituent un réseau merveilleux qu’on voit très-bien en se regardant dans une glace la lèvre renversée en dehors. Le tronc de cette artère touchant presque immédiatement la muqueuse, fait qu'en appliquant le doigt derrière la lèvre, on la sent aisément battre , et qu’elle est plus facilement blessée , dans ce sens, que si l’instrument pénétrait de la peau vers les os.

Quelquefois, l'artère de l’aile du nez donne aussi un rameau d’un certain volume à la lèvre supérieure. [l n’est pas très-rare même que l'artère faciale s’enfonce plus ou moins dans le muscle orbiculaire, avant de passer dans l'intervalle des régions nasale et zÿgomato-maxillaire,

E.— Les veines, plus nombreuses et plus grosses encore que les artères, se ramifient dans le tissu propre de la lèvre, où elles deviennent assez souvent variqueuses.

Cette grande quantité de vaibaux explique la fréquence des tumeurs érectiles, et ! “espèce de gonflement actif dont la lèvre supérieure est susceptible dans l’état normal. Le mélange intime de ses éléments anatomiques explique à son tour la rapidité avec laquelle elle s’hypertrophie, et le volume considérable qu’elle peut acquérir dans les inflammations aiguës.

En partie alimentées par les artères de l'orbite et du nez, les tumeurs érectiles de la lèvre superieure ne cédent ni à la compression ni à la ligature des artères faciales, ainsi que j'en aieula preuve chez un garçon tanneur en 1834.

F.—Les vaisseaux /ymphatiques n’ont rien ici de remar-

quable : comme ceux de la région nasale, ils vont se rendre dans les ganglions sous maxillaires.

G. Nerfs. — Sans en avoir de propres, lalèvre supérieure reçoit cependant un grand nombre de nerfs. Ce sont des filets de terminaison du sous-orbitaire, du buccal ; et de la branche temporo-faciale de la septième paire. Ils suffisent pour expliquer l’exquise sensibilité de cette région, ainsi que les vives douleurs quien accompagnentles maladies aiguës.

H. — La portion du squelette qui supporte la lèvre supérieure, formée par la face antérieure des os maxillaires etl'arcade alvéolaire correspondante jusqu'aux dents canines, présente, au milieu, la symphyse de la mâchoire supérieure, surmontéepar l’épine nasale antérieure; un peu plus en dehors, la fossette myrtiforme ; puis, la ligne ondulée des alvéoles et la face externe des dents. C’est dans celte région que l'os maxillaire offre le plus de résistance ; ce qui explique la rareté de ses fractures. Il n’est pas rare de le voir fendu d'avant en arrière, un peu en dehors de la ligne médiane. On rencontre même quelquefois une fente semblable de chaque côté, disposition qui accompagne souvent le bec de lièvre simple ou double. L’os moyen alors est le rudiment de los incisif où inter-maæillaire des mammifères, qui, par anomalie, né s’est pas réuni à ceux entre lesquels il est encadré dans l’état normal. Le plus ordinairement , il supporte les deux premières dents incisives , fait une saillie plus ou moins marquée en avant, et dépasse le niveaudes os maxillaires chez les adultes, les trois portions de la lèvre n’ayant, dit-on alors, jamais cté réunies; ce qui semble tenir au manque de pression que cette lèvre devait naturellement exercer sur lui.

EL — La membrane muqueuse forme un repli qu’on appelle frein de la lèvre, et qu’on ne doit pas manquer d’inciser avant de rafraîchir les bords de la division, dans l'opération da bec de lièvre. Sans cette précaution , il générait le passage des ciseaux et pourrait empêcher leur branche postérieure d'arriver assez haut. [l en serait de même pour la plaque qu’onintroduit entre la lèvre et l'os maxillaire quand on se sert du bistouri.

C’est par la rainure qui sépare des os la face postérieure du bord supérieur de la lèvre, que Desault a proposé de pénétrer dans le sinus maxillaire. Rien n’est plus simple en effet. Il suffit de détacher la muqueuse entre la racine de la dent canine et la crête mousse qui descend de l’éminence malaire pour arriver dans cette cavité.

On parviendrait de la même manière au nerf sousorbitaire, si on voulait en opérer l’excision par la bouche. Il faut noter cependant qu’il serait difficile alors de ne pas diviser le muscle canin; mais cet inconvénient ne peut balancer les avantages qu’on trouve à ne pas laisser

de cicatrices sur la peau, chez les femmes surtout. "sa face postérieure de la lèvre supérieure étant concave fait que pour éviter une rainure en arrière, après l’opération du bec de lièvre, on doit passer les aiguilles de manière qu'élles traversent les chairs à la réunion des deux tiers antérieurs avec le tiers postérieur de l’organe.

$ 2. — Lèvre inférieure.

La lèvre inférieure est généralement un peu plus épaisse que la précédente, et plus renversée en avant. Au lieu d’être saillant sur la ligne médiane , son bord libre offre

LÈEVAR INFÉRIEURE, 331

une dépression en rapport avec la crêtelabiale supérieure. À partir du milieu, cebord estlégèrement convexe ; comme il s'incline en bas de chaque côté, ses boutons cancéreux peuvent être enlevés dans une demi-lune à convexité inférieure. L’échancrure qui en résulte ne reste pas aussi marquée qu’on pourrait le croire, après la cicatrisation”. En effet, le bord libre de cette lèvre n’a pas besoin d’être convexe pour recevoir celle d'en haut. Son renversement naturel en devant n’est pas indispensable à ses fonctions. Quoique plus courte, elle remonte assez après l'opération pour toucher l’autre. En se faisant la cicatrice entraîne la peau du cou, au- devant du menton, et finit par allonger ainsi la lèvre. Un grand nombre d'opérations confirment ces assertions.

La face cutanée de la lèvre inférieure me présente ni crête ni rainure verticales. En conséquence , le bec de lièvre congénital devrait enoccuper la ligne médiane. En se réunissant avec celui de l’autre lèvre, son bord libre forme lescommissures labiales, qui, assez souvent le siége d’excoriations , d’ulcères, de plaies, méritent une attention particulière à cause des rétrécissements qui pourraient s’ensuivre. Leurs plaies doivent nécessairement

Mêtre traitées par la suture entortillée, si Pon veut éviter une difformité plus ou moins marquée. Autrement, ven effet, le mouvement des lèvres en gênerait la cicatrisation.

Les parties constituantes de la lèvre supérieure sont absolument les mêmes que celles de la lèvre inférieure. Leur

1 Camper, Prix de l’ Acad, de Ch,, t, 4, p, 585, inc8, édit, 1919.

arrangement seul présente quelques différences. La peau n’y est pas recouverte d’un aussi grand nombre de poils, n’en supporte même guère qu’un groupe pénicillé, placé dans la fossette sous-labiale. Le tissu cellulaire graisseux, disposé comme dans l’autre lèvre : Ÿ est peut-être un peu plus abondant. Son muscle est tout-à-fait le même, si ce n’est qu’il reçoit par son bord convexe l'extrémité de la houpe, du carré et du triangulaire du menton, au lieu de ceux qui entrent dans la composition de la lèvre précédente. Son artère coronaire se sépare de la faciale à une distance plus considérable de la commissure. L’arcade que forme cette artère avec celle du côté opposé, ne donnant point de branche verticale inférieure , fait qu’une plaie en travers sur la ligne médiane ne produirait pas ici d’hémorrhagie. Comme elle n’est aussi rapprochée du bord libre que la coronaire supérieure qu’au milieu, on tombe d’autant plus promptement sur elle de hauten bas, qu’on opère plus loin de son origine, Au reste , il est facile d’en reconnaître assez exactement le trajet en imaginant une courbe passant à trois lignes du bord libre de la lèvre , et tombant par ses extrémités au-devant de la partie inférieure du masséter.

La lèvre inférieure recoit en outre quelques ramuscules de l'artère mentale, La coronaire supérieure elle-même Jui donne une branche d’un certain calibre, qui s’en sépare peu après sa sortie de la faciale.

Les veines et les lymphatiques présentent à la lèvre inférieure les mêmes caractères qu’au menton et à la lèvre supérieure.

Les filets de terminaison du nerf dentaire inférieur et

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